Le Crédit Mutuel sur le point d’exploser ! Bruno Lemaire, le ministre de l’Économie intervient

La “nébuleuse” Crédit Mutuel est constituée de plusieurs centaines de caisses réparties en 18 fédérations, filiales et banques rachetées. Le groupe s’occupe également de compagnies d’assurances, de monétique, de téléphonie, de télésurveillance  et de médias (dont les DNA et L’Alsace)… Des structures qui ne s’entendent plus entre elles. Certaines filiales souhaiteraient même le démantèlement du groupe Crédit Mutuel. Et là, elles viennent de passer à l’action !

Propriétaires des journaux locaux, souvent de connivence avec les élus, les responsables de la banque savent se faire apprécier, à coup de généreux dons aux organismes d’aide aux plus démunis (souvent des ex-clients de la banque) et aux syndicats de PME. Leurs largesses sont ciblées !

En revanche, silence radio sur les problèmes internes. Pas un mot à leurs clients qui doivent garder une image vertueuse de leur banque préférée…

La banque qui tient à donner le La

Il y a quelques mois, Canal + devait diffuser un reportage sur les “méthodes” Crédit Mutuel. L’émission a été opportunément déprogrammée après un échange amical entre le patron de la chaîne cryptée et celui de la banque.

À l’automne dernier, Heb’di avait évoqué les méthodes quasi frauduleuses d’une des filiales du Crédit Mutuel.

En décembre, nous étions d’ailleurs parmi les seuls journalistes présents au Wacken quand des employés de titres de presse appartenant au groupe manifestaient sous les fenêtres du Président, Nicolas Théry, qui licenciera des dizaines d’employés dans les imprimeries.

Et nous n’avons pas encore évoqué l’ambiance délétère qui règne au siège, entrainant burn-out et arrêts de travail !

Seul Heb’di est encore en mesure d’évoquer ce genre d’information en Alsace !

La banque fait également dans les fake news en prétendant « appartenir à ses clients ». La réalité se résume à un pince-fesse annuel lors des assemblées générales de caisse. C’est le seul moment où les administrateurs élus ont une réelle fonction et pas des moindres : ouvrir les paquets de cacahuètes lors de l’apéritif. Dans les campagnes, être administrateur d’une caisse du Crédit Mutuel avait encore un sens. Ce qui était un honneur est désormais… has been !

Les tensions entre les filiales régionales peuvent avoir de graves conséquences sur l’avenir du groupe

Les filiales de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central (re)demandent leur indépendance.

Elles ne veulent plus être obligées de rendre des comptes à Strasbourg et souhaitent décider elles-mêmes des stratégies d’investissement. La colère monte chaque jour et c’est, comme l’annonce le quotidien national Libération du 9/2, « au point que le ministère de l’Économie, qui avait tout fait jusqu’à présent pour ne pas s’en mêler, est maintenant obligé de sortir de sa réserve ».

Arkéa, le Crédit Mutuel de Bretagne, vient de décider de poursuivre « devant la justice pénale sa maison mère (alsacienne, ndlr), à travers son PDG, Nicolas Théry, son directeur général, Pascal Durand, et six autres  de ses dirigeants ». Les dirigeants bretons dénoncent entre autre : « la diffusion de fausses informations, la violation du secret professionnel et l’entente délictueuse ». Des infractions pénales passibles de cinq ans de prison et d’une interdiction de gérer.

Théry et ses amis au siège strasbourgeois contre-attaquent en lançant une procédure disciplinaire contre les méchants d’Arkéa. Pas de chance, la procédure en référé a été suspendue par le Conseil d’État. Nos confrères de Libération précisent :

Au début du mois de juillet, le Crédit Mutuel réussit à retourner en sa faveur une des trois caisses régionales désireuses de conquérir son indépendance : celle du Massif central. De fait, le directeur général est débarqué et un «loyaliste» est installé pour le remplacer.”

Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie intervient alors :

Qu’ils se débrouillent, s’ils veulent se séparer, c’est leur affaire, la puissance publique refuse d’être instrumentalisée dans ce dossier.”

En fait, le gouvernement craint que les soucis du Crédit Mutuel donnent des idées aux autres banques pseudo-mutualistes, comme le Crédit Agricole par exemple.

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Mercredi : Solidaire des salariés de la PQR, victimes collatérales du Grand-Est

EBRA : les ressources humaines morflent

« Une centaine de salariés en colère, essentiellement des personnels techniques du Républicain Lorrain et de l’Alsace et certains de leurs collègues du groupe Ebra, propriété du Crédit Mutuel, ont manifesté mardi 23 janvier 2018 devant le siège de la banque à Strasbourg.

Ils dénoncent les 59 licenciements mosellans qui vont accompagner le transfert “historique” de l’imprimerie du Républicain Lorrain, de Woippy (Moselle) à Nancy (Meurthe-et-Moselle). 70 licenciements sont également programmés au journal L’Alsace, à Mulhouse, selon les syndicats » nous rappelle France 3.

L’objectif est de faire des économies. Une question s’impose : à ce rythme ira-t-on un jour vers la fusion des titres ?

En attendant, vous pouvez soutenir un média libre comme l’air (https://www.hebdi.com/formules/).

Schiltigheim : Dark Vador contre les rebelles

Si nous avons un peu traité le sujet hier (https://www.hebdi.com/schiltigheim-pire-contre-attaque/), on n’en lit pas moins les Dernières Nouvelles du jour :

Il (Jean-Marie Kutner) reproche aux frondeurs de vouloir abréger le mandat en ne tenant pas compte du contrat passé avec les Schilickois. Et il laisse ses détracteurs assumer les conséquences d’une rupture définitive qui se solderait par une élection municipale anticipée. « La France est un État démocratique où le pouvoir s’acquiert par les urnes, c’est la légitimité électorale, et celle-ci est acquise pour six ans.»

Jean-Marie Kutner appelle toutefois les Schilikois « à un large rassemblement pour Schiltigheim » par le biais des médias et d’un courrier distribué hier. Un rassemblement sous quelle forme, si aucune élection n’est organisée ? Mystère.”

