La bande à Heb’di témoigne…

La page des hommages.

 

Jeanne Fischer :

 

“Thierry Hans était…

Thierry était ! Quelle douleur de devoir parler d’un ami au passé ! Thierry est…

Nom de Dieu. Lui, qui avait encore verbalisé bien des projets s’en est allé. Bon sang, Thierry, et nos rendez-vous à venir ?

Finis, les schnaps idée à la maison, les cafés au Michel, la carte de Corinne à La Wantzenau.

Il rêvait d’une Alsace Frei et c’est lui qui s’en est allé… en toute liberté.

Thierry avait l’Alsace chevillée au corps. La situation de cette région englobée de force dans le Grand Est l’énervait presque autant que l’éparpillement des forces régionalistes et l’incapacité de certains élus à faire remonter la cause alsacienne à Paris.

Il savait que la décision viendrait d’en haut, mais rêvait que l’esprit de Melchior Reiff, le robin des bois alsacien puisse réveiller la base et le cœur des Alsaciens. Thierry rêvait, espérait et l’espoir le faisait vivre.

Récemment, Thierry avait fait le choix d’un apparentement politique, mais n’appréciait guère d’être trop instrumentalisé pour cela. Le choix fut-il opportun ? Nul ne sait. Sa décision fut, elle, une opportunité, voire, « en même temps », un fardeau à porter.

Il avait encore rêvé, romantique, de changer les choses de l’intérieur. Il avait hélas conclu que tout cela n’allait pas assez loin et assez vite et entendait reprendre sa liberté. Depuis des mois, il limait ses barreaux et attaches.

Idéaliste, il souhaitait rassembler d’autres élus et rejoindre, fonder ou poser les fondations d’un groupe d’élus « pro Alsace ». La « ligne de front » nationale ne le motivait pas.

Certains ont cru bon lui jeter la pierre, souvent assez bassement.

Qu’il est confortable de titiller la paille dans l’œil du voisin pour mieux oublier la poutre que l’on a dans le sien. Qu’il est confortable de s’auto-octroyer un brevet d’alsacitude cachant une jalousie ou une poussée d’ego.

Dans sa vie, il y eut la « presse ». Là encore, il la rêvait libre. Il y eut l’époque Tonic puis Heb’di !

Il s’accrochait à Heb’di car il tenait à donner la parole à chacun sans distinction, quitte à faire du « winstub de rédaction » une auberge des plus espagnoles. Reconnaissons qu’une partie des plumes du volatile constitué ne se seraient jamais croisées, voire parlées sans le talent et la volonté de Thierry.

En lisant ces mots, de là où il est peut-être, Thierry doit sans doute se dire que l’on en fait trop. Naturellement, Thierry avait des défauts, mais il avait des qualités aussi.

Certains, fâchés avec lui, devraient aujourd’hui pondérer leurs rancœurs. Ne furent-ils pas, pour certains les premiers à alimenter Heb’di en informations lorsque que la publication servait leur dessein ou destin.

Des défauts, naturellement ! Bien sûr, pas assez ceci, pas assez cela. Mais Heb’di tenait parce qu’un bricoleur était à la manette. Parfois, à force de jouer des outils, on se coupe, s’entaille ou s’écrase le doigt d’un savant coup de marteau.
Pour le reste, nous laissons ceux qui ont une âme de juges juger. Nous nous perdons le complice, l’ami.

Thierry était… Comment ne pas penser à ses proches, à ses filles ?
Thierry était… Il évoquait récemment des pistes pour faire vivre l’esprit Heb’di. C’est le dernier cap qu’il a donné à certains avant de s’en aller… Ca et trouver une voie pour faire sortir l’Alsace du Grand Est.

Les quelques articles évoquant son départ l’auraient sans doute faire rire jaune. Thierry s’en est allé. Dans nos cœurs, tu restes présent.”

