Philippe Richert … Au prononcé de ce nom, certains se couchent, d’autres s’énervent.

Voilà le président de l’ensemble administratif sur le pont. A certains, il dit arrêter la politique, à d’autres il donne des ordres : fusionner tout ce qui est fusionnable.

Avec ses ennemis colmariens d’hier, il pactise, le temps de la récente Fête des Vins d’Alsace.

Nous avons déjà évoqué son discours  de Colmar et mentionné le piège qu’il referme.

En demandant aux départements de fusionner plus vite, il sait qu’il porte un coup à toute idée de région Alsace retrouvée. Cela d’ailleurs, il n’en veut pas.

Un universitaire strasbourgeois en est même arrivé à se demande si Philippe Richert ne veut pas se venger, à tout prix, de l’Alsace, cette région qui lui a fait un affront en 2013.

58 % de oui

Revenons un instant sur ce référendum ! Un oukase parisien d’abord qui imposait la victoire du « oui » dans chaque département, et un pourcentage de participation fort. Un loupé en termes de communication politique né de la gouvernance de la campagne par des proches de Philippe Richert, eux-mêmes opposés au fait régionaliste. Une guérilla d’égo entre Haut-Rhinois et Bas-Rhinois.

Et malgré tout cela, le Oui à une Collectivité territoriale unique a totalisé 58 % !

Mais Paris n’en a pas voulu et une partie de la classe politique s’est laissé faire.

La réforme territoriale : un massacre pour l’Alsace

Malgré de belles interventions de parlementaires, la Réforme territoriale allait achever le Référendum faussé (et non loupé). Là, le programme parisien ratifié par François Hollande, Manuel Valls et Emmanuel Macron allait permettre d’incorporer l’Alsace dans un ensemble nommé Grand Est.

Assez grand pour que l’égo de Philippe Richert, sauvé de justesse des élections régionales, le fasse sien.

La colère « alsacienne » allait s’épuiser, là encore sur l’incapacité des défenseurs de l’Alsace à travailler ensemble. S’épuiser aussi sur un calendrier électoral qui allait diviser les Républicains pro-et-anti grande région, tuer le PS, et laisser les régionalistes faire plus ou moins bonne figure.

Philippe Richert et ses sbires n’avaient plus alors qu’à tirer sur les têtes qui dépassaient chez les Républicains et laisser quelques proches – Lila Merabet, Sylvain Waserman – se mettre en marche. Ce fut fait !

Le département Alsace

L’idée suivante, remise en avant lors du discours de Philippe Richert, est d’encourager les présidents des départements, Frédéric Bierry et Eric Straumann, à fusionner et créer un département d’Alsace.

L’idée est effectivement un piège, car :

  • Accepter l’idée d’un département d’Alsace c’est renoncer à la Régionalité de l’Alsace,
  • Les compétences des départements sont aujourd’hui principalement liées aux dépenses sociales,
  • Le budget des départements est limité par les précédentes,
  • Philippe Richert, proche de Pernelle Richardot, n’est pas sans savoir que la gauche et une partie de LREM veulent priver le département des villes de Strasbourg et de l’Eurométropole, réduisant le Bas-Rhin à peu de chose.

Mais tout cela, Philippe Richert et les siens, le font à dessein : diviser pour mieux régner. La fin des partis arrange même, ils placeront leurs proches lors de prochaines investitures.

Le boss l’a dit. Il est macron-compatible. Maintenant, En Marche est-il richerto-compatible ?

D’ici là, l’absence de réactions des uns, la soumission des autres imposent aux Alsaciens d’oser se rebeller en cette période de vacuité politique. En ont-ils la force, le courage ou l’envie ?

Il est bien beau d’aller en vacances en Corse, en Bretagne … Encore faut-il ramener de là-bas des leçons pour l’Alsace.

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