Pas d’aigreur dans cet article mais une humeur forcément noire. On se souvient de la poignée de main de Verdun entre Helmut Kohl et François Mitterrand. On se souvient des bains de foules avec Jacques Chirac à Reims, mais là, Strasbourg était verrouillée.

Face au terrorisme islamiste, la sécurité

La sécurité est la priorité. Cette raison laisse perplexe. Cruel aveu d’un changement de paradigme qui laisse perplexe. Les hommages, les manifestations sont donc désormais sous la menace permanente du « risque » d’attentat. Et celui-ci doit être réduit au minimum.

Les services de police et de gendarmerie ont donc veillé. A tel point que les autoroutes furent bloquées, que des riverains furent « cantonnés » chez eux, tenus de déplacer voitures et autres véhicules.

Réconciliation franco-Allemande

Le cercueil de Helmut Kohl est alors installé dans l’hémicycle du Parlement. La solennité est au rendez-vous. Qui se souviendra que l’homme, non dénué d’humour avouait : « Pour les grands jours, il faut que les sermons soient courts et que les saucisses soient longues ».

On entend presque sa voix, rire de ce propos et le sourire espiègle d’un des portraits affichés de lui colle à la situation.

L’ancien enrôlé dans l’armée allemande a l’Europe à cœur. On en oublierait presque aussi que, né à « Port-Louis-sur-le-Rhin », pardon, Ludwigshafen, il est un voisin de l’Alsace. Il veut laisser l’Histoire passer. Cette volonté se manifestera par le souhait d’œuvrer à la reconstruction de son pays.

Il sera le Chancelier de la réunification des deux Allemagnes.

Il sera un chancelier populaire. Présent sur le terrain et aimant la foule, comme le peuple.

Nul ne peut lire dans ses pensées, mais l’homme aurait sans soit opter pour un hommage discret ou pour un hommage « populaire ».

L’hommage strasbourgeois, entre soi

Des rues vidées, un parlement bunkerisé… Il n’est pas dit que le grand moment strasbourgeois d’hier aurait été à gout. Bien sûr, cela fait rayonner Strasbourg, bien sûr les menaces sont vives, mais l’image émise hier restait trouble.

D’un côté les chefs d’Etat, profitant d’un moment festif avec des personnes triées sur le volet. De l’autre, la population strasbourgeoise, contrainte, tendue, stressée.

Il n’est pas dit que cela retisse de la cohésion nationale entre les élus et leurs électeurs. Il n’est pas dit que cela renforce l’idéal européen auquel tenait Helmut Kohl.

En cela les terroristes nous terrorisent déjà… En cela, le courage impose aussi, en politique, d’envoyer des signes forts, qui vont au-delà de baptiser une place, un pont.

« N’ayez pas peur » enseignait Jean-Paul II.

Le ballet des hélicoptères, les consignes de sécurité et même les images des happy few et des invités du jour laissent un goût aussi amer que le départ d’Helmut Kohl.

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