Nouveau sondage sur l’Alsace : 68 % contre le Grand Est, 55 % pour un nouveau parti alsacien

Opposés à la fusion des grandes régions, les clubs de réflexion alsaciens ont initié un 4e sondage commandé à l’Institut IFOP

Jérôme Fourquet, directeur du département « opinion et stratégies d’entreprise » de l’institut était à Strasbourg.

68 % des Alsaciens opposés au Grand Est !

68 % ! Comme un signal aux élus haut-rhinois en faveur de la Région Grand Est. Le chiffre claque et étonne. Cette persistance, pour ne pas dire légère augmentation du pourcentage d’opposants à la réforme territoriale en dit long.

Officiellement, il n’y a plus de manifestations « publiques », mais 2/3 d’Alsaciens des champs, comme des villes assurent une opposition persistante et résistante à toutes les tentatives de l’institution de soigner son image.

On notera d’ailleurs qu’elle ne prend pas le risque de mesurer elle-même sa popularité.

Surprise, dans les 68 % d’opposants à Grand Est (plus exactement de ceux qui souhaitent une région Alsace hors du Grand Est), on retrouve 79 d’électeurs de François Fillon, 75 % de Jean-Luc Mélenchon et 70 % d’Emmanuel Macron.

Le baromètre alsacien est clair sur cette question. La question régionale traverse aujourd’hui des lignes idéologiques multiples et le désir d’Alsace est plus fort que jamais.

Si, comme l’écrit l’IFOP, « Un peu plus d’un Alsacien sur deux (54%) a connaissance de la création de la Collectivité européenne d’Alsace, résultant de la fusion des départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, dont un tiers (32%) voit bien de quoi il s’agit », c’est bien autour de l’Alsace même que se fixent les réponses fortes.

La création d’un nouveau parti

« Deux tiers des Alsaciens souhaitent que la nouvelle collectivité alsacienne devienne une vraie région, hors du Grand Est (68%, +2 points par rapport à février 2019). Un peu plus d’un répondant sur deux (55%) est favorable à la création d’un nouveau parti politique alsacien revendiquant la sortie de l’Alsace de la région Grand Est, et une proportion similaire pourrait voter pour celui-ci (57%). Les Alsaciens bilingues (66%) et parlant principalement l’alsacien (86%) étant plus enclin à voter pour ce parti » précise l’étude.

La création d’un nouveau parti est l’autre élément clé du sondage. 55 % des sondés y sont favorables. Une telle réponse interroge l’ensemble des partis en place, de ceux reliés à des centrales parisiennes comme aux formations régionalistes ou autonomistes existantes.

En effet, autant les partis classiques qu’Unser Land ou d’autres, comme un temps Alsace d’abord, peuvent se sentir visés. Les uns par un dégagisme persistant, les autres par leur incapacité, à ce jour, à incarner une « alternative ».

« Le parti qu’ils appellent de leurs vœux existe déjà, c’est Unser Land », claironne le dernier communiqué du parti. C’est hélas, pour ses soutiens, aller vite en besogne. Les taux de réponse au sondage IFOP des Alsaciens dialectophones en témoignent.

« Avec un dirigeant qui œuvre en Suisse et une partie de ses cadres à la retraite, avec le bilan de ses anciens élus départementaux, il n’est pas dit que le mouvement Unser Land puisse faire rêver », déclarait hier un observateur des enjeux régionalistes.

Dans les faits, Unser Land n’a jamais su capitaliser et le peu de listes Unser Land annoncées aux élections municipales confortent une réalité des plus crues. Mais tout cela n’excuse par pour autant les autres forces engagées.

70 % des 18-24 ans

On notera enfin que l’enquête porte sur le régionalisme. Autant le nom d’Unser Land que son positionnement « autonomiste » font aujourd’hui peur à de nombreux électeurs.

Autre première de ce sondage, la revendication (par le vote) du régionalisme pourrait atteindre les 70 % des 18-24 ans, 62 % des moins de 35 ans et 69 % des ouvriers.

On comprend ici qu’il y a de la place pour un mouvement jeune et populaire, ce que ne sont pas forcément à ce jour les clubs de réflexions et partis en place.

Et maintenant ?

La question se pose alors de l’incarnation de ce « mouvement alsacien ». Il est réclamé « nouveau », ce que n’est pas Unser Land. Il revendique plus d’Alsace sans forcément réclamer moins de France. Autant la création d’un « parti » que d’une CSU Alsacienne vont donc animer les soirées, mais aussi les ambitions.

Les Alsaciens sont-ils capables de s’unir, de faire entendre leurs voix où chaque leader pensera-t-il être demain, le sauveur de l’Alsace ? La question des égos persiste aussi. Pendant ce temps, Jean Rottner dirige le Grand Est même si les posts Facebook  de sa majorité sont de plus en plus ridicules et aveugles.

Lire le sondage : Sondage IFOP décembre .2019

Ray Fort

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