Hanouna, en ce moment, est celui sur lequel il est de bon ton de taper

Le Hanouna bashing rapporte beaucoup d’argent et satisfait tout le monde dans le milieu de certains médias parisiens : le jaloux qui auraient bien aimer faire son audience, les concurents qui rêvent de le voir disparaitre pour en récupérer un peu (d’audience donc de pub) et les sites d’info qui espèrent récupérer du clic (donc de la pub) en décortiquant chacune de ses apparitions. Hanouna est celui qu’on adore détester et dont on ne saurait se passer.

Au début, j’ai pensé comme tout le monde “Quel con ce type et ses chroniqueurs débiles !” Sauf que comme tout le monde, je n’avais jamais regardé l’émission TPMP et je ne basais mon opinion que sur des extraits et des articles très souvent négatifs.

Alors j’ai regardé TPMP ! (Un reste d’honnêteté intellectuelle puisé au fond de mon cerveau empêtré dans une sur-information permanente)

Et j’ai rigolé (beaucoup) sans retrouver les raisons de la colère. Bien sur chacun des chroniqueurs joue un personnage, prenant ainsi le risque d’être confondu avec celui-ci. Alors non, Enora ne mérite pas les insultes dont elle a été abreuvée, et Capucine est certainement beaucoup moins idiote que ceux qui se moquent de son supposé manque de culture et Matt nous a prouvé récemment que son rôle de souffre douleur du patron avait ses limites dans le monde réel, etc…

Quant à Hanouna lui même, c’est un travailleur acharné, hyper professionnel et je défie quiconque de réaliser comme lui trois heures de quotidienne en direct en se renouvelant constamment et en réussissant à fidéliser un public par nature volage.

Alors bien sûr, dans ce joyeux bordel organisé, parfois ça dérape. Pas souvent, mais chaque dérapage est monté en épingle pour les raisons déjà évoquées ci-dessus.

Mais me direz vous pourquoi donc parler de tout ça ?

Eh bien parce que je suis inquiet. Je suis inquiet des conséquences potentielles d’un dérapage. Car voici que le très officiel et très indépendant (à vérifier) CSA se fend d’une sanction exemplaire dont on peut évaluer le coût en millions d’euros. Voilà qui est dissuasif n’est ce pas ?

Et tout un petit monde bien pensant applaudit avec bonne conscience et une inconscience totale de la gravité des faits.

Car mesdames et messieurs, voici paraître à nouveau la Censure. Pas la censure aux ciseaux qui coupait des bouts de sein dans les années 60, mais, beaucoup plus grave, une censure de bien-pensance qui s’habille de vertu.

Oh craignez !

Craignez bien plus que vous ne l’imaginez le retour de cette censure insidieuse qui s’érige peu à peu en dictature soft de la pensée unique. Car sachez le, vous vous réjouissez sans doute d’une censure qui s’est attaquée au dérapage d’un trublion iconoclaste et jalousé que vous détestez, mais vous rirez moins quand celle-ci viendra se frotter à vous. Car il ne faut jamais oublier que la censure c’est comme la CSG, ça commence avec Rocard à 0,5 % et ça finit avec Macron à près de 20 %.

Alors, Mesdames et Messieurs des médias bien pensants, ré-apprenez s’il vous plaît que, si vous applaudissez aujourd’hui à la renaissance d’une censure qui va dans votre sens, vous pleurerez sans doute beaucoup quand elle s’attaquera à votre propre liberté éditoriale. En espérant, quand ce jour viendra, qu’il sera alors encore possible de s’insurger contre elle, au nom de la sacro-sainte, mais néanmoins canalisée, liberté d’expression.

Quant à vous, Messieurs les Censeurs, j’aimerais ne pas avoir à vous saluer à nouveau.

 

B.

Laisser un commentaire