Rottner, le gland d’Est

Pour atteindre ses objectifs, l’ex-maire de Mulhouse, en compagnie de Philippe Richert, n’a pas hésité à “trahir” les Alsaciens en organisant un semblant de manifestation et une pétition contre le Grand Est tout en travaillant secrètement pour, aspirant à jouer les premiers rôles dans cette même méga structure.

Ces méthodes leur ont à valu tous les deux l’ire des Alsaciens. Philippe Richert n’a pas supporté d’être montré du doigt (ni sifflé pendant les meetings) quand il se promenait en Alsace : il a démissionné. Mais Jean Rottner est d’une autre trempe. Les Alsaciens l’embêtent clairement avec leurs histoires de département unique et de sortie du Grand Est… Une telle issue pour l’Alsace nuirait a sa carrière !

Dans les années 2000, l’ancien médecin se prosternait devant son grand ami Nicolas Sarkozy pour obtenir un poste de ministre, en vain, le président sortant ne sera pas réélu.

Hier, à Metz (car il n’a pas osé le faire à Strasbourg), Jean Rottner a avoué être sur la même ligne qu’Emmanuel Macron sur l’avenir de l’Alsace… Jamais les bottes du président de la République n’avaient été aussi brillantes !

Le président de la République est favorable à une “entité” Alsace, par fusion des deux départements, maintenue au sein de la région Grand Est. Ce qui équivaut juste à faire du Haut-Rhin et du Bas Rhin un seul département alsacien. Point de vue compétences de cette structure, rien ne changerait.

Bref, Jean Rottner semble vouloir une nouvelle fois faire la nique aux Alsaciens.

Des Alsaciens qui réagissent ?

Il y a bien une pétition « des cents » au fond d’un tiroir, une association de retraités qui organise des colloques à tout va où participent toujours les mêmes personnes, un parti régionaliste qui a rempli son compte en banque lors des élections législatives de 2017 et qui depuis se contente de faire quelques communiqués de presse… Etc.

Certes, Les Alsaciens ne sont pas des bonnets rouges, ils se désolent du spectacle qu’offrent certains élus, mais manifester dans les rue n’est pas dans leurs gènes. Reste l’espoir des quatre mousquetaires Brigitte Klinkert, Frédéric Bierry, Eric Straumann et Laurent Furst.

Le plan « Expression Citoyenne pour l’Alsace », lancé par les présidents départementaux doit démontrer que les 83 % des Alsacien qui veulent plus d’Alsace sont là pour soutenir leurs actions. Mais il en faut plus, Madame et monsieur les présidents de département et messieurs les députés, nous voulons du concret, du lourd !

Etre Alsacien, Badois, Breton ou Basque, c’est comprendre et respecter son histoire pour mieux comprendre et respecter celle des autres.

 

La lente agonie du centre anti-cancer Paul Strauss : Les malades du cancer sacrifiés pour des raisons financières ?

Paul Strauss, journaliste et homme politique français (1852-1942), fut entre autres cofondateur de la « Ligue contre la mortalité infantile », membre libre de l’Académie de médecine et ministre de l’Hygiène, de l’Assistance et de la Prévoyance sociales dans le gouvernement Raymond Poincaré. Son nom a été donné au centre régional de lutte contre le cancer d’Alsace situé à Strasbourg : le fameux Centre Paul-Strauss, une institution dans la région depuis près d’un siècle.
La qualité des soins du centre Strauss est unanimement reconnue. Combien d’Alsaciens ont connu une personne y ayant été hospitalisée, combien de personnes ont loué le dévouement du personnel ? Le centre Strauss est un établissement de santé privé d’intérêt collectif (ESPIC). L’enquête e-Satis 2017 (satisfaction des patients) le place à la première place des établissements de santé de la région Grand Est.

Le bâtiment de la Porte de l’Hôpital à Strasbourg va définitivement fermer ses portes

Depuis de nombreuses années, les instances de santé et le gouvernement cherchaient à rapprocher le centre anti-cancer Paul Strauss et le service d’oncologie des Hôpitaux Universitaire de Strasbourg (HUS) afin d’éviter les doublons et faire des économies.

Le fonctionnement des deux structures est différent : les hôpitaux universitaires de Strasbourg perdent de l’argent, selon un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) daté de 2014, la structure serait trop endettée, la « capacité d’extinction » de cette dette étant évaluée à presque 12 ans ; les finances de Paul-Strauss sont quasiment à l’équilibre, mais le modèle public sera choisi pour assembler les deux structures en une seule qui sera nommée Institut régional du cancer (IRC). Cette nouvelle structure a l’avantage de permettre une économie d’échelle : un seul bâtiment, une seule administration, une cuisine commune…

À ce sujet, les résultats d’une enquête de satisfaction sur la qualité des repas entre le Centre Paul-Strauss et les HUS sont édifiants. Le plus surprenant reste le nombre de lits qu’aura l’Institut régional du cancer. La logique aurait été d’additionner le nombre de lits du centre Paul Strauss et du service d’oncologie. Chaque structure comporte environ 120 lits pour la chimio, soit 240 lits au total. Eh bien, le nouveau bâtiment à Hautepierre recevra… 144 lits !
Dans quelques mois, à Strasbourg, il y aura près de 120 lits de moins consacrés à la chimio. La plupart des salariés de Strauss seront recasés dans divers services des HUS.

Le Centre anti-cancer Paul Strauss est en soin palliatif, dans l’indifférence générale !

La catastrophe découlerait d’une décision de l’ARS et des différents ministres de la Santé prise sur un dossier présenté par de lointains énarques parisiens. Et Madame Fontanel a fait carrière à l’ARS Alsace à partir de 2009 avant de rejoindre la présidence de la République en tant que Conseillère aux solidarités. C’est enfin l’ARS et le gouvernement qui ont décidé de nommer le Professeur Xavier (et accepté ses prétentions salariales !) pour diriger les derniers jours du centre Strauss.
Études faites à Nice, ancien chef du Pôle Cancérologie au CHU de Besançon, le Professeur Xavier Pivot n’a forcément pas la même vision de l’établissement que celle que peuvent en avoir les familles alsaciennes. Il est là pour une mission bien précise et une fois elle-ci  appliquée, Xavier Pivot continuera sa carrière ailleurs. Le site de l’établissement précise :
Le professeur Xavier Pivot est nommé directeur général du Centre Paul Strauss à compter du 20 novembre 2017, par arrêté de Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé, Madame Agnès Buzyn, pour une durée de cinq ans. À ce titre, il est également nommé administrateur du Groupement de Coopération Sanitaire (GCS) Institut régional du cancer, alliance du Centre Paul-Strauss et des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg.”
Nous avons cherché à la joindre mais son secrétariat nous a indiqué qu’il refusait de répondre à nos questions et qu’un communiqué de presse serait envoyé aux médias prochainement… Le genre de document que nous n’exploitons pas.
Le prédécesseur de Pivot aurait sans doute été contre ce déménagement, raison pour laquelle il aurait « démissionné ». À son arrivée, le nouveau directeur a dû annoncer la couleur, façon cowboy, genre « Salut les ploucs ! La ministre m’a cherché, je vais vous montrer ! ». Un comportement qui n’a pas dû plaire à tout le monde et qui fait que, par vengeance peut-être, certaines personnes auraient fait fuiter la fiche de paye du patron au Canard Enchaîné.

