«Vous n’allez pas me faire peur avec votre tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler» avait-il dit à des habitants de Lunel. Premières traces d’un mépris de classe ? Premières évocations, en tout cas de l’importance de l’avoir et de l’apparence chez celui qui est alors Ministre de l’Economie de François Hollande.

 

Les salariés français sont trop payés

« Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires » avait-il aussi dit plus tôt en 2015 ! Encore une fois, la bonne ambition, c’est de faire fortune, l’unique voie pour réussir sa vie.

Si chacun doit avoir comme ambition de devenir milliardaires, cela ne vaut pas pour les salariés. Pour Emmanuel Macron «  Les salariés français sont trop payés… Les salariés doivent pouvoir travailler plus, sans être payés plus si les syndicats majoritaires sont d’accord. » déclare-t-il. Eloge du travailler plus sans gagner plus.

Ce travailler plus vaut plus pour les plus jeunes, de ses électeurs aussi : « 35 h pour un jeune, ce n’est pas assez » rapporte ainsi Europe 1. Si on peut le comprendre, on notera qu’on ne parle jamais ici de salaires ni d’heures supplémentaires.

 

Vu la situation économique, ne plus payer les heures supplémentaires c’est une nécessité

Normal, lorsque l’on sait ce qu’il veut en faire :  « Vu la situation économique, ne plus payer les heures supplémentaires c’est une nécessité ». Il ne dit pas cela n’importe où, il est à Davos. Le message est donc clair est assumé.

Celui pour qui « Le libéralisme est une valeur de gauche » persiste et signe comme le rapporte Marianne : « Je n’aime pas ce terme de modèle social » !

Le mépris né de la suffisance et de l’arrogance n’hésite pas à cibler aussi des femmes ouvrières, salariées de l’entreprise Gad et les salariées licenciées de l’entreprise Doux. Il s’en excusera mais le propos est lâché : « Dans les sociétés qui me sont données, sur les dossiers que j’ai, il y a la société Gad. Vous savez ? Cet abattoir. Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées ».

Un mépris gommé par une imagerie effectivement copiée sur l’ancien président américain. Emmanuel Macron est complice de son épouse, il joue au tennis, il va acheter un chien.

 

Son ambition, il la mentionna plus tôt. On apprenait que « La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude car elle ne se suffit pas à elle-même ».

 

Macron, monarque républicain

« Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace. On le voit bien avec l’interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au coeur de la vie politique. Pourtant, ce qu’on attend du président de la République, c’est qu’il occupe cette fonction. Tout s’est construit sur ce malentendu ».

 

Une figure du jeune roi, qu’il fait tout pour incarner.

L’explosion organisée des partis, la portion congrue laissée à l’opposition à l’Assemblée Nationale, la diminution des parlementaires, le discours à la nation depuis Versailles laissent à penser que désormais le roi républicain, c’est lui.

Associée à ses lapsus, cette dérive nous en dit long. Mais peut-on comprendre cette pensée complexe, lorsque comme vous et moi, on n’est rien ?

Cet éloignement du peuple fait la grande différence entre Louis XVI et Napoléon. Le premier fut détesté, le second est toujours aimé.

 

 

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