Ce qui m’interpelle dans cette affaire Bayrou, c’est d’une part en quoi elle révèle le côté machiavélique de notre nouveau président et d’autre part la vitesse à laquelle les arguments défendus, que dis-je, exigés par FB sur la morale politique lui reviennent en pleine figure.

 

Deux sujets distincts en apparence mais qui se téléscopent au dessus de la tête de notre tout nouveau ministre de la justice et le noient dans ses propres mots.

 

En effet, FB, tout le monde le sait, s’est fait le chantre de la morale en politique. Rappelons simplement avec quelle violence il a fustigé FF bénéficiant de la neutralité bienveillante d’un futur président qui s’est toujours bien gardé, lui, de dénigrer ses adversaires. Alors cette histoire d’assistants parlementaires qui auraient travaillé pour le Modem et non pour les députés européens, qui rappelle une pratique quasiment revendiquée par le FN, disons le tout net : cela fait tâche.

 

Et bien sûr les médias, toujours en quête de buzz, se sont emparés de l’affaire au point d’en oublier l’autre ministre en passe de devenir député, j’ai nomme Mr Ferrand.

 

Et voilà notre FB qui s’empêtre dans des marécages qu’il a lui même entretenus. Et avec quelle maladresse ! Une maladresse qui ne fait qu’aiguillonner lesdits médias dans leur chasse nourrie par une soif inextinguible d’hallali.

 

Pourtant, une question me taraude : tout cela est il fortuit, ou est ce que cela aurait été machiavéliquement préparé de longue date par le futur président ?

 

Repassons en revue ces derniers mois :

Quand Mr Bayrou annonce son soutien au candidat Macron, celui-ci l’accueille avec le sourire (contrairement au soutien de Valls).

Il en profite pour passer en tête des sondages, tête qu’il ne quittera plus jusqu’à son élection triomphale.

Nous voici le jour de la nomination des membres du gouvernement.

Là, il attire notre attention sur la nécessité de n’avoir autour de lui que des ministres propres en retardant leur nomination sous prétexte d’enquête de moralité.

Or, il nomme Mme De Sarnez, N° 2 du MODEM, qui est visée depuis mars par une enquête préliminaire sur le sujet du jour, à savoir la rémunération par l’Europe de son assistant parlementaire. Une nomination en contradiction avec l’affichage moraliste en vigueur.

Etait-ce une erreur ? Je ne le pense pas. C’était un deal avec FB sur le mode “Tu es Président grâce à moi donc tu nous prends Marielle et moi dans ton gouvernement.”

A ce moment, ne connaissant pas l’issue des prochaines législatives, notre jeune président cède malgré lui à ce petit chantage -il faut bien appeler les choses par leur nom – digne des pratiques de la vieille politique, dont, par ailleurs, on ne niera pas que M Bayrou est un non moins digne représentant.

Or voilà que dimanche, REM fait un carton au delà des prévisions les plus optimistes et la nécessité de composer avec le MODEM disparait.

Immédiatement, l’affaire Bayrou prend de l’ampleur et le Premier Ministre, dont on n’imagine pas une seconde qu’il ne parle pas sous couvert du Président envoie un missile sur celui qui a eu le tort de se penser intouchable.

La fin de l’histoire ? C’est pour la semaine prochaine.

Car il faut intégrer le fait que EM est un tueur de père à la mode freudienne. Il a compris qu’il n’existerait qu’une fois débarrassé des oripeaux de ses prétendus mentors. Il a effacé FH de la scène politique et croyez moi, voici venu le tour de FB autour duquel il a tissé une toile mortelle jusqu’à se voir “contraint”, la larme à l’oeil sans doute, de le renvoyer à sa mairie de Pau. Il n’aura, dans ce combat, pas utilisé d’autres armes que celles de son adversaire. Remarquable !

Ce qui me fait rire sous cape dans cette affaire, c’est à quel point ces messieurs de la politique traditionnelle se sont trompés sur le “jeune” Macron : jamais élu, pas d’expérience politique, incapable de gérer le régalien, pas de poids à l’international, etc…

En réalité, ils se rendent compte, mais un peu tard, que cet homme est beaucoup trop intelligent pour eux et qu’il les a tous envoyés à la retraite sans le moindre état d’âme. Il ne reste plus qu’à espérer que son efficacité et son intelligence aient des effets positifs visibles dans le pays car les gens sont tellement excédés par leurs dirigeants qu’ils ne pardonneront aucune erreur.

NBP

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