Collectivité européenne d’Alsace (CEA) et plaques d’immatriculation, logos, visuels, drapeau…

Pourquoi toujours et encore le besoin de mettre ces choses sur le tapis. Pourquoi n’ont-elles toujours pas encore trouvé de solutions libres d’abnégation et des pesanteurs historiques, et pourquoi il serait important qu’on le fasse maintenant que l’Alsace retrouve une certaine institution et une certain pouvoir politiques, qui tous deux ne trouvent de réelles justifications que dans l’affirmation de soi et dans l’innovation. Le temps de la résilience est venu, celui de positiver ce qui a été bien trop longtemps négativé. Celui de faire maintenant, ce qui aurait dû l’être par le passé. Du passé qui ne passe pas, passons au futur décomplexé. Ne craignons plus d’être jugés pour ce que nous ne sommes pas. Réjouissons-nous de ce que nous pouvons être !

Voilà une belle illustration, avec un drapeau Rot un Wiss accroché au clocher de l’église, de Jean-Jacques Waltz (dit Hansi) que l’on ne saurait taxer de germanophilie et voilà ce qu’il, écrivait à son sujet : le drapeau rouge et blanc, c’est « le drapeau national alsacien » in L’art héraldique en Alsace, Berger-Levrault, Strasbourg, 1937, page 28.

Par ailleurs, les couleurs rouge et blanche sont omniprésentes dans les arts et traditions populaires d’Alsace et ont été chantées par maints poètes !

Du temps du Reichsland

Le Landtag (Parlement) d’Alsace-Lorraine a adopté (gauche et droite réunies) le 21 mai 1912 le drapeau suivant :

Ce drapeau était symbolique de l’identité alsacienne, d’une identité qui s’oppose à la domination et qui s’ouvre à la diversité. Pour cette raison sans doute, il n’a jamais été reconnu par Berlin du temps du Reichsland. Pour Berlin le drapeau officiel était celui-ci :

 

Après 1918

Celui du Reichsland a évidemment disparu et celui du Landtag est devenu l’étendard de la revendication démocratique et culturelle alsacienne face à l’incompréhension du pouvoir central parisien, face au jacobinisme.

De 1940 à 1944/45

Durant l’annexion de fait de l’Alsace au IIIe Reich le drapeau rouge et blanc était interdit. Cette annexion a constitué pour l’Alsace un profond traumatisme.

Après 1945

Si l’Alsace est sortie traumatisée par une mauvaise Allemagne du conflit de 1940-1944/1945. L’identité alsacienne a atteint le degré 0. Et si le post-traumatisme alsacien s’est caractérisé pendant des décennies par une crise identitaire caractérisée beaucoup de perplexité (Verwirrung), d’aporie (Ratlosigkeit), d’apathie (Teilnahmslosigkeit), de soumission (Unterwerfung) au modèle imposé et d’une forte suggestibilité (Beeinflussbarkeit) et d’une perte de culture du débat et de la contestation (Streitkultur) et la grande peur de passer pour des boches. Pour le plus grand nombre, l’Alsace ne pourra renaître qu’en renonçant aux identifications non françaises.  Le grand chantier du refoulement d’une certaine identité alsacienne était ouvert.   « Stirb un werde ! ». Si le post-traumatisme s’est aussi caractérisé par un anti-germanisme primaire, de surcroît tourné contre une part de soi-même, tout cela doit-il s’installer indéfiniment, avec tout ce que cela représente d’abandon et de perte ? 

Surtout livrés à eux-mêmes par absence de débat sur les tenants et les aboutissants des politiques mises en place et en raison d’une certaine stratégie d’évitement des sachants.

Aujourd’hui

Le temps de la résilience n’est-il pas venu 75 ans plus tard. Celui du « Werde wer du bist », c’est-à-dire de la mise en œuvre de toutes ses capacités et propriétés, le temps de l’épanouissement, le temps du fais ce que tu peux faire. L’Alsace doit retrouver conscience d’elle-même, c’est-à-dire ne plus oublier sa mémoire. Elle doit renouer avec elle-même et oser enfin se dire. Et si elle a été victime au cours de son histoire des antagonismes nationaux, elle a aussi été le lieu où se sont rencontrées et fécondées deux grandes cultures européennes, la française et l’allemande. C’est dans la confluence et la synthèse que l’Alsace est véritablement alsacienne… Ce faisant, son identité est d’emblée postnationale, c’est-à-dire au-delà des nationalismes, non ethnique. L’identité est en amont de tout !

Extraits de propositions faites à la CEA

(déjà envoyées par la poste à tous les conseillers départementaux des deux départements)

  • Visuel, en-tête, logo…

Dans sa communication, la CEA devrait utiliser des visuels, des en-têtes, des logos bilingues. Le mieux serait de faire preuve de résilience et d’utiliser l’allemand standard à côté du français (Collectivité européenne d’Alsace – Europäische Gebietskörperschaft Elsass) sinon, il faudrait pour le moins utiliser le français, le standard allemand et le dialecte (Collectivité européenne d’Alsace – Europäische Gebietskörperschaft Elsass– Europäischi Gebietskerperschàft Elsàss).  En tout cas, le -A cœur- qui représente plus une marque, un « Made », qu’une identité politique ! serait à proscrire.

  • Plaques d’immatriculation

S’agissant des plaques d’immatriculation, nous préconisons, au mieux une présentation avec les couleurs historiques de l’Alsace rouge et blanche, pour le moins les armoiries de Haute et Basse-Alsace, comme auparavant. Voir note en bas de page.[4] En tout cas, pas le -A cœur- [5] (cf. remarque ci-dessus).

  • Un drapeau, une représentation symbolique de la personne morale que sera la CEA

L’Alsace avait un drapeau, rouge et blanc. Il a été adopté à l’unanimité par une institution politique alsacienne en 1912 [7]. En l’oubliant, voire en le stigmatisant, l’Alsace a perdu un emblème, c’est-à-dire une représentation à la fois mentale et concrète d’elle-même… Il s’agit là aussi pour la CEA de faire preuve de résilience et de l’adopter aujourd’hui. Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’un parti politique, en l’occurrence Unser Land, en a fait son attribut qu’il ne serait pas le drapeau de toute l’Alsace.

Beaucoup de temps a été perdu en Alsace sur beaucoup de choses, mais comme disait ma grand-mère, citant George Eliot «  Es ist nie zu spät, der zu werden, der Du hättest sein können ! (Il n’est jamais trop tard pour devenir, celle que tu aurais pu être).

Pierre Klein

 

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