L’hôpital qui demande la charité

« Ras-le-bol », « découragement », « perte de sens » : les mots du malaise de l’AP-HP (Hôpitaux de Paris) sont relayés dans tous les médias.

Parmi les 12.400 médecins et les 53 800 personnels des 39 établissements du « navire amiral » de la santé publique en France, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer un hôpital au bord du « désastre ». L’hôpital public, pour elles, c’est terminé.

Ils et elles sont des dizaines à baisser pavillon devant le désastre annoncé.

“Pour payer mes études, j’avais bossé à McDo. Toute la journée, on entendait : “On y va ! On y va !” J’ai retrouvé ça au bloc ces dernières années. On n’a plus le temps de discuter avec les patients angoissés avant une opération… », dit une infirmière.

Les personnels médicaux sont à bout, les soins de moins en moins remboursés, les patients meurent d’infections contractées à l’hôpital même, voire d’une attente prolongée aux urgences quand ce n’est pas d’une erreur de diagnostic.

Malgré l’ampleur du malaise dans le secteur de la santé (il n’y a pas que les hôpitaux) – au point que les français qui ne renoncent pas aux soins faute de moyens ont la trouille de se retrouver à l’hôpital – malgré un manque flagrant de moyens humains, technique et financiers, les pouvoirs publics font l’autruche. Pire : non seulement ils encouragent le “fonctionnaires-bashing”, mais ils aggravent délibérément la situation, puisque la ministre de la santé exige, pour 2018, un effort supplémentaire sous la forme d’une économie de 2 milliards !

On chercherait la révolution qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Hold up

Les garanties locatives qu’un locataire verse habituellement à son propriétaire au moment de la signature du bail pourraient bientôt être gérées par la Caisse des Dépôts ! C’est ce qu’on appelle une bombe.

Un rapport publié sous le précédent gouvernement propose de transférer à la Caisse des Dépôts (CDC) les milliards d’euros de garanties locatives versés par chaque locataire à son propriétaire à la signature du bail.

Le montant atteindrait les 5,7 milliards si on y ajoutait les garanties du parc social. Une manne considérable qui passerait donc du portefeuille des bailleurs et de leurs gestionnaires à celui de l’État. L’objectif de ce transfert serait de minimiser les litiges entre les propriétaires et les locataires. Il permettrait surtout de financer la transition énergétique et la politique du logement.

Cette réforme n’est pas officiellement à l’ordre du jour du gouvernement mais il s’agit bien d’une piste de réflexion.

Pas sûr que ça relance l’investissement locatif…

Le « savoir fer von elsass »

Il est gérant de pressing et manie l’humour aussi bien que le professeur Schmeerwurscht, sauf que sa dernière trouvaille (« Nous ne sommes pas au PANAMA mais nous blanchissons aussi ! ») n’a pas plu à l’ambassade du Panama.

Celle-ci s’est ainsi fendue d’un courrier glacial à l’encontre du propriétaire de la blanchisserie de Strasbourg :

« Cette publicité pour votre entreprise porte gravement et directement atteinte, sans aucune équivoque, aux droits, à l’image, à l’honneur et à la considération de l’état du PANAMA et à ses citoyens représentés en France par son Ambassadeur. En conséquence par la présence, nous vous mettons en demeure, sous huitaine à compter de la réception présente de supprimer l’intégralité du message publicitaire faisant référence à l’état du PANAMA sur l’ensemble de vos véhicules et plus généralement sur tous supports matériels et informatiques quels qu’ils soient de votre entreprise, et nous en justifier au moyen d’un constat d’Huissier dans le même délai»

Le sens de l’humour et du second-degré a du quant à lui s’égarer lors de l’envoi du courrier.

SNCF é-pépy-née

Le journal du dimanche prévient : la grève SNCF risque de faire tache d’huile (EDF, éboueurs, universités, etc…).

La palme de la diplomatie revient une fois encore à la ministre des transports qui a déclaré qu’elle ne comprenait pas cette grève. C’est pourtant pas faute de lui avoir expliqué ! Cette réforme annoncée vise avant tout à préparer la privatisation de la SNCF. Si on s’en tient à cette simple phrase, on pourrait se dire : pourquoi pas ? D’autres l’ont bien fait !

Eh bien justement, c’est là que le bât blesse. Les autres qui l’ont fait, notamment le Royaume-Uni et l’Allemagne, s’en mordent ce qui leur reste de doigts. Les prix ont augmenté et partout et même les trains allemands sont moins à l’heure que les trains français, c’est dire… Le fait de tout ramener, de manière quasi compulsive à l’unité comptable, à la performance, au rendement, revient à considérer l’humain comme une simple et funeste unité comptable, une variable d’ajustement de l’efficacité financière. Car il ne s’agit pas d’autre chose. Les salariés de tout poil, à commencer ceux de la grande distribution (ceux de Carrefour ont eu le courage de faire ce que les autres craignent de faire) se reconnaîtront dans les angoisses du rail.

Même si des réformes sont nécessaires, y compris dans le statut des cheminots, rien ne justifie le mépris de l’humain qui conduit (et permet) de privilégier l’actionnaire contre vents et marées, en le faisant bénéficier des gains sans jamais lui faire assumer les pertes (oui, bon, quand même à hauteur de sa mise), tout en ne faisant pas bénéficier le travailleur des gains mais en lui faisant payer les pertes par des baisses de salaires, des suppressions de primes, des diminution d’avantages (quand il y en a), des délocalisations, des licenciements.

Il n’est nul besoin d’être crypto-communiste pour dénoncer ce capitalisme-là.

Cachoteries !

Le journal Le Monde dévoile les dessous du prochain rachat de l’hebdomadaire Marianne par Heb’di.

Le patron du principal journal alsacien, Thierry Hans, a tenu à garder le secret le plus longtemps possible sur cette opération car, dit-il, “nous étions plusieurs sur le coup, notamment le groupe de presse anglais Faithfull”. En même temps, Thierry Hans a eu le soutien d’une personne dont il est très proche, elle-même très proche du Chef de l’Etat. Ça aide…

Vous trouverez tous les détails du rachat sur le site de Heb’di.

Placé déplacé

Cela fera la blague du week-end parce qu’on préfère en rire qu’en pleurer : Jean-Vincent Placé a été placé en garde à vue dans la nuit de mercredi à jeudi. Il est soupçonné, (et c’est franchement moins drôle), d’avoir importuné des femmes  et insulté des policiers avec des propos à caractère raciste.

Remarquez les subtiles pirouettes des journalistes pour éviter le doublon placé placé, cela donne des mini-mares assez grotesques : de l’économique « Jean-Michel Placé en garde à vue » d’Europe 1 au sensationnel « Arrestation de Jean-Vincent Placé : tu veux que je te mette un coup de boule » de Libé, nous, on assume et on titre : Jean-Vincent Placé placé en garde à vue pour comportement déplacé.

Laisser faire

Article intéressant dans Causette (le magazine des meufs qui tapent sur les keums, mais pas que…) qui nous dit que les femmes vont, enfin, se mettre à la drague à la manière des mecs.

Il serait temps ! Vous allez enfin comprendre ce que ça représente en termes de patience, d’impatience, de volonté, d’audace, de courage, d’énergie, de frustrations, de désespoir, de refoulement, de maladresses, de compétition, d’aveuglement, de toilette obligatoire, de chaussettes propres, d’angoisses, d’insomnies, d’interrogations! Le grattage de couilles en moins, certes.

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