Jeudi : Ne pas être dupe de l’euro sceptique

Patati et pathétique

Si l’on en croit Nicolas Domenach : “François Hollande le stupéfait et le bluffe presque. Voilà un ancien président de la République délégitimé, au point qu’il n’a pas pu se représenter, et qui du haut de son discrédit n’en dispense pas moins des leçons à la terre entière, et à son successeur en particulier. Plutôt que de se taire un bon bout de temps, plutôt que de se faire oublier – comme le lui recommandait tout le monde, y compris nombre de ses proches -, François Hollande a donc choisi de faire du bruit pour tenter de réhabiliter son bilan que personne, il est vrai, ne se précipitait pour défendre.”

Il est pathétique, certes, mais que dire de ces invraisemblables français qui font la queue sur le trottoir jusqu’au milieu de la nuit pour le voir et se faire dédicacer ce qu’il faut se résoudre à appeler livre ?

A pathétique, pathétiques et demi !

Mamma mia !

Dans Libé : “Comment l’Italie, au cœur de l’EU, s’est choisi un gouvernement eurosceptique ?”

Comment l’Italie, l’un des six pays à l’origine du projet européen et qui en a célébré les 60 ans en grandes pompes l’an dernier, est-elle devenue le premier d’entre eux à se doter d’un gouvernement populiste et eurosceptique ? Même si elle s’inscrit dans un mouvement plus large après le Brexit, l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis ou le succès de Viktor Orban en Hongrie, l’arrivée au pouvoir de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème) fait de l’Italie «une sorte de laboratoire du populisme», s’inquiétait récemment le quotidien La Repubblica. Les experts l’expliquent en premier lieu par un «désamour» envers l’Union européenne, coupable d’avoir imposé l’austérité comme seule réponse à la crise ou encore d’avoir tourné le dos quand l’Italie s’est retrouvée face au défi migratoire.”

Etc, etc…

Et blablabla et que j’invite des experts, et que j’invoque les esprits… Ce qui m’étonne, moi, c’est que la presse (pas seulement Libé) ose encore poser la question en jouant à la vierge effarouchée.

Que doit-il arriver pour que le sentiment (j’aurais pu écrire le ressentiment) des peuples européens (c’est un gros mot ?) soit pris en compte ? Qui les affreux peuples européens doivent-ils porter au pouvoir (vous aurez remarqué la subtilité consistant à ne pas dire “élire” mais “porter au pouvoir”) pour que ces messieurs-dames des salons dorés de la stratosphère politique veuillent bien ouvrir les yeux et les oreilles ?

Du coup…

Après des propos peu amènes tenus par le ministre français Bruno Lemaire consistant, en gros, à dire que les italiens étaient des demeurés qui avaient voté sans savoir ce qu’ils faisaient, Matteo Salvini a répliqué en disant “Que les Français s’occupent de la France et ne se mettent pas à casser les pieds des autres.”

Ben alors, Matteo, t’as pas compris que seuls les français votent “bien”?

Fin du monde

Vers une pénurie du vin rosé cet été en France ? C’est en tout cas ce que soulignent Les Echos, repris par Le Télégramme de Brest (c’est dire si c’est grave !) expliquant que “la petite récolte du millésime 2017 ne suffira pas à étancher toutes les soifs”.

Là, mes amis, ça sent vraiment la fin !

 

Lundi : Desseins impénétrables

Allah la !

Les réactions sont nombreuses à la suite de la parution, dimanche dans Le Parisien, d’un « manifeste contre le nouvel antisémitisme » alimenté, selon les 300 signataires, par la « radicalisation islamiste ».

Rédigé par Philippe Val, l’ancien directeur de Charlie Hebdo, le texte dénonce une « épuration ethnique à bas bruit » dans certains quartiers.

