Ça donne envie…

La journaliste Maïlys Khider nous révèle que de plus en plus de jeunes diplômés, issus de tous les milieux sociaux, refusent de se projeter dans la vie qu’on leur “vend” pendant et à l’issue de leurs études, cette vie  qui doit forcément leur permettre de s’acheter une grosse bagnole, une grande télé et de partir au ski l’hiver et dans les îles tropicales en été.  Sauf qu’ils sont de plus en plus nombreux à ne pas être d’accord, à ne pas se reconnaître dans le modèle de société qu’on leur propose, enfin, qu’on leur impose. Cette génération estime que l’imprévu, l’espace, la liberté et l’accomplissement de soi se jouent ailleurs que dans le choix de sa profession.

Confrontés au manque de sens d’un job fatigant, ultraconnecté et chronophage, biberonnés aux discours sur le revenu universel, ces jeunes jouent avec les codes du travail pour mieux le fuir.

En France, c’est le règne du je-bosse-donc-je-suis. Selon l’Insee, 80 % des Français considèrent le travail comme l’une des composantes essentielles de l’identité. A 26 ans et après des études littéraires (hypokhâgne, khâgne, une licence en lettres modernes), Quentin a décidé de s’extraire du monde professionnel : «J’ai regardé ceux qui triment et je me suis dit : “Refuse de faire d’un métier le manifeste de ton existence.” Le travail moderne tue la partie onirique, florale, le fantasme.

Le Baromètre de l’humeur des jeunes diplômés, publié par le cabinet Deloitte, montre que les compétences qu’ils ont acquises “correspondent rarement” aux attentes des entreprises. Un désenchantement que l’économiste Pierre-Yves Gomez attribue à la financiarisation de l’économie : “Les entreprises visent avant tout le résultat. Le travail est devenu une marchandise comme une autre. En résumé, quand on aime le travail, on n’aime plus travailler.”

Bref, nous vivons dans une société où les jeunes ne voient aucun avenir, ni pour eux-mêmes ni pour la société, encore moins pour leurs enfants qu’ils hésitent de plus en plus à mettre en route… Certains aimeraient déjà être vieux pour passer leur temps entre lecture et flânerie…

En Estonie, ce sont désormais des robots qui prendront les décisions de justice pour les préjudices allant jusqu’à 7000 euros. L’humanoïdisation est l’avenir de l’Homme.

Aux Etats-Unis, accrochez-vous, c’est une grand-mère de 61 ans qui vient de donner naissance à sa … petite-fille conçue médicalement avec le sperme … du conjoint…  de son fils!

Bref, tout ça donne vachement envie de l’avenir et c’est à se demander si, finalement, ces jeunes déjà revenus de tout ne sont pas, tout de même, dans le vrai?

Miam

Il paraît que le Ministère de la Santé exige que désormais les sondes rectales et vaginales soient désinfectées entre deux examens. Parce que ce n’était pas le cas? Je me disais aussi, y’avait comme un goût…

Parasols dorés

Indépendamment des tribulations de monsieur Gohsn qui est retourné prendre le frais en prison, Le Monde a consacré un article aux surprises de la saison 2019 des assemblées générales du CAC 40 : on découvre le montant exorbitant  de 14 millions d’euros du « paquet » versé au président exécutif de TechnipFMC, Thierry Pilenko (61 ans), alors que la société d’ingénierie pétrolière qu’il dirige est dans le rouge.

Puis ce sont Les Echos qui ont dévoilé la rémunération annuelle de 21,8 millions d’euros perçue en 2018 par François-Henri Pinault, le PDG du groupe de luxe Kering, au lieu des 2,7 millions attribués l’année précédente. Cela s’expliquerait par” le déblocage d’une rémunération de long terme basée sur la performance financière”. Ah bon, c’est juste ça, ok, dans ce cas d’accord !

Alors, c’est sûrement un truc technique qui explique aussi la somme allouée à Tom Enders (60 ans), le patron allemand d’Airbus qui va toucher une enveloppe globale de 36,8 millions d’euros ? (chiffres indiqués par Le Monde).

Cela s’appelle, dit-on, des “parachutes dorés”. J’appelle ça plutôt des parasols dorés! Pour qu’il y ait nécessité d’un parachute, il faudrait déjà qu’il y ait risque de chute, or quand on gagne en un an ce qu’un ouvrier ne gagne pas dans une vie, on a le temps de se faire un bon matelas, au cas où on se prendrait les pieds dans un épais tapis.

