Le discours de Colmar de Philippe Richert : un piège pour l’Alsace

Les happy-few, comme nous, présents hier à Colmar, ont écouté Philippe Richert… parler d’Alsace () !

Certains y voient une évolution du Président de l’ensemble administratif Grand Est ! D’autres voient venir une seconde mort pour l’Alsace ou tout au moins un piège : le renoncement à la région.

« L’Alsace doit se retrouver au niveau institutionnel ». La phrase aura suffi à cacher la suite : « Je souhaite que l’Alsace retrouve sa place et la Région les moyens de sa réussite». Dans les faits, Philippe Richert valide que l’Alsace n’est plus une région et détourne l’attention vers les départements.

A eux d’intervenir. Le discours façon crime est presque parfait ! Gilbert Meyer, le plus anti-régionaliste des élus du cru, peut se réconcilier avec son meilleur ennemi sur le dos des tiers que sont les départements.

Philippe Richert, du vin d’honneur au bras d’honneur

Philippe Richert, fait, au passage, un bras d’honneur aux opposants à la réforme territoriale : «  la réforme des régions « que personne ne souhaite remettre à plat ». Prenez cela dans les dents !

Après avoir soutenu Sarkozy, Fillon, le voilà Macroniste. Un milieu où peut-être on ne le sifflera pas. Le centriste qu’il est en profite pour abîme toutes les résistances et oppositions de droite. L’Alsace n’est plus une région.

Ceci acté – que les opposants à la région se demandent pourquoi ils ne pèsent rien, il attaque les départements d’un baiser qui tue !

Les conseillers régionaux godillots

A vous de jouer, de fusionner… En gros ! Et les conseillers régionaux godillots présents d’applaudir.

Il transfert la culpabilité de l’absence d’une Alsace institutionnelle à Frédéric Bierry et Eric Straumann, les présidents des conseils départementaux.

L’objectif est clair, le piège tendu … S’il n’y a pas d’Alsace institutionnelle, c’est vers eux qu’il faut raller.

« On ne doit pas seulement entendre le souhait de l’Alsace, il faut aussi y répondre. Si l’Alsace est éternelle, elle doit se retrouver au niveau institutionnel. Cette réalité politique qui vise à redonner une place à l’Alsace est à portée de mains des deux Départements ; la loi le permet. » dit celui se croit Gouverneur d’une région plus grande que la Belgique, celui aussi qui semble vouloir se venger quelque part, de l’affront régional subi avec le référendum de 2013.

Le piège est habile !

S’ils fusionnent rapidement, sans obtention de compétences régionales, les deux départements sont morts !

Morts parce qu’ils subiront, dans le Bas-Rhin, l’ablation de la métropole et du Grand Strasbourg.

Morts parce que sans compétences nouvelles, sans revenus additionnels, les départements sont à moyen terme réduit à n’être que des guichets sociaux. Des guichets amenés à provoquer, dans les années à venir, des hausses d’impôts ou la baisse des prestations sociales.

On aurait alors certes un département d’Alsace mais impopulaire à souhait et ne disposant plus de Strasbourg, de ses habitants.

Tout cela Philippe Richert et ses proches le savent. Mais aujourd’hui, l’homme veut montrer du doigt les départements.

Adrien Zeller, Marcel Rudloff, André Bord, Hubert Haenel

« L’enfer, c’est les autres » dit-il en quelque sorte. Lui règne sur « sa région ». Il est macron-compatible.

Il rigole en entendant parler de ces vieux militants de l’Alsace qui sont allés à l’Elysée. Il rigole en demandant aux siens de calmer les députés macronistes qui ont tant entendu critique le Grand Est sur le terrain.

Il sait qu’après lui ce sera le déluge, et pour ses amis politique, et pour ce qu’il restera d’Alsace, mais de tout cela il se moque. Pas sûr que Sainte Odile, Saint Arbogast ne lui pardonne.

S’il est un paradis alsacien, il n’est pas dit non plus qu’Adrien Zeller, Marcel Rudloff, André Bord, Hubert Haenel apprécient.

Philippe Richert s’en moque. Il sait que les défenseurs de l’Alsace sont divisés, que d’autres le voient venir. Et il sait aussi que d’autres lui resteront fidèles. Sans lui, ils n’auraient ni mandats, ni les ors qui vont avec.

Bon, elle se réveille quand l’Alsace ?

Id’Fuchs

 

 

 

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