Les investissements

La décision définitive de rapprochement Strauss/HUS a été prise par l’ARS Alsace en 2012 afin de profiter d’une aubaine financière accordée par le gouvernement. Le coût du nouveau bâtiment et de ses installations avoisine les 90 millions d’euros, le terrain appartenant au domaine public. Il sera financé à parts égales par les deux structures, déduction faite du prix du terrain pour les HUS.
Mais… Pour des raisons de dépassement de budget, le nouveau bâtiment est déjà amputé d’un étage et des locaux seront loués aux HUS. Le centre Strauss, de ce fait réduit à un rôle d’argentier, finance sa part par un prêt garanti par l’Eurométropole et la Région. En cas de souci financier, c’est le public qui récupérera le tout. Le centre est propriétaire du bâtiment du centre-ville, mais le terrain appartient à l’Éducation Nationale (bail emphytéotique). Pas facile à vendre, même si de nombreux  promoteurs rôdent déjà dans le secteur !
Il faut rappeler qu’en 2010 un projet de restructuration et de modernisation de centre Paul Strauss était prévu avec un budget de quelques 30 millions d’euros – soit un tiers de la somme dépensée actuellement – où tout était prévu.

Quid des médecins et des patients ?

Dès l’annonce du regroupement avec les HUS, de nombreux médecins de centre Strauss ont préféré rejoindre le groupe Saint-Vincent qui se spécialise de plus en plus dans l’oncologie, comme l’atteste le nouveau service de chirurgie au sein de l’hôpital Sainte-Anne de la Robertsau. D’autres suivront à Hautepierre.
Le patient sera « robotisé », fini les soins à la carte ! Un membre de l’équipe médicale qui souhaite rester anonyme nous explique en exemple :
Au centre Strauss, les doses de chimio sont adaptées à chaque patient, selon sa morphologie et sa maladie. À l’IRC, ce sera une dose commune pour tout le monde, plus facile à traiter et surtout économique. Ce sera sans nul doute la fin d’un modèle où le patient était au centre des préoccupations d’un établissement.”

La pharmacie…

L’actuelle pharmacie du centre Strauss devait disparaître au profit de celle de Hautepierre. Mais les textes n’autorisent pas ce genre de rapprochement car cette situation permet au moins de connaître la consommation de « chimio » de chaque établissement. Il faut savoir que plusieurs services à Hautepierre pratiquent également la chimiothérapie. Si une “fusion” des deux pharmacies devait avoir lieu, il y aurait une belle usine à gaz en perspective…

Des économies sur tout, sauf sur le prix des médicaments imposé par les laboratoires

Les laboratoires pharmaceutiques n’aiment pas que l’on parle des prix et des bénéfices engendrés sur leurs produits. Nous avions à ce titre dénoncé les méthodes des laboratoires Lilly, lors de la course « La Strasbourgeoise » au profit de l’Institut Régional du Cancer (voir https://www.hebdi.com/la-strasbourgeoise-le-scandale/ et https://www.hebdi.com/strasbourgeoise-2017-perte-de-vitesse/).

Il n’est un secret pour personne que les lobbies des laboratoires sont puissants et que les prix des médicaments sont imposés. C’est donc sur les autres services que les hôpitaux publics font des économies : l’accueil, le personnel, le bien-être, les cuisines, etc.

L’ombre du conflit d’intérêts

Les laboratoires pharmaceutiques insistent fortement auprès des responsables du centre – et directement auprès des médecins – pour que soient appliqués leurs “programmes de recherche clinique” : certains patients servent alors de cobayes sur lesquels de nouvelles méthodes ou de nouvelles molécules sont testées. Le centre ainsi que les médecins sont rémunérés pour cela, de la même façon que certains pontes du centre Strauss qui publient régulièrement des études dans de sérieuses revues scientifiques. N’y a-t-il pas là comme l’ombre d’un doute qui planerait sur la probité de l’établissement de santé ?

Tout pour le soin à domicile

La volonté de l’ARS et du gouvernement est de soigner les cancers en hospitalisant au minimum les patients et dispenser un maximum de soins en médecine ambulatoire. La nouvelle donne en matière de cancer va obliger les familles des malades à trouver des solutions alternatives à l’hospitalisation, par des structures de type “senior” ou des aménagements à domicile.
À quelques semaines du déménagement, personne ne sait qui fera quoi dans les nouveaux locaux… Affaire à suivre.

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Des enquêtes de terrain, des révélations, un regard sans concession sur le Landerneau politique local, tout ça avec un soupçon de malice et quelques digressions de franche bonne humeur.

Mais, malmené par notre banque et mis au pilori par les adeptes de la langue de bois que notre franc parler dérange, notre journal connaît aujourd’hui des difficultés économiques.

Des lecteurs, des artistes, des maires, des députés nous ont d’ores et déjà apporté leur soutien et le mouvement s’amplifie.

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Les premiers signataires :

