L’Etat sait donc sanctionner

Etonnante surprise du jour. L’ancien directeur de la police nationale est démis de ses nouvelles fonctions à Nice par le ministre Castagner après sa récente belle promotion sur la French Riviera. Lui sont reprochés aujourd’hui plusieurs comportements répréhensibles durant sa période de travail à Strasbourg de 2012 à 2019.

Pendant sept années donc, l’utilisation de son véhicule de fonctions à des fins personnelles, les agapes dans nos succulentes Winstub et d’autres balivernes rendues publiques ne posaient alors pas problème. Personne n’avait trouvé à y redire : ni à la préfecture, ni dans les tribunaux de la place, ni à l’Hôtel de police, ni dans les services internes de contrôles de cette administration ou parmi les policiers et leurs syndicats. Curieuses myopies. Strasbourg est pourtant un microcosme, et la Police avec ses services à commencer de surveillance, mieux que quiconque, en sait beaucoup sur tout, y compris son chef.

Deux poids, deux mesures

Nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises les « errements » des directions générales successives du Centre Paul Strauss, centre régional de lutte contre le cancer de Strasbourg. Là aussi, des frais de bouche dans nos bonnes tables locales, des paiements de frais de déplacements privés, des locations de logements, des « bonus » salariaux accordés et autres. Même le Canard enchaîné a rendu public et dénoncé le salaire pharaonique de l’actuel directeur général au stupéfiant motif que « la vie est chère à Strasbourg ». 50 000 euros net par mois. Un record. Très jalousé. Il se dit que le montant annuel du salaire du directeur et de son adjoint, toutes charges comprises, dépasserait les 1.2 millions d’euros… Du lourd. Sans compter la proximité avec le laboratoire Roche et les revenus versés par d’autres laboratoires pharmaceutiques aux sociétés créer au nom du directeur général ou de son épouse.

Mais dans ce cas, ni le préfet de Région pourtant président du conseil d’administration du centre Paul Strauss, ni la chambre régionale des comptes, ni l’administration fiscale et encore moins la tutelle de l’administration de la santé en région n’y trouvent à redire. Sans parler de l’omerta locale, de la ligue contre le cancer à la presse régionale.

Dans le contexte actuel des très difficiles conditions de travail des professionnels de la santé, il est temps aussi dans cette affaire de rendre justice.

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