« Dans notre histoire récente, onze Juifs viennent d’être assassinés – et certains torturés – parce que Juifs par des islamistes radicaux », écrivent-ils notamment. « 10 % des citoyens juifs d’Île-de-France – c’est-à-dire environ 50.000 personnes – ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités », dénoncent les signataires de ce texte, parmi lesquels figurent Nicolas Sarkozy, trois anciens premiers ministres, mais aussi des artistes comme Charles Aznavour ou Françoise Hardy et des responsables des religions monothéistes, Mgr Joseph Doré, le grand rabbin Haïm Korsia ou l’imam Hassen Chalghoumi.« Nous demandons que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémitisme catholique aboli par Vatican II », exhortent ces personnalités.

Je sais que je me répète, mais j’ai vraiment de plus en plus de mal à croire que je vis au XXIème siècle. J’ai dû me gourer quelque part, appuyer sur un bouton, je ne sais pas, je ne sais plus.

En 2018, une partie de l’humanité en exhorte une autre à modifier un texte truffé d’inepties et de préceptes funestes. Ils ont marché sur la lune, font de la microchirurgie, sont capables de voir jusqu’au fin fond de l’univers, ils se déplacent en avion, ont consulté leurs smartphones, se font poser des prothèses de la hanche et regardent des films en se cognant dans les lampadaires… Et l’évolution humaine les conduit à demander la réforme d’un texte datant de quatorze siècles dans l’espoir de vivre tranquilles… !

Re-Nuls

Alain Chabat a évoqué une possible re-formation de Les Nuls avec Dominique Farrugia et Chantal Lauby.

Mais à une condition : que ce soit pour la bonne cause. « Avec Chantal Lauby et Dominique Farrugia, on s’est dit que le seul contexte possible serait une action caritative. Pour éviter qu’on nous soupçonne de nous reformer uniquement pour le blé », a-t-il expliqué.

Bon alors ça va, on n’aura pas la version humoristique d’âge tendre et têtes de bois.

Amère Amérique

La Cour suprême des Etats-Unis a rejeté l’appel d’un homme condamné à 241 années de prison dans le Missouri pour une journée de violents vols à main armée commis à l’âge de 16 ans. Cette décision de la haute cour revient à confirmer la sentence extrêmement lourde infligée à Bobby Bostic, qui ne pourra théoriquement prétendre à une libération conditionnelle qu’une fois atteint l’âge de 112 ans.

Le 12 décembre 1995, l’adolescent avait commis plusieurs vols sur la voie publique, avec un complice âgé de 18 ans. Il avait tiré en direction d’une de ses victimes, qui avait été éraflée par la balle. Les deux jeunes avaient aussi agressé une femme, dont ils avaient dérobé la voiture. Au total, M. Bostic s’est retrouvé inculpé de 18 infractions pénales, criminelles dans leur majorité.

La juge de la ville de St. Louis qui l’avait condamné avait pris la décision de cumuler les peines et non de les confondre. Cette magistrate, Evelyn Baker, a longtemps après admis que cette réclusion de 241 années, équivalant à la perpétuité, avait une durée disproportionnée.

Dans son appel à la Cour suprême, Bobby Bostic demandait à être rejugé et à bénéficier du 8e amendement de la Constitution américaine qui bannit les “peines cruelles ou inhabituelles”.

En 2010, la plus haute instance judiciaire des Etats-Unis a pourtant interdit l’emprisonnement à vie d’une personne mineure n’ayant pas commis d’homicide, ce qui est le cas de Bobby Bostic. En 2012, la haute cour a étendu cette interdiction aux mineurs auteurs d’un homicide, puis a jugé en 2016 que la mesure pouvait s’appliquer rétroactivement.

Pourquoi, dans ces conditions, Bobby Bostic, ne bénéficie-t-il pas de cette jurisprudence ? Car les procureurs du Missouri maintiennent, premièrement, qu’elle s’applique à un crime unique et, deuxièmement, que Bostic a été condamné à une très longue peine et non à la perpétuité.

Allez, tout le monde répète après moi : Amérique, pays de la liberté, du rêve américain, de la démocratie, de la justice… du droit?

Qué Kate ?