Comte Christian d’Andlau-Hombourg – Président de la section alsacienne du think tank Paneuropa
Jean-Claude Bader, Artiste, chanteur, conseiller régional
Jean Baeumlin, Artiste / Lovely Elsa
Christelle Baldeck, Sierentz, écrivain, fondatrice du mouvement les Alsaciennes unies
Régis Baschung, Mulhouse, Resp.adj.Unser Land Région de Mulhouse
Jean Batiste
Thierry Betz,
Valérie Boll, Logelbach, Anthropologue
bertrand Bomo, Souffelweyersheim, retraité
Olivier BOULE, Délégué Anticor 68 – Conseiller Prud’hommes
Stéphane Bourhis, Fondateur de Touche Pas à l’Alsace – Conseiller Municipal de Hoenheim
Stefano Cutri, Hatmannswiller
Édouard Dabrowski – Artiste
Jean-Michel Daussin, Montreal, chef d,entreprise
jean michel Daussin, Westhouse, Chef d’entreprise
Troy Davis, secrétaire général pour la démocratie européenne ASBL
Damien De Surmont, Metzeral
Monique Demand, Illkirch-Graffenstaden
David Duss, Responsable Thur Doller Unser Land
Antoine Duvernoy, Molsheim, râleur
Jean Marie Ehret, maire de Dolleren
Yoran Embanner, Éditeur Breton d’Alsatiques
Nathalie Ernst, Conseillère départementale du Bas-Rhin
Carole Finck, Ostwald, documentaliste
Claude Finck,
Bernard Fischer, Vice président du Conseil Départemental 67, maire d’Obernai
Isabelle Formhals, Présidente de Fondation d’Entreprise
Frédéric Fritsch, Chef d’entreprise – LDE
Laurent Furst, Député du Bas-Rhin
Yvonne Galiay, Colmar
Bernard gangloff, Sarrebourg
Christian Geiger, Mulhouse, Artiste
Xavier Gendreau, Saverne
Ginser Jean-Luc, économiste,
Michel Giovinazzo, Kingersheim, Retraité
Godin, Saint-Matre, vigneron, Archamps
Eric Gutzwiller, Werentzhouse, Maire de Werentzhouse
Michèle Hausswurth, Lembach, gérante du salon de coiffure Mimiss
Alain Hebting, Schwabwiller
Jeanine Henner, Richwiller, retraitée
Francois Hoehn, Mundolsheim
Fernand Hoffstetter,  Ranspach-le-Bas, Retraité
Anita Hufton Strasbourg, Retraitée
Huntzinger André, Rosheim, retraité
Pascale Jurdant-Pfeiffer, Vice-présidente du Conseil Départemental.
Kastner Emmanuel, Alsacien de l’intérieur
Françoise, Benfeld
Thérèse Keiflin-Koerber , Andlau,
Albert Kissel, Jetterswiller
Nicole Klein, Directrice de la Villa Lalique
Grégory Klein
Hubert Klein, Schiltigheim
Brigitte Klinkert, Présidente du Conseil départemental du Haut- Rhin
Michel Knoell, Cofondateur de Crésus en 1992
Alain Koegler, Préfet honoraire
Richard Koester, Soutier, retraité
Thierry Roland Kranzer, président du FILAL (Fonds international pour la langue Alsacienne)
Kuhlmann Willi, citoyen et alsacien, Hunawihr
Chantal Ladenburger, Déléguée Anticor 67
André Lechner
Marcel Louvet, Retraité
Sébastien Mas, Strasbourg
Jean-Philippe Maurer, Vice-Président du Conseil Départemental 67
Bernard Moritz, Vendome, Informaticien retraité
Andrée Munchenbach, Ancienne Conseillère départementale, conseillère municipale de Schiltigheim
Morgane Perseghin,
Jeanine Plaisant, Mutzig
Cédric Populus, Mittelhausbergen
Sylvie Richard
Patrick Risser, Bollwiller, Retraité
Karol Ritt, Hochfelden
Ghislaine  Rouge Dit Gaillard,  Ungersheim, Conseillère municipale
Brigitte Schneider, Illkirch, retraitée
Viviane Schaller, Pharmacienne Biologiste
Schall Jeannine, Haguenau, Retraitée
Patricia Schillinger, Sénatrice du Haut-Rhin
Pierre Schmitt, Chef d’entreprise Velcorex
Robert Schmidlin, Mulhouse, retraité de la machine-outil
Michel Schneider, Souffelweyersheim
Thierry Schoenenwald Elert, Artiste Photographe
Jérôme Schreiber, Adjoint au Maire, Commune de Hundsbach
Francine Schreiber, Wittelsheim
Jo Schuler, maire de Reichstett
Remy Seiwert, Volmunster
Antoine Sette, Conseiller municipal d’opposition à Soultz Haut-Rhin
Gérard Simler, Marckolsheim, Médecin généraliste – conseiller général de mars 3001 à mars 2015  candidat Unser Land au 2ème tour des législatives de juin 2017 dans la 5ème circo. du Bas-Rhin (45.85% des voix)
Thierry Speitel-Gotz, Ancien maire de Sigolsheim
Graziella Stéfana, Référente Anticor 68 et membre nationale du conseil d’administration Anticor.
Bernard Stoessel,conseiller d’agglomération de Mulhouse Alsace Agglomération, conseiller municipal de Mulhouse, ancien premier vice président du Conseil Régional d’Alsace
Jean-Marie Stoerkel, Écrivain, Jounaliste,
Emmanuelle Suarez – Conseillère municipale Mulhouse et conseillère d’agglomération M2A / suppléante député Bruno Fuchs
Mathieu Taesch, Hoerdt
Edith Talarczyk , Terville, Membre du bureau national et référente Moselle Anticor
Nicole Thomas, Conseillère départementale 67
Éric Vial – Animateur télé, secrétaire national de FO médias
Fränzi Waag, Cazouls Les Béziers, historien
Roger Waldeck, Locmaria Plouzane, Maitre de conférence
Jean-jacques Weber, Député honoraire, président honoraire du Conseil Général 68.
Raymond Weigel, Photographe
Antoine Wetzel, Rixheim
Bernard Wittmann, Historien
Wittmann Mai Trang
Marcel Wolff, Strasbourg
Christine Zerr, Strasbourg
Frantisek Zvardon, Artiste

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À lire : Média : comment l’état s’achète une paix médiatique ?

 

 

 

Mercredi : Emmanuel Macron est pour le Grand Est !

Alsace : pas de séparation au sein du Grand Est pour Macron

Voilà d’entrée de jeu ce que nous apprennent les DNA en citant le Chef de l’Etat :

Il est évident que, pour ce qui est de la région Grand Est et du sujet alsacien, ce n’est pas simplement dans ce cadre-là que la question se pose, elle est plus large, plus politique. Qu’il y ait une réflexion pour qu’existe une identité alsacienne qui s’inscrive dans la région Grand Est, oui. Qu’il y ait une séparation au sein de la région Grand Est, non.

On peut tout à fait imaginer que les deux départements concernés fusionnent pour créer un grand département d’Alsace au sein de la région Grand Est, et que ce département, ensuite, puisse passer des conventions pour obtenir au sein de cette région des compétences dont il apparaît à la région et aux départements que ce serait plus pertinent.

C’est ce chemin, me semble-t-il, qu’il faut prendre, et non celui d’une désagrégation régionale qui n’irait pas, à mes yeux, dans la bonne direction.”

Que nos politiques fusionnent déjà les départements, obtiennent des compétences sérieuses, le « temps » utilisé par le Chef de l’Etat laisse à penser que rien ne sera impossible.

A condition que les Alsaciens se manifestent et en parle à leurs élus LREM.

La vice-présidence, ce sera sans Danielle

Les propos de Danielle Dambach dans la presse sont finalement assez révélateurs :

Danielle Dambach, la future maire de Schiltigheim, a rencontré le président de l’Eurométropole Robert Herrmann. Elle lui a fait une annonce surprenante : elle ne demande pas de vice-présidence au sein de la majorité. Et ne convoite donc pas le poste laissé vacant par le maire sortant Jean-Marie Kutner.« Nous ne voulons pas de vice-présidence pour Schiltigheim mais les coudées franches et beaucoup de facilités sur les dossiers », expliquent Danielle Dambach et Patrick Maciejewski.« Il aurait fallu qu’Alain Jund démissionne ou que l’un d’entre nous entre dans la coalition d’Yves Bur ».”

L’élue n’a rien demandé parce que sans doute on ne lui a rien proposé. Sans doute aussi parce qu’elle ne voulait pas faire perdre une Vice-Présidence à son camarade EELV, Alain Jund.

