La quille présidentielle

Le quinquennat de François Hollande s’est achevé dimanche 14 mai. Son départ le classe dans la liste des anciens présidents de la République encore en vie, comme le sont Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy avant lui. À ce titre, il bénéficie d’une loi datant de 1955 : les anciens présidents bénéficient d’abord d’une “dotation annuelle d’un montant égal à celui du traitement indiciaire brut d’un conseiller d’Etat en service ordinaire”, soit environ 5 200 €. À cela, peuvent s’ajouter les pensions liées à ses autres activités professionnelles. C’est le cas de François Hollande qui touchera en plus environ 9 900 € en tant qu’ancien magistrat de la Cour des Comptes, ancien parlementaire et élu local.

(photo @ elysee.fr)

Mais à cela s’ajoute des avantages en nature comme un “appartement de fonction meublé et équipé” ainsi que deux personnes affectées par l’État au service du logement. Du personnel de sécurité pour une protection rapprochée à titre permanent, une voiture de fonction prestigieuse, ainsi que des collaborateurs eux aussi permanents, alors qu’ils sont censés être à la retraite. Ainsi, c’est plus d’une dizaine de personnes qui gravitent en permanence autour de l’ex-président, aux frais du contribuable. À cela vient s’ajouter la possibilité de loger dans les murs de bâtiments publics de toutes les préfectures de l’héxagone, les résidences des ambassadeurs et des consulats à l’étranger.

Quoi de plus normal ?

En 2016, le président “normal” François Hollande a pris la décision de réduire en partie ces avantages à la suite d’un rapport de la Cour des Comptes qui recommandait de revoir à la baisse les dépenses pour les anciens chefs d’État. Le décret du 5 octobre 2016 prévoit de réduire le personnel mis à disposition. Au bout de cinq ans, le nombre de collaborateurs passe de 7 à 3 et celui des agents de service de 2 à 1. Autre privilège supprimé : les anciens présidents n’auront plus d’accès gratuit illimité aux trains de la SNCF.

Pour une fois François Hollande a suivi avec bon sens les recommandations de la Cour des Comptes, qu’il connaît bien, pour en avoir été membre. Mais sa démarche reste forcément insuffisante par rapport aux démocraties voisines qui ont supprimé bon nombre des avantages de leurs hauts fonctionnaires et cela bien avant la France. La démarche de François Hollande est avant tout symbolique, mais les symboles peuvent avoir du poids en période d’austérité.

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