L’agriculture de Travert

Depuis dimanche soir, à l’appel national de la FNSEA et du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA), près de 150 agriculteurs du Grand Est sont mobilisés. Ils assurent un blocage des dépôts de carburant du port du Rhin à Strasbourg et de Vatry dans la Marne. Tous protestent notamment contre l’importation de produits soumis à des normes plus souples qu’en France.

Interrogé par L’Alsace, Anthony Carbiener, Secrétaire général des Jeunes Agriculteurs 67, explique que la décision « de bloquer ce dépôt pétrolier (…) est un choix stratégique pour que le gouvernement arrive à nous écouter ». La revendication est simple : « l’interdiction de l’import des produits qui n’ont pas les mêmes normes standard françaises, (…) qui ne sont pas soumis à la législation française ». En effet, au sein-même de l’Europe, la loi diverge d’un pays à l’autre…

(image © www.lalsace.fr)

Mais hier matin, les agriculteurs ont découvert à Strasbourg « qu’un pipeline de 20 km qui relie la raffinerie de Strasbourg à une autre vouée au démantèlement a été utilisé pour détourner le carburant vers ce site situé à Reichstett dans le Bas-Rhin »! Hubert Basse, des JA de Meuse, explique à son tour : « ils ont remis la raffinerie en route pour remédier au blocage, mais à notre arrivée nous avons immédiatement organisé un convoi vers la raffinerie de Reichstett et bloqué les 70 camions qui s’apprêtaient à en sortir, chargés de carburant ». « Nous sommes déterminés et on ne vient pas à Strasbourg pour faire de la figuration » a ajouté Hubert Basse à nos confrères de L’Est Républicain.

Les agriculteurs dénoncent ainsi le projet de loi EGA, le traité international de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada CETA et les « incohérences » du gouvernement Macron sur les importations de matières premières agricoles. Incohérences telles que, par exemple : « inciter les agriculteurs français à monter en gamme tout en concluant des accords de commerce internationaux qui provoquent des distorsions de concurrence et l’autorisation donnée à Total d’importer de l’huile de palme pour alimenter sa bio raffinerie de La Mède », dont le démarrage est prévu pour cet été.

En attendant, aujourd’hui mardi, une délégation FNSEA/JA doit être reçue par le marcheur Stéphane Travert, notre ministre de l’agriculture.

Le Bzzz de la biodiversité

Pour sensibiliser à la question des abeilles, de la biodiversité et de l’environnement, une première ruche d’observation vient d’être installée dans une classe d’une école de Strasbourg”

Rappelons tout d’abord que plusieurs apiculteurs ont manifesté à Strasbourg le 7 juin dernier pour dénoncer certaines pratiques agricoles à l’origine de la mortalité des abeilles. C’est justement le lendemain, à l’école internationale Robert-Schuman, dans le quartier de l’Esplanade (Strasbourg), qu’une ruche d’observation a été inaugurée !

Grâce au soutien de la ville, cette ruche pédagogique a été installée pour permettre aux élèves d’une classe de CE2 de suivre l’évolution de la colonie (5.000 abeilles), de la fabrication des alvéoles à celle du miel. Cet « apiscope » a été conçu avec tout le confort moderne, dont un tube de sortie pour permettre aux abeilles de butiner dehors.

Déjà dotée d’un hôtel à insectes et d’une mare pédagogique (qui a accueilli un couple de canards et leurs canetons), l’école veut ainsi sensibiliser au rôle majeur de l’animal dans l’écosystème”

Un moyen concret de prendre part à la survie des abeilles, une survie sans doute salutaire pour l’humanité.

Je fais ce que je veux avec mes chevreuils

« Un animal sauvage sur les pistes et c’est la pagaille ! », s’étonne Le Parisien. C’est avec amusement que l’on comprend qu’un chevreuil s’est promené (au mépris de toutes les règles et faisant fi des panneaux indiquant “accès interdit aux personnes non autorisées”) dans le périmètre de l’aéroport d’Entzheim et a provoqué dimanche sa fermeture toute la matinée :

Jusqu’à 12h40, aucun départ n’a pu avoir lieu. Les avions qui devaient atterrir ont dû être détournés vers Mulhouse et Baden-Baden (…) Ce n’est qu’à 13h05 qu’un premier engin en provenance de Rennes et attendu pour midi a enfin pu se poser.”

Les équipes de l’aéroport ont d’abord tenté de chasser l’animal, aidées par l’hélicoptère Dragon 67 de la Sécurité civile qui a volé en rase-mottes pour l’effrayer, mais sans succès. Un louvetier est ensuite arrivé en renfort, sans que la bête sauvage ne s’en émeuve. Les gendarmes, appelés eux aussi à la rescousse, n’ont carrément rien pu faire « faute de lunettes de visée longue distance sur leurs armes » !

Le chevreuil a finalement disparu en fin de matinée, de son propre chef, sûrement satisfait de son effet. Mais, à l’aéroport de Strasbourg, ça doit un peu grincer des dents : le coût financier « pourrait être conséquent : c’est en effet à lui de prendre en charge les reports et déroutes qui lui sont imputables »…

 

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