Mobilité professionnelle chez les Buzin

Yves Lévy est un homme fidèle et discret : médecin immunologiste, professeur d’université, spécialiste de l’infection par le VIH, il était Président-directeur général de l’Inserm jusqu’en juin 2018. Il aurait bien aimé rempiler à ce poste et en avait la légitimité. Malheureusement pour lui, Yves Lévy est aussi le mari d’Agnès Buzin, ministre des solidarités et de la Santé. Le conflit d’intérêts étant trop voyant, il a dû renoncer et il était depuis conseiller juridique (!) du gouvernement.
Dans le nouveau monde, la fidélité paie, puisque Monsieur Lévy vient d’être nommé “conseiller d’État en service extraordinaire” par le gouvernement lors du conseil des ministres du mercredi 10 octobre. Le Conseil d’Etat est la juridiction administrative la plus élevée. Il exerce deux missions historiques : conseiller le Gouvernement pour la préparation des projets de loi, décrets…, il est aussi le juge administratif suprême qui tranche les litiges relatifs aux actes des administrations.
Espérons que Monsieur Lévy, époux Buzyn, n’aura pas à malmener trop violemment les projets de loi de Mme Buzyn, épouse Lévy.
Quant à moi, je me passionne pour la médecine, il va falloir que je m’inscrive rapidement en fac de droit…

Champagne sur les autoroutes

Le Canard Enchaîné du 10 octobre nous le confirme : les sociétés d’autoroutes privatisées ont, entre 2006 et 2017, récupéré plus d’argent en dividendes qu’elles en ont versé à l’état en 2006 : 14,9 milliards de dividendes pour 14,8 milliards de prix d’achat … A partir de cette année, les bénéfices engrangés seront donc entièrement disponibles, pour acheter les Aéroports de Paris, par exemple…
Si les autoroutes étaient restées dans la sphère publique, non seulement l’état aurait pu se désendetter à hauteur de 14,9 milliards sur 12 ans, mais en plus il pourrait continuer à encaisser des dividendes (1,7 Milliard en 2017 quand-même…). Aujourd’hui, nous n’avons plus rien et les sociétés concessionnaires des autoroutes privatisées peuvent se gaver du montant des péages que nous leur payons.
N’oublions pas le nom du criminel responsable de ce hold up : le premier ministre d’alors, Dominique de Villepin.
Et qui était le conseiller politique de Dominique de Villepin, puis son Directeur de Cabinet en 2005 et 2006 ? Un certain Bruno Le Maire… L’actuel Ministre de l’Economie aura donc le privilège de nous dépouiller une seconde fois en bradant, dans des conditions comparables, les Aéroports de Paris, la Française des Jeux et les quelques dernières pépites encore contrôlées par l’Etat.
La règle du jeu des privatisations reste la même quelle que soit le gouvernement en place : pile, la firme privée qui rachète la société publique gagne, face les contribuables perdent !

IKEA Strasbourg voit des voleurs partout

Le 1er octobre dernier, un père et sa fille se trompent en scannant eux-mêmes des articles achetés dans le magasin IKEA de Strasbourg. Heureusement, les vigiles veillent et neutralisent rapidement les dangereux délinquants. Le fait que ces derniers reconnaissent leur erreur et acceptent, bien entendu, de payer les articles non scannés (des couvercles de pots en verre vendus séparément, ce qui ne semblait pas évident au premier abord) n’est pas suffisant : il faut faire un exemple, le montant du larcin présumé (quelques euros…) le justifiant amplement. Le père et la fille sont donc conduits au commissariat séparément, ce qui mobilise quand-même deux équipes de policiers, où ils sont placés en garde à vue, séparément, pendant trois heures, avant que les responsables policiers ne se rendent compte de la vacuité consternante des faits reprochés.
Une semaine plus tard, la jeune fille se décide à raconter sa mésaventure sur Twitter. Devant le tollé et l’avalanche d’indignations, IKEA France s’est fendu d’un mot d’excuses et l’a informée que la société retirait sa plainte. Au final, beaucoup de temps perdu et de fonctionnaires de police mobilisés pour rien. Bon, pas totalement pour rien puisque les deux gardés à vue ont subi la procédure habituelle et sont maintenant fichés au F.N.A.E.G., le Fichier National Automatisé des Empreinte Génétiques. Le Droit, la Justice et le Progrès avancent à grand pas au pays de Billy et du meuble en kit…

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Une réaction à "L’actu visée par Monflingue…"

  1. antoine a commenté:

    Stupéfiant ou effarant ?
    A la vue de la leçon qu’il devrait retenir concernant les bénéfices empochés avec nos péages par les concessionnaires privées des autoroutes ; les actes de Bruno Le Maire s’apparentent à un détournement de biens publics, quant à la privatisation de Roissy/ADP, de la Française des jeux et d’autres à venir…
    A l’avoir écouté dimanche 7/10 sur Europe1 et autres radios ou chaines télés à ce sujet ces derniers temps ; ces argumentaires vaillent la peine d’être évalués pour leur clarté et leur transparence :
    Il affirme pêle-mêle :
    • Que l’Etat n’a pas vocation à faire de la gestion… ? Mais que l’Etat va réinvestir les ‘’quelques’’ millions d’Euros récupérer dans les nouvelles technologies. (cherchez l’erreur)
    Questions : au profit de qui ? Par des subventions aux leaders du GAFA ou autres multinationales… ? Par un montage de nouvelles structures ? Pour les céder également quand elles seront devenues profitables après que les risques auront été assumés par les contribuables ?

    • Que l’Etat est plus efficace à l’extérieur plutôt que de siéger dans les conseils d’administrations…. et qu’on créera des agences de contrôle (tiens donc ! les résultats probants ne sont pas légions)

    Et comme dit Thomas Porcher : la dette est relative au patrimoine. Mais alors quand Bruno Le Maire vend du patrimoine, Notre ratio dette va forcément augmenter.
    …….blabla d’énarque qui joue avec nos «plaques».
    Mais comme ils se plaisent tous à dire : le gouvernement est dans «l’action(s)» C’est l’essentiel !