On fait le pari que les élus de sa liste à l’Eurométropole vont vite retrouver leurs partis d’origine. La liste, certes citoyenne, était bien une liste de gauche plurielle composé d’encartés et d’ancien encartés.

Les premières manœuvres seront donc politiciennes.

Ball, encore

Apprenant que des matchs de Hand, Foot et Basket Ball se déroulent ce week-end à Schiltigheim, Jean-Marie Kutner entend dénoncer sur Facebook, la mainmise de son ex-adjoint sur le sport. (Ndlr : on déconne.)

Disparition

« Eric Bellargent a fait une chute mortelle hier matin en changeant une ampoule dans le musée qu’il dirigeait. Il portait le plus petit musée de Mulhouse à bout de bras depuis 2003 » nous apprend L’Alsace.

Un directeur qui change lui-même une ampoule ! Cela se passe en Alsace ! C’est surtout tout l’esprit d’un homme humble qui se battait au quotidien pour « son » musée et son attractivité.

Le destin est parfois cruel.

 

 

Virginie Calmels : Des racines et des ailes pour la droite ?

Parce qu’elle le vaut bien…

Après avoir été directrice financière de l’international et du développement du groupe Canal+, puis directrice financière de Canal+SA, Virginie Calmels est nommée directrice générale adjointe puis co-directrice générale déléguée de la chaîne en 2002. Avant de rejoindre en 2003 le groupe de production télévisuelle Endemol France en tant que directrice générale, elle ne manquera pas de mener deux plans sociaux, au nom de « l’efficacité et la compétitivité de l’entreprise ». Devenue présidente du groupe en 2007, l’entreprise affiche dès 2012 un taux de rentabilité record (le plus élevé des 31 pays que compte le groupe Endemol), un résultat qui la propulse à la tête d’Endemol Monde (sans pour autant lui faire perdre ses fonctions de présidente d’Endemol France).

Cumularde, elle est à la fois administratrice de la société Iliad (Free) depuis 2009, administratrice d’Assystem et censeur de Technicolor depuis 2016, après en avoir été administratrice de 2014 à 2016. Finalement, en janvier 2013, elle annonce sa décision de démissionner de ses fonctions de D.G. d’Endemol Monde et de présidente d’Endemol France pour créer sa propre entreprise, Shower Company.

Logiquement faite Chevalier de l’ordre national du Mérite en 2008, elle est alors l’une des plus jeunes femmes décorées de cette médaille. Elle est également lauréate du Prix de la Femme d’Influence en 2014 (catégorie Politique Espoir), logique là encore.

Au travers de son parcours, c’est un peu l’entreprise et les valeurs qu’elle porte qui sont saluées.

Et que la République aime ça !

Virginie Calmels est actuellement première adjointe au maire de Bordeaux, Alain Juppé, vice-présidente de Bordeaux Métropole et présidente du groupe d’opposition à la région Nouvelle-Aquitaine. Elle est également présidente de l’Établissement public d’aménagement (EPA) Bordeaux-Euratlantique. Elle est première vice-présidente et vice-présidente déléguée des LR (depuis décembre 2017).

Elle est investie par Les Républicains pour les élections législatives de 2017 en Gironde mais a finalement fait savoir qu’elle ne serait pas candidate afin de se consacrer à la mairie de Bordeaux. En décembre 2016, elle créé son mouvement politique, DroiteLib, « un mouvement pro-Fillon et anti-Macron », qu’elle lance officiellement le 25 janvier 2017, en présence de François Fillon et Alain Juppé.

Plus tard, dans le cadre de l’affaire Fillon, elle appelle le candidat LR François Fillon à se retirer au profit d’Alain Juppé, sans toutefois démissionner de la campagne. Elle appelle à une rencontre entre Sarkozy, Juppé et Fillon afin de sortir de la crise, estimant que François Fillon (après le départ de Bruno Le Maire, de l’UDI et des juppéistes) n’est plus en mesure de rassembler son camp. Après le refus par Alain Juppé d’être le plan B et avec le retour de l’UDI dans la campagne, elle demeure finalement aux côtés de François Fillon. Quelques semaines plus tard, elle participera ainsi à un meeting du candidat à Biarritz… Bon, pour le flair, on peut faire mieux !

Coup de théâtre en septembre 2017 : elle annonce finalement son ralliement à Laurent Wauquiez pour l’élection à la présidence du parti et forme avec lui un ticket pour la présidence des LR. Cette décision est une surprise, dans la mesure où elle incarne un courant libéral plus modéré. Elle assume ces différences de sensibilité et se justifie :

« Nous sommes complémentaires (…) Je le rejoins en restant ce que je suis. Je suis juppéiste. Je suis libérale. Et je l’assume. Mon tempérament et mon parcours prouvent que je ne suis pas dénaturable. Nos sensibilités diffèrent mais notre socle économique, régalien et éducatif est semblable. Avec lui, nous allons rassembler autour des axes forts : l’humanité, la liberté et la sécurité. »

Il faut bien se retrouver sur quelque chose…

Après l’élection d’Emmanuel Macron, elle affirmera son positionnement à droite, arguant que, non, ceux qui ont rejoint En marche n’ont pas apporté avec eux des projets de la droite ! Par exemple :

« La hausse de la CSG n’était pas dans le programme d’Alain Juppé. La retraite à 65 ans, la fin des 35 heures, la suppression de l’ISF, la baisse de 100 milliards de la dépense publique et de 40 milliards des charges sociales, les quotas d’immigration, le rétablissement des peines plancher, la hausse des moyens pour l’armée, la police et la justice, etc. Tout cela était dans le programme d’Alain Juppé mais n’est pas dans celui d’Emmanuel Macron. »

Son “programme” à elle (ouh le gros mot !) consiste en la réduction massive des dépenses publiques et du nombre de fonctionnaires en réinstaurant du management dans la fonction publique : « Je fais plus confiance à des millions d’individus libres et responsables qu’à une poignée de dirigeants publics ». Elle s’assume ainsi comme une libérale mais pour qui il faut « combattre les rentes et le capitalisme de connivence tout comme l’évasion fiscale, tant d’actions publiques qui faussent le marché et nuisent à une juste concurrence » et pour qui le rôle de l’État « consiste à faire reculer la place de l’Etat pour qu’il se recentre sur la protection des libertés individuelles, la protection de la propriété, le droit à la sécurité » (in L’Opinion,‎ 22 mai 2017).

Ce qu’elle a à dire ici et maintenant

La n°2 du parti Les Républicains était donc présente jeudi dernier à Strasbourg. Une présence dans l’Eurométropole que l’on qualifiera de “symbolique” (d’abord parce que Madame Calmels n’a pas répondu lorsqu’on lui a demandé les raisons de sa visite) parce que sans doute due à l’attachement naturel de sa famille politique pour l’Union Européenne. Les Républicains est, elle le répète, un parti pro-européen. A un détail près, c’est qu’il ne partage pas l’idéal macronien d’une Europe fédérale mais celui d’un « pouvoir européen régalien ». C’est d’ailleurs bien dans ce sens que Virginie Calmels propose un « Buy European Act » qui réserverait certaines commandes publiques à des entreprises européennes, sur le modèle du « Buy American Act » aux Etats-Unis.

