Hed’di racheté par Patrick Drahi, principal actionnaire de SFR (Libération, L’Express, BFM-TV, RMC)

Dix milliardaires possèdent la presse française.

Dix milliardaires contrôlent d’une grande partie des médias français. Des chefs d’entreprises qui se sont accaparé 90% des grands quotidiens nationaux, les chaînes de télévision et les radios, pour asseoir leur influence.

Cela provoque des conflits d’intérêts, censures, pressions, licenciements, ingérence malsaine et met en péril l’indépendance de la presse dans notre pays.

Jusqu’ici, chez Heb’di  nous avons su repousser les assauts répétés de ces grosses fortunes.

Mais les différentes pressions ( notamment financières et dirigées ) ont eu raison de notre indépendance.

Ce matin à 11 heures à Paris, nous allons rencontrer les équipes de

Nous allons finaliser un contrat de rapprochement.

Les nouveaux propriétaires nous promettent une liberté rédactionnelle totale. Nous resterons vigilants, mais… !

Cela pose nous plusieurs problèmes. Est-il sain qu’une si grande part de la presse appartienne à quelques personnes, richissimes, faisant partie d’une caste de privilégiés ?

En 2002, Patrick Drahi achète la compagnie alsacienne Est Vidéocommunication, il a gardé des attaches dans la région.

Est-il normal que les principaux médias français de notre pays soient entre les mains de marchands d’armes, d’entreprises du luxe, du BTP, de la téléphonie, de banquiers ou de fabricant de toilettes ?

Comment ces propriétaires peuvent-ils concilier liberté de l’information et intérêts privés ?

Comment TF1, BFM-TV, Le Monde, Libération peuvent-ils produire en toute indépendance des enquêtes sur le secteur de la téléphonie, quand leurs propriétaires sont les patrons de Free, Bouygues Telecom et SFR ? Comment les journalistes du Figaro peuvent-ils porter un regard critique sur la politique de défense de la France, quand le propriétaire de leur journal vend des avions de chasse à l’État français ?

Enfin, cette situation ne peut qu’encourager la reproduction d’un système économique qui assure la continuité des intérêts financiers de cette petite classe de possédants. Ils constituent une véritable communauté d’intérêts !

Et ce qui motive de riches patrons à créer des conglomérats médiatiques – qui ne rapportent pas vraiment d’argent – c’est d’abord la possibilité d’acheter de l’influence.

À qui appartiennent les médias français ?

Ils sont cinq à faire partie du cercle des dix premières fortunes de France : Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe LVMH (patron des Échos, du Parisien), Serge Dassault (Le Figaro), François Pinault (Le Point), Vincent Bolloré (Canal+).

Xavier Niel, patron de l’opérateur de téléphonie Free et 11e fortune de France, qui avec Pierre Bergé, héritier du couturier Yves Saint-Laurent, et le banquier Matthieu Pigasse, est propriétaire du groupe Le Monde (L’Obs, Télérama, La Vie…). Et bien sûr Patrick Drahi…

Conflits d’intérêts en pagaille

Quelles sont les conséquences sur l’indépendance des médias ? Un mélange des genres pour le moins douteux, qui peut mettre les journalistes en porte-à-faux. Comment TF1 pourrait-il produire des enquêtes critiques sur les abus des partenariats publics-privés (PPP) quand son propriétaire, Bouygues, fait partie des multinationales du BTP qui bénéficient de ces juteux contrats ? Autre exemple : comment un média peut-il s’intéresser de près aux affaires d’évasion fiscale quand son patron manifeste un attrait prononcé pour les paradis fiscaux ? C’est la question que doivent se poser les journalistes de BFM-TV à chaque nouveau scandale fiscal.

Leur boss, Patrick Drahi, a échafaudé, à partir de sa holding personnelle, un opaque et complexe montage de filiales et de trusts, dispersés au sein de paradis fiscaux notoires : Guernesey, Suisse ou Luxembourg. Comment BFM évoque-t-elle le scandale des Panama Papers, dans lequel apparaît le nom de Patrick Drahi ?

Lorsqu’on est journaliste, peut-on travailler en toute indépendance dans cette situation ?

Pas sûrs, nous développerons plus en détail ce triste événement dès demain mardi 2 avril sur hebdi.com.

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2 réactions à "Hed’di racheté par Patrick Drahi, principal actionnaire de SFR (Libération, L’Express, BFM-TV, RMC)"

  1. Roland a commenté:

    et, la confiance du lecteur là dedans que devient-elle ?

  2. Roland a commenté:

    trop de modération tue aussi le lectorat !