Oui, Emmanuel Macron se moque de l’Alsace mais il s’en fout. Il sait que les élus alsaciens sont peu à se rebeller et que les autres se rallieront à lui pour une fonction, un mandat ou un sourire. Voilà pourquoi, « tout est possible pour lui ».

L’Alsace inférieure à la Corse

Le premier mépris envers l’Alsace est de la considérer comme une « sous-région ».

Une sous-région à laquelle il n’accorde pas les perspectives qu’il promet aux Corses dans son discours de Furiani :

Le patrimoine culturel et linguistique de nos territoires enrichit notre pays, bien plus qu’il ne le menace. La langue de la République, c’est le français : c’est inscrit dans notre constitution et cela ne doit pas changer. Mais en Corse, à Sainte-Lucie-de-Tallano, Moltifao ou à Nonza – et vous verrez, mes chers amis, les clins d’œil qui vous sont envoyés, comme ici, bien sûr, à Furiani -, c’est un fait : on ne parle pas seulement français. La langue corse est présente, dans le cœur des Corses, dans leur vie quotidienne et je sais la volonté aussi de faire venir d’autres femmes et hommes à cette langue. Et je considère, pour ma part, que c’est une richesse. Et c’est pourquoi je souhaite encourager l’apprentissage de la langue et de la culture corses dès l’école. Et c’est pourquoi également je proposerai d’engager la procédure de ratification de la Charte européenne des langues régionales, si je suis élu président.”

Il défend la langue corse, un pacte girondin alors qu’en Alsace, on ne soutient pas les écoles paritaires, ABCM perd ses emplois aidés et que même le bilinguisme franco-allemand fait les frais de l’insuffisance d’encadrement.

Recentralisation : la fin de l’Alsace

Il considère l’Alsace comme une sous-région lorsqu’il propose que les départements alsaciens, pieds et mains financièrement liés par le poids du social et la perte de compétences, deviennent un sous-ensemble dans le Grand Est.

Imaginerait-on le même Président expliquer aux Corses qu’ils sont destinés à devenir une sous-région de Paca ?

Le président qui entend réformer le pays se moque même des analyses sur la réforme territoriale. Il lui faut caresser des élus locaux dans le sens du poil. En Alsace, à la région, à l’Assemblée Nationale, certains lui sont redevables de leur présent et d’autres attendent leurs investitures pour l’avenir.

Excellent manœuvrier, le « présideur » est séducteur.

Exit l’Alsace, pour le moment… Exit le fait régional « fusionné de force », sans consultation.

Recentralisation : la fin des régions pour les élections européennes

L’autre re-centralistion, c’est la fin assumée des listes régionales aux élections européennes. Si une liste nationale peut rassembler tous les régionalistes, on fait fi des réalités géographiques et historiques pour ne parler que d’Europe. Oubliant que l’Europe est d’abord un rassemblement de régions qui, depuis le Moyen Âge, ont fait son histoire et sa grandeur.

L’Europe fédérale succombe aux nationalismes. L’affaire « catalane » a posé des jalons.

Recentralisation fiscale : moins de libertés pour les communes

L’ultime recentralisation sera fiscale. Elle réjouit le contribuable mais a de quoi inquiéter les citoyens. L’État prend, par les dotations, le pouvoir sur les ressources des communes, les privant en partie de marges budgétaires, et les rendant dépendantes.

Une ultime façon de les mettre au pas… Par l’intermédiaire des préfets, serviteurs d’un État plus centralisateur que jamais !

Tout cela mis bout à bout, on comprendra que le Président et ses députés mettent les régions au pas. Quant à l’Alsace, ils s’en moquent. Non ?

 

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Une réaction à "Emmanuel Macron se moque-t-il de l’Alsace ?"

  1. Christian a commenté:

    Une “entité”, voilà la miette laissée par Macron pour l’Alsace ! L’Alsace peut devenir une “entité” dans la Région Grand-Est. Comme le dit si bien Thierry H., “est-ce que la Corse accepterait d’être une sous-région de PACA ? ” Et l’alsacien ? Déjà on l’a noyé dans le bilinguisme français-allemand, loin de “Langue et culture régionales” du début : je sais c’est un vaste débat, mais le résultat est là. L’alsacien se perd…De même, la démarche du référendum des politiciens qui voulaient créer un Conseil unique Alsace était un montage où le nombre des élu-e-s augmentait, en plus avec des dispositions administratives pour le moins suspicieuses : ça ne simplifiait rien, on changeait juste l’enseigne. Loin de la démarche corse (63 élu-e-s). Alors, oui, le discours de Macron en Corse sur la langue et la réalité appliquée par ailleurs, le décalage est grand. Mais sans surprise. Les élu-e-s alsaciens parlent, tergiversent, et se plient devant le chef : c’est le légalisme, la rigueur, la discipline “germanique” ? Mais nous, alsacien-ne-s, de double culture, nous pouvons aussi mettre en avant notre côté latin …comme les Corses, ne pas l’oublier celui-là. Au delà des zones de confort, pour s’enrichir, découvrir, il faut bousculer, sortir des clous… “On a que ce qu’on mérite”, dit un adage.