Elle évoque aussi des listes républicaines strasbourgeoises très dynamiques et parle d’un mouvement local intéressant qui expliquerait sa présence dans la capitale alsacienne. Elle est d’ailleurs entourée de jeunes LR alsaciens.

La majeure partie de l’entretien est l’occasion pour Virginie Calmels d’expliquer les différences qui l’opposent à Emmanuel Macron, elle qui avait été invitée à rejoindre les listes d’LREM au moment des élections présidentielles :

Elle se justifie aussi d’avoir rejoint Wauquiez… Elle s’est toujours elle-même considérée comme un pur produit de la méritocratie mais, comme “elle ne savait pas quoi faire” elle a suivi une école de commerce, ce qui explique son appétence pour les questions économiques et son idéologie libérale. Tout cela l’avait naturellement conduit à rejoindre Juppé. Mais par désir d’unification, Virginie Calmels a rejoint Laurent Wauquiez au moment de sa nomination. Elle se défend d’avoir « trahi son clan» comme certains l’ont affirmé. Selon elle, sa famille politique doit rester unie tout en prenant en compte des différentes sensibilités qui la composent.

Un véritable challenge qui, s’il réussit, pourrait donner un coup de fouet voire des ailes à une droite à la recherche d’elle-même.

 

Schilick : une maire écologiste dans la troisième ville du Bas-Rhin ?

Les leçons du premier tour

Marc Baader

Les Insoumis étaient arrivés en tête lors des élections législatives avec 14.82 % mais n’ont pas réussi à maintenir ce score : le parti d’extrême-gauche, emmené par Marc Baader, fait moitié moins avec 7,56 %. L’effet Mélenchon ? Il est vrai que le “patron” et ses disciples à l’Assemblée nationale semblent loin de proposer une ligne claire, ce qui peut dérouter l’électeur… Néanmoins, Marc Baader gagne deux points par rapport à 2014 (5.41 %).

Nathalie Jampoc-Bertrand

À 15,09 %, elle a sans doute été entrainée dans la chute du PS. En 2014, son camarade de parti, Raphaël Nisand, faisait 25.82 %  au premier tour… De plus, sa proximité avec un PS strasbourgeois de plus en plus en délicatesse avec les électeurs de l’Eurométropole n’a pas arrangé les choses.

JMK

Dès les premiers jours qui suivirent son élection en 2014, les Schilickois réalisèrent que le Kutner d’avant les élections n’avait rien avoir avec celui qu’ils avaient élu. Sa bonhommie a disparu pour laisser place à un homme soupe-au-lait, imprévisible et au goût prononcé pour le béton… Avec moins de 20 % des voix, il a finalement pris la décision de se retirer de la vie politique schilickoise.  Les seuls gagnants de son mandat auront été les avocats de la commune chargés de gérer les litiges entre le maire et certains de ses administrés. Étrangement, c’est dans les quartiers les plus populaires qu’il fait ses meilleurs scores, comme en 2014…

Danielle Dambach

Avec 20,41% contre 16.83  en 2014, l’écologiste a fait le boulot, sans faire de vague. Son ralliement avec le PS ne lui avait pas porté chance en 2014. Elle s’est désolidarisée de Raphaël Nisand le lendemain des élections.
(photo en une @ http://www.vivre-schilick.fr/)

Christian Ball

Arrivé largement en tête avec 35,80 %, contre 20.18 %  au premier tour de 2014, le Républicain semble avoir fait le bon choix en n’acceptant plus de suivre Jean-Marie Kutner (événement à l’origine même de ces élections). Une prise de risque qui se sera avérée payante.

Dimanche soir, le gagnant sera…

Suivons une logique mathématique : si l’écologiste Danielle Dambach rassemble toutes les voix de gauche au soir du deuxième tour, elle obtiendrait 1293+956(PS)+479(FI) soit 2728 voix au total, tandis que Christian Ball devrait récupérer les voix du centre-droit de Monsieur Kutner, soit 2268+1253 = 3521 voix. De quoi gagner haut la main !
(Retrouvez l’intégralité du communiqué émanant de la préfecture : communiqué premier tour schilick avril 2018)
Mais la logique mathématique ne correspond pas toujours à celle des urnes. Dimanche, le taux de participation pourra encore changer la donne ainsi que la dernière décision surprenante de Jean-Marie Kutner qui a appelé ses électeurs à voter pour… Danielle Dambach !
Ce fait nouveau nous oblige à revoir nos calculs : en supposant que les voix du maire sortant soient partagées, la ville serait pour la première fois dirigée par une écologiste et, pour la première fois aussi, par une femme. Une nouvelle page s’écrirait alors pour Schilick. Un gage de sérénité pour les deux ans à venir ? Réponse dimanche soir !

Jean-Marie Kutner : Entre la peste et le choléra…

La peste et le choléra, une expression de Jean-Marie

« La peste et le choléra ». L’expression n’est pas nouvelle. Elle servit à Jean-Marie Le Pen pour refuser de trancher entre droite et gauche et à une partie de l’extrême gauche pour ne pas choisir entre Chirac et Le Pen en son temps.

Mais Jean-Marie Kutner ne s’arrête pas là ! Le voilà de « découvrir » que Christian Ball incarnerait la « droite dure ».

Lorsqu’il le choisit comme premier adjoint cela ne le dérangea pas. Tout comme lorsqu’il fit appeler Jean-François Copé par un ancien député pour convaincre le même Ball de faire alliance avec lui.

La droite est dure lorsqu’elle ne sert pas les intérêts de Jean-Marie Kutner

On n’osera imaginer des troubles de la mémoire, mais il convient de rappeler que la haine soudaine du futur ex-maire de Schiltigheim est… troublante.

Le 19 février 2008, c’est bien Jean-Marie Kutner que venait soutenir François Fillon :

François Fillon est venu conforter Jean-Marie Kutner, ancien adjoint de Muller, qui part avec l’étiquette Gauche moderne, celle des alliés d'”ouverture” de l’UMP, dans la foulée du ministre Jean-Marie Bockel, maire (ex-PS) de Mulhouse.

Soutien plus que bienvenu : Schiltigheim sera un test pour cette “gauche sarkozyste”. Jean-Marie Kutner n’aura pas la tâche aisée. Il doit faire son chemin entre la liste d’un autre ancien adjoint, Raphaël Nisand (PS), celle qu’alignent quand même des militants UMP en délicatesse avec leur parti, mais soutenus ouvertement par une bonne partie de la droite alsacienne, et la liste écologiste de la conseillère générale Andrée Munchenbach, qui avait cristallisé l’opposition à Alfred Muller il y a sept ans…”

La gauche Sarkozyste

Ne courait-il pas un temps après les soutiens sarkozystes ? N’a-t-il pas déjà déjeuné avec le Président lui-même, en 2007 ?  « Hier midi, Jean-Marie Kutner (adjoint à Schiltigheim) était convié à déjeuner par Nicolas Sarkozy à l’Elysée, avec d’autres têtes de liste soutenues par l’UMP dans le cadre de la politique d’ouverture chère au président » écrivaient les DNA, le 22 novembre 2007.

