Y a-t-il également des statues à déboulonner en Alsace ?

La vague d’émotion suscitée par la mort de George Floyd aux États-Unis touche de nombreux pays qui, s’interrogeant sur leur rapport au racisme, convoquent leur mémoire et ouvrent le débat sur la statuaire et les noms de rues. À cet égard, la manipulation de l’histoire de l’Alsace et de la Moselle constitue un chef-d’œuvre du genre !

Turckheim honore son bourreau

La manipulation la plus honteuse se trouve à Turckheim (Haut-Rhin) où la colonne édifiée en 1932 – grâce au soutien de l’extrême droite – commémore une victoire décisive de Turenne sur les armées du Saint Empire en 1675.

Que la ville de Turckheim fut pillée et que ses habitants furent violés et tués en nombre ne gêne en rien les municipalités successives.

Et pour cause : l’école de la République enseigne aux petits Alsaciens que le maréchal de France les avait… « libérés » !

D’ailleurs, le dessinateur Hansi n’a pas craint de revisiter la bataille en imaginant des habitants de Turckheim qui acclamaient ses troupes… 

Des noms de rue qui déroutent

Le massacreur Turenne et le falsificateur Hansi – dit l’Oncle Hansi (!), de son vrai nom Jean-Jacques Waltz – ont aussi leurs rues dans toute l’Alsace.

Hansi dispose même d’une stèle et d’un musée à Colmar ; celui qui regrettait, en 1918, que la France n’expulse pas davantage de « boches » a donné son nom à un collège situé à moins de 4 kilomètres de l’Allemagne ! Il est cependant loin d’être le seul nationaliste germanophobe dont la mémoire est honorée publiquement en Alsace et en Moselle : Wetterlé, Déroulède ou encore Barrès ont aussi leurs rues, voire leurs écoles.

Quant à la statue du général Kléber qui trône depuis 1840 au cœur de Strasbourg, elle rend hommage à un grand massacreur des Vendéens durant la Révolution !

L’ancienne place d’Armes restera-t-elle place Kléber pour l’éternité ?

Une statue d’Albert Schweitzer ne remplacerait-elle pas avantageusement celle du militaire ?

Au lieu de cela, on s’apprête à reléguer le prix Nobel de la paix dans le recoin d’une place discrète…

Le maquillage des monuments aux morts

La France qui a réintégré l’Alsace et la Moselle en 1918 était une France germanophobe. Comme l’Alsace et la Moselle ne pouvaient pas être « boches », il fallait détruire tout ce qui rattachait ces régions à l’Allemagne et notamment leur histoire récente.

Les prénoms des 50 000 Feldgrauen alsaciens et mosellans tombés lors de la Première Guerre mondiale pour leur patrie allemande apparaissent donc francisés sur les monuments aux morts !

French silence is violence

La statuaire et les noms de rue en Alsace et en Moselle sont loin, très loin de respecter notre histoire que la France, pays des droits de l’Homme, refuse de prendre en compte.

C’est ce même déni qui conduit actuellement les autorités à envisager de décorer les plaques minéralogiques de la future Collectivité européenne d’Alsace (CeA) d’une…bretzel,  témoignage de la vision folkloriste française de l’Alsace, alors que le respect de notre culture impose le choix de notre drapeau historique, le rot un wiss (rouge et blanc).

Unsri Gschìcht  

 

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2 réactions à "Y a-t-il également des statues à déboulonner en Alsace ?"

  1. christophe a commenté:

    Connaissez-vous le Général Mangin, qui a plusieurs rue portant son nom dans l’hexagone ?
    La “force noire”, c’était son idée…
    Salü binander !

  2. Emmanuel a commenté:

    Sans offusquer personne il serait judicieux de démonter cette colonne et la remonter ailleurs ,aux invalides à Saint Cyr ou ailleurs mais pas en Alsace.