Écoles : le voile, les sorties scolaires, Bruno Studer

Tout commence au Sénat quans Les Républicains proposent un amendement proposant d’«interdire le port du voile pour les accompagnatrices, généralement les mères des élèves, lors des sorties scolaires ».

Dans les faits, l’amendement ne cite pas le voile mais précise : « dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit ».

L’amendement rebondit sur la toile alsacienne comme par exemple sur le compte Facebook du député  Bruno Studer.

Où l’on parle du voile…

L’amendement vise à garantir la neutralité de l’Ecole. Après tout, la France n’est-elle pas une République supposée laïque ?

S’il s’oppose à cet amendement, le Ministre LREM renvoie vers le pouvoir réglementaire. Il ne fait pas bon allumer le feu sur ce sujet.

Dans les faits, une réalité pratique s’impose dans certaines écoles : des mamans voilées accompagneraient plus les enfants que d’autres parce qu’elles s’investissent dans l’éducation de leurs enfants.

Rien n’empêche les secondes de se réinvestir.

N’est-ce pas ce que dit, sans le dire, le Ministre en affirmant : « Cela poserait tout un tas de problèmes pratiques, qui iraient à l’encontre du développement des sorties scolaires ».

Le voile, signe ostentatoire ou éloge de la diversité nationale ?

Public Sénat nous fait partager ces débats. En mai dernier, l’amendement, est voté par 186 voix contre 100 et 159 abstentions.

Le voile, signe ostentatoire ou éloge de la diversité nationale ? Le débat dure depuis quelques années.

Pendant ce temps, en Iran, des femmes se battent pour avoir le droit de ne pas le porter…

« Depuis l’instauration de la République islamique, il y a quarante ans, le port du hijab est obligatoire. Certaines femmes s’opposent à cette loi religieuse et manifestent publiquement leur désobéissance, malgré une féroce répression » rappelle le Parisien.

Sur Facebook, un internaute interpelle le député Bruno Studer :

« La commission mixte paritaire (50% député.e.s et 50% Sénateurs/trices) a été convoquée le 22 mai dernier pour examiner les textes avant le passage au parlement. Cette commission se réunit Jeudi 13 juin.

Voilà la composition de la commission paritaire mixte. Ce sont celles et ceux qu’il faut absolument interpellés pour alerter sur cette amendement discriminatoire et islamophobe qu’est l’amendement 100 du projet de loi « pour une école de la confiance ».

Parmi les membres de la commission, il y’a un député strasbourgeois, Mr Bruno Studer.

Vous savez le député qui vient faire des salam alek dans nos quartiers et qui ne s’est toujours pas positionné sur cet amendement comme ses autres collègues strasbourgeois Mr Michels, Waserman, Mme Wonner.

Je vous invite à les Twitter, les marquer en com sur FB et autre réseaux sociaux pour qu’ils/elles se positionnent ».

Et voilà donc un député sous pression. On lira les commentaires.

Liberté religieuse ?

Assez vite, le député obtempère et précise son avis :

« J’ai été interpellé au sujet de l’amendement du groupe Les Républicains voté au Sénat qui vise à interdire le port du voile pour les mamans accompagnatrices lors des sorties scolaires.

Ma position a toujours été claire : une telle mesure n’est pas souhaitable.

Un amendement similaire avait déjà été déposé par un député LR lors de la discussion du texte à l’Assemblée nationale qui l’avait alors rejeté et pour lequel j’avais voté contre (cf scrutin n° 1670, deuxième séance du 12/02/2019 ».

On comprend donc que le député se presse d’informer ces électeurs. Dans les commentateurs, on notera l’une ou l’autre activité communautaire dont les positions et amitiés imposeraient plutôt la discrétion. Mais tout cela le député n’en sait sans doute rien…

Hélas, derrière une supposée défense de la liberté religieuse dans l’espace public, se cache des militants, qui du port du voile à l’émotion, font feu de tout bois.

Et vous, le voile, la kippa, les croix à l’école, vous en pensez quoi ?

La suite à l’Assemblée Nationale.

Stanislas Metz

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