Kate Middleton est entrée à la maternité ce lundi 23 avril pour donner naissance à son troisième enfant. Dans quelques heures, elle viendra le présenter aux médias et la tenue qu’elle choisira sera évidemment au cœur de toutes les attentions.”

Voilà, juste pour que nous ne passiez pas à côté d’une information capitale.

Papier mâché

Le climat de haine à l’encontre des journalistes qui se développe notamment en Europe et aux États-Unis menace les démocraties, s’inquiète Reporters Sans Frontières dans son rapport annuel.

Chaque année, Reporters sans frontières (RSF) dresse son classement mondial de la liberté de la presse. Bilan: en 2017, 21 pays ont été placés en situation « très grave ». Un niveau record, s’inquiète l’ONG. L’Irak bascule ainsi dans la catégorie où figurent déjà plusieurs régimes autoritaires comme l’Égypte (161ème), la Chine (176ème) ou la Corée du Nord, toujours en dernière position. Seulement, les discours de haine et les attaques contre la presse ne sont à présent plus l’apanage des seuls États autoritaires.

“Ce classement traduit un phénomène malheureusement manifeste, la croissance dans bon nombre de démocraties de l’expression de la haine contre les journalistes, et la libération de cette haine est vraiment dangereuse”, résume Christophe Deloire, secrétaire général de l’organisation. Un phénomène qui touche, selon lui, “des démocraties aussi différentes que les Philippines (133e), avec le président Duterte qui prévient qu’être journaliste “ne préserve pas des assassinats”, qu’en Inde (138e), où des armées de trolls à la solde des partis politiques appellent à la haine des journalistes, ou les États-Unis, où Donald Trump les qualifie d’“ennemis du peuple”, une formule prisée par Staline.”

Si la Norvège maintient son 1er rang au classement, “il y a une inquiétude très forte pour les démocraties européennes”, estime Christophe Deloire. “4 des 5 plus grandes baisses du classement sont en Europe, la zone dont l’indice global est en plus grande dégradation c’est l’Europe, et l’expression de la haine mène in fine à des violences physiques”, dénonce-t-il.

Certes, cet article parle de la haine et des violences contre les journalistes. Mais saisissons là l’occasion pour dire que l’insuffisance – et dans pas mal de cas l’absence d’indépendance (pour ne pas dire la totale dépendance) – de titres de presse donnant l’illusion de l’indépendance et de ce qui est censé aller avec, la liberté d’expression, évolue dans un sens qui ne peut que nous inquiéter. En tout cas, qui devrait nous inquiéter.

Hein ? Vous n’en n’avez rien à f… ? Ah ben c’est pour ça alors!

Œufs frais

Les parents du petit Tiantian avaient conçu un enfant en ayant recours à la fécondation in vitro et avaient fait congeler plusieurs embryons. Mais ils sont décédés dans un accident de voiture. Après leur disparition, leurs parents et désormais grands-parents du bébé ont mené un bataille légale pour obtenir les œufs fertilisés et congelés auprès de l’hôpital de Nanjing.

Après avoir remporté le droit d’acquérir les œufs fertilisés à l’issue d’une décision de justice inédite, les grands-parents ont dû trouver une mère porteuse. La pratique étant illégale en Chine, ils ont trouvé un accord avec une femme originaire du Laos.

Une fois la grossesse arrivée à terme, la mère porteuse s’est rendue en Chine où elle a accouché, assurant ainsi la nationalité chinoise au bébé.

Selon la BBC, les quatre grands-parents sont ravis d’avoir pu ainsi perpétuer la lignée familiale.

Imaginons que les grands-parents meurent à leur tour avant d’avoir pu réaliser leur rêve… Le petit serait né après ses grands-parents et ainsi de suite serait-on tenté de dire. On pourrait en rigoler mais ça fait plutôt froid dans le dos. Vous ne trouvez pas ?

 

Virginie Calmels : Des racines et des ailes pour la droite ?