Adoubé par Nicolas

« Jean-Marie Kutner, adoubé par Nicolas Sarkozy et investi par l’UMP nationale, a remis la photo du président sur son site internet aussitôt après la parution du chuchotement (DNA du 18 février) qui signalait sa disparition » annonça encore le quotidien au mois de février 2008.

Il continuera encore.

En mai 2012, le même Jean-Marie Kutner cosigne un vibrant appel à voter pour Nicolas Sarkozy :

Les bouleversements géopolitiques et géo-économiques que nous vivons, qui signent la fin du cycle né aux lendemains de la seconde guerre mondiale, ne rendent pourtant pas caduque tout ce que nous avons contribué à mûrement façonner. C’est notre devoir d’Européens convaincus quoique vigilants de montrer en quoi l’Europe est la réponse, pas la cause à nos maux.

La Gauche Moderne y contribuera avec conviction et détermination pour faire gagner, le dimanche 6 mai, Nicolas Sarkozy, et par-là même pour faire gagner une France forte, dans une Europe qu’il faudra par la suite également consolider !”

Soutien aux Primaires

Jean-Marie Kutner aime si peu la droite qu’il se sent pourtant obligé de soutenir l’un des candidats aux primaires : Alain Juppé. Voilà qui permet à des militants de gauche comme de droite de s’étonner d’un revirement.

Christian Ball préfère aller voir les Schilikois et convaincre des électeurs. Danielle Dambach semblait « surprise », hier soir. A la question de Rue89Strasbourg : « Est-ce que cela peut être un soutien embarrassant », elle répondait : « Ça peut l’être ! »

Va-t-elle oser le refuser ? L’alliance des anciennes adjointes de Raphaël Nisand avec Jean-Marie Kutner pourrait réveiller de mauvais souvenirs.

Christian Ball, le sourire sympathique, expliquait que ce sont ces comportements qui lui ont imposé, quitte à tout perdre, de « rendre la parole aux Schilikois »…

 

(La salle du conseil à Schiltigheim, photo©http://www.ville-schiltigheim.fr/)

 

 

Schiltigheim : la chute de la Maison Kutner

La dynamique Christian Ball

La première surprise de cette élection est le score de Christian Ball. Avec près de 36 % des voix, son alliance avec Ahmed Fares, Andrée Munchenbach, Anne Meunier et Elric Ferandel (LREM) relève un premier défi.

Autour d’un programme « Schiliko-Schilikois », le tête de file de « Schilick pour Tous » fait le score, autant dans les quartiers d’habitude réservé à la droite que dans les quartiers populaires, notamment « Les Ecrivains ».

La tendance s’est dessinée dès le 1er tour, quand les réunions et rendez-vous du candidat ont rassemblé près de 1000 personnes. Les dernières opérations de sa campagne, un nettoyage d’une ville « sale » et l’annonce de la suppression des horodateurs ont encore élargi sa base.

Porté par une réelle dynamique de victoire, il devrait encore rassembler et convaincre les électeurs et les abstentionnistes pour gagner au second tour. Il en a la volonté… Suffira-t-elle ?

La claque Kutner

Les regards des adjoints sur les tableaux de résultats, les coups de fils pour vérifier les chiffres, la panique des nouveaux candidats perçus hier soir à la mairie de Schiltigheim, tout cela soulignait une vérité cruelle : le rejet de Jean-Marie Kutner.

Injuste pour les fans, logique pour les adversaires, celui qui ne peut plus être maire finit la soirée sous les 20 %. Une claque camouflée sous des éléments de langage de type « mobiliser les abstentionnistes ».

Certains s’interrogent à voix basse sur les intentions de second tour, sur leur propre vote.

A l’heure où nous écrivons l’article, nous ne savons pas si le chef de l’orchestre du Titanic va continuer le concert ou pas.

L’Alliance EELV-PS-PCF

En 2ème position, à plus de 15 % de Christian Ball, Danielle Dambach pense que son heure est arrivée. Aussitôt annoncée l’alliance avec le PS et le PCF, elle en appelle à l’union des forces du progrès. “La” Danielle Dambach retrouve ses accents de gauche.

Les discussions et manœuvres des partis ont repris. Après l’alliance Dambach-Nisand, voici donc venu le temps de l’alliance Dambach-Jampoc. Les deux adjointes de l’époque Nisand savent travailler ensemble. Arriveront-elles à rassembler les Schilickois ? Là est la question.

Ce matin, dans mon PMU préféré, certains électeurs ou supposés tels rejetaient les « magouilles » que constituent les alliances des ennemis du 1er tour.

L’un d’entre eux allait plus loin : « Dambach, Jampoc… et demain Nisand ». L’ombre de l’ancien maire passa sur la discussion. Un autre se demandait si, des verts à l’extrême gauche, on n’allait pas avoir des Zad à Schiltigheim.

Réponse dans les urnes.

Un groupe « Alsace » à la région Grand Est ?

Un groupe « Alsace » ! Entendez-bien, un groupe d’élus LR et centristes au Conseil Régional Grand Est envisagerait de créer un groupe dissident au sein de la majorité régionale. Son nom « Alsace », symboliserait la révolte de ces élus contre le sort réservé à l’Alsace au sein du « machin »…

Les élus alsaciens se révolteront-ils ?

Machin ! Le mot gaullien prend ici tout son sens puisque c’est une belle façon de définir l’ensemble administratif dans lequel l’Alsace a été « fusionnée » de force. L’initiative du groupe n’est pas nouvelle.

Logiquement même, le groupe aurait pu sortir du bois plus tôt si l’affaire Vanessa Wagner n’avait explosé sur fond de création d’un autre groupe interne à la majorité.

Il aura fallu attendre un post de Jacques Schleef sur son mur Facebook :

« Lors de la conférence de presse de Frédéric Bierry et de Brigitte Klinkert l’annonce par Lotz Calderoli Martine de la constitution imminente d’un groupe “ALSACE” au Conseil Régional Grand Est est un événement important pour les semaines et mois à venir ! Sans être parlementaire, elle a exprimé la position de certains conseillers régionaux ( Georges SchulerAndré ReichardtJustin Vogel et Huguette Zeller) prêts à constituer un « groupe autonome » au sein du Conseil régional du Grand est. Si elle se concrétisait, une telle initiative (que Jean Rottner ne manquerait pas de qualifier de « « rébellion »…), aurait plusieurs avantages : – elle montrerait un nouvel aspect de la crise alsacienne, avec un risque de « scission » de la majorité LR/UDI selon des clivages territoriaux – elle pourrait incarner une volonté « régionaliste » à forte capacité médiatique, si le groupe prenait le nom « Alsace » – elle donnerait à ses membres des moyens administratifs importants, ce qui faciliterait leur action de communication vers l’opinion (y compris outre-Vosges, pour expliquer la démarche alsacienne) – elle accorderait aux « frondeurs » une légitimité et une crédibilité incontestables, dans le contexte de la future « vivisection » du Grand Est que pourrait annoncer le préfet Marx (si effectivement l’Etat transfère à une « Alsace reconstituée » des compétences réelles et non symboliques).