 

Jeanne Fischer

Schmeerwurscht :

 

“Salut camarade, ma couille,

Dieu sait (il est l’un des seuls) que nous nous sommes chamaillés un paquet de fois à propos d’Heb’di, ce vieux bébé qu’avec d’autres nous avons essayé de guider et de faire avancer avec plus ou moins de bonheur. Toi, son papa, tu as eu affaire à des enfants chahuteurs que tu laisses orphelins, mais je sais que, désormais, là-haut, tu es calme et serein et nous t’y rejoindrons tous un jour et nous pourrons à nouveau nous crêper le chignon.

Puissent les bien-pensants qui t’ont marché dessus avec des godasses à crampons au moment où tu as fait un choix politique qu’ils ont fait mine de contester, faire preuve d’un peu de retenue dans l’éloge tardif et hypocrite.

 

Ton ami,”

 

Schmeerwurscht

 

Jean-Clément Lorentz :

 

“Adieu Thierry !

Malgré nos différents intellectuels, nos désaccords et nos prises de tête, je salue l’Homme que tu étais.

Ce fut une expérience des plus intéressante de travailler à tes cotés, j’ai appris à me connaître moi-même, mais aussi à explorer une facette de la psychologie humaine.

Je te souhaite de pouvoir accéder à l’Amour inconditionnel, là où tu es maintenant.”

 

Jean-Clément Lorentz

 

Xavier Boulanger :

“à Thierry

Tombe la pluie sur nos cœurs endeuillés

Hauts et fiers, au dernier lieu t’accompagner
Intemporelles échanges d’une fière région
Encore et toujours défendue par passion
Rejoint maintenant, bien que trop tôt
Rot und Weiss ornant ton repos
Y a t il un alsacien pour reprendre le flambeau ?

Haut et fier le drapeau, aux rives du Rhin
“Auch in Zukunft makellos und rein”
Nombreux , ceux qui te pleurent

“Sind treu wir ihr ergeben !”

 

 

Xavier Boulanger

 

 

Maxime Gruber :

“Repose en paix, Thierry. Nous ne t’oublierons pas.

Tu étais un homme sensible, trop sensible… Tu doutais de tout, mais tu avais le courage de tes convictions et tu allais au charbon sachant que tu le paierais au prix fort. Combien de procès bâillons as-tu dû subir tout en sachant que tu avais raison… Prendre un puissant la main dans le pot de confiture ne suffit pas, le bestiau a du répandant et surtout des avocats…

Il ne faut pas toucher à leurs grisbis, on peut se moquer d’eux, même les humilier, mais si tu touches à leur cagnotte, ils deviennent pires que des tigres à dents de sabre. Tous les coups sont permis.

On peut dire qu’en tant que journaliste, tu as testé leur patience et tous les coups bas que peut encaisser la liberté d’expression. La liberté et l’équité à géométrie variable selon que tu sois riche ou puissant.

Un grand pédagogue…

Notre première rencontre fut des plus improbables, tu pensais que j’avais du potentiel, beaucoup plus que je le croyais. J’ai dû nettoyer ma prose trop littéraire pour aller au vif du sujet, tu fus un pédagogue intraitable pour que je prenne le pli du journalisme. Ce travail, tu la fais de nombreuses fois, ainsi de nombreuses personnes pratiquant de nos jours ce métier ne peuvent que t’en remercier.

L’Alsace.

Tu avais l’Alsace chevillée au corps, ton équipe a senti ton vent tourner, mais ce fut tout de même un choc quand tu me téléphonas pour me dire que tu candidatais au Conseil Régional sous l’égide du RN. Et les coups te tombèrent sur la tête dès que la presse s’empara du sujet. Tu fus écrabouillé, lessivé, assassiné par des gens que tu croyais proches de toi. Cela restera certainement l’un des plus grands drames de ta vie. A ta disparition, certains journaux ont résumé ta vie à un choix politique et à ta formation n’ayant rien à voir avec le journalisme. Tu étais plus riche que cela, Thierry !

Ne t’inquiète pas Thierry, on va continuer à peigner tout ce joli monde dans le mauvais sens du poil.”

 

 

Maxime Gruber

 

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Une réaction à "La bande à Heb’di témoigne…"

  1. Jean-Claude a commenté:

    Màch’s güed, Thierry !
    Mir vergàsse dich niemols …