La revue de presse du professeur Schmeerwurscht

P’tit vélo

Aurélien Véron, élu d’opposition au Conseil de Paris, a découvert dans l’agenda «QueFaire.Paris», administré et géré par la municipalité, l’existence de l’atelier vélo «No’Mec Anique». Cette permanence nocturne, organisée une fois par mois dans le 11e arrondissement par l’association La Cycklette, se déroule «en mixité choisie (femmes, personnes trans, personnes non binaires), pour faire de la mécanique dans un espace libéré des rapports de domination genrés.»

Face au tollé sur les réseaux sociaux, au bout de quelques heures, la mairie a décidé de supprimer la page de son agenda en ligne. «Les valeurs de Paris, ville ouverte et universaliste, impliquent aussi de refuser toute forme de discrimination liée au genre ou à l’orientation sexuelle. Nous avons donc supprimé la fiche concernée», explique la mairie.

Il y a pourtant encore mieux, la soirée «Maniv’Elles», organisée dans le 20e arrondissement par la Cyclofficine, qui, elle, est toujours référencée et qui prévoit un créneau horaire d’auto-réparation de vélo  «réservé aux femmes et aux personnes issues des minorités de genre» car – selon l’association – «des stéréotypes […] règnent toujours dans notre société et, malheureusement, ne s’arrêtent pas aux portes de nos ateliers».

C’est bien, le progressisme progresse. Et quid des minorités de genre, racisées et opprimées qui ne savent pas faire de vélo ?

Tiens tiens

Dans la presse : «Origine du Covid: la piste du laboratoire chinois se précise ». Covid-19: «Une fuite de laboratoire, à ce stade, c’est la seule hypothèse qui ait du sens».

Avec une pensée pour tous ceux qui ont été traités de débiles et de complotistes et accessoirement de fachos parce qu’ils avaient osé, il y a un an, émettre l’hypothèse que ce virus sortait d’un labo.

Coup de fatigue

le numéro 475 de la revue Esprit se penche sur (l’une des) conséquences de la crise sanitaire et rapporte que les enquêtes de santé publique font état d’une épidémie de fatigue qui fait craindre que la santé mentale constitue elle-même une « troisième vague ».

Pour Jonathan Chalier et Alain Ehrenberg, la santé mentale est notre attitude collective à l’égard de la contingence, dans des sociétés où l’autonomie est devenue la condition commune. L’épidémie ne provoque pas tant notre fatigue qu’elle l’accentue. Cette dernière vient en retour révéler la société dans laquelle nous vivons – et celle dans laquelle nous souhaiterions vivre.

Pour y voir plus clair sans pour autant déprimer, c’est une lecture intéressante.

Et vous trouvez ça drone ?

En mars 2020, un drone utilisé par le Gouvernement d’union nationale libyen a visé des soldats du maréchal Haftar, chef de l’Armée nationale libyenne de façon totalement autonome, sans être mise en œuvre par un opérateur à distance. Le drone armé a “pris en chasse une cible humaine” alors en train de battre en retraite, sans la moindre communication électronique avec les forces libyennes.

“Les systèmes d’armement létaux autonomes étaient programmés pour attaquer des cibles sans nécessiter de connexion avec l’opérateur” explique le rapport, évoquant une fonction de “trouve, tire et oublie”. (Source : BFMTV)

Le futur a l’air de plus en plus sympa.

Dégâts collatéraux

Selon une étude de l’ONG KidsRights, la situation actuelle a gravement affecté les droits des enfants dans le monde et les jeunes risquent une “catastrophe générationnelle” si les gouvernements n’agissent pas.

En effet, des millions d’enfants n’ont pas eu accès à l’éducation en raison des restrictions sanitaires, alors que cela entraîne sur le long terme des conséquences sur leur santé physique et mentale. L’Islande, la Suisse et la Finlande sont en tête du “KidsRights Index 2021”, qui classe 182 pays en fonction de leur respect de la Convention internationale des droits de l’enfant. Le Tchad, l’Afghanistan et la Sierra Leone se placent en dernière position.

Les effets de la pandémie ont “malheureusement été au-delà des prédictions que nous avons émises à ses débuts il y a un an“, a déploré Marc Dulleart, le fondateur et président de l’ONG. “En dehors des patients du coronavirus, les enfants ont été les plus durement frappés, pas directement par le virus, mais parce qu’ils ont été négligés par les gouvernements dans le monde”. “La relance éducative est la clé pour éviter une catastrophe générationnelle“, a-t-il souligné.

Selon l’ONG, plus de 168 millions d’enfants n’ont pas pu se rendre à l’école, tandis qu’un enfant sur trois dans le monde n’a pas accès à l’école à distance lorsque les classes ferment. 142 millions d’enfants supplémentaires se sont retrouvés en situation de privation matérielle lorsque l’économie mondiale a été frappée par la pandémie et 370 millions d’enfants n’ont plus eu de restauration scolaire.

C’est une preuve de plus que les dégâts collatéraux de la pandémie peuvent être plus nombreux et plus graves que ceux liés directement au virus.

Trottirafale

Dans Paris Match on apprend qu’à Balaruc Les Bains, près de Sète, une patrouille de gendarmes a arrêté un homme qui circulait en trottinette, sur une route à 50 km/h, à la vitesse de …98 km/h !.

Chapeau !

Au pif

Ce mois-ci, la revue L’éléphant se consacre presque entièrement au parfum, aux odeurs, aux mécanismes subtils de l’odorat.

Excellent pour se changer les idées.

P’tit jeune

Un spécimen de rotifèrec, animal microscopique, est revenu à la vie après avoir été congelé pendant 24 000 ans en Sibérie, puis est parvenu à se cloner, ont annoncé lundi des scientifiques russes.

Cette découverte soulève des questions sur les mécanismes utilisés par l’animal multicellulaire pour supporter cette longue période de repos, déclare Stas Malavin, co-auteur d’un article à ce sujet dans la revue Current Biology. « Notre rapport est la preuve la plus solide à ce jour que les animaux multicellulaires pourraient supporter des dizaines de milliers d’années en cryptobiose, un état dans lequel le métabolisme est presque complètement à l’arrêt », a-t-il expliqué.

L’équipe de chercheurs a utilisé un appareil de forage pour prélever des carottes de la rivière Alazeïa, dans l’Arctique russe, puis a utilisé la datation au radiocarbone pour déterminer que l’âge du spécimen se situait entre 23 960 et 24 485 ans. Ils avaient déjà identifié des microbes unicellulaires capables de pareils exploits.

Pourvu que ma belle-mère ne lise pas cet article !

 

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