Si on a bien compris, le maire n’a plus la majorité au sein du Conseil Municipal, ni au sein de sa majorité, elle-même constituée originellement de sa propre liste.

Plus sérieusement, y aura-t-il une fête de la bière ?

Grand-Est : Jean Rottner, le roi Richert II

On a encore lu les DNA d’avant (http://c.dna.fr/politique/2018/01/21/rottner-le-grand-est-ni-factice-ni-artificiel). Là, Jean Rottner, le roi Richert II, nous explique la vie :

Le Grand Est n’est ni factice, ni artificiel, c’est une alliance du cœur et de la raison. C’est une réalité tangible.”

On notera que les vœux ont eu lieu à Metz, sans doute est-ce la mirabelle qui a inspiré ces propos. Pour nous le Grand-Est est factice (au sens où il s’agit d’une création autoritairement imposé) et artificiel (au sens où il rassemble des régions et départements dont le développement naturel et historique est particulièrement différent).

La ruse signée Rottner

Bien que souvent décalée, on lire la dernière livraison de l’Ovipal :

Ce positionnement de Jean Rottner sur le terrain de l’identité alsacienne a pour effet d’affaiblir l’impact du discours des départements, qui pour l’instant reste principalement centré sur l’économie et le tourisme. Cette prudence des départements en matière d’identité alsacienne a probablement pour but d’éviter que la revendication alsacienne ne soit assimilée aux revendications corses ou catalanes. Mais d’un point de vue régionaliste, l’économie et le tourisme sont moins mobilisateurs que la langue et la culture. Et si la région est plus en pointe que les départements sur ces questions, à quoi cela sert-il de vouloir renforcer ces derniers ? La suite au prochain épisode.”

L’article de Bernard Schwengler souligne que des batailles sont menées sur le fond, alors que les mouvements régionalistes sont inaudibles.

Et cela, on ne peut que le regretter.

Bon, ce n’est pas tout ! C’est l’heure de prendre le train pour aller travailler. Pourvu qu’il n’y ait ni crue, ni retard.

 

Financement du FN : Précisions et nouvelles révélations !

Les précisions de Jean-Luc Schaffhauser

Partisan de la liberté d’expression, il souhaite faire une mise au point sur son rôle exact dans le ou les prêts russes accordés au parti français :

Je n’ai participé qu’à l’opération entre le FN et la First Czech-Russian Bank. Pour les autres, j’étais hors du jeu. Après les élections européennes, le FN était le premier parti de France ; il était scandaleux qu’aucune banque française n’accepte de lui octroyer des prêts. Les banques françaises sont-elles mandatées pour définir qui a le droit de se présenter aux élections ? J’ai donc trouvé avec la First Czech-Russian Bank une banque totalement classique, sous législation européenne. Tout a été fait dans la transparence.”

Pour son implication dans le rapprochement entre le parti et cette banque russe, le député frontiste a touché une commission de près de 140 000 euros, incluant les frais (400 000 selon certains médias).

Selon lui, les autres banques (NDLR : les banques non russes) sont manipulées par le système financier international sous contrôle de lobbies américains, c’est pour cela qu’elles ont refusé de prêter au FN. Ceci serait une tentative d’organisation de la banqueroute du FN menée par les banques internationales en raison du contrôle que le Front veut prendre du système financier par l’État. Donc la décision de la banque Société Générale de fermer le compte du parti d’extrême droite n’aurait, selon l’élu, aucun lien avec le prêt russe !

De même le Crédit Mutuel, la banque de la fondation Académie européenne, aurait pris des décisions illégales. L’Académie européenne est une coopérative à but non lucratif de consultants travaillant sur les enjeux stratégiques européens, dont Jean-Luc Schaffhauser est le président et l’un des fondateurs.

Même une banque d’Abou Dabi, où l’élu alsacien travaille depuis 2016 pour ses affaires privées, était, en 2013, sur le point d’accorder un prêt au FN. Mais la veille de la signature, alors que la banque avait réservé l’hôtel pour les signataires, tout a étonnamment été annulé. C’est pour ces raisons qu’il s’est tourné vers l’est de l’Europe où il avait des contacts.

Sur le fait que nous avions évoqué la disparition de cette banque, l’élu alsacien se défend : « Je ne pouvais rien en savoir à l’époque. Les banques qui ont chuté en 2008 comme Lehman Brothers étaient très bien cotées la veille au soir de leur chute. Eh bien, celle-là l’était également. »

Concernant sa situation vis-à-vis de la justice française, Jean-Luc Schaffhauser insiste :

Je ne suis, à ce jour, ni condamné, ni accusé. Je suis un quidam qui a répondu au Parquet national financier (PNF) et contre qui rien n’a été retenu à ce jour. Je suis un citoyen innocent et un élu d’opposition.” (NDLR : Début 2017, un signalement Tracfin (la cellule anti-blanchiment) est arrivé au Parquet national financier (PNF) concernant le prêt russe du FN fin 2014.)

Concernant la fermeture des comptes bancaires par la Société Générale :

… les miens et ceux de mon épouse, ceci est désormais devant la justice. La Société Générale a-t-elle le droit, pour une opération liée à un prêt privé au Front National, qui n’a rien à voir avec une banque russe, de priver une famille de ses droits bancaires après plus de 40 ans de présence dans cette banque sans aucun problème ?

Pour Jean-Luc Schaffhauser, les banques mondiales sont sous la coupe de l’oligarchie financière des États-Unis qui redoutent la victoire du FN en France – sortie de l’euro, rupture avec l’indépendance des banques centrales, mise en examen pour crime pour haute trahison des banquiers qui sont sous la coupe des puissances étrangères. Le parti a aussi dans son programme la sortie de la France de l’OTAN. Ce que redouterait le reste du monde… sauf la Russie et la Chine !

Jean-Luc Schaffhauser est sans conteste un homme brillant, ayant des idées affirmées sur l’Europe et la géopolitique mondiale. Centriste, proche de l’Opus Dei, il était consultant pour Auchan, Dassault et Total.

