Emmanuel Macron a-t-il piégé les élus et parlementaires alsaciens !

Les récentes sorties de Jacqueline Gourault sur l’avenir d’une collectivité « Alsace » sont floues… Or, où il y a un flou parisien, il y a un loup … Derrière les mots, une question se pose : Emmanuel Macron, son gouvernement et les élus LREM ont-ils enfumé les Alsaciens ?

Des élus alsaciens piégés

Osons le dire, les présidents des Conseils Départementaux ont joué le jeu. Ils ont été à Paris comme on va à Canossa. Ils ont avalé des couleuvres pour laisser des portes ouvertes à l’État. Ils ont freiné les envies militantes de certains parlementaires. Récemment encore, on ne sentait pas un entrain fou autour du Mouvement Pour l’Alsace  initié par André Reichart et Patrick Hetzel.

La charge de la Brigade Lorraine

Tout le monde était à la manœuvre ! Naturellement, les opposants à l’Alsace l’étaient aussi. Parmi eux, des élus de Moselle.
« Par ailleurs, la perspective d’une collectivité unique dotée de compétences particulières inquiète les élus des autres collectivités du Grand Est qui redoutent l’émergence de nouveaux déséquilibres territoriaux au sein d’une Région où l’Alsace apparaît déjà comme la grande gagnante de la réforme territoriale. Patrick Weiten, patron de la Moselle a d’ores et déjà fait savoir qu’il revendiquera pour son département les prérogatives qui seront accordées à l’Alsace en matière notamment de transfrontalier ou d’apprentissage des langues… » écrivait ainsi le Républicain Lorrain.
Du côté de la Région Grand Est, Valérie Debord calmait les inquiétudes des élus pro-Grand Est. Ainsi Laurent Burckel, élu de Saverne, semblait-il craindre des pertes de compétences du côté du Grand Machin et demandait si on en savait plus.
La Lorraine semblait veiller aux grains. Celle qui se voit Rottner à la place de Rottner, ne veut rien lâcher à l’Alsace et aux Alsaciens.
Ces charges passées, la ministre arriva.

Et la ministre arriva

Quelques propos, des élus en colère et de la langue de bois plus tard, c’est Frédéric Bierry qui ouvre le bal :
« Les attentes des Alsaciens sont fortes et légitimes. C’est pourquoi avec Brigitte Klinkert nous avons rappelé aujourd’hui à Jacqueline Gourault l’importance de répondre très précisément à l’attente des Alsaciens d’une collectivité qui corresponde à leur niveau d’ambition.
Dans ce but, le travail continue et continuera de façon soutenue avec la ministre et le Gouvernement dans les prochains jours.
Nous avons rappelé l’exigence de doter la future collectivité alsacienne des moyens d’agir dans la proximité et l’efficacité. Les Alsaciens attendent une Alsace avec de vraies compétences au service des territoires et de leurs habitants. C’est ce que doit permettre la poursuite des discussions dans un sens que nous souhaitons favorable et acceptable ».
De quoi obtenir l’Oscar de la Langue de Bois !
Pour les Parlementaires, l’état d’esprit semblait différent.

Fabienne Keller, dès le 24, se réjouissait : « Jacqueline Gourault a exprimé ce matin la volonté du Gouvernement de prendre en compte le « désir d’Alsace » des Alsaciens en annonçant la création d’une collectivité d’Alsace dotée de compétences spécifiques. Avec Antoine Herth, nous nous réjouissons de cette décision. »

Eric Straumann y voyait lui du « Kalter Kaffée »

Laurent Furst était plus précis : « Pour autant, ce projet manque de sens et d’ambition.
La future collectivité regrouperait les deux départements et se verrait confier quelques compétences transférées par l’État. La région pour sa part serait totalement épargnée.
A l’heure où le gouvernement supprime le remboursement de l’homéopathie, c’est par cette médecine douce qu’il semble vouloir soigner le « désir d’alsace » en proposant une collectivité au périmètre décevant.
L’Alsace mérite plus que quelques miettes pour bâtir son avenir ».

Les élus alsaciens semblent prêts à prendre ce que Paris leur donnera !

Les élus alsaciens semblent prêts à prendre ce que Paris leur donnera ! Ils en oublient les sondages, la colère … En cela, Emmanuel Macron leur a tendu un piège.
En les affaiblissant, il va humilier l’Alsace une seconde fois, mais il va pousser une partie des électeurs de droite vers le Rassemblement National, les régionalistes ou l’abstention et conforter son ambition de ne laisser le choix aux électeurs qu’entre lui et les extrêmes…

Macron ou les extrêmes : Kolossale finesse

Un jeu qui peut, certes, lui faire gagner les Européennes, mais faire des partis « radicaux », la seule alternative !

Une façon de mettre le feu, en quelque sorte.

Barbara DesVilles

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