Rénovation des logements hlm Ophéa Eurometrole esplanade : bricolages et rafistolages a tous les étages

CUS HABITAT, rebaptisé dans l’urgence OPHEA, poursuit sa gestion calamiteuse des chantiers de rénovation. Il y a eu HAUTEPIERRE avec sa liste interminable de problèmes liés aux travaux de rénovations.

À la suite de cette expérience, il était permis de penser qu’au regard des nombreux dysfonctionnements constatés, les dirigeants allaient procéder à un réexamen de l’organisation des futures opérations.

Visiblement, aucun bilan n’a été tiré des précédents chantiers, au contraire, ils persistent et signent. L’innovation et l’imagination ne font pas partie de l’ADN d’OPHEA.

Seule l’accumulation d’argent dans les caisses, sur le dos des locataires, est la véritable préoccupation des dirigeants. Faut-il rappeler que les disponibilités de CUS HABITAT accumulées entre 2008 et 2017, sont passés de 12 à 100 millions d’€UROS.

A l’ESPLANADE la rénovation sur les 743 appartements tourne au cauchemar pour les locataires confrontés à des entreprises sans responsables de chantier et à une administration d’OPHEA totalement absente et cloitrée dans ses bureaux du 24 rue de l’Hôpital à Strasbourg.

Les locataires se débrouillent et règlent en direct l’organisation des travaux avec des ouvriers qui débarquent à l’improviste ou au mieux fixent des rendez-vous avec des horaires élastiques impossibles à honorer par les locataires.

Certains locataires salariés ont dû poser des jours de congés pour accueillir les entreprises intervenantes, or, une fois sur deux, le rendez-vous n’a pas été respecté et les résidents en question ont perdu plusieurs journées de congé à attendre les entreprises.

Ainsi va la vie quotidienne des locataires d’OPHEA bailleur social de l’EUROMÉTROPOLE de Strasbourg.

Sur la qualité des travaux :

Fenêtres et portes aux dimensions réduites

Le remplacement des portes et des fenêtres donne un parfait exemple des techniques mises en œuvre. Pour faire vite, il est procédé au démontage partiel de l’ancien cadre dormant de porte.  Les nouvelles portes et fenêtres sont volontairement sous-dimensionnées et l’espace entre l’ancien cadre et le nouveau cadre comblé avec du silicone.

Par ailleurs, les battants de fenêtres sont réalisés avec un seul point d’ancrage dans le bas, quand vous poussez sur le haut du battant vous pouvez introduire votre main, ou un pied-de-biche sans problème et forcer l’ouverture de l’extérieur.

Les paliers de portes laissent apparaitre un espace d’au moins 1 à 2 centimètres, espace qui sera comblé par un rafistolage du pas de port. Pour ne pas trébucher en pénétrant dans l’appartement il faudra faire attention bien lever le pied.

Un chauffe-eau en plein milieu

Les colonnes montantes ainsi que l’échangeur pour la production d’eau chaude sont installés en plein milieu du mur de la cuisine sans égard pour une éventuelle implantation de meubles.

Des colonnes de chutes très communicantes :

Entre les étages une découpe a été réalisée pour permettre le passage des descentes d’eaux usées, ces ouvertures ont été sommairement rebouchées avec de la laine de verre, ainsi aujourd’hui, les voisins peuvent parfaitement entendre les discutions intimes des habitants du dessus ou du dessous.

Des balcons nettement plus étroits

La pose de l’isolation extérieure entraine une réduction d’environ 20 cm de la largeur utile des balcons et cela malgré un déplacement du garde-corps. Quand on sait que depuis la loi Boutin la moitié de la surface de ces balcons est considérée comme surface utile et sert à calculer le montant du loyer, on espère que OPHEA reverra à la baisse les loyers après cette perte de surface utile.

Une locataire de bonne fois :

En toute confiance une locataire avait confié ses clefs aux ouvriers chargés des travaux, leur intervention a provoqué un dégât des eaux. Pour éponger le sol, ces derniers se sont servis des serviettes de bain et d’un drap de lit, ils lui ont laissé l’appartement dans un état lamentable.

En plus OPHEA lui demande d’adresser à son assurance une déclaration pour dégât des eaux.

D’autres locataires ont également été confrontés à l’inondation de leur appartement, et là aussi ils ont été « invités » à contacter leur assurance pour régler le sinistre causé par les travaux de rénovation.

Des toilettes indisponibles pendant 3 semaines :

Oui vous avez bien lu, un locataire aura été privé de son lieu d’aisance durant une période de 3 semaines en continu, heureusement qu’il avait des voisins compréhensifs. À propos des toilettes, il faut savoir que la pose de certaines cuvettes est tellement proche de la porte, que pour y accéder il faut se contorsionner, il vaut mieux être filiforme que légèrement en surpoids.

On vous le dit OPHEA est aux abonnés absents et suit à distance l’avancée du chantier en espérant qu’avec le temps les locataires finiront par se résigner et accepter leur sort.

Les principaux postes de travaux concernent :

  1. Isolation extérieure
  2. Installation d’une ventilation mécanique
  3. Remplacement des garde-corps balcon
  4. Remplacement des ouvrants
  5. Remplacement des sanitaires
  6. Remplacement des colonnes de chute
  7. Remplacement de l’alimentation en eau
  8. Remplacement des chauffe-eau Gaz, par alimentation chaufferie
  9. Mise aux normes des installations électriques
  10. Rénovation des parties communes.

Tout cela pour un montant moyen de 65 000€ par appartement nous dit-on, à regarder de près on peut s’interroger sur la justification de ce chiffre au vu de la qualité des ouvrants installés et des prestations fournies. On ne parlera pas de la qualité de l’organisation et du suivie des travaux, là, c’est la faillite totale.

On doit aussi s’interroger sur la rédaction du cahier des charges ayant servi à la détermination du type de matériel installé et des conditions d’interventions en site occupé. Car visiblement tout cela n’est pas très organisé, alors que, depuis 6 mois maintenant, la vie quotidienne des locataires est un véritable cauchemar qui va durer jusqu’au printemps.

Pour ce qui est du cahier de charge ayant servi à l’appel d’offres il est permis d’imaginer que c’est celui qui a obtenu le marché qui l’a dicté…

Les locataires pourront toujours saisir le juge, l’article 1724 du Code civil précise :

Si, durant le bail, la chose louée a besoin de réparations urgentes et qui ne puissent être différées jusqu’à sa fin, le preneur doit les souffrir, quelque incommodité qu’elles lui causent, et quoiqu’il soit privé, pendant qu’elles se font, d’une partie de la chose louée.

Mais, si ces réparations durent plus de vingt et un jours, le prix du bail sera diminué à proportion du temps et de la partie de la chose louée dont il aura été privé.

Si les réparations sont de telle nature qu’elles rendent inhabitable ce qui est nécessaire au logement du preneur et de sa famille, celui-ci pourra faire résilier le bail.

Marcel WOLFF

Laisser un commentaire