Des mots, toujours des mots

« Le vocabulaire se rétrécit » : c’est le message que le linguiste Alain Bentolila a récemment ré-exprimé. Si la majorité des Français peut compter sur un lexique de 5.000 mots, 10% n’en maîtrisent que quelques centaines. Une lacune paralysante pour la plupart des tâches courantes…

L’Humanité progresse, on vous dit !

Lâcher prise

Il paraît qu’à force de vouloir contrôler tout ce qui nous entoure, nous gaspillons notre énergie et perdons notre sérénité. D’où le fameux “lâcher-prise” ! Une attitude intérieure d’ouverture à la vie et aux autres dont l’écrivain Gilles Farcet livre quelques clés.

Au commencement de toute “prise” se trouve l’ego, une conviction, un ressenti dont tout découle. Moi, Pierre ou Paul, j’existe indépendamment du tout, séparé, seul face à l’autre, c’est-à-dire tout le reste, tout ce qui n’est pas “moi” et qui, étant “autre”, n’obéit pas toujours à ma loi.

Le lâcher-prise ne sous-entend en rien une négation de l’individualité. Simplement, la partie se reconnaît comme expression du tout, la vague se sait forme du grand océan et, du même coup, reconnaît les autres vagues comme autant d’expressions de ce qu’elle-même est au plus profond. Par un apparent paradoxe, l’autre à la fois disparaît – nul ne peut plus m’être essentiellement étranger – et se trouve comme jamais reconnu dans sa différence existentielle. Le moi séparé cesse d’être l’étalon, la mesure de toute chose. Il n’y a plus de moi pour exiger de l’autre qu’il se conforme à mes critères. Le lâcher-prise se produit dès lors que le moi accepte de l’autre, de tout autre, qu’il soit autre.”

Voilà, c’est comme si c’était fait.

Cantatriche

L’Obs demande si Cantat a le droit de chanter…

Bien sûr qu’il a le droit de chanter, d’autant plus que je n’ai pas le pouvoir de l’en empêcher. Cependant, ce que l’on pourrait lui rappeler, c’est qu’en réalité on ne lui reproche pas de chanter ou de vouloir le faire, mais de continuer à ramener sa fraise, plutôt sa grande gueule moralisatrice. Dire «je vous emmerde» aux journalistes ou à tous ceux qui représentent à ses yeux le capitalisme ou autres lubies “de droite”, forcément réacs, toutes ces choses nauséabondes contre les quelles il éructe depuis des décennies tout en encaissant les chèques comme ses compagnes encaissent les coups, est un moyen pour lui de tenter de se refaire une virginité dans l’espoir de passer, in fine, pour la victime d’un système qui ne peut conduire les agnelets dans son genre que vers la violence.

Quand, à force de porter des coups, on est devenu le symbole des violences faites aux femmes, on ferme sa gueule, simplement, définitivement.

Bravo, maintenant je suis de mauvais poil.

(illustration en une : image extraite de la série télévisée française Kim Kong créée par Simon Jablonka et Alexis Le Sec, réalisée par Stephen Cafiero et diffusée le 14 septembre 2017 sur Arte)

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