Parce qu’elle le vaut bien…

Après avoir été directrice financière de l’international et du développement du groupe Canal+, puis directrice financière de Canal+SA, Virginie Calmels est nommée directrice générale adjointe puis co-directrice générale déléguée de la chaîne en 2002. Avant de rejoindre en 2003 le groupe de production télévisuelle Endemol France en tant que directrice générale, elle ne manquera pas de mener deux plans sociaux, au nom de « l’efficacité et la compétitivité de l’entreprise ». Devenue présidente du groupe en 2007, l’entreprise affiche dès 2012 un taux de rentabilité record (le plus élevé des 31 pays que compte le groupe Endemol), un résultat qui la propulse à la tête d’Endemol Monde (sans pour autant lui faire perdre ses fonctions de présidente d’Endemol France).

Cumularde, elle est à la fois administratrice de la société Iliad (Free) depuis 2009, administratrice d’Assystem et censeur de Technicolor depuis 2016, après en avoir été administratrice de 2014 à 2016. Finalement, en janvier 2013, elle annonce sa décision de démissionner de ses fonctions de D.G. d’Endemol Monde et de présidente d’Endemol France pour créer sa propre entreprise, Shower Company.

Logiquement faite Chevalier de l’ordre national du Mérite en 2008, elle est alors l’une des plus jeunes femmes décorées de cette médaille. Elle est également lauréate du Prix de la Femme d’Influence en 2014 (catégorie Politique Espoir), logique là encore.

Au travers de son parcours, c’est un peu l’entreprise et les valeurs qu’elle porte qui sont saluées.

Et que la République aime ça !

Virginie Calmels est actuellement première adjointe au maire de Bordeaux, Alain Juppé, vice-présidente de Bordeaux Métropole et présidente du groupe d’opposition à la région Nouvelle-Aquitaine. Elle est également présidente de l’Établissement public d’aménagement (EPA) Bordeaux-Euratlantique. Elle est première vice-présidente et vice-présidente déléguée des LR (depuis décembre 2017).

Elle est investie par Les Républicains pour les élections législatives de 2017 en Gironde mais a finalement fait savoir qu’elle ne serait pas candidate afin de se consacrer à la mairie de Bordeaux. En décembre 2016, elle créé son mouvement politique, DroiteLib, « un mouvement pro-Fillon et anti-Macron », qu’elle lance officiellement le 25 janvier 2017, en présence de François Fillon et Alain Juppé.

Plus tard, dans le cadre de l’affaire Fillon, elle appelle le candidat LR François Fillon à se retirer au profit d’Alain Juppé, sans toutefois démissionner de la campagne. Elle appelle à une rencontre entre Sarkozy, Juppé et Fillon afin de sortir de la crise, estimant que François Fillon (après le départ de Bruno Le Maire, de l’UDI et des juppéistes) n’est plus en mesure de rassembler son camp. Après le refus par Alain Juppé d’être le plan B et avec le retour de l’UDI dans la campagne, elle demeure finalement aux côtés de François Fillon. Quelques semaines plus tard, elle participera ainsi à un meeting du candidat à Biarritz… Bon, pour le flair, on peut faire mieux !

Coup de théâtre en septembre 2017 : elle annonce finalement son ralliement à Laurent Wauquiez pour l’élection à la présidence du parti et forme avec lui un ticket pour la présidence des LR. Cette décision est une surprise, dans la mesure où elle incarne un courant libéral plus modéré. Elle assume ces différences de sensibilité et se justifie :

« Nous sommes complémentaires (…) Je le rejoins en restant ce que je suis. Je suis juppéiste. Je suis libérale. Et je l’assume. Mon tempérament et mon parcours prouvent que je ne suis pas dénaturable. Nos sensibilités diffèrent mais notre socle économique, régalien et éducatif est semblable. Avec lui, nous allons rassembler autour des axes forts : l’humanité, la liberté et la sécurité. »