Qu’est donc allé faire ce grand artisan de l’alliance franco-russe dans cette galère politique ?

De nouvelles révélations

Un gros donateur ?

Selon notre enquête, un mystérieux citoyen français aurait récemment prêté de très grosses sommes au Front National. De sources sûres, officiellement ni confirmées ni infirmées, cela constituerait a priori de quoi sauver le parti.

Les enquêtes en cours devraient permettre d’en savoir bientôt plus sur ce personnage, encore inconnu à ce jour !

Jean-Marie, le banquier

Jean-Marie Le Pen empruntait de l’argent aux sympathisants pour ensuite prêter de fortes sommes aux candidats et aux micro-partis du FN. Un business juteux.
Le principe est simple : des sympathisants du FN prêtaient de l’argent aux micro-partis du fondateur du FN Promelec et Cotelec ; le taux était de 3%. Ces sommes étaient ensuite prêtées à des candidats du FN à plus de 6%. Il s’agirait de plus de 8 millions d’euros.

Marine Le Pen aurait ainsi reçu 6 millions d’euros pour la dernière campagne présidentielle. Au passage, Jean-Marie Le Pen aurait touché 390 000 euros.
Une pratique qui existait alors depuis plusieurs années.

 

L’Alsace : La fermeture de l’imprimerie se précise

Cela fait plusieurs mois que les représentants syndicaux des journaux du Crédit Mutuel (Goupe Ebra) voulaient rencontrer Nicolas Théry, le président de la banque, successeur de Michel Lucas. La rencontre avec la Filpac-CGT a eu lieu le 29 novembre…

Depuis que Philippe Carli a été embauché pour “faire le ménage” dans la filiale du Crédit Mutuel, l’ambiance n’est pas à la fête.
Il est vrai, nous l’annoncions il y a quelques temps, qu’Ebra perd près de 10 millions d’euros par an, aux frais – faut-il le préciser ?- des heureux sociétaires du Crédit Mutuel.

Sous prétexte d’économies, Philippe Carli (alias “Le Liquidator”) veut entre autre fermer l’imprimerie de L’Alsace à Mulhouse et transférer l’impression du journal à Strasbourg, sur les rotatives des DNA…

Ce sont 70 emplois qui sont menacés et, pour le syndicat, le contenu du journal est en danger : une seule imprimerie pour n’avoir bientôt qu’un seul journal ?

Mécontente, la Filpac-CGT relaie une pétition contre la fermeture de « l’imprimerie du journal L’Alsace à Mulhouse et pour le maintien et le développement du pluralisme de la presse quotidienne régionale en Alsace ».

Un peu plus, chaque jour, il semble difficile de ne pas voir dans les stratégies de la banque un processus de fragilisation du pluralisme et de la liberté de la presse, se faisant sans doute ainsi un des facteurs de la mauvaise place de la France au classement mondial dans ce domaine.

Jeudi : Les “Philippe” à l’honneur

Un Carli et on n’en parle plus !

« L’imprimerie du journal l’Alsace, qui embauche 70 salariés à Mulhouse, va fermer d’ici le premier semestre 2018. C’est Philippe Carli, le futur responsable du pôle presse du Crédit Mutuel, qui a fait l’annonce ce mardi soir. (…) Le quotidien l’Alsace sera donc imprimé à Strasbourg, au même endroit que les Dernières nouvelles d’Alsace. Si Philippe Carli a assuré aux salariés vouloir conserver les deux titres, beaucoup craignent une perte d’identité progressive et une uniformisation des contenus » lit-on sur le site de France 3.

Nous avons regardé la catastrophe arriver au ralenti. Au début du mois déjà, les syndicats avaient dénoncé le « funeste projet de fermeture d’une imprimerie, première étape d’une restructuration qui conduira à liquider le pluralisme de la presse dans notre région ».

Un coup de poignard de plus dans le corps meurtri de l’identité alsacienne. Comme prévu, le traitement “Philippe Carli” aura été d’une efficacité redoutable. Et, malgré nos lignes éditoriales -disons- divergentes, à Heb’di, nous le regrettons sincèrement.

(photo ©France 3)

Un dernier, pour la route ?

Avant de quitter le navire, notre Président de grande région a tout de même esquissé un geste (très) légèrement emprunt de panache.

L’info est reprise par plusieurs médias : seize présidents de régions (ou collectivités territoriales) ont signé hier mercredi dans Le Monde une tribune dans laquelle ils demandent au gouvernement de leur « faire confiance » pour agir dans leurs domaines de compétence.  L’ensemble des présidents de régions de France métropolitaine (à l’exception de la région Auvergne-Rhône-Alpes et de la Corse), au premier rang desquels Philippe Richert, à la fois en tant que président de la région Grand-Est et président des Régions de France, ont signé la supplique -euh pardon- la tribune.

(photo ©AFP)

Cette tribune est accessible sur le site du Monde, mais pas sûr que Monsieur Edouard Philippe ait envie d’y répondre dans l’immédiat.

(À lire également, Le Monde de ce jeudi 28 septembre 2017 qui fait le point sur le premier budget Macron-Philippe… La demande des régions serait-elle restée lettre morte ?)

 

De quoi être peu fière

En plus d’accueillir la plus vieille centrale nucléaire du pays, Fessenheim est aussi la commune de France où l’on trouve la plus grande inégalité de salaires entre les hommes et les femmes, d’après une étude de l’Insee relayée par le magazine Capital.

Intitulé “Salaire net horaire moyen selon la catégorie socioprofessionnelle, le sexe et l’âge en 2014”, cette étude publiée en mai dernier pointe du doigt des moyennes salariales horaires de 12 euros pour les femmes contre 17,68 euros pour les hommes, à Fessenheim. Soit une différence de 32,1 % ! C’est-à-dire le double du taux constaté au niveau national : en effet, « sur les 771 territoires urbains étudiés par l’Insee, l’écart moyen est de 16,4 %, en défaveur des salariées. »

Mais… Que font les Effronté-e-s ???