La cigogne apporte les bébés – mais elle doit aussi se servir de son bec !

P.S. (‘cela veut dire post scriptum !) : Il va de soi que la présidence doit aller à une femme ! »

Les premiers lecteurs découvraient une Martine Caldéroli engagée pour l’Alsace.

A la lecture du nom d’Huguette Zeller, certains se réjouissaient. « Adrien Zeller aurait été dans ce groupe » soulignait un élu. Soulignant qu’il manquait des noms.

La pression Rottner

La circulation de l’information irrita la présidence et celui ou celle qui se voit déjà président-e. La danse alsacienne du « un pas en avant, deux pas en arrière » commença. On attendait la réaction des « Richert’s Girls »,  mais ce furent d’autres élus qui se firent entendre dans les couloirs.

D’abord ceux qui ne seraient rien sans le Grand Est et leur choix par l’équipe Richert.

Valérie déborde

Ensuite, de l’autre côté des Vosges : il faut dire que l’on somma Valérie Debord de « cheffer » en temps que patronne des Républicains. L’éventuelle présidente d’après promet de gérer la situation…

Y voit-elle un complot alsacien ? Maçonnique, comme on l’a entendu, par d’autres et sur un autre conflit récent ? Heb’di ne sait pas.

Les téléphones ont vibré dans la journée d’hier, pour faire pression sur les uns ou tenter d’impressionner les autres. Si l’outing du groupe n’est pas apparu comme habile, il n’en reste pas moins qu’on attend désormais les élus alsaciens sur le sujet « Alsace ».

L’ombre d’Adrien Zeller plane chez quelques élus. Lui qui voulait, dès 1978, faire de la « politique autrement » avait su, pour défendre ses idées et l’Alsace, créer un groupe avec peu d’élus et oser.

Barbara DesVilles

(Maison de la Région, site Strasbourg Wacken, photo @ www.grandest.fr)

CUS Habitat : Les conséquences d’une mauvaise gestion avérée

Lors d’un précédent conseil d’administration du 8 décembre 2016, Marcel Wolff (administrateur) avait dénoncé les orientations budgétaires de CUS Habitat :

  • La politique de hausse des loyers qui s’est traduite par une augmentation de 12%. Le montant total des loyers encaissés est passé de 78 millions à 88 millions. Une dépense annuelle de 500 euros supplémentaires pour chaque locataire…
  • L’augmentation des frais de gestion passés de 6 101 626 euros à 12 545 003 euros entre 2011 et 2016
  • Des cessions d’actif de 42 millions sur la même période afin de rééquilibrer les comptes.

Philippe Bies, le président de CUS Habitat, avait alors ignoré ces avertissements…

L’ANCOLS (Agence Nationale de Contrôle du Logement Social) dans un rapport de 44 pages vient d’analyser la gestion de CUS Habitat qu’elle qualifie à plusieurs reprises « d’atypique ». Des faits déjà dénoncés par Heb’di.

Loyers trop élevés

Dans le cadre d’une politique d’optimisation des ressources, l’office HLM a mis à contribution les locataires avec une revalorisation générale et exceptionnelle des loyers (12%). À plusieurs reprises, les contrôleurs insistent sur cette revalorisation comme moyen principal « d’optimisation des ressources ». Ils précisent quelques lignes plus loin  que « les loyers après réhabilitation sont majoritairement supérieurs à 15% ». Pour conclure, concernant l’augmentation des loyers, il est précisé que « au regard de la bonne situation financière de l’office, elles ne s’imposaient pas dans ces proportions ».

Les contrôleurs enfoncent le clou en affirmant :

En conséquence, cette analyse confirme que la politique d’optimisation des recettes mise en œuvre par CUS Ha- bitat et supportée par les lo- cataires ne s’imposait pas à ce niveau au regard de la très bonne profitabilité de l’exploitation.”

Les ressources financières

À l’inverse, « l’équipe de contrôle estime que l’office a produit peu d’efforts pour ce redressement et ne s’est pas suffisamment interrogé sur ses coûts de gestion et de maintenance ». Plus particulièrement les coûts de maintenance, qui représentent plus du double de la médiane des OPH (Office Public de l’Habitat) de province, demeurent anormalement élevés. Ce constat s’applique également dans une moindre mesure aux coûts de gestion.

L’office a mis en service en 2013 un nouvel atelier pour la régie interne pour un coût de 8,544 millions d’euros, soit près de sept fois le prix de revient initial fixé dans le protocole CGLLS – Caisse de Garantie du Logement Locatif Social – (1,273 million d’euros). De plus, le bâtiment a été financé à hauteur de 1,544 million d’euros sur fonds propres .”

Le conseil d’administration

Il est aussi précisé que « les PV (procès-verbaux) se bornent, la plupart des cas, à indiquer l’objet de la dé- libération et le résultat des votes sans toutefois relater la teneur des débats »…

L’organisation de CUS Habitat

L’office a une organisation atypique reflétant des déséquilibres dans le périmètre d’action de chaque direction et ne favorisant pas la transversalité dans son activité. Les effectifs nombreux mobilisés au sein de la DSD (Direction des Services Décentralisés), la complexité des process et la définition des missions de personnels de proximité concourent à un niveau des coûts de maintenance et de gestion élevés. À titre d’exemple, hors réalisation des travaux, une réclamation technique mobilise à minima cinq agents dédiés au traitement de la réclamation (téléconseiller, analyste, planificateur, opérateur de planification, magasinier). En conséquence, 20% de l’activité de maintenance et d’entretien courant est couverte par des entreprises (par exemple pour les revêtements de sols).

La gestion des ressources humaines

En 2015, les effectifs en équivalent temps plein de l’office présentent un ratio de 23,2‰ logement, ce qui est très supérieur au ratio des effectifs de la branche (19,1‰). Ils représentent 1005 euros par logement (régie incluse) soit un montant nettement supérieur à la médiane des organismes d’HLM de province (760 euros).

Trop d’absentéisme

En effet, en 2015, le nombre de jours moyens d’absence par agent, évalué à partir des données du bilan social de 2015 par l’équipe de contrôle, se situe à environ 34 jours par salarié pour un ratio de branche à 22,9 jours. Plus de 20% de l’absentéisme est dû aux accidents du travail et de trajet. Le nombre de jours moyens d’absence par agent est de 6,97 jours alors que le ratio 2015 de la branche est de 3,4.

