À Mulhouse, L’Alterpresse68 est attaqué pour diffamation : qui veut lui clouer le bec ?

Adrien Antenen, industriel suisse du recyclage et PDG de la société « Cyclamen », attaque nos amis du journal L’Alterpresse68, alléguant un caractère diffamatoire à la publication de l’un de leurs articles.

L’Alterpresse68 avait publié en avril, mai et juin 2019, trois articles relatifs à la tentative d’implantation d’une usine de recyclage de métaux au sein de la commune de Malmerspach dans la vallée de la Thur, entre Saint Amarin et Thann.

Malgré un indéfectible et touchant soutien de François Tacquart, alors président de la Comcom de Saint-Amarin, la tentative d’implantation s’était soldée par un cuisant échec. Un échec dû à une exceptionnelle mobilisation de la population. Population soutenue par les associations Thur écologie & transports et Alsace Nature.

Après l’abandon du projet de Malmerspach, l’industriel a estimé devant le juge d’instruction que le préjudice subi pour lui et celui de la société Cyclamen étaient tantôt à 480 000 euros ou à 1 200 000 euros.

Pourtant, le recycleur a trouvé sa terre d’accueil en Moselle, dans le Pays de Bitche, à Eguelshardt, où il a finalement implanté son usine.

Nous espérons, maintenant que l’usine de recyclage de métaux est implantée à Eguelshard (57) que l’entrepreneur n’a pas perdu la très discrète, mais généreuse, subvention de 384 258 euros que lui avait accordée le Conseil Régional à l’occasion de son arrivée dans le Haut-Rhin !

En ce qui concerne L’Alterpresse68, deux des trois articles publiés étaient la reproduction de ceux préalablement publiés sur le site internet de Thur écologie & transports.

Mais c’est celui paru dans nos colonnes qui a déclenché le courroux de l’industriel.

Bernard Schaeffer, auteur de l’article intitulé : « Cyclamen à Malmerspach : ça fleure bon l’écologie factice », relatait avec force détails, en mai 2019, la situation personnelle dudit Antenen, au regard de ses précédents déboires et atteintes à l’environnement, notamment lorsqu’il se trouvait à la tête d’une société nommée « Citron » qu’il a créée à Rogerville près du Havre à la fin des années 90, et dont il a été débarqué en 2007, remplacé par un banquier suisse.

Des éléments de faits qui n’ont pourtant rien de diffamant, ils sont principalement issus d’un article paru dans Le Monde le 16 novembre 1999. L’article est signé par Hervé Kempf aujourd’hui fondateur et directeur du journal en ligne spécialisé dans l’écologie : « Reporterre ».

Après que la plainte ait été instruite, et fait l’objet d’un non-lieu partiel dans l’ordonnance de renvoi, une première audience a été programmée pour le 22 avril 2021 à 13 heures devant le Tribunal correctionnel de Mulhouse.

Cette accusation abusive est une énième atteinte directe contre la presse d’investigation indépendante, sans lien avec le monde financier ou industriel. L’Altrpress68 est soucieuse de porter des faits d’intérêt public à la connaissance des citoyens.

Plutôt que de solliciter un droit de réponse, L’Alterpresse68 en a déjà publié, le plaignant préfère instrumentaliser dilatoirement la justice, pour tenter d’en faire taire un messager, alors que celle-ci a bien assez à faire avec nombre de situations réellement alarmantes.

Antenen n’en est d’ailleurs pas à sa première tentative d’intimidation de la presse indépendante. En effet, la société « Citron » qu’il a dirigée avait même pour mode opératoire régulier de retirer ses plaintes quelques jours avant les audiences, ainsi que cela fut fait en 2005, 2007 et 2009.

En 2019, avant de porter plainte contre L’Alterpresse68, Adrien Antenen a menacé les riverains en lutte et les deux représentants des associations Alsace Nature et Thur Ecologie & Transports par une mise en demeure. Il les sommait de « cesser leurs agissements » et de « faire connaître la réalité par voie d’affichage ». Les intéressés ont alors décliné sèchement.

Le personnage fera-t-il partie de ces industriels qui ambitionnent l’intimidation et l’affaiblissement d’un énième journal un peu trop curieux, en raison des ressources financières forcément engagées par celui-ci pour mener sa défense ?

Une mésaventure récemment rencontrée par notre consœur Inès Léraud, à l’occasion d’une enquête menée dans le secteur de l’agroalimentaire.

Pour L’Alterpresse68, cela représente quelque 3000 euros de budget à trouver pour assurer les frais de justice, soit l’équivalent de 20 % de leurs ressources annuelles.

Un aléa judiciaire susceptible de menacer dès cette année, un fragile équilibre financier et le maintien d’un salarié !

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Les rédactions L’Alterpresse68 et Heb’di

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2 réactions à "A Mulhouse, L’Alterpresse68 attaqué pour diffamation : qui veut lui clouer le bec ?"

  1. Burglin a commenté:

    Décidément, la justice est de plus en plus instrumentalisée par ceux qui ne supportent pas l’expression d’opinions qui ne sont pas les leurs. Courage!

  2. Didier a commenté:

    Bonjour, il n’est pas possible de lire l’article dans son intégralité du titre à ce paragraphe: “Cette accusation abusive est une énième atteinte directe contre la presse d’investigation indépendante, sans lien avec le monde financier ou industriel. L’Altrpress68 est soucieuse de porter des faits d’intérêt public à la connaissance des citoyens.” à cause de la bannière de droite ;-(