Alors voilà. Ça commence (la chute) et ça commente (la chute). E. Macron dévisse dans les sondages. Les commentateurs politiques se délectent de ce mauvais score et en font des tonnes, car il ne faut pas oublier que les débuts de la présidence Macron les a frustrés. Mais, en mettant l’accent sur cette chute prévisible en arborant des mimiques faussement surprises, rendent-ils service au pays ?
Commençons si vous le voulez bien par remettre les pendules à l’heure des résultats du premier tour que nous avons déjà oubliés. Sur 77,77 % (chiffre magique pour ceux que cela intéresse) de participation, notre actuel président à recueilli 18,19 % de bulletins, soit environ 8,6 millions de personnes sur 47,5 millions de possibilités.
Ce score est le plus faible résultat obtenu au premier tour par un futur président.
Aujourd’hui, il passe de 64 à 54 % d’avis favorables, soit un peu plus de 25 millions de personnes. Personnellement je trouve curieux que le lendemain de son élection, alors qu’il n’avait encore rien fait, lui ait accordé autant de faveurs dans les sondages. Franchement on se demande ce qui se passe dans la tête des Français qui en majorité n’ont pas voté pour lui et répondent aux sondages que finalement, « il est très bien ce petit » alors qu’aucune décision n’a encore été prise.
Maintenant deux mois sont passés et quelques annonces ont été faites. Même si pour la plupart d’entre nous cela reste bien flou tout ça, il y a quand même quelques aspérités où se raccrocher pour faire évoluer l’opinion.
Chaque décision, chaque annonce entraine inéluctablement le mécontentement d’au moins une partie de la population concernée. Ce qui signifie qu’on perd systématiquement un peu d’opinions favorables dans chaque secteur.
Ainsi, des retraités viennent de comprendre que leurs retraites baisseraient à cause de la CSG. Pourtant, ils auraient déjà du le savoir depuis longtemps.
Ainsi des militaires n’ont pas apprécié l’épisode « De Villiers ». Pourtant la politique du gouvernement, en cette période de disette annoncée, s’est montrée plus que favorable à l’armée, hélas, déjà épuisée par de longues années de vaches maigres.
Ainsi des fonctionnaires réagissent mal à la suppression de leur jour de carence, une mesure déjà testée auparavant et qui avait permis de réduire significativement l’absentéisme de courte durée.
Le cumul de ses effritements catégoriels et disparates fait perdre globalement dix points dans le sondage mensuel de mesure de la popularité du Président. Soyez certains que cela ne va pas s’arrêter là, le scénario est connu et la baisse s’accentuera.
L’inconnu réside dans la réaction du Président à cette chute annoncée. Reculera-t-il comme l’ont fait à chaque fois ses prédécesseurs ? Où persistera-t-il dans sa volonté de réformes en pariant sur un retournement d’opinion futur si celles-ci portent leurs fruits ?
Car le risque est là. Si les réformes sont radicales, elles seront efficaces, mais cela se fera au détriment de la popularité. Si les réformes sont trop amendées suite à des négociations qui aboutiraient à donner des gages ça et là à telle ou telle catégorie, la baisse dans l’opinion sera sans doute tempérée, mais, la perte d’efficacité ne permettra pas le retournement de l’opinion.
Le récent conseil de François Hollande sur l’impopularité est un aveu de regret. À vouloir trop ménager, on ne satisfait personne et on ne règle rien. Il parle d’expérience. Reste à savoir si, comme le dit le proverbe, l’expérience de l’un profitera, pour une fois, à l’autre.

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