La commande publique

Des tableaux de bord non partagés et tenus par le service gestion et coordination administrative et technique de la DSD (Direction des Services Décentralisés) montrent des écarts supérieurs à 1 million d’euros en 2013, à 450 000 euros pour l’année 2014 et supérieurs à 500 000 euros pour l’année 2015 entre les montants engagés et facturés.

La DSD reste une structure complexe, coûteuse et peu lisible.

Les charges locatives

Les charges des logements collectifs sont maîtrisées. En effet, en 2015, hors production d’eau et chauffage, elles se sont élevées mensuelle- ment en moyenne à environ 40 euros le logement et 7 euros annuel le mètre carré de surface habitable. Ce constat de maîtrise des charges est moins vrai pour la très faible proportion du parc que représentent les logements individuels.

La gestion locative

Le 28 mai 2014, le conseil d’administration a installé la CAL (Centre d’Amélioration du Logement) composée exclusivement d’administrateurs. Sa composition ne respecte pas les dispositions de l’article R441-9 II 4 du CCH (Code de la Construction et de l’Habitation). En effet, aucun représentant d’un organisme bénéficiant de l’agrément relatif à l’ingénierie sociale, financière et technique prévue à l’article L365-3 du CCH ayant une voix consultative au sein de la CAL n’a été désigné.

La concertation

La mise en place en janvier 2015 des contrats d’entretien d’appareils individuels de chauffage n’a pas respecté les dispositions de l’article 42 de la loi 86-1290 du 23 décembre 1986 modifié par la loi 2009-323 du 25 mars 2009 relative aux procédures de concertation.

La propreté du parc

Le service rendu aux locataires est inégal au regard de la propreté des espaces communs.

L’équipe de contrôle n’a rencontré aucun agent de proximité lors des trois visites de patrimoine qui ont concerné, sur trois jours complets, au moins une trentaine d’ensembles immobiliers.

Stratégie patrimoniale

CUS Habitat n’a pas de politique patrimoniale réellement stabilisée à ce jour. L’équipe de contrôle a pu identifier, lors des visites de patrimoine, des besoins importants de requalification sur le quartier de l’Elsau, quartier non traité dans le cadre de PNRU (Programme National pour la Rénovation Urbaine).

L’offre nouvelle produite par l’organisme n’est pas très élevée au regard de la taille de son patrimoine compte tenu de son poids sur le territoire de l’Eurométropole de Strasbourg (EMS), propriétaire de 42% du parc social.

Au regard de la place qu’il occupe dans le logement social sur le territoire de l’EMS, on pourrait attendre davantage de constructions de la part de l’office.

Conclusion

Dans ce contexte d’assise financière confortable, l’office ne s’est pas suffisamment questionné sur le coût anormalement élevé de la maintenance et, à un degré moindre, sur le niveau des charges de gestion. Le bilan de la gestion de CUS Habitat par sa collectivité de rattachement l’Eurométropole semble de plus en plus se caractériser par un laxisme dans la gestion de cet OPH et ce sont les locataires qui en sont les premières victimes, comme nous avons déjà eu l’occasion de le démontrer avec les surfacturations de chauffage à Hautepierre.

CUS Habitat est présidé par Philippe Bies, l’exemple même du cumulard politique incapable d’assurer l’ensemble de ses mandats.

 

Marcel Wolff (ancien administrateur de CUS Habitat et ancien conseiller municipal)

avec TH

Dernière minute : Jean-Marie Kutner envoie les flics au Dinghof !

Reportage sur place, à Schiltigheim, sur le site historique du Dinghof.

Ce matin, un camion venu livrer du matériel sur place à été bloqué à l‘entrée du chantier par des riverains. La police (municipale et nationale) s’est déplacée et a relevé l’identité des personnes présentes.

Comme il se doit, les candidats aux élections municipales (qui auront lieu ce dimanche) étaient sur place, sauf… Monsieur Kutner. Par ailleurs sur place, les candidats de la France Insoumise et du Parti Socialiste semblaient plus préoccupés par le drapeau alsacien accroché à la grille d’entrée du site !

La présence de Danielle Dambach paraît plus pertinente et pour cause : elle avait déposé un arrêté de péril, tout comme Andrée Munchenbach qui s’est toujours battue pour le patrimoine de la ville.

La vraie question est : pourquoi le maire Kutner insiste tant pour démarrer les travaux contestés à deux jours du premier tour ? Grand seigneur, il aurait pu attendre deux semaines, laissant le nouveau maire (lui-même peut-être) décider de l’avenir du site historique. Une insistance qui devient louche, à croire que Jean-Marie Kutner a promis au promoteur de régler l’affaire avant de partir !

En bref, le mandat de 4 ans de l’actuel maire aura été “ponctué” d’incidents…

Schiltigheim : Anticor signale Jean-Marie Kutner ?

Anticor est une association qu’on ne présente plus. Fondée par le juge Éric Halphen et Sévérine Tessier pour lutter contre la corruption et rétablir l’éthique en politique, elle propose aux candidats, avant chaque élection, de signer une charte éthique. Jean-Marie Kutner l’avait signée, ce qui l’autorisait à utiliser l’image d’Anticor dans sa campagne, avant de s’en libérer. La Charte est actuellement proposée au candidat schilickois présent ce dimanche.

Dans le même temps, Anticor estime que  Jean-Marie Kutner, maire sortant, n’a pas respecté ses engagements et dit vouloir saisir le procureur de la République. JMK s’énerve.

Quand Kutner pas content…

Comment qualifier la réaction JMK ? Nous vous laissons le soin d’en juger par vous-mêmes :

Je suis choqué, mais non étonné de cette manœuvre à 3 jours du premier tour des élections. À toutes fins utiles, cette manœuvre est totalement illégitime et ne restera pas sans suite. Ci-dessous vous trouverez ma lettre de dénonciation datée du 23 juillet 2015 envoyée en AR. Je ne suis donc plus ni membre ni adhérent à cette charte depuis cette date. Une lettre adressée à la présidente locale avec copie à Mr le Préfet et Mr le Président national Anticor part ce jour pour en dénoncer la manœuvre.”

Donner, c’est donner

Le maire sortant oublie qu’il n’a pas signé une adhésion mais une charte, un document qui l’engageait pour la durée du mandat, engagement intrinsèque au mandat. N’est-il pas un peu facile de signer un engagement avant des élections et de le dénoncer juste après ?

Et voilà JMK d’insister :

Lettre à Mme la présidente Anticor 67 avec copie à Mr le Préfet, Mr le Président National, et mes avocats en vue d’entamer les démarches nécessaires.”

 

Monsieur Kutner, qui nous rejoue un classique de “Bienvenue chez les élus”, peut-il nous rappeler combien de milliers d’euros ont déjà été dépensés en frais d’avocats pour ce genre d’affaires ? Et en profiter pour nous parler des avenants à ces frais d’avocats ?

Le Groupe Local Anticor 67 prend acte des réactions de Jean-Marie Kutner. En fonction de l’évolution du dossier, il se réserve également le droit d’ester en justice.