Revue de presse

T’en veux une ?

Le Figaro consacre sa une à la marée montante des «violences gratuites» en France. Depuis le 1er janvier, le nombre d’agressions non crapuleuses (commises dans un but autre que le vol) frise le millier d’actes quotidiens. Un record.
Le bilan de la délinquance pour le premier semestre 2018, alimenté par les services de police et de gendarmerie, fait état de plus de 173.000 actes de violence (hors vols), soit une moyenne de 956 agressions par jour.
C’est bien la preuve que non seulement, tout va bien, mais que tout va mieux. De mieux en mieux même. Ça baigne à tel point que deux éminents chercheurs se sont penchés sur cet excès de bonheur pour conclure que nous vivons dans une société de l’injonction au bonheur (nuance!), une “happycratie”, dans laquelle le bonheur est devenu une obligation, un impératif. Le Point  en publie de larges extraits:
Qualité de vie, bien-être à l’école, au travail, et bienveillance sont désormais des indicateurs – et des termes – dont tiennent compte aussi bien les pouvoirs publics que le système éducatif et évidemment les professionnels du management. Les chercheurs Éva Illouz et Edgar Cabanas dans leur ouvrage  Happycratie, paru aux éditions Premier Parallèle, montrent comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies. Ils dissèquent ce phénomène de société devenu une véritable tyrannie et surtout une industrie juteuse.
Ils montrent comment, dans sa forme et ses usages actuels, le bonheur est un puissant outil pour les organisations et les institutions, un outil qui leur permet de construire des travailleurs, militaires et citoyens bien obéissants. À notre époque, l’obéissance adopte la forme d’un travail sur le moi et d’une maximisation de ce moi.
Tout incite à se méfier de ceux qui prétendent détenir les secrets du bonheur.
[…] De façon plus fondamentale encore, s’il nous faut absolument nous méfier des apôtres du bonheur, c’est parce qu’en dépit de leurs sempiternelles promesses de nous remettre les clés de la bonne vie, ces clés restent et resteront parfaitement introuvables. Alors qu’il est bien difficile de déterminer le nombre exact de personnes qui sont persuadées d’avoir concrètement bénéficié de leurs conseils, les praticiens de la psychologie positive, les économistes du bonheur et les autres professionnels du développement personnel ont touché et continuent de toucher de leur activité des revenus absolument considérables.
Alors qu’il suffit d’acheter Heb’di pour une somme ridicule par rapport au bonheur trouvé!

Un verre et contre tout

L’info (si toutefois s’en est une) fait grand bruit en ce moment : “Juste un verre d’alcool de temps en temps, c’est trrrrèèès mauvais, trrrrèèès dangereux, voire mortel. L’idée d’une dose d’alcool “inoffensive”, voire bénéfique serait un mythe. Car les bénéfices de l’alcool contre certaines pathologies cardiaques (les cardiopathies ischémiques) seraient contrebalancés par une augmentation du risque de cancers… dès le premier verre. Il semblerait que ses effets soient nocifs même à faible dose. C’est ce qu’indiquent les conclusions d’une vaste méta-analyse publiée le 23 août 2018 dans The Lancet. L’alcool est impliqué dans la mort de 2,8 millions de personnes par an, ce qui en fait le 7e facteur de risque d’une mort prématurée dans le monde. Pour les gens dont l’âge est compris entre 15 et 49 ans, c’est même le principal facteur. Et blablabla…
Tu m’en diras tant !
Le matraquage continue… sous couvert de santé publique, c’est en réalité un véritable lavage de cerveau qui nous est imposé. Dès qu’on ouvre un œil, on nous dit qu’il faut bouger, faire du sport, ne pas manger de sel, de sucre, de gras, de viande, qu’il faut manger 5 fruits et légumes par jour (t’as vu le prix ?), ne pas polluer, aérer, méditer, faire du vélo, se laver les mains, s’épanouir, dire bonjour à la dame, se rappeler que le soleil ça brûle et que la pluie ça mouille, qu’il faut consommer toujours plus en gagnant toujours moins, qu’il faut être généreux tout en se serrant la ceinture. Tout ça pour faire de nous des moutons propres, obéissants, corvéables et essorables le plus longtemps possible sur le marché du travail et dans les temples de la consommation. À moins qu’on ne cherche à provoquer une réaction qui, je le sens, ne tardera plus très longtemps…

Quand je serai grand, je veux être déséquilibré

Ça vaut son pesant de cacahuètes puisque c’est “Télérama”, l’organe de Gôche par excellence, qui a titré ainsi : “Attaque au couteau à Trappes : rien de grave, le fiché S était déséquilibré”. Ce n’est pas dans mes habitudes, mais la lecture de l’article de Télérama vaut vraiment le coup, car il en dit long sur l’état de notre société et ceux qui sont censés analyser et “informer”…

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