Défilé de mode, défilé à la mode ?

C’était la « place to be » de ce dimanche strasbourgeois. L’Orangerie ? Non ! La place Kléber. Il fallait y être vu, versant une larme en mémoire de Samuel Paty, ce professeur décapité par un islamiste tchétchène de 18 ans. Et il fallait y être, prendre ses photos pour Facebook façon Fabienne Keller.

Ils sont venus, ils sont tous là, ils l’ont tous partagé sur les réseaux !

« Nous étions des milliers rassemblés cet après-midi place Kléber pour nous recueillir en silence à la mémoire de Samuel Paty. Au nom de la Ville de Strasbourg, j’adresse mes condoléances à ses proches, aux personnels et élèves de son collège, ainsi que toute ma solidarité aux habitant.e.s de Conflans Sainte Honorine » écrit Jeanne Barséghiansur son mur.

Du côté des jeunes loups déjà édentés, Pierre Jakubowicz, spécialiste des postes enlarmés osait un « Hommage républicain à Samuel Paty à Strasbourg. Que la République soit ferme et forte pour défendre ses enfants et ses valeurs et vaincre l’ignorance sur tous ses territoires ».

« Parce que l’union fait la force, le rassemblement unitaire en hommage à Samuel PATY aura lieu à ce dimanche à 15h Place Kléber » osait Jean-Philippe Vetter.

Il y a longtemps que la liberté d’expression a été décapitée

« La liberté d’expression ne se négocie pas » osait encore un autre. Nous conseillerions presque à ce camarade de resuivre les cours d’Histoire pour comprendre qu’il y a longtemps que la liberté d’expression a été bradée et que l’on ne peut plus parler de tout en France et en Alsace. Il y a les sujets tabous et ceux qui sont chasses gardées. (nous le payons parfois au prix fort chez Heb’di)

« On ne peut plus rien dire » affirmaient l’un des inconnus. A Strasbourg aussi, la parole s’est éteinte, bâillonnée par le politiquement correct et tenue en laisse par des autoritaires moralistes.

Ce qui arrive aujourd’hui est le fruit de 30 années de renoncement

Il n’est pas un secret, pour quelques initiés, d’affirmer qu’il y avait des craintes d’attentats depuis un mois. Le lieu n’était pas défini, le mode opératoire non plus, mais certains experts craignaient cela.

Il n’est pas un secret non plus que depuis le milieu des années 80, des poches militantes abritent des poches de radicalisation connues et reconnues.

Il n’est pas un secret qu’une partie de la gauche n’a rien voulu voir et qu’une majorité des élus de droite ont cautionné des dérives communautaires ou n’ont rien osé dire pour ne pas passer pour le facho de service.

Il n’est pas un secret non plus que le Front National s’il est parfois le thermomètre de faits sociaux, n’en est pas le remède.

Nous payons un lourd tribut, celui du sang et des larmes, mais les faits sanctionnent plus de trente années de renoncement.

Posons-nous la question de ce qu’il va advenir de certains quartiers de Strasbourg laissés aux mains de minorités agissantes, des quasi-campus de Cronenbourg-Hautepierre à des mosquées dont tous les paroissiens ne sont pas des Saints.

La République des Slogans face à l’Islamisme des faits

Et l’on se pare de mots sans en connaître le sens ni l’Histoire.

Emmanuel Macron et la cohorte des pleureuses strasbourgeoises reprennent en chœur ce « Ils ne passeront pas » des Républicains Espagnols, oubliant sans doute que le 1er avril 1939, 3 ans après le discours de Dolores Ibárruri Gómez, La Pasionaria basque, la dictature gagnait et allait durer jusqu’en 1975.

Souhaitons que le choix du slogan présidentiel n’annonce pas une telle destinée.

En attendant, l’Islamisme, qui se suffit sans adjectif, nous a déclaré une guerre impitoyable. Samuel Paty est tombé et rejoint une liste des victimes de plus en plus longue, des victimes qui ne renaitront pas des selfies et posts facebook, des hommes et femmes politiques, qui depuis plus de trente ans chantaient les louanges d’un « vivre ensemble » sur l’air de « ça ira mieux demain ».

Demain s’installe. Pire qu’hier, en fait. Nombreux l’ont compris en refusant d’être à ce défilé de mode pour compatir chez eux, dignement.

Jeanne Fischer

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