Karl ROOS, un autre Dreyfus alsacien ?

Cet ouvrage retrace l’histoire tragique et le parcours politique de cette figure charismatique et brillante de la résistance alsacienne à l’assimilation, durant l’entre-deux-guerres, sacrifiée à une absurde raison d’État.

Que n’a-t-on écrit de contrevérités sur Karl Roos et sa condamnation à mort pour « espionnage », le 26 octobre 1939, par un tribunal militaire siégeant à huis clos : une monstrueuse parodie de procès marquant la collusion entre le gouvernement, la justice et l’armée ! D’ailleurs, le tribunal ne put jamais prouver que Roos avait espionné : « Les Français n’avaient pas la preuve de sa culpabilité », explique Bernard Vogler (1). Pour l’historien Lothar Kettenacker, il n’y a pas de doute, il s’agit d’« un crime judiciaire » (2)!

“Une monstrueuse parodie de procès marquant la collusion entre le gouvernement, la justice et l’armée !”

 

Jusqu’au poteau d’exécution, l’accusé n’a cessé de clamer son innocence. Ce qui n’empêcha point la presse nationaliste de déverser sur cette figure emblématique du mouvement autonomiste de l’entre-deux-guerres, des tombereaux d’injures et d’accusations plus mensongères les unes que les autres.

Après la dernière guerre, le nationalisme revanchard, l’antigermanisme et l’autonomistophobie qui régnaient alors dans le pays empêchaient toute recherche de la vérité. Son nom même était livré à la damnation mémorielle : le prononcer suffisait à déclencher l’ire des officines nationalistes. Comme un postulat, il n’était pas nécessaire d’établir sa culpabilité, étant entendu qu’elle devait être définitivement admise sans même qu’il fût nécessaire d’apporter de preuves : Karl Roos, le germanophile retors, le mauvais français, l’ignoble traître chargé de tous les maux de la terre, est coupable… coupable parce que fusillé !

La désinformation continua ainsi son chemin jusqu’à nos jours. Dans cet exercice, notons que la palme de l’outrance revient incontestablement à wikipedia qui reprend vicieusement les bobards d’un roman, une œuvre de pure fiction parue il y a quelques années, en les présentant comme étant la vérité historique du cas Roos. Un pitoyable canular !

Aussi, après 80 ans d’affabulations, il semble moralement impérieux à l’auteur d’essayer de donner à la vérité une chance d’apparaître.

Mais pour traiter équitablement de l’« affaire Roos », l’étude du dossier de la procédure de Nancy, qui a conduit le tribunal militaire à le condamner à mort, est indispensable. Malheureusement, tous les actes de ce dossier, qui auraient pu servir à le disculper, ont curieusement « disparu » de toutes les archives !

Par une démarche rationnelle fondée sur des documents souvent inédits – pièces éparses de l’instruction de 1939/1940, comptes rendus d’enquêtes, rapports d’auditions (3), lettres, documents d’archives allemands et suisses – l’auteur ambitionne d’éclairer cette affaire dans toute sa vérité, pour enfin en finir avec la fiction et le mensonge.

”Pour enfin en finir avec la fiction et le mensonge.”

 

À paraître fin septembre 2020 :

Karl Roos, un autre Dreyfus alsacien ?

Par Bernard Wittmann  aux Éditions : Yoran

160 p. –  11€ + 4€ de port

Commande : Yoran Embanner 71 hent Mespiolet 29170 Fouesnant

Site : yoran-embanner.com

Courriel : yoran.embanner@gmail.com

(1) Interview de B. Vogler dans le mensuel Rot un Wiss n°230, février 1997, p.5.

(2)Lothar Kettenacker, Nationalsozialistische Volkstumspolitik im Elsass, 1973, p.32.

(3) Dans les procès-verbaux d’interrogatoires se rapportant au procès de Jean-Pierre Mourer de 1946/1947, figurent quantité de témoignages intéressants concernant « l’affaire Roos ».

 

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Une réaction à "Karl ROOS, un autre Dreyfus alsacien ?"

  1. Emmanuel a commenté:

    Encore beaucoup de travail pour rétablir la vérité, et aussi pour d’autres autonomistes.Mais la vérité percera.