Alors que nous étions en rendez-vous dans le Haut-Rhin, sous couvert de « off », certains ont dégainé leurs iPhone pour nous faire partager tout bas, ce qui les fait rire tout haut.

Un clash entre le fonctionnaire Kieffer et l’élue Vanessa Wagner ?

L’objet du ressentiment ? Sans doute l’annonce de la création d’un groupe au sein de la majorité du Président Rottner. Alors que certains semblent déjà rappelés à l’ordre par le « professeur » à rentrer dans le rang, Christophe Kieffer s’est ainsi fendu d’une lettre :

 

« Madame la Conseillère Régionale, Monsieur le Conseiller régional, Chers élus,

Comme un certain nombre d’entre vous le sait, j’ai eu une altercation plutôt directe avec une de vos collègues élues lors de la dernière session de commissions. Un moment de tension clair lié à un message adressé à tous les élus du groupe majoritaire par cette élue, véritable ultimatum posé au Président sur un sujet où elle ne s’était jusque-là à aucun moment associée d’une manière ou d’une autre aux travaux préparatoires ouverts à toutes et à tous. Dès lors, ma liberté de ton était à n’en pas douter excessive mais elle était liée à l’arrivée fortuite de cette élue dans mon bureau quelques temps à peine après le message qu’elle vous avait envoyé et alors même que nous abordions le fond du dossier avec plusieurs de vos collègues. Son intervention n’avait visiblement d’autre objet que de se saisir d’une opportunité, pour créer un groupe politique au sein de la majorité, pour des raisons qui lui sont propres, et sans avoir jamais produit une seule proposition effective au service du groupe majoritaire actuel. Je ne peux concevoir qu’une telle revendication, fusse-t-elle légitime, puisse être émise de la pire manière qui soit en mettant la pression sur l’exécutif. Ma réaction était d’autant plus forte qu’au moment de la constitution de la liste, c’est moi qui ai personnellement présenté sa candidature à Philippe Richert. Il ne fait pas de doute que j’aurais dû mieux maîtriser cette colère. Je regrette d’autant plus ces propos que cela pouvait donner le sentiment à deux autres élues présentes, dont je respecte le travail au sein de l’équipe majoritaire, que je les englobais dans mes appréciations, alors même qu’elles soulevaient un questionnement de fond sur le sens de l’action régionale. Ce qui n’aurait pu être qu’une prise de bec est devenu une petite affaire au sein de la collectivité. Elle sert également de fondement à une mise en cause de ma conception des relations hommes femmes avec annonce de dépôt de plainte et des accusations claires de comportement sexiste. L’actualité se prête bien à ce genre de contextualisation. Sur ce plan, je ne peux qu’exprimer combien je suis blessé par de telles insinuations. Pas uniquement parce que le fait que ce soit une élue plutôt qu’un élu n’entrait absolument pas en considération sur le moment. Mais surtout parce que tant à titre professionnel que privé, j’ai toujours lutté contre les comportements sexistes et veillé à ne pas être pris, même inconsciemment, en défaut sur ce plan. Je n’ai jamais eu de difficultés à travailler pour des femmes et avec des femmes, c’est simplement normal pour moi. J’ai toujours voulu que ma fille puisse évoluer et progresser dans un monde où son statut de femme ne lui vaudrait jamais un moins bon traitement qu’un homme. Je crois dans le progrès de l’humanité et au fait que nous avons à nous perfectionner, à commencer par moi, mais c’est une expérience nouvelle que de sentir l’injustice d’une accusation, de ressentir contre soi l’instrumentalisation d’une cause juste. J’avais bien évidemment commencé à réfléchir au moyen de m’excuser, j’ai même sollicité une médiation. Mais si je considère que mes propos étaient inappropriés, je ne peux rester indifférent à la tournure que prend cette histoire. Elle pose une victime et un coupable présumé. Elle met en cause, pour quelques minutes de tensions et d’absence de mesure, des mois de travail au service du renforcement de la position des élus au sein et en-dehors de la collectivité. Elle affecte mon humanité. Je suis prêt à poursuivre au quotidien, comme nous le faisons depuis plus de deux ans, le travail avec chacune et chacun et à m’expliquer de mes propos avec votre collègue, à en reconnaitre les excès dont je m’excuse très sincèrement. Mais je ne pouvais pas ne pas réagir au message qui vous a été adressé. Je suis confus de focaliser en ce moment une attention qui devrait être portée ailleurs par les uns et par les autres.