Il faut bien se retrouver sur quelque chose…

Après l’élection d’Emmanuel Macron, elle affirmera son positionnement à droite, arguant que, non, ceux qui ont rejoint En marche n’ont pas apporté avec eux des projets de la droite ! Par exemple :

« La hausse de la CSG n’était pas dans le programme d’Alain Juppé. La retraite à 65 ans, la fin des 35 heures, la suppression de l’ISF, la baisse de 100 milliards de la dépense publique et de 40 milliards des charges sociales, les quotas d’immigration, le rétablissement des peines plancher, la hausse des moyens pour l’armée, la police et la justice, etc. Tout cela était dans le programme d’Alain Juppé mais n’est pas dans celui d’Emmanuel Macron. »

Son “programme” à elle (ouh le gros mot !) consiste en la réduction massive des dépenses publiques et du nombre de fonctionnaires en réinstaurant du management dans la fonction publique : « Je fais plus confiance à des millions d’individus libres et responsables qu’à une poignée de dirigeants publics ». Elle s’assume ainsi comme une libérale mais pour qui il faut « combattre les rentes et le capitalisme de connivence tout comme l’évasion fiscale, tant d’actions publiques qui faussent le marché et nuisent à une juste concurrence » et pour qui le rôle de l’État « consiste à faire reculer la place de l’Etat pour qu’il se recentre sur la protection des libertés individuelles, la protection de la propriété, le droit à la sécurité » (in L’Opinion,‎ 22 mai 2017).

Ce qu’elle a à dire ici et maintenant

La n°2 du parti Les Républicains était donc présente jeudi dernier à Strasbourg. Une présence dans l’Eurométropole que l’on qualifiera de “symbolique” (d’abord parce que Madame Calmels n’a pas répondu lorsqu’on lui a demandé les raisons de sa visite) parce que sans doute due à l’attachement naturel de sa famille politique pour l’Union Européenne. Les Républicains est, elle le répète, un parti pro-européen. A un détail près, c’est qu’il ne partage pas l’idéal macronien d’une Europe fédérale mais celui d’un « pouvoir européen régalien ». C’est d’ailleurs bien dans ce sens que Virginie Calmels propose un « Buy European Act » qui réserverait certaines commandes publiques à des entreprises européennes, sur le modèle du « Buy American Act » aux Etats-Unis.

Elle évoque aussi des listes républicaines strasbourgeoises très dynamiques et parle d’un mouvement local intéressant qui expliquerait sa présence dans la capitale alsacienne. Elle est d’ailleurs entourée de jeunes LR alsaciens.

La majeure partie de l’entretien est l’occasion pour Virginie Calmels d’expliquer les différences qui l’opposent à Emmanuel Macron, elle qui avait été invitée à rejoindre les listes d’LREM au moment des élections présidentielles :

Elle se justifie aussi d’avoir rejoint Wauquiez… Elle s’est toujours elle-même considérée comme un pur produit de la méritocratie mais, comme “elle ne savait pas quoi faire” elle a suivi une école de commerce, ce qui explique son appétence pour les questions économiques et son idéologie libérale. Tout cela l’avait naturellement conduit à rejoindre Juppé. Mais par désir d’unification, Virginie Calmels a rejoint Laurent Wauquiez au moment de sa nomination. Elle se défend d’avoir « trahi son clan» comme certains l’ont affirmé. Selon elle, sa famille politique doit rester unie tout en prenant en compte des différentes sensibilités qui la composent.

Un véritable challenge qui, s’il réussit, pourrait donner un coup de fouet voire des ailes à une droite à la recherche d’elle-même.

 

Saine lecture : La noblesse alsacienne

Vient de paraître ce livre de plus de 380 pages, édité par I.D. l’Edition, qui nous ouvre les portes du quotidien, mal connu, de la noblesse alsacienne au XIXe siècle.

Marc Glotz, son auteur, spécialiste de la noblesse alsacienne, ancien directeur d’école, vice-président de la Société d’Histoire du Sundgau, a réussi avec tact et bonheur à exploiter des archives privées, soit un exceptionnel ensemble de correspondances et de photos conservées par des familles attachées à leur histoire.