 

Elle parle pour elle

Hier mercredi, « la sénatrice Fabienne Keller, qui avait annoncé début septembre son intention de créer un groupe LR Constructif au Sénat, sur le modèle de l’Assemblée, a annoncé par communiqué qu’elle y renonçait. Depuis dimanche, elle était déjà moins affirmative, évoquant soit la création d’un groupe, soit d’une simple amicale. »

C’est sympa, une amicale. Mais, si Fabienne Keller a affirmé que les élus de droite Macron-compatibles au Sénat restaient dans leur « groupe d’origine », pour d’autres, la constitution d’un groupe LR constructif est encore d’actualité.

Ainsi Jérôme Bignon, sénateur LR de la Somme, interrogé par publicsenat.fr. qui jure que la constitution d’un groupe LR constructif est plus que jamais d’actualité : « Je fais partie du groupe que Madame Keller a quitté pour retourner chez les LR. Elle parle pour elle » corrige-t-il…

Super, comme ambiance à droite ! Apparemment, tout le monde ne marche pas au pas.

 

La fausse note de la banque qui donne le la

Le Crédit Mutuel continue son travail de sape envers les petites entreprises locales. En témoigne ce nouvel épisode relaté par nos confrères de Rue 89 Strasbourg :

« Le Crédit Mutuel – CIC a sorti les dirigeants de Capital Grand Est au début de l’été, racheté leurs parts et pris de facto le contrôle de cette société de gestion. Problème : c’était le bras armé de la Région Grand Est pour accompagner les entreprises régionales dans leur développement. Dans le monde économique, on crie à la trahison. »

De nombreuses PME et TPE alsaciennes ont déjà été victimes des agissements de la banque ou de l’un de ses chefs d’agence (vue en Alsace : une cheftaine fraîchement sortie de l’école se vantant d’avoir « mis à terre » une entreprise)…
La banque des curés du 20e siècle est devenue la banque des puissants du 21e. Seuls quelques amateurs de repas gratuits le jour de l’assemblée générale annuelle pensent encore que l’établissement appartient à ses clients !
La banque qui censure les reportages qui parlent de ses magouilles  et qui trafiquent avec les banques suisses ne se bat plus depuis longtemps aux côtés des petits patrons.
Le plus gênant est le silence que s’achète le crédit mutuel via ses organes de presse, Les DNA et L’Alsace.
Dans le cadre d’un futur dossier « banques », nous recherchons des témoignages : nous vous invitons donc à nous raconter vos joies et vos peines de banques !!!

Pourquoi le Crédit Mutuel a besoin de la presse régionale…

En complément de nos récents articles consacrés à ce même sujet, voici sous la plume de Michel Muller une analyse et un intéressant historique de la presse alsacienne.

Notre confrère Michel Muller écrit pour L’Alterpress68 – (lalterpresse.info)

L’Alterpresse68 émane de l’association Information–Pluralisme–Débat Citoyen qui promeut le débat contradictoire, dans lequel les choses sont dites, loin du consensus mou ou de convergences tactiques, dans un vrai débat d’idées.

Pourquoi le Crédit Mutuel a besoin de la presse régionale…

Le secteur bancaire n’échappe pas à la révolution numérique et comme l’ensemble de l’économie des services (taxis, hôtellerie, musique, presse…), les métiers de la banque et de la finance sont confrontés à l’ « ubérisation » de leurs activités. L’arrivée de nouveaux acteurs venant du monde digital dans le monde de la finance, est en train de bouleverser le modèle économique et les banques ne s’en sortiront qu’en diversifiant leur activités, leurs offres. Le CIC-Crédit Mutuel présidé par M. Théry n’échappe pas à cette révolution… Et il s’avère que le fait de posséder un groupe de presse est un des moyens de diversifier l’offre aux clients de la banque… Et pour un groupe bancaire constitué d’un réseau très dense d’établissements régionaux, la presse régionale peut être un atout stratégique très précieux dans la féroce concurrence qui est en train de se mener entre les banques elles-mêmes mais également avec les « nouveaux entrants » dans le secteur financier.

Un passionnant article dans la revue Economie et Politique N° 75 (juillet 2017), signé Matthieu Llorca (maître de conférences en économie à l’université de Bourgogne), « Les banques aux prises avec les fintech », décrit clairement les processus en cours et ces « nouveaux entrants ».

Des acteurs « non-bancaires » dans les activités de la banque !

Depuis quelques années, plusieurs types d’acteurs non bancaires apparaissent sur le marché jusqu’ici réservé aux banques. D’une part des start-up innovantes combinant finances et nouvelles technologies remettant en cause les pratiques traditionnelles de la finance en proposant des nouveaux modes de financement à travers des plates-formes digitales, des crédits plus transparents et moins chers.

D’autre part, les grands conglomérats américains de l’internet, les fameux Gafa (Google, Amazon, Facebook et Appel) tout comme leurs concurrents chinois, convoitent aussi le marché de l’assurance et de la banque. Et, pour en rajouter une louche, les opérateurs télécoms font leur apparition dans cette industrie (Orange va lancer prochainement France Orange Bank). Mais cela ne s’arrête pas là : les géants de la grande distribution se lance également dans la e-banque comme le fait Carrefour avec C-zam.

La bataille autour du contrôle du secteur financier digital aura ses gagnants et ses perdants. Certes, le monde bancaire traditionnel n’est pas battu d’avance, mais pour la première fois, il a affaire à une concurrence qui mette son activité, ses manières de faire, ses monopoles, en cause. Il s’avère que la majorité des banques sont moins bien armées que les jeunes start-up innovantes, les géants de la high-tech ou les opérateurs télécoms pour faire face à cette évolution.

Dans la revue Agefiactifs  du 2 novembre 2015, un article consacré à un rapport sur les « Fintech », disait déjà qu’ « à quelques (rares) exceptions près, les banques françaises ont tardé dans l’adoption des nouveaux moyens de communication, en arguant de raison de sécurité, du besoin de rencontrer les clients avant de signer un emprunt, etc ».

