Le psychodrame Bayrou

Tout commence avec l’annonce des candidatures EM aux législatives. François Bayrou, le président de l’immense Modem (2 députés) est en colère. Celui qui s’est « sacrifié » pour Emmanuel Macron est en colère.

« Le parti de François Bayrou va-t-il claquer la porte ? Le président du MoDem, qui n’a pas obtenu le nombre de circonscriptions voulu pour son parti, est en colère contre Emmanuel Macron. Pour évoquer la situation, il a tenu un bureau politique en urgence ce vendredi soir » s’interroge LCI.

La colère est vite calmée, le Modem passe à une centaine de circonscriptions. Beau marchandage pour un petit parti. « Le président du MoDem François Bayrou a annoncé avoir trouvé un projet d’accord « solide et équilibré » avec la République en marche ! sur les investitures aux législatives.

« On a fait des pas en avant sur des questions extrêmement importantes pour l’avenir de la majorité », a déclaré aux journalistes François Bayrou, à l’issue d’un bureau exécutif de son parti » annonce 20 Minutes.

François Bayrou

Sur quel projet ?

A-t-on entendu parler d’un projet « politique », d’idées partagées ? Non, et là, on replonge dans la politique d’avant ! 100 investis, ce sont cents candidats qui se rallieront au Modem. Chaque voix faite rapportera au parti 1.60 € par an et durant l’ensemble de la législature.

Un candidat qui totaliserait 5000 voix au premier tour dans sa circonscription rapporterait ainsi : 5000 voix x 5ans x 1.60 €, soit … 40.000 €.

Quel poste pour ce jeune énarque …

La politique comme avant, c’est aussi l’investiture d’un proche de François Hollande qui déplait à Jean-Yves Le Drian en Bretagne. Le Baron du PS, désormais en marche gagne à la fin. On trouvera une excuse pour rétropédaler.

Attendons de savoir quel poste, le jeune énarque obtiendra en échange !

Défiscalisation en marche ?

Pendant ce temps, Médiapart se penche sur les pratiques des nouvelles pousses « En Marche ».

« Déléguée nationale d’En Marche!, et patronne des boulangeries Paul et de la maison Ladurée, Françoise Holder est parfois citée comme possible ministre. Elle se targue d’avoir « résisté à la tentation de l’exil fiscal ». Des documents consultés par Mediapart prouvent toutefois que la cheffe d’entreprise a largement su optimiser la gestion de son groupe via le Luxembourg » écrit le magazine d’investigations. Certes, avoir de bons conseils n’est pas illégale, mais quid de la morale, dira-t-on, comme dans l’affaire Fillon.

Premier ministrable d’Emmanuel Macron, Edouard Philippe est aussi la cible de Médiapart. « D’après nos informations, le député Édouard Philippe, cité parmi les « premiers ministrables », a écopé d’un blâme sur sa déclaration de patrimoine de 2014 de la part de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique » peut-on lire ! Avant de conclure : « Aujourd’hui, sa nouvelle déclaration de patrimoine, incontournable en fin de mandat, se retrouve entre les mains de la haute autorité. Selon lui, la valeur actualisée de ses propriétés apparaît bien cette fois. Entretemps, la transparence s’est imposée. Et ses ambitions ont changé ».

Et Alain Juppé …

Pendant ce temps, un média officiel annonçait un ralliement d’Alain Juppé à Emmanuel Macron. Un buzz brisé rapidement : « Alain Juppé et l’entourage d’Emmanuel Macron ont démenti formellement vendredi soir avoir conclu un accord sur la formation du gouvernement qui, selon RTL prévoirait notamment la nomination d’Edouard Philippe au poste de Premier ministre ».

« “Il n’y a évidemment aucun accord Juppé/Macron !”, a tweeté le maire de Bordeaux. “J’hallucine !”, a-t-il écrit dans un autre tweet » raconte Le Point.

Des petits riens qui donnent l’impression que la politique autrement, c’est la politique comme avant, mais avec d’autres gens !

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