C’est le blog de la Robertsau qui ouvre ses colonnes à sa tribune :

« Pour ma part j’ai opéré la rupture il y a trois ans lorsque, excédé par la guerre des chefs  et le vide intellectuel à l’UMP, j’ai quitté ce parti fracturé en reprenant ma liberté d’homme indéfectiblement fidèle aux messages du Général De Gaulle. Dimanche je voterai pour une nouvelle majorité, je voterai pour le renouveau.

Pour autant je ne serai ni béat, ni aveugle. Je garderai toute ma liberté et je jugerai l’arbre Macron à ses fruits non sans lui avoir donné la chance de réussir avec une solide majorité ».

Un tandem En Marche

Donner une majorité à Macron est ici naturellement un faux prétexte car les sondages ont depuis longtemps donné le cap. Voilà l’ancien président de l’Eurométropole s’aligner sur la ligne d’Yves Bur et d’autres. Tout cela pour des querelles idéologiques ou des règlements de comptes.

En liberté, Robert Grossmann l’est, comme d’autres grands noms de la politique alsacienne. Mais, comme tout « retraité », il aime à être courtisé. Et comme certains ne le font plus, il va vers ceux qui le font encore exister.

Autour de Bruno Studer, on retrouve Axelle Benamram, l’ex-militante UMP, c’est donc ce tandem que soutient « Robert » pour exister encore un peu.

Là où l’homme est sincère, c’est au final dans sa rancœur contre les vieux partis. Il n’a jamais digéré 1993. Investi dans cette même circonscription, les centristes lui opposent André Klein Moser. Il ne sera jamais député à l’Assemblée Nationale. Certains affirment qu’il vivra mal l’élection d’Andrée Schneider en 1997.

Enrobant sa prose, il rejoint une cohorte d’élus qui se macronisent, rejoignent la tendance, sans avoir lu le programme de Macron.

Sans avoir lu le programme de Macron

La hausse de la CSG, ils s’en moquent. Ils cumulent tous plusieurs retraites tirées des 30 glorieuses ou de nombreux mandants. La critique des vieux « partis », ils en furent les fondateurs, les serviteurs, les bénéficiaires élus. Le renouveau, ils ne l’ont pas pratiqué lorsqu’ils avaient le manche.

Pour notre part, c’est vers plus d’Alsace, de pluralité que nous aurions souhaité que l’intellectuel nous guide : Collectivité territoriale unique, proportionnelle, justice sociale …

Nous laissons les électeurs choisir dans cette circonscription : La droite et le centre y présentent Georges Schuler et Sylvie Gil Barea, un duo éveillé qui tranche avec le passé, le PS, Serge Oehler et Nathalie Jampoc-Bertrand. En embuscade, le FN absent des affiches et le France Insoumise compteront leurs voix.

« J’étais resté fidèle au Fillon »

(photo @Claude Truong Ngoc)

« J’étais resté fidèle au Fillon que j’ai connu il y a longtemps » écrit l’ancien élu de La Robertsau. Un Filloniste soutenant Macron et Bruno Studer, voilà sans doute le renouveau promis.

Au final, l’ancien gaulliste passe de « Celui qui voulut être roi » à celui qui voulut faire les rois. A un moment où la population rejette les mentors, les donneurs de leçons.

Bref, la fin de la pluralité annoncée avec le « Tous avec Macron » sonnera autant la fin des vieux partis que le retour de la lutte des classes. Les luttes futures seront dans nos rues.

J’échangeais avec un jeune de la famille. Je lui parlais de Robert Grossmann.

« Ah celui qui jouent dans les scouts » ?

 

Alain Poireau

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