Dans Tout le Bas-Rhin, le magazine du conseil départemental, deux pages sont consacrées au malaise créé par la disparition de l’Alsace.

Frédéric Bierry, président du Conseil Départemental du Bas-Rhin

Sous le titre « Un nouveau souffle pour l’Alsace », une série d’affirmations sont analysées et expliquées… Frédéric Bierry et les élus de la majorité bas-rhinoise s’engagent clairement et avec conviction pour un retour à une région Alsace.

L’article provoque un tollé dans la gauche strasbourgeoise

Pour Anne Pernelle-Richardot, adjointe aux PV de Stationnement il s’agit d’un vrai scandale « fait de contre-vérité , de raccourcis, d’affirmations tronquées »

Son collègue de parti, l’ex-député Éric Elkouby, dénonce une vision de la région « archaïque » lors d’une longue intervention au conseil départemental.

Pour comprendre, il faut savoir que les socialistes strasbourgeois défendent le Grand Est décrété par leur président François Hollande. Néanmoins, on peut également penser qu’ils soutiennent également  la grande région parce qu’elle est acceptée  par une majorité d’électeurs strasbourgeois.

Quelques conseillers régionaux alsaciens du centre et de droite, bien lotis au Grand Est sont également opposés au retour de la région Alsace.

Enfin, de plus en plus d’élus se trouvent une passion pour l’Alsace depuis qu’un sondage d’UL affirme que 83 % des Alsaciens seraient défavorables au Grand Est.

L’avenir nous dira s’ils sont sincères

Par le passé, de nombreux élus ont affirmé défendre la région et la culture alsacienne. Force est de constater (sans revenir sur la double trahison électorale Rottner/Richert) que ces élus ont toujours joué aux fidèles franchouillards une fois à Paris.

Aujourd’hui, l’engagement des présidents de départements et de certains élus semble sincère, à suivre !

 

L’article dans tout le Bas-Rhin :

Un nouveau souffle pour l’Alsace : Vrai ou faux ?

La réforme territoriale a rayé l’Alsace de la carte. Cette disparition a créé un malaise chez nombre de nos concitoyens, du Bas-Rhin comme du Haut-Rhin, qui aujourd’hui appellent de leurs vœux une renaissance alsacienne, politique et économique, tournée vers l’Europe, dotée de services publics modernes, plus efficaces et moins coûteux, pour construire ensemble l’Alsace que nous voulons. Sous l’impulsion des deux Départements alsaciens, le projet est aujourd’hui sur la table : ce qui hier encore semblait impensable est aujourd’hui parfaitement possible avec la mobilisation de tous les Alsaciens. « Tout le Bas-Rhin » vous livre quelques clés du débat actuel, pour vous aider à démêler le faux du vrai.

Le Grand Est a supprimé l’Alsace : Vrai

Chaque Alsacien le constate au quotidien : l’Alsace a disparu des panneaux routiers, des plaques d’immatriculation départementales. Sa présence sur les moteurs de recherche internet a chuté. L’Alsace a été rayée de la carte institutionnelle et repoussée en périphérie du Grand Est. Encore plus préoccupant : la marque Alsace est moins attractive ! Or, un territoire n’existe que si ses habitants s’y sentent engagés, se sentent appartenir à ce territoire. C’est justement le cas des Alsaciens, majoritairement attachés à leur identité. Aujourd’hui, la Région raisonne essentiellement à l’échelle des 10 Départements du Grand Est. Or, il y a de nombreux enjeux alsaciens spécifiques : les infrastructures de transport par exemple. Il y a aussi Strasbourg capitale européenne, que l’Alsace a vocation à conforter.

Fusionner le Bas-Rhin et le Haut-Rhin suffirait : Faux

Ce ne serait qu’une addition de compétences, or le projet Alsace vise à créer des leviers d’action supplémentaires pour le dynamisme du territoire et la qualité de vie des habitants. En intégrant les compétences de la Région, la nouvelle collectivité Alsace pourra faire plus, plus efficacement en pouvant notamment à nouveau être un partenaire actif des entreprises. Les citoyens ont avant tout besoin d’une simplification administrative, ce que la réforme instituant les fusions de Régions a échoué à faire.

L’Alsace est une échelle d’action pertinente : Vrai

Le rapport annuel de la Cour des Comptes vient de le souligner : les nouvelles régions ont engendré des surcoûts ! Le rapport salue au contraire la bonne gestion départementale. La taille n’est pas synonyme d’efficacité : une étude montre que les dépenses/habitant de l’Alsace étaient en 2015 de 262€, contre 298€ pour le Grand Est prévus en 2016. Le budget du Grand Est (2,8Mds€) ne lui permet pas de peser : il est à peine plus élevé que celui du Bas-Rhin et du haut-Rhin (2Mds€) et presque 20 fois moins élevé que celui du Bade-Wurtemberg !

