La question peut, au premier abord, paraître délicate. Un ministre, s’est d’abord un Ministre de la République se plaçant sous les valeurs de celle-ci. Dans les faits, certains ministres n’oublient pas leurs régions d’origine.

Si l’on se souvient d’un Daniel Hoeffel inaugurant le TGV Ouest, on sait que les ministres bretons gardent un pied à l’ouest.

 

Toujours ministre de la Bretagne

« Je n’abandonne pas la Bretagne et je reste conseiller régional; j’habite en Bretagne puis je resterai, je le pense, toujours ministre de la Bretagne » déclarait ainsi Jean-Yves Le Drian en juin dernier.

Imaginerait-on un ministre alsacien oser déclarer : « je resterai, je le pense, toujours ministre de l’Alsace »?

Sans doute pas Philippe Richert, « gouverneur » d’un Grand Est démesuré, patron d’une région qui a éloigné l’institution du citoyen.

Gardons pour François Loos une sympathie, lui qui est désormais président des Brasseurs de France.

Bref, il n’y a visiblement à gauche et au centre aucun alsacien pour « choper » un maroquin !

(photo@interieur.gouv.fr)

On nous rétorquera que trois alsaciens sont dans le cabinet du Président de la République. Patrick Strzoda (photo), le directeur de cabinet, énarque natif de Thann (Haut-Rhin) ; Alexis Kohler, secrétaire général, énarque, originaire de Strasbourg, Marie Fontanel, conseillère du Président et énarque…

Même si cela ne fait pas tout, le critère de recrutement semble ici être plus le passage par l’ENA que les racines alsaciennes. A ces mots, les plus frileux répondront que l’origine n’est pas importante.

 

Fabienne Keller à la tête de la Ratp ?

Il n’empêche qu’il n’y a toujours pas d’Alsacien au Gouvernement. Même Sylvain Waserman a failli !

Doit-on cela à un manque de réseaux alsaciens dans le monde politique ? On en jugera avec la candidature de Fabienne Keller à la tête de la Ratp ! Celle qui fut souvent dite « bientôt Ministre », comme on l’a lu encore récemment sur Facebook, aura tout tenté pour plaire.

S’il faut être macron-compatible pour être ministre, elle le sera.

Qui dit Fabienne Keller pense Robert Grossmann. Lui aussi aurait pu l’être, mais non ! « Inexportable » aurait dit Nicolas Sarkozy, avec beaucoup d’humour et de respect pour son découvreur.

On retiendra donc que l’absence de ministres alsaciens cache sans doute la perte d’influence des femmes et hommes politiques venus d’Alsace. Pas étonnant que l’on n’écoute plus non plus les revendications alsaciennes dans la « vraie » capitale.

 

Perte d’influence de l’Alsace

Cela se passe chez Les Républicains, au PS. Ils sont loin les temps des Zeller et Haenel qui, au-delà des idées défendues, savaient se faire entendre.

Leurs successeurs pensent aujourd’hui plus à eux-mêmes qu’à l’Alsace. Ils sont les zélés applicateurs des lois parisiennes et ne se rebellent éventuellement qu’après une retraite politique. Là, parfois, certains osent dépasser les limites du « politiquement correct ».

Avant, on ne sait jamais, cela peut freiner « leur » carrière.

L’analyse de l’action des députés alsaciens se jugera, elle, sur pièces.

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