Pour que vive notre langue, manifestations devant les rectorats le 10 octobre 2020 à 11 h

Manifestation pour l’enseignement des langues régionales

Face à la poursuite de la dégradation des conditions d’enseignement des langues régionales au lycée, le collectif « Pour que vivent nos langues » appelle dans toutes les régions à organiser des manifestations devant les rectorats le 10 octobre 2020 à11h

Les associations alsaciennes se joignent à ce mouvement.

Elles apportent leur plein soutien aux revendications nationales. Elles font valoir aussi les difficultés spécifiques que rencontre la langue régionale d’Alsace et Moselle qu’est l’allemand sous sa forme standard comme sous ses formes dialectales :

  1. Nous demandons une reconnaissance officielle et une mise en œuvre concrète de cette situation : l’allemand chez nous n’est pas en premier lieu une langue internationale ou la langue du voisin, mais notre propre langue régionale. L’allemand ne doit donc pas être enseigné comme il le serait à Bordeaux ou Brest mais comme élément constitutif de l’identité de notre région. Il ne s’agit donc pas, comme le fait l’éducation nationale, d’appliquer des schémas nationaux de l’allemand avec quelques adaptations plus ou moins subies (enseignement précoce de l’allemand), mais de développer une démarche originale d’enseignement de l’allemand langue de l’Alsace et de la Moselle de la maternelle à l’université.
  2. Cette position de l’allemand langue régionale implique nécessairement une modification de la formation et de la gestion des enseignants. Aujourd’hui, il n’existe qu’une formation d’enseignants de l’allemand langue internationale telle qu’elle est enseignée partout ailleurs en France. Il n’existe pas de formation systématique d’enseignants de langue régionale et en langue régionale depuis la maternelle jusqu’au baccalauréat (si ce n’est quelques initiatives de formation complémentaires pour des volontaires). Les futurs enseignants de la langue régionale doivent être formés en allemand dès la première année post bac et bénéficier d’avantages spécifiques pour que cette formation soit fortement attractive ; ils doivent pouvoir rester dans la région une fois formés. Un organisme spécifique de formation initiale et permanente pour l’enseignement de et en allemand doit être constitué.
  3. La réforme du baccalauréat a marginalisé encore davantage la prise en compte de l’allemand langue régionale et langue commune du Rhin supérieur, seule la filière élitiste de l’ABIBAC étant promue.  Le niveau de compétence moyen des élèves est en baisse car les élèves sont regroupés dans des classes hétérogènes où l’enseignement est inefficace. Pour remédier à cette situation, il faut créer aussi au lycée des classes bilingues paritaires garantissant un enseignement intensif de et en allemand. Ces classes doivent faire une place importante à la culture régionale : littérature, histoire, économie, connaissance du contexte rhénan et des pays voisins.
  4. Les potentialités de l’échange scolaire transfrontalier sont largement sous-utilisées. Il faut lancer un programme de création d’écoles franco-allemandes. Il n’existe qu’un lycée franco-allemand dans la région.
  5. Nous demandons la création d’un organe indépendant d’évaluation de la politique d’enseignement de la langue régionale en Alsace et en Moselle.

Les revendications nationales du collectif « Pour que vivent nos langues »

À court terme : 

  • Restaurer et améliorer l’attractivité de cet enseignement en rétablissant l’option facultative bonifiante de langue régionale au baccalauréat, en lui accordant le même coefficient que pour les langues anciennes, et en la rendant compatible avec le choix d’une autre option facultative.
  • Rendre au Lycée la spécialité langue régionale autonome et compatible avec un enseignement de spécialité de langue et culture étrangère;
  • De rétablir partout la possibilité de choisir l’ordre des langues au baccalauréat et donc la langue régionale comme LVB y compris en section binationale où cette possibilité a été supprimée cette année
  • Ouvrir la langue régionale comme LVB dans tous les lycées
  • Créer au lycée, à l’instar des sections internationales et des sections européennes ou de langues orientales, une section bilingue – langue régionale avec des disciplines non linguistiques (DNL) en langue régionale et des moyens spécifiques fléchés.
  • Rendre possible le choix d’utiliser la langue régionale pour les épreuves terminales, écrites ou orales, du baccalauréat dans les disciplines non linguistiques
  • Affecter des moyens spécifiques, hors dotation horaire globalisée, à l’enseignement des langues régionales

Dans une perspective à plus long terme :

  • Mettre en œuvre une politique volontariste de formation et de recrutements d’enseignants
  • Mettre en œuvre une véritable politique d’information des familles concernant les possibilités de suivre un enseignement de langue régionale
  • Reconnaître l’enseignement bilingue comme un parcours spécifique, de la maternelle au baccalauréat organisant l’emploi de la langue régionale pour des disciplines non linguistiques

 

Laisser un commentaire