Le directeur général du Crédit Mutuel Arkéa (couvrant l’ouest de la France), Ronan Le Moal déclare sans ambages : « Les banques qui ne se réinventeront pas disparaîtront ».

Dans quel camp se retrouvera le Crédit Mutuel ?

Par la constitution de multiples filiales, le CIC-Crédit Mutuel a développé les offres de services hors activités bancaires.

Une de ses filiales les plus importantes est Euro-Information qui était, à l’origine le centre informatique du Crédit Mutuel à Strasbourg. M. Michel Lucas en a fait une arme redoutable pour fournir de multiples services au sein du CIC-Crédit Mutuel mais également à l’extérieur. Actifs dans des domaines aussi variés que la gestion et la maintenance informatique, le développement de logiciels, des opérations marketing, la télésurveillance… Parmi elles, notons Euro-information Télécom, opérateur de réseau mobile virtuel contrôlé à 95% par le Groupe Crédit Mutuel-CIC et 5% par NRJ Group. Avec 1,6 million de clients, Euro-Information Télécom est le premier FULL MVNO (opérateur de réseau mobile virtuel qui n’a pas de fréquences mais amène des clients aux opérateurs disposant du réseau) en France, tant en nombre de clients qu’en chiffre d’affaires. Euro-Information Télécom propose des offres 4G sur le réseau mobile Orange, sur le réseau mobile Bouygues Télécom et sur le réseau mobile SFR.

En outre, Euro-Information est  la structure informatique la mieux protégée, puisqu’elle a pu résister aux dernières cyberattaques qui ont mis en difficultés moult grandes entreprises dont Renault.

Rajoutons que, selon nos informations, les activités de services ont réalisé un chiffre d’affaires plus importants que les activités bancaires au sein du CIC-Crédit Mutuel ! On pourrait donc penser que le Crédit Mutuel est armé pour entrer dans le monde bancaire ubérisé…

Proposer des services, de plus en plus de services…

Le modèle est à présent connu : les grands groupes de communication sont prêts à vous offrir un téléphone mobile fort cher à l’achat, à condition que vous souscriviez à des « applications » qui couvrent à présent l’ensemble des activités humaines.

Les « offres » sont nombreuses et elles doivent se renouveler sans cesse, de nouvelles propositions doivent être imaginées. Outre la musique et les jeux, une des offres les plus rentables est l’information. Google a fait sa fortune en pillant les informations traitées par les journaux, en les mettant à disposition gratuitement aux internautes. Bien évidemment, sans rémunérer les journalistes ni même les éditeurs dans un premier temps… Cela a changé avec la création, en France et à la demande des éditeurs de presse adoubé par le président Hollande, du « Fonds pour l’innovation numérique de la presse » doté de 20 millions d’euros par an versé par Google ! Ridicule et presque insultant, quand on connaît le chiffre d’affaire de Google venant entre autres de la publicité qui se déporte de la presse pour aller sur le net.

La symbolique est pourtant là : Google a bien compris que s’il voulait continuer à piller la presse, il fallait que celle-ci puisse continuer à faire son travail d’enquête, de rédaction, de diffusion. Il ne faut pas tuer la poule aux œufs d’or !

La presse régionale : un atout pour le Crédit Mutuel

Il faut reconnaître que la stratégie du Crédit Mutuel en matière de presse était assez visionnaire. Posséder des journaux très ancrés dans la population dans laquelle le Crédit Mutuel est bien souvent une « institution », donnait une image positive à la banque.

A présent, où dans chaque caisse du Crédit Mutuel on fait des offres de services tels que la téléphonie, il faut aussi vendre des contenus. Le travail des milliers de journalistes du groupe Ebra est un trésor sur ce point : les journaux possèdent des informations stockées, toujours renouvelées, disponibles, prêtes à être commercialisées par un opérateur de téléphonie mobile. Et parmi elles, les informations locales que seule la presse régionale et ses nombreuses agences peut traiter.

L’intérêt pour le Crédit Mutuel est donc bien de continuer à entretenir cette poule aux œufs d’or que représente la presse régionale. Si elle met en avant les pertes du groupe de 50 millions d’euros par an, il faut relativiser ce montant par le bénéfice que peut en tirer directement le Crédit Mutuel pour son propre chiffre d’affaires.

Les syndicats du groupe Ebra seraient bien inspirés d’examiner de plus près le contour de ces pertes : on sait que la Banque Fédérative du Crédit Mutuel n’a pas racheter en direct les journaux de la région Rhônes-Alpes. C’est le journal de Lyon, Le Progrès, qui a été chargé d’acheter tous les journaux grâce à un prêt du… Crédit Mutuel. Bien évidemment, les comptes du Progrès sont plombés par les millions d’euros qu’il a dû emprunter pour ces acquisitions… et par les intérêts qu’il doit verser à la banque qui lui a avancé l’argent !

Mais un atout à préserver et à développer

Il n’est pas sûr que l’énarchie à présent à la tête du CIC-Crédit Mutuel est prête à développer ce secteur. Bien au contraire puisqu’elle a fait appel à un « kost-killer » qui a déjà été à l’œuvre au groupe Le Parisien et dont l’action consistait plutôt à ses débarrasser de la presse et de ses imprimeries.

Les premières annonces faites par le « kost-killer » soutenu par M. Alain Théry, le président du CIC-Crédit Mutuel est de supprimer des journaux (dont L’Alsace à Mulhouse et peut être le Républicain Lorrain à Metz) et il semblerait bien que le rêve de l’énarchie au pouvoir serait le journal unique pour le Grand Est… Ce qui serait plus qu’un non-sens, ce serait une aberration.

Car si la presse peut être utile à l’activité de « services » du Crédit Mutuel, il faut quelle puisse continuer à faire son travail avec les moyens nécessaires et, surtout, qu’elle ait des lecteurs et de la publicité. Or, il s’avère qu’à chaque disparition d’un journal, une grande partie de son lectorat ne se reporte pas sur celui qui l’a absorbé.

