Se nourrir, un élément essentiel au moteur qu’est la vie. Lorsque l’on nous présente le Smartphone, la tablette et autres artifices, la société nous crée des besoins vitaux illusoires sans lesquels la vie n’a pas de sens.

Mais la priorité, c’est de se nourrir. Ce besoin fondamental et légitime ne se comble pas avec des pics électroniques, car la vie c’est d’abord pouvoir payer les factures vitales qui nous engagent lorsque l’on veut un toit pour se loger. Ensuite, il y a tous les à-coté comme une assurance, l’électricité, le chauffage et l’eau.

C’est bien le minimum de la dignité humaine dans une société se disant civilisée où les fondamentaux sont des droits.

Et comment peut-on parler d’égalité lorsqu’il suffit de se promener dans les rues des villes françaises pour voir tous les cent pas un nécessiteux muni d’une pancarte faite de vulgaire carton réclamant une petite pièce aux passants. Mais la plupart ont honte de leur sit

Beggar people and human poverty. Male hands of homeless person with one euro charity in city street

uation et baissent les yeux pour ne pas croiser leur regard.

 

C’est ce qui a amené un homme d’église, le père Joseph Wresinski à fonder l’ATD Quart-Monde et à décréter une journée mondiale du refus de la misère qui est célébrée chaque année le 17 octobre depuis 1987 et reconnue par les Nations Unies depuis 1992.

Cette initiative permet de faire entendre symboliquement la voix des miséreux, victimes d’un système qui est bien souvent à l’origine de leur précarité et du mépris de ceux qui les traitent comme des parias eux-mêmes responsables de leur situation.

Cette journée a aussi pour objectif de mobiliser les citoyens et les responsables publics… Mais c’est du ressort des gouvernements successifs qui restent distants de ces laissés pour compte préférant favoriser les financiers et les lobbys des multinationales qui ont bien souvent l’impunité pour leurs mauvaises actions.

L’initiative d’associations, d’élus et de citoyens a pris le relais en s’investissant pour soutenir le projet d’entraide aux miséreux.

 

Toutefois, certaines personnes richissimes et célèbres ont parfois pris le parti des classes défavorisées de manière originale. L’exemple d’un des membres des Beatles peut faire sourire.

A la fin d’un de leur concert, John Lennon avait lancé au public « que ceux qui ont les places les moins chères peuvent applaudir quant à ceux qui ont les places les plus chères n’ont qu’à seulement remuer leurs bijoux ».

charity-businessDepuis, la précarité et la pauvreté sont utilisées comme un charity show pour donner une bonne conscience bien souvent avec beaucoup d’apparats, laissant évaporer le temps d’une soirée des émotions sans conviction et bien souvent sans actes concrets.

Le Charity business représente chaque année plus de 330 milliards d’euros rien qu’aux Etats-Unis, drainé par plusieurs milliers de fondations caritatives.

Bien souvent, chapeautée par des hommes comme Bill Gates, Mark Zuckerberg et Warren Buffet qui peuvent se permettre de léguer une bonne partie de leur fortune qui atteint des sommes équivalentes à 20 fois le budget annuel de l’OMS.

Cette pratique, n’est malheureusement pas toujours désintéressée, car elle permet à ses donateurs d’importants abattements fiscaux.

Cette pratique philanthropique à vue le jour au début du 20ème siècle avec des personnages comme Rockfeller. Les groupes financiers d’alors avaient une autre démarche de la philanthropie dont un impact sur la conscience pour racheter le salut de son âme.

Mais de nos jours, cette démarche n’est plus sans intérêt. Les dons sont considérés comme de véritables investissements devant générer rapidement des retours financiers conséquents. En prenant la forme de Charity Business, des multinationales organisent des Charity show en invitant le gratin people, mais ou aucun nécessiteux n’a droit à une place. Il faut dire que bien souvent ces misérables ne sont qu’un moyen pour organiser des vagues de mécénats scéniques dont le seul but est une stratégie d’optimisation fiscale pour leurs organisateurs, montrant ainsi aux médias que le fait de payer moins d’impôts les rendent plus généreux.

Mais dans le lot de ces philanthropes, un homme fait la différence par l’orientation donnée à ses actions. Il s’agit de Bill Gates.

Ne se contentant pas de donner 95% de sa fortune de son vivant ( les 5% restants le seront sur les 20 ans après la mort du couple Gates), cet homme s’investit anonymement dans son œuvre caritative en accordant une bonne partie de son temps sur le terrain en supervisant les priorités de son programme d’aide par des résultats concrets et rapides, non graduels dans le temps.

Ses engagements sont ciblés dans l’orientation des maladies endémiques et la malnutrition. D’ailleurs, il s’expliquait lors d’une interview : « Quand vous voulez améliorer la vie des gens, vous devez d’abord vous attaquer à des choses fondamentales et basiques comme la mortalité infantile ou la malnutrition.»