L’Alsace, c’est aussi une économie et un tourisme d’une efficacité sans pareille dans le Grand est.

Le retour à l’Alsace comme une vision passéiste : Faux

Le projet est celui d’une Alsace ouverte, rhénane et européenne, tolérante, moderne d’un laboratoire de l’innovation territoriale, pour plus d’efficacité et de proximité de l’action publique. L’Appel des Cent pour l’Alsace, signé par 100 personnalités de tous âges, issues de tous les univers qui font la richesse du territoire, est bien le signe de la volonté d’une Alsace d’avenir. L’Alsace y gagnera, la France aussi, avec une Alsace qui assure déjà près de 7 % des exportations françaises alors qu’elle représente 3 % de la population.

Le Grand Est éloigne les services publics des habitants : Vrai

Un exemple : les services de transports publics sont aujourd’hui gérés au niveau du Grand Est. Face à des besoins avant tout locaux, une gestion et une expertise de proximité sont nécessaires. Les acteurs de la vie politique, culturelle et économique le ressentent aussi, eux qui doivent effectuer des allers-retours permanents sur un territoire gigantesque. De nombreux sièges et lieux de décision administratifs ne sont aujourd’hui plus en Alsace mais à Chalon, Reims, Metz ou Nancy.

On ne peut plus redécouper le Grand Est : Faux

Ce qui a été mis en place par une loi, une autre loi peut le modifier. Il suffit qu’un projet de loi soit déposé et voté par les parlementaires. Et c’est bien le gouvernement actuel qui fait la promotion du droit à l’expérimentation pour améliorer l’efficacité de l’action publique. C’est exactement ce que vise le projet Alsace.

Le Grand Est n’a pas changé la vie des Alsaciens : Faux

Les Alsaciens ont pu constater un éloignement des services publics, une dilution des aides publiques entre les différents Départements du Grand Est. Une perte d’efficacité et d’attractivité est aussi exprimée par les acteurs économiques.

Un calendrier tenable est possible pour restaurer l’Alsace : Vrai

Sous l’impulsion du Haut-Rhin et du Bas-Rhin ainsi que des autres Départements du Grand Est et des parlementaires, le projet porte sur une évolution institutionnelle qui prendra forme en 2021.

Cela laisse largement le temps de construire le projet le plus pertinent et efficient possible.

Le Grand Est est la bonne échelle pour travailler avec les Allemands : Faux

Les élus allemands le disent : ils ressentent un éloignement de l’Alsace. L’Alsace au cœur du Rhin supérieur, au centre de l’Europe, est une économie complètement en interaction avec ses voisins, avec près de 60 000 travailleurs frontaliers et près de 50 % des capitaux étrangers venant d’Allemagne et de Suisse. Une assemblée territoriale d’Alsace est le moyen de redonner un souffle nouveau à la coopération transfrontalière, au bilinguisme porteur d’emplois. Les spécificités de l’Alsace pourront alors à nouveau constituer des atouts pour tous les Alsaciens.

Le Haut-Rhin et le Bas-Rhin ne pourront jamais s’entendre : Faux

Depuis plusieurs années, les deux départements ont rapproché leurs politiques et travaillent déjà ensemble sur de nombreux projets utiles pour tous les Alsaciens. Il faut maintenant simplement aller plus loin.

VOUS AUSSI, MOBILISEZ-VOUS !

L’assemblée territoriale d’Alsace, c’est votre projet, le projet de tous les Alsaciens.

 

Après ce plaidoyer, que dire de la réponse du conseiller départemental Éric Elkouby ?

En engageant ce débat, surfant sur des dérives d’un autre temps, heureusement abolies, surfant sur une notion identitaire dangereuse, alors que notre région a été si douloureusement marquée de par son histoire, vous enfermez l’Alsace sur elle-même au lieu de l’ouvrir sur le Monde. (…) Votre vision de la région est archaïque et nous ne la partageons pas.”

Faut-il comprendre par là que, pour Monsieur Elkouby, il est vraiment nécessaire de s’oublier pour s’ouvrir à l’autre ? En bon donneur de leçons, l’homme se fait la voix des Alsaciens, qui s’accomoderaient selon lui d’être devenus Grandestiens, adoptant lui-même la position manichéenne qu’il fustige et réduisant avec mépris soif de reconnaissance des spécificités régionales à des dérives identitaires.

Pas sûr que cela enrichisse le débat, par sûr que cela invite à la réflexion commune…

 

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