Un autre moyen de perdre assurément des lecteurs, c’est de maltraiter les abonnés qui représentent encore plus de 80% des lecteurs des deux quotidiens alsaciens. La raison d’être abonné, c’est de recevoir dès potron-minet son journal dans sa boîte aux lettres. Impérativement avant 7 h du matin, sinon l’abonnement n’a plus de sens. M. Théry veut fermer des centres d’impression, d’aucuns disent même qu’un seul centre dans tout l’Est de la France suffirait à tous les titres ! L’éloignement des imprimeries du réseau des porteurs, c’est le risque assuré de retards fréquents dans la distribution.

Le plan actuel que le Crédit Mutuel veut imposer aux salariés de son groupe de presse va donc être non seulement préjudiciable aux journaux mais également à toutes les activités services offerts par le Crédit Mutuel et que la presse peut lui fournir.

Une nouvelle gouvernance du Crédit Mutuel

Un des atouts du Crédit Mutuel pour affronter le nouveau monde bancaire digitalisé, c’est son réseau d’agences de proximité et ses milliers de sociétaires. Même si leurs voix sont peu entendues, ils représentent une force avec laquelle la direction opérationnelle du Crédit Mutuel doit compter. Or, il n’y a rien de plus intolérable à un énarque que de devoir écouter ou seulement entendre la voix de citoyens par définition incultes à la science du pouvoir que seuls les diplômés de l’ENA croient posséder.

Là, également, une tendance se dessine allant vers la fermeture d’agences du Crédit Mutuel au risque de sacrifier ce réseau très imbriqué dans la population et qui ne peut pas être seulement un argument publicitaire.

La purge que le Crédit Mutuel veut administrer à sa presse semble devoir aussi s’appliquer peu à peu à lui-même.

Et on peut s’interroger sur la stratégie de M. Théry : se délester et affaiblir des atouts aussi importants que la presse et le réseau d’agences décentralisée dans la féroce bataille autour de la banque digitale n’augure rien de bon pour l’avenir de la 5e banque française dont le  résultat net du groupe s’élève à 2,410 milliards d’euros en 2016. Que pèse les petits 50 millions d’euros de perte d’Ebra dans ces conditions…

Michel Muller

M.Théry, président du Crédit Mutuel, commettra-t-il l’irréparable ?

Disons-le sans ambages : le propriétaire des deux quotidiens alsaciens veut faire disparaître un de ces titres dans les prochains mois avec des licenciements massifs dans l’ensemble du salariat. L’exécuteur en chef du plan du Crédit Mutuel, M. Carli, l’annonce clairement, il faut lui reconnaître sa franchise : « Nous garderons les « marques » et unifieront les contenus ». Ramener un journal à une simple « marque », c’est le considérer comme une vulgaire marchandise ! Non, M. Carli, un journal c’est un « titre », avec son orientation éditoriale, ses outils rédactionnels, commerciaux, techniques… Les salariés des deux journaux accepteront-ils cette liquidation en contrepartie de mesures sociales comme cela ce fait tellement souvent ?

Bref historique de la presse alsacienne

1605 : la presse d’information nait à Strasbourg. Un éditeur et imprimeur Johann Carolus lance un petit périodique intitulé « Ordinarii Avisen » présenté ainsi par son créateur  « Relation aller Fürnemmen und gedenckwürdigen Historien so sich hin und wider in Hoch unnd Nieder Teutschland, auch in Franckreich, Italien, Schott und Engelland, Hisspanien, Hungern, Polen, Siebenbürgen (Transsylvanie), Walachey, Moldaw, Türcken etc verlauffen und zutragen möchte. »

C’est le premier journal qui paraît au monde. « La Gazette » de Théophraste Renaudot ne naît qu’en 1631 et est pourtant présenté comme le premier périodique en France.

En 1650 paraît à Leipzig le premier quotidien, avec une parution sur 6 jours, les « Einkommenden Zeitungen » de Timotheus Ritzsch.  Il fallut attendre la fin du XVIIIe  siècle pour voir apparaître le premier quotidien français Le journal de Paris en 1777.

Bien évidemment, la situation florissante de la région Alsace au sein de l’espace rhénan tant sur le plan économique, technologique, commercial, culturel, en fait le berceau naturel du développement de technologie comme l’imprimerie qui facilite l’apparition d’organes d’information. De là naît en Alsace une tradition d’industrie graphique et de presse.

L’Alsace, une terre d’une presse politique et pluraliste

Ainsi, en 1885,  on compte 35 titres de presse dans la Région à l’époque territoire prussien, donc paraissant en allemand pour la plupart. De cette époque naît également la tradition du « portage à domicile » qui permet à la presse alsacienne, la seule en France, de compter aujourd’hui encore près de 80% d’abonnés parmi ses lecteurs : une véritable manne financière… que tous les quotidiens français lui envient.

En 1918, après le  retour à la France, 52 titres de presse donc 24 quotidiens sont édités en Alsace.

Les journaux, même à l’époque prussienne, sont très liés aux partis politiques et à la vie politique. Cela ne fait que se développer après 1918 où après une euphorie des Alsaciens de redevenir français, un profond malaise se développe dès 1919 devant la politique d’intégration forcenée que mènent les gouvernements de la République. En suivent des débats autour de l’appartenance à la France, du maintien de la langue, de l’autonomie à l’égard du pouvoir central… Tous les partis ont leurs journaux souvent quotidiens et donc partisans.

Dans les années 30, la forte montée de la presse d’extrême-droite en France, touche également la presse,  les Croix de feu et le Parti populaire français créent des journaux en Alsace rédigés en allemand.

Dès l’annexion par l’Allemagne nazie, la presse alsacienne est nazifiée et les autorités interdisent la parution de tous les journaux qui, de fait, disparaissent. Quatre quotidiens, tous sous contrôle du Parti Nazi les remplacent : les « Straßburger Neueste Nachrichten », organe du NSDAP dans le Bas Rhin, le « Elsässer Kurier » à Colmar, le « Mülhauser Tagblatt » et le « Mülhauser Volksblatt » à Mulhouse.

