Et le voilà, fracassé sur une remorque au milieu de la forêt lointaine. Un fait d’hiver, en quelque sorte… Mais, ah, le voilà remplacé.

La coupe des grands sapins est une nécessité

Certains se sont offusqués de la coupe d’un tel sapin de 180 ans et naturellement du « gâchis ». On rappellera que la coupe de tels sapins a d’abord un mérite : permettre le renouvellement des forêts et donc la pousse de jeunes sapins. La coupe des grands sapins est donc une nécessité.

On peut rêver, assis confortablement dans son appartement de la Robertsau, à savourer du quinoa, de l’époque où les sapins naissaient et mourraient en forêt. Mais cela, c’était avant l’Homme.

La Région Grand Est compte ainsi 1,9 million d’hectares de forêts. Elle est la 2ème  région en terme de poids économique de la filière bois. Rien qu’en Alsace, la filière bois, c’est 18000 salariés, presque 3 fois le nombre de salariés de l’Eurométropole. Ça c’est beaucoup par contre.

Revenons-en à notre sapin vosgien.

Fragilisé, l’ancêtre aurait d’ailleurs sans doute fini balayé par une tempête, mort anonyme au fond des bois.

On notera que l’ONF exploite surtout des sapins de plus petite taille. Les troncs allant de 40 à 60 centimètres permettent ainsi une transformation industrielle des plus rentables.

Les géants de Noël sont donc des exceptions. Des prélèvements finalement tant symboliques que légitimes.

Exit le sapin numéro 1 : le voilà sans doute transformé en palette ou copeaux pour chaudière énergie. Une partie de ses branches serviront, elles, à rafistoler le numéro 2, arrivé au cœur de Strasbourg.

(Grand Ballon-Storkenkopf ©Serge Nueffer)

Ça sent le sapin ?

On imagine naturellement que le remplacement du sapin 2017 originel a couté beaucoup d’argent. L’accident était sans doute être couvert par une assurance.

Mais derrière cet accident, on s’interrogera sur la santé de ces grands anciens.

Grands en taille, en âge, ne sont-ils pas potentiellement fragiles ou tout au moins fragilisés encore plus du fait de leur chute, de leur transport ?

Du coup, un passage, ce matin, du côté de la Place Kléber nous a fait regarder le chantier autrement.

D’une certaine façon, le nouveau venu nous a semblé déplumé, fragile et finalement encore loin du sapin qui nous enchantera prochainement.

Même le sapin de Noël n’est donc plus 100 % original. Il récupère les restes d’un autre pour se refaire une parure.

Du coup, numéro 2 nous est apparu comme finalement maigre, malingre et sauf le respect dû à ce géant des bois, anémié et presque frêle.

Mesure de sécurité

A la façon de celles et ceux qui l’humanisent un peu trop, nous nous étions interrogés

A-t-il été ausculté, analysé ? Ne souffrait-il pas des faiblesses de son prédécesseur.

Les fêlés du Grand Est

« Avouez qu’apprendre qu’il faille le changer ferait désordre. On imagine qu’entre les services de la ville et l’ONF, on a pris les mesures de sécurité qui s’imposaient pour éviter cela. On imagine ? On espère surtout. Sinon, cela ressemblerait à de l’incompétence. Un 3ème sapin, cela ferait désordre ou malédiction grandestienne ! » écrivions dans un article retouché à l’instant.

Nous ne pensions pas avoir vu juste !

On savait qu’il y avait des fêlés dans le Grand Est, on ne savait pas que cela touchait les sapins !

Mais tout cela, nos élus s’en foutent. Ils hésitent encore à rejoindre « En Marche » ou à quitter le PS et se partagent déjà les têtes de liste des élections municipales, sénatoriales, européennes. Tout cela pendant que tombent les épines des sapins et les feuilles d’impôts.

Nous sommes bien en automne.

Barbara DesVilles

 

 

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