Manifestation contre l’antisémitisme à Strasbourg : ce que vous ne lirez pas ailleurs !

Vous l’avez forcément vue sur les murs des VIP strasbourgeois. Hier se tenait la manifestation contre l’antisémitisme.

Faut-il se réjouir qu’elle ait rassemblé entre 2500 et 3000 personnes ?

Nous ne le pensons pas et nous vous disons pourquoi.

Heb’di condamne les actes odieux et des membres de sa rédaction ont participé à l’instant citoyen.

Halte à l’Antisémitisme

D’abord oui, cette haine rance est détestable. Elle nie l’Histoire de l’Alsace, son rapport aux communautés qui la compose. Elle en oublie l’essentiel : l’humanisme et la capacité à traverser l’Histoire ensemble.

Donc sans hésitation, l’antisémitisme qui s’exprime actuellement est détestable et lâche. Lâche quand il frappe de nuit, les tombes de cimetières, blessant l’honneur des familles et le cœur des morts. Détestable, car il entend monter l’une contre l’autre des communautés qui ont souffert du nazisme ensemble.

Photo : www.francebleu.fr

Culpabilisation perpétuelle de l’Alsace ?

Quelle fierté peut-on tirer d’actes dictés par la haine et l’ignorance ? Aucune !

Le pire est ici que ces mêmes actes permettent à d’autres de porter au passage des coups contre la communauté alsacienne dans son intégralité.

Ainsi, le géographe Richard Kleinschmager s’exprime sur France 3 Alsace, repris par France Info. “Au XIIIe siècle, on a brûlé 2.000 Juifs à Strasbourg. Et il y a eu la nazification lors de la Seconde Guerre mondiale. Ça laisse des traces ».

Qu’entend-il par-là ? Souhaite-t-il légitimer une culpabilisation perpétuelle de l’Alsace ?

Certains ont compris, à gauche ! L’occasion est belle pour une élue rêvant d’être en position éligible sur la liste du PS de pratiquer une critique de l’identité alsacienne. Un autre lâche une haine reliant « loups noirs », la signature de l’acte odieux et le nom d’un groupe autonomiste des années 70, avec les nazis.

L’Histoire, qu’il propose de rappeler à chacun, lui permettra de comprendre comme le drapeau alsacien fut interdit par le Reich.

L’insulte à Alain Finkielkrauth

On attendra les commentaires de ces deux-là sur l’origine de l’homme qui a insulté Alain Finkielkrauth. Sans doute ne retiendront-ils que le fait qu’il soit mulhousien. Mais il n’est pas que cela il est accessoirement proche de la mouvance salafiste. Benjamin W, désormais « Souleyman » ou « Slim » a changé depuis sa conversion. Le père de 5 enfants qu’il est serait activement recherché. Un homme soupçonné d’avoir proféré des injures à caractère antisémite envers le philosophe, samedi, a été placé en garde à vue. C’est bien à Mulhouse qu’il a été interpellé .

1700 personnes à Strasbourg

Tous avaient appelé à être là hier soir. C’était la manifestation où il fallait être et prendre son selfie. Brevet de « participation » citoyen à un acte originellement  hautement respectable.

Il devait y avoir du monde. La pression des partis appelant à la manifestation était telle nous rapporte-t-on, à gauche que l’on s’attendait un une marée.

19 heures, l’heure idéale. Place de la République : centrale et proche des Contades. Une communauté forte et l’ensemble des partis politiques alsaciens à l’exception du RN et d’Unser Land… Nous espérions 5000 personnes au moins.

Un sursaut ?

Sur place, le chiffre de 1700 personnes sera donné par la Préfecture. A la joie de s’être rassuré un instant sur la mobilisation succédèrent donc des questions.

11 minutes pour dire « Ça suffit », une Marseillaise poussée du bout des lèvres, une assemblée âgée avec comme jeunes ceux qui étaient appelés à lire Aragon ou Simon Veil à deux pas de l’Avenue qui porte son nom… et après ?

Est-ce cela, le « Sursaut » évoqué dans la presse locale ? Si tel est le cas, cela pose un vrai problème. L’Eurométropole de Strasbourg compte 493 375 habitants.

Nous devons nous interroger nous sur la faiblesse de la réaction. La classe politique française peut s’interroger elle sur sa représentativité.

Stanislas Metz

Fact checking : les chiffres

A l’origine de la manifestation, les partis entendaient dénoncer la montée de l’antisémitisme. Selon les chiffres du Ministère de l’Intérieur, les actes antisémites ont augmenté de 74 % en 2018 ( 541 actes en 2018 contre 311 en 2017). Pendant ce temps le nombre d’actes anti-musulmans passait de 121 en 2017  à 100 en 2018. Les actes anti-chrétiens  passaient eux à 1063, contre 1038 en 2017.

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