Entre les recrutements et les licenciements le nombre des emplois vacants non pourvus sur le territoire est, bon an mal an, d’environ 500 000. Dans ces conditions comment reprocher aux gens de ne pas trouver de travail dans un Pays où il n’y a plus de travail ? Et, par quel miracle le chômeur dunkerquois, sans moyens, pourrait-il aller prendre un poste à Bordeaux où à Lyon ? Quelle solution offre-t-on aux millions de licenciés “économiques”, aux millions de demandeurs d’emploi impuissants, qui subissent les baisses de commandes, les délocalisations, l’incurie et l’égoïsme économique qui plombent l’activité ? Que sont devenus nos ingénieurs, nos usines de machine outil, de mécanique, d’armurerie, du ferroviaire, de fonderie, de sidérurgie, de chaudronnerie, de filature, de verrerie, d’horlogerie … Les travailleurs sont pauvres, mais pas encore au fond du trou, il reste le niveau du Burundi. Les salaires et les retraites très bas non seulement n’augmentent pas, mais ils diminuent du fait des contraintes et obligations diverses, impôts, taxes, amendes et charges, sur les cartes d’identités, le permis de conduire, les passeports, les appels payants, les autoroutes, la privatisation des biens communs … tout cela appauvri les ouvriers, les classes moyennes et les jeunes gens. Combien ne peuvent plus se soigner, payer les études de leurs enfants ! Pire encore la misère des 8 millions d’êtres humains de notre Quart-monde. Lorsque 10% d’égoïstes sans moral se repaissent du superflu.

En quoi consiste le credo du régime technocratique Macron, dont l’instigateur est le Medef (syndicat d’orientation réactionnaire) sinon d’une politique de classe qui consiste : à punir et à appauvrir davantage encore, les familles qui après 25 ans dans l’entreprise se retrouvent à la rue : en réduisant leurs indemnités de licenciement et de chômage ainsi que sa durée, puisque ce sont eux les boucs émissaires dans cette situation, comme le clame et veut le leur faire croire la duplicité ambiante, relayée en cela par les médias et les “experts” valets dont aucune critique ne fuse ? Une chose est certaine, il n’y a pas de responsabilité managériale. Pourtant on a bien vu que les récents 40 milliards d’aide de l’Etat et les allègements de charges n’ont strictement rien apporté en terme d’emploi, pas plus que les milliards d’aides distribués depuis 30 ans sous l’empire des différents gouvernements. Les milliards d’aides et les très bas salaires ouvriers, n’expliquent pas le manque de compétitivité des entreprises ! On s’interroge …

Pour ceux qui ont encore un travail : c’est la réduction des salaires, l’augmentation des horaires, les emplois précaires, la flexibilité, l’individualisation et le démantèlement des protections du Code du travail. Dire qu’un employé peut affronter seul son patron, c’est faire fi des rapports de force hiérarchiques et c’est le retour à l’arbitraire. Annoncer que les employeurs ne savent pas lire les 300 pages utiles du Code du travail et qu’il convient de le réduire, voire de le supprimer, c’est se moquer du législateur, de l’histoire sociale, de la démocratie et les prendre pour des idiots. Inquiétant, le recours au 49/3 montre la main mise d’une politique discrétionnaire pour cinq ans. Devra t-on dorénavant pour le confort de certains, réformer tous les codes Dalloz ?

Le Medef et Macron disent qu’en facilitant le licenciement, ils vont accroître le nombre des emplois. Il nous disent aussi qu’en réduisant les salaires, en diminuant les retraites (CSG) et les minima sociaux, en augmentant les charges et les impôts des pauvres et en supprimant les impôts des riches, ils vont relancer l’économie du Pays ! Qui peut croire à de telles fadaises et contrevérités ? Plutôt que de toujours brimer les pauvres gens, ne serait-il pas plus judicieux et urgent, parmi les moyens disponibles pour relancer l’économie solidaire dans l’intérêt général et le plein emploi, enjeu crucial, de procéder à un bouleversement des paradigmes et des mentalités, « un new deal ». Par exemple : en réduisant tout de suite les écarts salariaux de 1 à 30, en répartissant les charges de travail, en distribuant les fruits du travail et de la finance équitablement entre tous, en réduisant les frais de bouche, la pompe de l’État et des hauts fonctionnaires sur le modèle des pays du Nord l’Europe, en interceptant les sommes immenses de l’évasion et de l’optimisation fiscale, en développant les industries des énergies renouvelables, de l’isolation du bâti et de l’écologie. Mais aussi en mettant en place très vite le revenu universel jeunes et un Erasmus pour tous les jeunes de 15 à 30 ans. Imaginez, un instant, la progression rapide et considérable de telles mesures pour la reprise économique et le niveau de vie de tous, pour la joie de vivre retrouvée dans le Pays ! Et, si les instigateurs de l’affaiblissement de l’Etat protecteur, de la dérégulation et de la marchandisation de tout, qui s’enrichissent au dépend de la communauté veulent s’expatrier, qu’ils s’en aillent, bon débarras !

O.Godin

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Une réaction à "6 millions de fainéants"

  1. Schnaps a commenté:

    Bravo pour cette analyse lucide mais trop peu diffusée dans les grands médias.