Plouf !!!

Plouf, c’est le bruit que fait l’économie française en cette fin d’année 2018. Nous surnagions avec difficulté et voilà qu’on boit la tasse.

Gros malaise à tous les étages. Il semble que plus personne ne sait ce qu’il faut faire. Ni le président, ni les élus, ni le peuple dont une partie se révolte contre un système qui les étouffe sans savoir, hélas, quel système ne les étoufferait pas.

Depuis la nuit des temps, le peuple espère se libérer du fardeau des élites sans jamais y parvenir vraiment. Certains courants politiques ont fait naitre de l’espoir puis se sont effondrés dans une misère générale.

On va quand même se souhaiter une bonne et heureuse année 2019, car 2018 se termine dans la déliquescence, mais qui y croit vraiment ?

D’où vient ce malaise généralisé ? Essayons d’y voir clair.

On parle de la baisse du pouvoir d’achat. Désolé, mais on sait que le pouvoir d’achat est en phase ascendante. De plus les mesures votées ce matin vont dans le sens d’une amélioration supplémentaire de celui-ci, même s’il faudra subir plus tard le contrecoup de ces mesures.

Pourtant le malaise subsiste. L’exécutif a conscience d’avoir beaucoup perdu dans cette affaire et le peuple ne reconnaît pas l’effort fait.

On parle du RIC. Un processus de démocratie directe qui menace les fondements mêmes de la démocratie. Paradoxal n’est-ce pas ? Pourtant c’est bien le cas. Imaginons les questions d’initiative populaire qui pourraient être posées : baisser les impôts ? Sortir de l’Europe ? Rétablir l’ISF ? Fermer les frontières ? Ou les ouvrir plus ? Interdire l’IVG ?

On peut douter que le pays ne soit pas secoué par une telle procédure qui, s’il elle est trop encadrée, ne satisfera personne, et si elle ne l’est pas, ouvrira un peu plus la voie à cette dictature des minorités dont nous subissons quotidiennement le harcèlement. Derrière chaque « initiative populaire » pourra se cacher l’un ou l’autre des groupes de pression. Malaise…

On parle de supprimer l’ISF et de « faire payer les riches ». OK. L’ISF est un impôt politique et symbolique qui ne sert à rien d’autre qu’à faire croire au peuple qu’on taxe les grandes fortunes en oubliant de leur expliquer que cette taxe est aisément contournable et que les sommes qui échappent à l’impôt sont bien supérieures à celles difficilement recueillies. Cela fait partie de ce que j’appelle la politique de la jalousie. Depuis toujours certains ont trop (d’argent, de pouvoir, de liberté) et d’autres, beaucoup plus nombreux n’ont pas assez. Et bien sûr ceux qui n’ont pas assez veulent prendre à ceux qui ont trop. Et bien sûr ceux qui ont trop ne veulent pas lâcher leur pactole sous prétexte qu’eux-mêmes ou leurs ascendants l’ont gagné « à la sueur de leur front ». Reviendra-t-on dans les années 70 ? Certains enlèveront-ils les riches patrons pour réclamer la rançon du peuple ? L’ombre du malheureux G. Besse planera-t-elle au-dessus de l’année 2019. Malaise…

Et si le malaise ne venait pas vraiment de là ? Et s’il venait, non pas d’une question économique, mais d’un mal de vivre plus profond ?

Je propose deux pistes de réflexion.

Twitter. Pourquoi twitter ? Parce que c’est le symbole ultime de nos dérives. Parce que jamais la haine brutale, stupide et imbécile n’a jamais trouvé meilleur canal pour s’exprimer. Les énergies qui circulent dans ce réseau social sont tellement négatives et néfastes qu’elles contribuent à la déprime collective. Dernière victime en date, Zineb, sur qui ce réseau déverse par l’entremise de quelques illuminés courageusement anonymes un flot de haine qui mériterait la fermeture immédiate de ce média dangereux et mal contrôlé.

Première mesure de salubrité intellectuelle : interdire l’anonymat sur les réseaux sociaux. Tous ! L’exécutif, si prompt à se saisir de nouvelles lois aurait beau jeu d’interdire l’anonymat numérique afin que chacun puisse savoir à qui il a affaire quand il lit un message.

Autre piste de réflexion : la révolution numérique. C’est quoi la révolution numérique ? Rien de moins que l’éradication de l’humain dans les relations sociales. Chacun de nous est désormais confronté à des machines (tapez 1, tapez 2… Essayez par curiosité l’accueil téléphonique de pôle emploi et vous comprendrez votre douleur !) Or les machines ne savent traiter que des masses d’informations. Si vous n’êtes pas dans ce qu’elle a prévu, vous êtes giclé du système et vous n’avez pas de recours. La haute administration française a pris le parti de rationaliser pour faire des économies. Ce qui est louable. Elle n’a pas compris que les Français n’étaient pas préparés à cette nouvelle manière de faire. Je suis convaincu que le mur administratif qui se dresse devant chaque Français, et surtout devant ceux qui ont peu de moyens, est, pour une grande part, à l’origine du malaise profondément ressenti par la population du pays.

Le lien social qu’on leur ôte, les Français l’ont retrouvé : sur les ronds-points.

Cela dit, souhaitons-nous collectivement la meilleure année future possible.

 

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