D’autres le suivent, mais bien souvent avec des intentions moins nobles mettant en avant par exemple les technologies comme remèdes à la pauvreté. Certains ont moins de largesse en affirmant que les modèles lucratifs sont plus rentables que les modèles philanthropiques. Jeff Besoz, patron d’Amazon expliqua que : « donner de l’argent demande autant d’attention que de construire une entreprise qui marche. »

L’humanitaire connaît aussi beaucoup de dérives. Les démarches à grands coups de marketing avec pour objectif de récolter un maximum de dons par une technique de culpabilité incitant le public à donner.

Des collectes thématiques sont l’approche les plus connues du grand public. Des représentants de ces associations vous aborde en pleine rue pour faire signer une pétition, une charte, la construction d’un hôpital ou d’une école pour finalement vous réclamer du flouz ( un bon billet de préférence) pour soutenir le projet en question. Mais en fait , vous enrichissez une multinationale de la charité.

Plus de la moitié des français donne régulièrement de l’argent à des associations caritatives dont la majorité ignore connaître la destination réelle de leur don.

Quelques 3 milliards d’euros atterrissent chaque année dans les caisses d’OGN françaises. Mais, ces sommes ne sont pas intégralement utilisées sur le terrain pour le besoin direct de la cause défendue comme elles vous l’affirment souvent. Car une campagne coûte de l’argent, donc besoin d’être financée qui est ponctué sur les campagnes de collectes. Ce qui n’affecte pas la conscience des membres d’ OGN de devoir informer les donateurs, mais plutôt diluer la réalité.

Mais une autre dérive du Charity business a vu le jour depuis quelques années…

Des destinations prisées comme le séisme de Haïti en 2010 en est le parfait exemple. D’autres lieux dévastés par les catastrophes naturelles où la misère des bidonvilles sont aussi à la carte des destinations touristiques très prisées qui permettent d’engranger une manne financière non négligeable pour certaines OGN.

Ainsi est né le Charity business. De cette manière, les organisations humanitaires peuvent superviser des programmes d’aide.

Pour en revenir à la catastrophe de Haïti, plus de 4 milliards d’euros ont été récoltés pour le programme d’entraide. Bien plus que les besoins réels indispensables aux victimes et à la réhabilitation de la zone ravagée. Pourtant, plus de 3 ans après des sommes considérables se sont évaporées. Au lieu de reconstruire des habitations en durs, le préfabriqué provisoire a pris une tournure de durable mettant ses occupants dans une situation de précarité sanitaire et sociale.

Comme le souligne Sophie Bonnet concernant le dossier Haïti : « C’est un pays englué dans un état d’urgence, sans vision de développement durable. »

Un paradoxe de l’humanisme-business.

Des émissions telles que le Téléthon sont devenues des devantures médiatiques biens huilées pour sensibiliser le téléspectateur et récolter des sommes considérables pour les associations caritatives qui mesurent l’importance de ce mode de marketing très lucratif.

D’ailleurs, des agences de marketing et de communication spécialisées dans le marché de l’humanisme ont vu le jour. Pour dire que le marché de la misère est rémunérateur surtout pour ceux qui en tiennent les ficelles et entretiennent cet humanisme de façade.

Broyer impunément un peu plus la conditions des opprimés et des nécessiteux avec des méthodes sournoises. La charité est devenue un produit de consommation de masse comme le soulignait Bernard Kouchner.

L’ancienne présidente D’action contre la faim dénonce les abus des OGN en les accusant d’être des « business soucieux des parts de marché. »

 

Un élan de solidarité a eu lieu dans les années 80 où des stars de la musique ont initié ou organisé des méga concerts comme le Live Aid de Bob Geldoff qui à l’instar de Woodstock a pu réunir un panel d’artistes pour marquer l’événement.

Mais, malgré ces bonnes intentions, il arrive souvent que ces initiatives se soldent par un échec de gestion financière et qu’au final, les sommes récoltées sont déposées dans un panier percé où des personnes mal intentionnées n’ont qu’a se servir au passage en tendant leurs deux mains sous le panier.

Aujourd’hui, bien loin de ses élans de solidarité, l’œuvre humanitaire est devenue une véritable industrie avec un développement croissant qui à encore de beaux jours devant elle.

Les moyens médiatiques mis en place pour toucher toutes les couches sociales en s’engouffrant dans notre quotidien en pointant d’un doigt accusateur sur notre petit confort, argumenté par des visions bien souvent schématiques trompeuses et réductrices. Tout cela pour soutirer de l’argent en culpabilisant la conscience de chacun.

Le Charity business est donc la conjugaison d’OGN avec des entreprises qui font office de mécènes déguisés. Leur but est de s’opposer aux organisations gouvernementales ou intergouvernementales comme l’ONU et l’OMS.

De nombreuses stars sont sollicitées pour parrainer par leur image et popularité pour médiatiser un événement humanitaire.

Le Charity business est devenu un marketing humanitaire dérivant de son but initial pour devenir un marché florissant en devenant un allié de choix pour le développement d’associations humanitaires.

Le Charity business est un artifice médiatique controversé plus qu’une valeur de solidarité.

The Charity show must go on, but aboule le flouz.

 

André TOSI

 

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