Strasbourg 3 : Bruno Studer va-t-il choper le blues ?

Bruno Studer est député de la troisième circonscription du Bas-Rhin, Strasbourg Nord.

À sa façon, il trace sa voie dans la « Trois », mais dans ce panier de crabes, tout n’est pas simple. À tel point qu’on s’est demandé, à Heb’di, s’il n’allait pas finir par choper le blues.

Un élu qui bosse à Paris

Dans une circonscription de gauche, tenue pendant 20 ans par un député RPR-UMP-LR, alias André Schneider, Bruno Studer a surfé sur la vague ”En Marche” pour se faire élire. Depuis, il bosse  !

L’ancien UDI qu’il est s’est mis au pas de Marche, le voilà donc Président de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, ayant déposé plusieurs rapports parlementaires, cosignant des projets de loi.

Au fait, combien de lois, rapports a présenté le député précédent en 20 ans ?

L’homme est entouré, six assistants l’accompagnent et petit à petit il se fait sa place à Paris.

Là-bas, l’ancien prof apprend vite, même s’il sait qu’en partie son destin est lié immanquablement à la réussite d’Emmanuel Macron.

Il a l’humilité que d’autres députés strasbourgeois n’ont pas.

Un élu qui va à la rencontre des citoyens

Prompt à faire de la « politique autrement », l’élu organise des rencontres directes avec les concitoyens. L’affluence varie, démontrant le peu d’intérêt des gens pour la chose politique en dehors des corridas électorales, mais l’élu persiste.

Un Bernard-l’hermite dans un panier de crabes

Dans les communes et quartiers qui font sa circonscription, l’élu navigue aussi. Sans doute un peu moins à l’aise, sans doute plus discrètement. Il se prête pourtant aux vieilles traditions que le Nouveau Monde pensait changer : inaugurations, pince-fesses et autres obligations d’élus. Là, il est moins à l’aise.

Non que le courant ne passe pas, mais il fait figure de daurade au milieu des requins, de Bernard l’Hermite dans un panier de crabes.

Il n’a pas le choix. Il doit les croiser des Strasbourgeois se prenant pour des Stars bourgeoises. Il doit les fréquenter, les Dambach, Hoerlé, Debes, Perrin et Schuler. Certains disent que s’il pouvait exprimer ses préférences, certains seraient vraiment courroucés.

Si Pierre Perrin – Maire Souffelweyersheim et Georges Schuler, Maire de Reichstett vivent sur leurs terrains respectifs et sont attachants par leur engagement, les trois premiers sont « en campagne » permanente. Non que l’une ou l’autre ne soient pas sympathiques, mais voir l’un soigner plus sa permanente et son image à la façon année 80 pourrait finir par le lasser.

Parfois, lors d’un moment, d’une inauguration, on se dit que Bruno Studer appelle vraiment de ses vœux un Nouveau Monde, sans dinosaures. Il suffit de le regarder cherchant finalement à s’échapper de l’entourage des crabes pour aller à la rencontre des vrais gens.

« Cours, Bruno, le vieux monde te colle aux Basques »

En cela, on se demande s’il n’a pas le blues ou si cela ne lui pend pas au nez. Il nous dira que non, il est poli, Bruno. « Cours, Bruno, le vieux monde te colle aux Basques » serions-nous tentés de lui dire.

Quant à changer de monde, ne rêvons, pas, une partie grandissante des électeurs sont plus âgés que les maires en place !

Stanislas Metz

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