Nouvel An à Strasbourg, cette vidéo fait le tour du monde

Une vidéo fait actuellement le tour du monde et de la toile. On y voit des voitures brûlées, à Strasbourg !

Plus de 4 millions de vues en trois publications, le score est étonnant et ne fait même pas rire son « auteur ». Il est triste et en colère.  

On retrouve Stéphane Bourhis, élu LMR à Hoenheim, fondateur de Touche Pas à l’Alsace et internaute reconnu, qui a passé plusieurs heures dans la nuit du réveillon à Strasbourg, façon « Street Reporter ». Fallait-il tout montrer ?

On en parle avec lui.

Plus de 4.0 millions de vues cummulées en trois vidéos !

Le 31 décembre, on fait la fête et vous, vous partez dans les rues de Strasbourg. Vous lisez dans les cartes ?

Stéphane Bourhis : Pour des raisons personnelles, je ne fêtais pas ! J’ai donc pris « la route » pour vérifier ce que je craignais.

Toutes les remontées d’information annonçaient des « excès ». Même les chauffeurs de bus entendaient les jeunes parler du « soir ». Je sais aussi qu’ils en ont parlé à leur hiérarchie. 

Et qu’avez-vous vu ?

Stéphane Bourhis : Tout ce que l’on peut imaginer en pire. Des voitures incendiées, des scènes de préguerre civile, des zones de tensions, des camionnettes d’artisans brûlées.

Un « front urbain » dans certains quartiers. Les informations remontaient aussi par un réseau de contacts tissés depuis des années que je suis ce phénomène.

L’enfer c’est les autres !

Vous revenez le lendemain matin, au bilan ?

 Stéphane Bourhis : Oui, les remontées d’information empirent. On m’évoque la tentative d’intrusion et les dégradations à l’EPSAN de Cronenbourg. Cela me met en colère. S’attaquer à un hôpital ! Bordel ! Sans compter les épaves partout …

Je crois nécessaire que l’on dise la vérité pour mieux la combattre.

Justement, on accuse les réseaux sociaux !

Stéphane Bourhis : J’attendais cette remarque. Dans les années 90, les voitures brûlaient, disait-on, à cause d’une surenchère de photos dans les médias. Aujourd’hui, les mêmes accusent les réseaux sociaux.

Et pendant ce temps, on ne s’attaque pas aux racines du mal !

On veut quoi, renforcer l’omerta ?

Heb’di : On va vous accuser d’écorner l’image de Strasbourg.

Stéphane Bourhis : Encore une fois, on prend le problème à l’envers. L’image existe parce que les faits existent. C’est d’ailleurs hallucinant. On entend de ces choses !

La faute viendrait des pétards ! Il faut interdire les pétards … J’écoute, mais pense-t-on vraiment que l’on peut allumer autant de voitures avec des pétards ? Il va donc falloir interdire la vente de produits incendiaires stockables, celles des briquets et des allumettes ?

La faute viendrait des Allemands qui vendent les pétards ! Les Allemands doivent arrêter. J’écoute, mais peut-on me dire combien il y a eu des véhicules incendiés de l’autre côté de la frontière ?

Quant à Strasbourg, c’est bien parce que j’aime cette ville que je veux que cela cesse. Entendre des personnes qui ont passé le mois de décembre à dire qu’il ne fallait pas venir à Strasbourg à Noël m’attriste.

« Il faut que nous sortions de nos œillères idéologiques »

Que proposez-vous ?

Stéphane Bourhis : Il faut que nous sortions de nos œillères idéologiques. Je suis pour la sécurité d’abord !

Je crois qu’il va falloir réprimer – mais c’est dans la loi – tous les auteurs d’actes répréhensibles. La peur doit changer de camp ! Tolérance Zéro.

Je crois aussi qu’il faut faire un bilan de la politique de la ville. Combien de milliards a-t-on dépensés dans les quartiers sans en mesurer l’efficacité. Oui, il faut « cliver », oser dénoncer l’intégration loupée, les effets collatéraux de politiques migratoires aveugles et le fait que des enclaves de nos villes vivent hors de la République.

On ne peut pas continuer à lutter contre la guérilla urbaine avec des mesurettes et des explications a posteriori qui dédouanent le pouvoir de son devoir d’assurer la sécurité des citoyens. Les promesses de solutions entre Noël et la galette des Rois, ça suffit.

Il faut aussi assurer l’impunité et la certitude de la peine et de la réparation des dégâts.

Je pense qu’il faut d’abord sécuriser, toute l’année, les quartiers et libérer les honnêtes gens qui y sont pris en otage. Ces derniers doivent d’ailleurs pouvoir « dénoncer » en toute sécurité, les fauteurs de troubles.

C’est comme dans un jardin, on traite la mauvaise herbe avant de ressemer ! Mais cela ne suffira pas !

Et ensuite ?

Stéphane Bourhis : Encore une fois, on sort des œillères, « out of the box » aussi ! On y remet les familles en valeurs. On y investit pour donner aussi à chacun la chance de sortir d’ici ! Je sors là de mes œillères : on s’appuie sur des réussites. On essaye de faire qu’il n’est pas plus rentable et facile de gagner de l’argent en trafiquant qu’en travaillant.

Je sais, je suis idéaliste. Mais je pense qu’on n’y arrivera pas autrement. Il faut appliquer les lois durement et accompagner chacun avec des solutions « sur mesure ».

« Je sais que l’on va oublier ces vidéos, j’aimerais que l’on n’oublie pas les gens qui souffrent de l’insécurité comme ceux qui se battent contre elle »

Heb’di : Et ces vidéos alors ?

RT France a repris la vidéo

Stéphane Bourhis : Elles ont été montées sans commentaires … Elles parlent d’elles-mêmes !

Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, mais toutes les injustices sont bonnes à combattre. Quand Greta Thumberg montre la pollution, c’est pour la combattre. Quand des vidéos montrent la détresse insécuritaire, c’est pour la combattre aussi.

Il y a un aveuglement des élites … Elles voient le pétard du 31 décembre mais n’osent regarder le délinquant qui s’amuse à terroriser ses voisins toute l’année.L’Etat dois jouer son rôle !

Chacun, par contre, peut agir. Je sais que l’on va oublier ces vidéos, j’aimerais que l’on n’oublie pas les gens qui souffrent de l’insécurité comme ceux qui se battent contre elle. On ne combat pas une maladie en la taisant ! C’est pareil ici !

Je m’arrête là, mais je n’ai même pas évoqué le coût de l’insécurité…

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Une réaction à "Nouvel An à Strasbourg, cette vidéo fait le tour du monde !"

  1. Emmanuel a commenté:

    Certes;
    Que pense Mr Bourhis de l’article du Monde de Mr Marx et de la réponse de Mr Klein?
    Perso que le préfet sente un “Alsacexit” je trouve ça bien;les alsaciens ne sont pas là pour payer des impots aux parisiens mais pour investir pour le bien commun et l’avenir.Si Paris ne peut pas le faire ,nous nous en chargerons nous même. Et peut être bien que nos voisins nous aiderons.Que l’aristocratie parisienne se méfie!