Retour au pluralisme en 1945

L’Alsace compte, en 1948, 17 quotidiens et 11 hebdomadaires. Une véritable soif d’information, de débats, de pluralisme conduit à la parution de dizaine de titres très souvent liés à des mouvements politiques ou idéologiques. Grâce aux décisions du Conseil National de la Résistance, la parution de la presse est encouragée par la création d’aides à la presse facilitant économiquement l’édition de journaux. Notons une ordonnance particulière à l’Alsace, celle du 13 septembre 1945 : entre autres sur l’utilisation de la langue française dans les journaux. La parution rédigée totalement en allemand est interdite : il faut des parutions « bilingues » et le français ne peut descendre en-dessous des 25% des textes. Sont obligatoirement rédigés  en français : le titre, la publicité, le sport, les informations légales, les articles pour la jeunesse…

Pour être lue, la presse alsacienne se doit de paraître évidemment en bilingue : les DNA en 1950 compte 75% de leur diffusion en bilingue ; les mêmes proportions pour L’Alsace à Mulhouse. Cela durera vingt ans, l’édition française passe en tête en 1970.

Les conséquences tragiques de la concentration

Mais la presse alsacienne n’échappe pas à la concentration des titres, véritables plaie de la presse française car le système chez nous est l’absorption d’un titre par un autre. Ce qui conduit à ce que nous ne connaissions plus que 66 quotidiens en France… contre 329 en Allemagne (313 journaux régionaux et des 8 titres nationaux). Le résultat de cette stratégie mortifère pour la presse quotidienne française : son tirage est aujourd’hui d’un peu plus de 8 millions d’exemplaires contre 16 millions en Allemagne.

Il est prouvé qu’à chaque disparition de titres après une concentration, il y a systématiquement perte d’au moins un tiers des lecteurs. Mieux, il est prouvé que les rares régions qui connaissent une pluralité de quotidiens, ont un taux de lectorat plus élevés que les autres régions où ne subsiste qu’un seul titre. Exemple : la Bretagne… et l’Alsace.

Notre région a failli connaître le monopole d’un seul journal début des années 1970. En effet, le journal L’Alsace était à cette époque en grosse difficultés et a failli disparaître : seul le rachat par… le Crédit Mutuel l’a sauvé. On peut donc dire qu’à cette époque, le Crédit Mutuel, du moins quatre caisses mulhousiennes et une colmarienne des CMDP ont sauvé le pluralisme de la presse dans notre région.

Le Crédit Mutuel sera-t-il à présent le fossoyeur du pluralisme historique en Alsace ?

Jamais de toute son histoire, l’Alsace n’a connu qu’un seul journal quotidien. Même sous la période nazie, elle en comptait quatre.

Et pourtant, le Crédit Mutuel s’apprête à commettre l’irréparable. Devant de (réelles) difficultés économiques au sein de son groupe presse (9 titres dans tout l’Est et Sud-Est de la France), il fait appel à un « restructurateur » patenté qui a déjà sévi au groupe Le Parisien avec un palmarès éloquent : vente de journaux, liquidation des imprimeries… sans résultat positif sur le développement des journaux.

Cette méthode radicale est celle qu’applique depuis des années la presse nationale avec le succès que l’on sait : nous sommes en queue de peloton de la lecture de la presse en Europe. La presse régionale avait échappé quelque peu à cela en développant des articles sur la vie locale, en assurant des informations de services souvent bien appréciées par le lectorat. Mais cela nécessite le développement d’agences locales et une distribution sans faille. Les quotidiens alsaciens ont, grâce à cela, développé un réseau d’abonnés qui résistent un peu mieux à l’érosion du lectorat qui touche la presse française.

Le « costs-killer » à l’œuvre…

Or, ce sont les pratiques de cette presse là que le « restructurateur » du Crédit Mutuel veut appliquer avec un remède de cheval : liquidation des titres en préservant la « marque », une sorte d’escroquerie vendue aux lecteurs de L’Alsace : leur journal gardera le nom mais le contenu sera le même que celui des DNA… Combien de postes de journalistes en moins ?

Fermeture de l’imprimerie à Mulhouse et impression à Strasbourg : ce qui facilitera évidemment, chacun le comprendra, la distribution des journaux à Ferrette les petits matins d’hiver sur les chaussées enneigées ! Et obligera la rédaction à boucler le journal dès la fin de l’après-midi…

On le voit, c’est la logique d’une économie classique et traditionnelle qui tente de s’imposer, ne tenant aucunement compte que la presse n’est pas un produit comme un autre et qu’elle a besoin d’un modèle économique spécifique. Et la presse régionale n’est en rien comparable à la presse nationale où le « costs-killer » du Crédit Mutuel a fait ses armes.

Pourtant, la presse écrite a de l’avenir : après avoir négligé pendant très longtemps la « recherche et le développement », la presse s’est mise travailler la question. Il en ressort qu’elle a des atouts considérables pour prendre sa place dans le monde de la communication tel que nous le connaissons actuellement. Pour cela, il faut certes des restructurations, des nouveaux produits y compris sur papier et imposer un nouveau modèle économique au grands groupes qui contrôle l’ensemble de la filière: elle aura besoin de toutes ses forces pour y parvenir.

Loin des idées du cost-killer qui deviendra, s’il peut aller sans encombre jusqu’au bout, le « press-killer » des journaux alsaciens.

Michel Muller, notre confrère a L’Alterpress68 – http://lalterpresse.info

(L’Alterpresse68 émane de l’association Information–Pluralisme–Débat Citoyen  (www.livre-com-alsace.com/htm/info-pluralisme-debatcitoyen.html) qui promeut le débat contradictoire, dans lequel les choses sont dites, loin du consensus mou ou de convergences tactiques, dans un vrai débat d’idées.)

Tout passe, tout lasse, sauf l’Alsace !

