Strasbourg 2 : Sylvain Waserman, Maire de Quatzenheim

Et le candidat d’En Marche à Strasbourg-Illkirch est… Sylvain Waserman, Maire de Quatzenheim ! Le parachutage est de mise. Il aurait pu être acceptable si le maire du village du Kochersberg avait démissionné avant l’élection. Il n’en sera rien !

S’il n’est pas élu, l’homme gardera sans doute son mandat de maire et les indemnités qui vont avec. Il est aussi proche de Philippe Richert et conseiller régional. Il cumule donc les mandats qui « vont bien », selon l’expression d’un élu du grand Strasbourg. Des méthodes d’un autre temps, loin du chamboule-tout annoncé.

Petits meurtres entre camarades dans la « gauche » strasbourgeoise

Professionnellement, l’homme est directeur général de Réseau Gaz de Strasbourg (RGdS). Structure elle-même présidée par un adjoint de Roland Ries. Faut-il donner à son parachutage la volonté de certains élus de gauche de préparer 2020 en faisant chuter Philippe Bies ? La suppléance de  Christel Kohler, également adjointe au maire pourrait, en tout cas, laisser penser à des fractures fortes dans la gauche strasbourgeoise.

« J’ai saisi ce matin le déontologue »

C’est Mathieu Cahn qui a ouvert le feu en interpellant le déontologue.

(Mathieu Cahn -Strasbourg.eu)

« Suite à la candidature aux législatives dans la 2ème circonscription du Bas Rhin du Directeur général d’une Société d’économie mixte, dont l’actionnaire majoritaire est la Ville de Strasbourg, j’ai saisi ce matin le déontologue de la Ville pour savoir si cette candidature était conforme à l’esprit éthique porté par l’article LO 132 du Code Électoral. Celui-ci prévoit en effet l’éligibilité des directeurs généraux, directeurs généraux adjoints, directeurs, directeurs adjoints, chefs de service des collectivités locales notamment des communes de plus de 20 000 habitants et des Métropoles mais aussi des directeurs généraux, directeurs généraux adjoints, directeurs des établissements publics dont l’organe délibérant est composé majoritairement des représentants des collectivités locales » écrit-il sur sa page Facebook. On y lira sa lettre.

L’enjeu est important. Car effectivement, Gaz de Strasbourg est une structure centrale qui conditionne les factures énergétiques de bien des foyers strasbourgeois. Si la loi ne s’oppose pas à la présentation de Sylvain Waserman, on sait depuis les élections présidentielles qu’il y a un frontière entre le légalement possible et l’éthiquement acceptable. L’électeur tranchera, là aussi !

Prédateurs politiques … Confiance rompue

L’analyse la plus forte est venue de Robert Herrmann, le président de l’Eurométropole.

« Si les collectivités doivent craindre que les directeurs de SEM se transforment en prédateurs politiques, avec même peut-être le soutien de leur président de tutelle, ça commence à poser un problème politique. On n’imagine pas le directeur d’une société privée monter à l’assaut du plus gros client. C’est trop facile de dire je m’en vais si je suis élu. Il vaudrait mieux que les directeurs généraux de SEM ne présentent pas de candidature et gardent une stricte neutralité. Il est au cœur de toute une série de dispositifs et pour moi, la confiance est rompue », lit-on dans un article signé Olivier Claudon.

Des anciens de l’UDI et du parachutisme électoral dans la 3ème circonscription

Au Nord de Strasbourg, un habile marketing tend à faire oublier que les candidats d’En Marche ne sont pas des nouveaux venus en politique. Ils se présentent face à Georges Schuler et Serge Oehler notamment, deux élus de terrain.

Bruno Studer, candidat sur la 3ème circonscription est lui parachuté dans ce secteur. La méthode, légale, souligne finalement un certain mépris de la proximité généralement demandée à un député.

Animateur un temps de l’UDI, Bruno Struder fut remplaçant du très LR Jean-Emmanuel Robert lors des élections départementales de 2015. La déception et le rejet des grands partis sont donc, chez lui, une option récente !

Sa suppléante, Axelle Benamran, n’est pas non plus une inconnue. Elle était candidate à en 2011 et faisait campagne en faisant du jogging dans les rues de Strasbourg.

Adhérente de l’UDI, on la retrouvait aussi au second tour, sur la liste de Fabienne Keller aux élections municipales .

En Marche ne renouvelle pas

Si aucun des deux n’étaient inscrits sur les listes électorales de la 3ème circonscription, il se pourrait donc qu’ils ne puissent même pas voter pour eux-mêmes !

A Strasbourg 2 comme à Strasbourg 3, En Marche ne renouvelle donc pas le genre politique mais plonge bien dans des pratiques dénoncées par ailleurs : Parachutage électoral, cumul et recyclage. Le marketing n’efface pas tout.

Aux électeurs de ne pas tomber dans le panneau ou pas.

Serge Aqua

 

 

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