Bien fidèlement à tous

Christophe Kieffer

Directeur de cabinet »

L’appel au calme de la Lorraine Debord

La tempête dans un verre à Schnaps s’est prolongée par un appel de Valérie Debord :

« Message de la part de Valérie DEBORD

Chers collègues,

Les propos que Christophe a émis à l’encontre de notre collègue n’étaient pas acceptables. Il s’en est excusé et a exprimé ses regrets, nous en prenons acte et c’est une bonne chose. Je pense aujourd’hui qu’il n’est pas nécessaire de sur interpréter ces propos qui sont clairement liés à un contexte et non à une façon d’être. Je n’oublie pas la genèse de cette dramaturgie qui était la volonté de créer une composante au sein de notre majorité ce qui est en contradiction avec notre pacte de gouvernance majoritaire. Je souhaite que nous puissions désormais nous consacrer à ce pour quoi nous avons été élus et à notre engagement commun. Je sais pouvoir compter sur votre solidarité au service de notre action. Valérie

Lionel SCHUHLER Secrétaire Général Groupe de la Majorité Régionale »

On espère que la feuille de route de la gouvernance est plus longue qu’à la métropole…

La charge de la brigade Rottner

Là, il manquait les groupies. Et voilà Lilla et Elsa, passées du Richertisme au Rottnerisme, de communiquer, accompagnées, sur le sujet :

« De la part d’Elsa Schalck, Lilla Mérabet, Rémy Sadocco et Isabelle Heliot Couronne

Bonjour à tous et à tous,

Nous partageons totalement l’analyse de Xavier. La réponse de Christophe est suffisamment explicite et de nature à clore ce débat. Nous ne doutons ni de sa sincérité ni de son intégrité. Au contraire, il a toujours su répondre présent pour être à nos côtés. Nous formons une équipe, une belle équipe, dont nous pouvons être fiers du travail accompli jusqu’à présent. Notre unité est gage de réussite des projets que nous portons. Utilisons nos différentes énergies pour être davantage dans l’action, fidèle à notre Président et à nos engagements. Poursuivons maintenant nos objectifs et concentrons-nous sur ce que nos concitoyens attendent de nous

Cordialement à tous »

Elsa Schalck et Lilla Mérabet savent ce qu’elles doivent à Christophe Kieffer. Le retour d’ascenseur était donc logique, l’avantage c’est que l’on découvre des élus dont on ne connaît le nom.

En attendant, la première semble toujours ignorer la sanction pour son richertisme que furent les élections législatives. La seconde, elle, évite toujours le scrutin direct pour jouer sur tous les tableaux, depuis En Marche jusqu’aux plus constructifs.

Des failles dans le Grand-Est ?

Du côté de HEB’DI, on sait que si Christophe Kieffer est plus que jamais le gardien du temple Grand-Est, il vient bien de déraper. Il ne s’agit pas du premier écueil mais l’histoire pourrait relier celui-ci à du sexisme.

Christophe Kieffer s’en défend (relire plus haut). Jean Rottner, en marche entre Paris et Mulhouse, ne s’exprime pas.

« Quand on a paix au dedans, on a paix au dehors » appelle l’élu messin Thil. Il oublie naturellement les Alsaciens qui ne veulent pas de Grand Est à plus de 83 %. Cela, le messin qu’il est ne peut et ne veut le voir.

Le gardien du temple vacille. Grand Est suivra. En attendant, y’a le feu dans le cabinet. Qui a dit qu’il fallait tirer la chasse ?

 

Barbara DesVilles

(En direct de Mulhouse)

 

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