Tiens, tiens…

Dans la rubrique « médias-people » (c’est une vraie rubrique) du site francebleu.fr, on parlait hier mercredi de la stratégie du Crédit Mutuel, « propriétaire de L’Alsace et des DNA, (qui) entend proposer à terme le même contenu dans les deux quotidiens. »

Cette curieuse évolution de notre presse régionale suscite l’inquiétude depuis longtemps déjà, et HEB’DI a annoncé la fausse note de la banque qui donne le la dès le vendredi 23 juin. HEB’DI, qui commençait à prendre des habitudes, est bien surpris de ne pas être mentionné dans l’article du site d’information…

Bretzeler

Cet emblème comestible de l’Alsace (un de plus) a ouvert son propre musée, à Gundershoffen (67).

« C’est l’histoire d’un boulanger qui commence à vendre des petits biscuits de pâte briochée salée. Du bouche-à-oreille avec une clientèle locale qui dépasse bientôt les frontières de l’Alsace… »

Encore une fois, l’Alsace frappe fort !

La météo de ce mois de juin est un peu mouvementée, dans notre belle région.

La preuve : dans la nuit de mardi à mercredi dernier, l’Observatoire français des tornades et orages violents (Keraunos) a comptabilisé 3.180 éclairs en France. L’édition strasbourgeoise du quotidien 20Minutes pose la question : « Et qui domine le classement des 20 départements les plus touchés par cette activité électrique ? Eh oui, le Haut-Rhin ! »

Selon Keraunos, pas moins de 856 éclairs ont touché le département alsacien, dont 124 rien que sur le secteur de Colmar. « Et comme la foudre ne s’arrête pas aux frontières, les deux départements les plus frappés cette nuit après le Haut-Rhin sont ses voisins, le Bas-Rhin et les Vosges avec 289 éclairs chacun ». A priori, aucune victime n’est heureusement à déplorer : les gens sont tout de même assez raisonnables avec les éclairs, ils évitent d’en abuser.

Pas si sûre

« L’avis provisoire de l’agence de sûreté nucléaire (ASN) concernant la qualité de la cuve de l’EPR de Flamanville est rendu après plus de deux ans d’expertise. L’agence considère finalement la cuve suffisamment robuste. Mais elle impose à EDF des contrôles renforcés et le remplacement du couvercle au plus tard en 2024. Les associations anti-nucléaire jugent cette position intolérable. L’avis définitif est attendu pour octobre 2017 », peut-on lire dans le très intéressant article paru sur natura-sciences.com, concernant le feu vert reçu par EPR de Flamanville malgré la qualité -disons- approximative de la cuve.

Un pas de plus vers la fermeture de Fessenheim ? Pas si sûr, non plus.

Le grand contour ne ment… pas !

« La population du grand hamster d’Alsace, rongeur figurant sur la liste rouge des espèces menacées, a progressé d’environ 30 % depuis un an ». Mais, il y a un mais…

En effet, si le petit mammifère bénéficie depuis 2013 d’un programme de protection et que les derniers comptages sont encourageants, « on peut se demander si ces résultats sont dus à de réels progrès sur la préservation de l’habitat du hamster ou aux opérations de lâchers de hamsters en été » nuance Stéphane Giraud, directeur de l’association Alsace Nature. Autre bémol, et pas des moindres : l’habitat du hamster n’est pas sécurisé et ce « notamment avec la disparition des petites parcelles agricoles diversifiées qui apportait une diversité alimentaire, l’urbanisation et la construction du Grand Contournement Ouest de Strasbourg», selon le même Stéphane Giraud.

Souvenons-nous qu’en juin 2011 la Cour européenne de justice avait rappelé la France à l’ordre sur la situation du grand hamster d’Alsace, estimant que les mesures mises en œuvres n’étaient « pas suffisantes » pour assurer une « protection stricte de l’espèce ».

On sait ce que les cancres font des rappels à l’ordre…

DNA, L’Alsace : 1500 emplois menacés ! Les clients du Crédit Mutuel vont-ils payer l’addition ?

À la rentrée, Nicolas Théry, le nouveau patron du Crédit Mutuel, aura une difficile décision à prendre pour sa filiale EBRA

Créé en 2006, EBRA est un groupe de presse quotidienne régionale. Depuis 2009  le Crédit Mutuel en est l’unique propriétaire.

Le groupe EBRA gère pas moins de neuf quotidiens régionaux , trois hebdomadaires et deux journaux gratuits.

Frantz Durupt, journaliste à Libération,  affirmait à l’époque « la règle pour les journalistes est de ne pas parler du Crédit Mutuel… sauf évidemment s’il s’agit de promouvoir ses actions caritatives et les événements dont il est partenaire ».

En novembre 2012, le groupe EBRA crée un “Bureau d’informations générales” chargé de couvrir les informations nationales et internationales pour tous les titres du groupe.

Les équipes locales ne se chargent alors plus que de l’information régionale et du sport.

Mais le pôle presse du Crédit Mutuel perd chaque année environ 50 millions d’euros pour 800 millions de chiffre d’affaires.

Début 2017, Philippe Carli remplace le charismatique Michel Lucas à la tête d’EBRA.

Selon de nombreuses sources concordantes, le rôle du nouveau patron d’EBRA serait d’organiser la vente du groupe, une restructuration serait un plan B

C’est ce que va  bientôt décider Nicolas Théry, mais dans tous les cas une restructuration profonde du premier bloc de presse quotidienne régionale s’impose.

La vente du groupe ne permettra pas au Crédit Mutuel (dont le siège est à Strasbourg) de retrouver les plus de 750 millions d’euros investis par le passé. Pire, il est fort probable que 250 millions d’euros soient nécessaires pour restructurer le groupe EBRA.

La restructuration obligerait la banque à revoir complètement le fonctionnement de son pôle presse : la fabrication de la dizaine de quotidiens sera alors concentrée sur deux sites, en Lorraine et du côté de Lyon – 1500 salariés pourraient y perdre leurs emplois !

Près d’un milliard a été injecté par la banque dans les quotidiens locaux. Que vont en penser les sociétaires ?