Franchement, dans le contexte actuel, avec les mal-logés, les travailleurs précaires, les travailleurs pauvres, les chômeurs, la baisse du pouvoir d’achat des actifs comme des retraités, la perte de sens, pourra-t-on encore longtemps s’obstiner à ne voir dans l’émergence de mouvements sociaux, populaires, comme les gilets jaunes, que des phénomènes marginaux, manipulés, complotistes qu’il suffit d’ignorer pour les faire disparaître? Croit-on vraiment que le peuple va s’incliner indéfiniment devant la Loi du Saint Marché et ses expressions les plus viles et les plus tapageuses? Je donne, sans en avoir envie, rendez-vous dans quelques mois pour le vérifier.

Sâle air

Du même tonneau que l’article précédent: l’AFP nous apprend que le directeur général de Twitter Jack Dorsey a touché en 2018 un salaire de 1 dollar 40, pour montrer sa “confiance dans le potentiel de création de valeur à long-terme” de son entreprise. “Pour preuve de son engagement et de sa confiance dans le potentiel de création de valeur à long terme de Twitter, notre DG Jack Dorsey a refusé compensations et avantages pour les années 2015, 2016, 2017, et en 2018 les compensations et avantages autres qu’un salaire de 1,40 dollar”, indique Twitter dans ces documents financiers publiés lundi soir sur le site de la SEC, l’organisme américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers.

Moi j’appelle ça un pied de nez ou un bras d’honneur à ceux qui ont besoin d’un salaire pour vivre. Monsieur Dorsey détient un peu plus de 18 millions d’actions de Twitter (2,34%) et le magazine américain Forbes l’a classé début mars 343e personne la plus riche du monde, avec une fortune personnelle estimée à 5,1 milliards de dollars.

Donc, au lieu de dire “je me verse un salaire de 1,4 dollar pour vous montrer à quel point je suis sympa et désintéressé”, il ferait mieux de dire : “je n’ai pas besoin de salaire et je vous emmerde”.

Le poids des mots, le choc… de quoi déjà?

Le Président Macron annonçait pendant sa campagne “un choc de l’offre” … de logements. Comme toujours, on allait voir ce qu’on allait voir. En 2019, le constat est là: le nombre de logements autorisés à la construction tombera sous les 400 000, voire beaucoup moins puisque les annulations d’autorisations se multiplient. On pourrait mettre ça sur le compte de la conjoncture, sur la crise qui n’en finit pas, sur le dos d’investisseurs trop frileux, etc…, mais il se trouve pour que les investisseurs investissent il faut qu’ils aient les moyens d’investir, notamment les organismes d’HLM pour les constructions de logements sociaux. Or, depuis 2017, l’Etat a ponctionné 6 milliards  (doublement de la TVA sur les constructions et obligation de baisser les loyers en compensation de la baisse des allocations logement).

En gros, l’Etat dit : “vous avez des briques et du ciment, mais je vous prends le ciment. Démerdez-vous”.

Cerveau lent

Il aura fallu 21 manifestations, des blessés graves, 4 mois de “grand débat” pour que le Premier Ministre arrive à la conclusion qu’il y a une exaspération fiscale ! Trop fooort!

Comme il a reçu le grand prix de l’humour politique en 2018, il tient sans doute à faire un doublé.

Rigolo

Ce qu’il y a de bien avec les tyrans, c’est qu’ils nous font marrer, enfin quand on ne vit pas chez eux… Alors que la Turquie est membre de l’OTAN, Erdogan achète des missiles intercontinentaux russes S-400 et s’étonne que Trump décide dans la foulée de stopper la livraison de pièces pour les F-35…américains qui équipent l’armée turque.

Erdogan s’étonne, comme il s’étonne du résultat des élections à Istanbul où son parti s’est pris une déculottée. Pas grave, d’après lui c’est parce qu’il y a eu des irrégularités qu’il suffit de corriger…en annulant les élections!

Idées noires

Toutes nos félicitations à l’inénarrable CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires) et à l’UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) qui ont réussi à faire annuler la représentation des Suppliantes d’Eschyle (500 avant JC quand même!) parce que des actrices blanches portaient des masques noirs !

Là aussi, on voudrait flinguer la cause qu’on prétend défendre (l’antiracisme) qu’on ne s’y prendrait pas mieux. Bon, ces champions, qui ne sont pas blanc-blanc ont encore du pain noir sur la planche. Il leur faut désormais interdire l’humour noir, la magie noire, les entonnoirs, les urinoirs, la mariée qui était en noir, la petite robe noire, la famille Renoir.

Pour les trous noirs, ce sera sans doute un peu plus difficile, même si leur connerie a un point commun avec l’Univers : l’infinité.

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