La liberté de la presse en Alsace — Épisode 1 : Mooslargue

L’état prévoit d’injecter près d’un demi-milliard d’aides à la filière presse, principalement à sept milliardaires et une banque, ceux qui dominent la presse en France.

Ainsi, Bernard Arnault, première fortune française, touche pour les journaux qu’il possède, Le Parisien, Aujourd’hui en France, Les Échos, plus de 12 millions d’euros par an. Le Crédit Mutuel par les biais de sa filiale EBRA perçoit environ 5 millions d’euros par an (L’Alsace, les DNA et près d’une dizaine d’autres titres).

Il appartient à chacun d’apprécier l’objectivité de l’information répandue par ces médias qui vivent de plus en plus par les deniers mélangés du monde de la finance et de l’état, de moins en moins par les ventes de journaux.

Quelle place reste-t-il pour la presse indépendante en Alsace ?

 

Mooslargue

Réélu en 2020, Pascal Sommerhalter, le maire de Mooslargue, est connu de nos lecteurs pour entre autres :

  • Avoir été entendu pour un potentiel détournement de fonds publics par la Brigade de recherche (Heb’di n° 99 mai/juin 2018), usé de son statut d’officier de police judiciaire pour verbaliser le barbecue d’un habitant (Heb’di n° 111 octobre 2019)
  • Avoir assigné au tribunal civil un villageois pour des motifs rocambolesques : préjudice d’image pour avoir raconté ce qui se passait au conseil municipal sur son blog, violation de la vie privée pour avoir diffusé la vidéo d’un conseil où la secrétaire de mairie apparaissait pourtant floutée, non-respect de la présomption d’innocence suite à l’intrusion pourtant réelle du premier adjoint dans le logement d’un opposant en son absence, pour lequel le rappel à la loi ordonné par le procureur a finalement été annulé un an plus tard, on ne sait pas comment (Heb’di n° 112 décembre 2019)
  • Avoir été entendu pour faux en écriture et fausse déclaration au procureur dans une grotesque affaire de touffe d’herbe qui dépassait devant le domicile d’un opposant (article en ligne sur le site de Heb’di du 29 janvier 2020)
  • Avoir été démasqué comme le corbeau du village ou a minima son complice (en rejetant la faute sur sa femme) avec plusieurs blogs anonymes, administrés depuis son domicile, faisant semblant de ne pas se connaître et s’en prenant à son opposition (Heb’di n° 113 février 2020)…

Ce monsieur tente systématiquement d’intimider certains médias et sites internet qui ne le mettent pas sur un piédestal :  droit de réponse à gogo, plaintes en diffamation, injure, divulgation des PV d’audition du corbeau !…

Des frais d’avocats qui explosent pour les contribuables du village. Tout cela semble montrer que le maire a un véritable problème avec la liberté de presse et d’expression en général.
Lors des dernières élections, il a malgré tout été réélu (avec notamment le soutien de Paul Mumbach, ex-maire de Dannemarie) avec un taux de participation digne d’une République bananière !

En pleine crise du Covid, 81 % des électeurs de Mooslargue se sont déplacé, étonnant non ?

Résultat :

  • Sébastien PETER, 63,33 %
  • Thomas DANGEL, 62,5 %
  • Gérard SCHÄFFER, 61,66 %
  • Stéphane ROUGER, 61,25 %
  • Pascal BARTH, 60,83 %
  • Thierry FRELON, 59,58 %
  • Raymond WILHELM, 59,58 %
  • Pascal SOMMERHALTER, 57,08 %
  • Katia HENNER, 56,25 %
  • Catherine PETER, 54,58 %
  • Jean-Pierre VETTER, 54,16 %

Réélu, il ne s’est pas calmé pour autant, nous nous sommes procuré une copie d’une nouvelle sommation signée par son avocat (qui est le même que celui de la Commune), toujours contre le même blogueur et opposant, Robin Burglin.  Alors que rien n’a été publié depuis les élections !

Le maire Pascal Sommerhalter exige tout bonnement, avec ultimatum, de retirer de son blog tous les articles qui le mettent en cause, et tout particulièrement ceux de Heb’di !

Comble du comble, pour donner plus de poids à ses demandes, Pascal Sommerhalter se présente dans ce courrier à plusieurs reprises en tant que Notaire, alors même qu’il n’a pas pour le moment obtenu officiellement ce titre. Il faut une nomination par le Garde des Sceaux et une publication au JO pour accéder à ce statut d’officier ministériel, après une enquête de moralité… Faut-il y voir une usurpation du titre de Notaire, délit puni par la loi d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende (art 433-17 du Code pénal) ?

Jeanne Fischer

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