La retraite pour Alain Juppé et Nicolas Sarkozy

Le premier tour de la primaire a été marqué par un fort vent de colère contre l’ancien Chef de l’État. Paradoxe, c’est celui qui remplissait les meetings, les librairies et les séances d’autographe qui a fait les frais de l’électorat le plus à droite.

Naturellement la France des petits patrons a voté Fillon attendant un choc libéral, mais une droite conservatrice, aisées et souvent retraitée en a aussi fait son champion.

Il suffisait de courir les bureaux de vote des premiers et seconds tours pour se rendre compte que la jeunesse, les trentas, les quadras et les classes ouvrières ne remplissaient pas les files d’attente. Souvent même, ils en étaient absents.

800.000 électeurs de gauche

Ce vote âgé a fait le premier tour et a conforté le second, posant naturellement des questions sur le score d’Alain Juppé. Si comme semblent l’attester des sondages et études, entre 600 et 800.000 électeurs de gauche sont vénus prendre part au second tour de la primaire, il y a fort à parier qu’ils ont voté pour le maire de Bordeaux … Il ne reste plus que 600 à 800.00 électeurs venus de la droite et du centre.

Des retraités mobilisés

Julien Landfried, Membre du conseil scientifique de la Fondation Res Publica pose une analyse dans son article « La politique française est verrouillée par le vote des seniors » paru dans Slate : « Les premiers sondages relatifs au corps électoral des futurs votants à la primaire de la droite confirment que celle-ci sera avant tout l’expression des électeurs les plus âgés. Alors que les plus de 65 ans représentent 23% de la population française, ils pourraient représenter 43% des électeurs à la primaire; les retraités, qui comptent pour 33% de la population française, pourraient composer 50% des électeurs mobilisés. Les moins de 50 ans, qui constituent 51% de la population française, ne représenteraient que 30% de ses électeurs. En d’autres termes, la primaire de la droite, présentée comme une opération de modernisation politique, est en fait structurellement tournée vers le passé par sa démographie »

De retraités qui feront donc les élections à venir

Il prolonge sa pensée : « En effet, si le taux de participation des électeurs de plus de 60 ans s’est établi, selon l’institut Ipsos, à plus de 87% au second tour de l’élection présidentielle de 2012 (contre 80% sur l’ensemble de l’électorat), cette tendance s’est accrue lors des élections intermédiaires. Ces dernières ont été marquées par une abstention plus élevée et le poids relatif des seniors y atteint des surproportions remarquables, toujours selon le même institut: 76% de participation aux dernières municipales (contre 61% pour la moyenne des électeurs), 60% aux européennes (contre 43%), 64% aux départementales (contre 50%), 67% aux régionales (contre 50%). »

No future pour les générations présentes ?

On laissera chacun analyser et comprendre que c’est une majorité respectable par ailleurs qui va décider du temps de travail, de la couverture sociale, des droits à la retraites et de mesures sociétales… par lesquelles elles n’est pas ou plus concernées.

Une facture française à venir donc, entre les actifs d’aujourd’hui, ceux de demain et la cohorte des enfants des « 30 glorieuses » !

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