Marc Glotz a utilisé ces écrits d’une grande qualité littéraire pour nous présenter une histoire de la noblesse d’Alsace entre 1800 et 1914 avec un éclairage particulier sur la guerre de 1870-1871 et l’époque du Reichsland.

C’est à partir des souvenirs de Louis de Mullenheim, mais surtout des lettres de son épouse Jeanne, née Coëhorn, adressées à sa cousine Adèle de Dalwigk, que Marc Glotz a pu reconstituer la passionnante histoire étalée sur quatre générations de deux familles aristocratiques alsaciennes, les Coëhorn et les Mullenheim tout au long du XIXe siècle.

« Au-delà de cette chronique familiale vivante et souvent édifiante, c’est une fresque des us et coutumes d’une époque, ainsi que de nombreux épisodes de l’histoire de l’Alsace et de l’Europe qui défilent à travers le regard de la noblesse de notre province. »

CP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Miroir de la Noblesse Alsacienne au XIXe siècle

Par Marc Glotz (I.D l’Édition, 2018)

Lundi : À votre service !

Enfoirés !

Jean-Marie Bigard a accusé la troupe des Enfoirés de garder une partie de l’argent collecté lors des concerts. Alors que Coluche avait dit, selon lui, qu’il ne devait rien rester et que tout l’argent ramassé devait être redistribué, Mimie Mathy et sa bande garderaient “une caisse de ravitaillement de secours”.

(photo officielle http://www.enfoires.fr/)

Je n’étais pas d’accord sur deux-trois trucs, notamment de garder de l’argent qui n’était pas utilisé, alors que ce n’était pas la volonté de Coluche”, ” Moi, cette petite caisse de ravitaillement de secours, elle ne me plaisait pas tellement.”

Il a également évoqué le “snobisme des Enfoirés”, assurant que Carlos, pourtant vieil ami de Coluche, n’avait jamais pu participer aux concerts parce qu’il ne vendait pas assez de disques.

Ce n’est donc pas pour rien qu’on les appelle les “Enfoirés”…

Bande de Bataves

Les députés néerlandais ont voté pour l’abrogation de la loi sur les référendums consultatifs, un type de scrutin qui avait placé le gouvernement dans une position délicate lorsque les citoyens ont rejeté en 2016 l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine.

“L’abrogation du référendum consultatif a été votée par la chambre basse comme le prévoyait l’accord” signé par les partis membres de la coalition, a déclaré vendredi Hugo de Jonge, vice-premier ministre et ministre de la Santé, du Bien-être et des Sports.

La proposition de loi doit encore être approuvée par le Sénat. D’ici là, un autre référendum consultatif aura toutefois lieu le 21 mars, en même temps que les élections municipales. Le vote portera sur une loi autorisant les services de renseignements à déployer un système pour “mettre massivement sur écoute les communications en ligne, y compris des citoyens non suspects”, selon ses détracteurs.

Voilà voilà… Et n’oublions pas, nous européens, de donner des leçons de démocratie à la Terre entière, aux russes notamment.

A moi la plus grosse !

La Russie a lancé avec succès un nouveau missile hypersonique (plus de 5.000 km/h, plus de “dix fois la vitesse du son” d’après Poutine) qui l’a qualifiée “d’arme invincible”, a annoncé dimanche le ministère russe de la Défense. Le missile Kinjal (poignard) a été lancé par un chasseur russe MiG-31.

Les MiG-31 ont dû être modernisés afin de pouvoir transporter les missiles Kinjal, a précisé sur Facebook le vice-Premier ministre Dmitri Rogozine :

“Les missiles aériens de haute précision Kinjal sont destinés à détruire des cibles terrestres et maritimes”, a rappelé le ministère de la Défense, assurant qu’il n’existe pas d’équivalent au missile Kinjal dans le monde”

Le président russe a assuré que les missiles Kinjal ainsi que d’autres nouvelles armes russes “à portée illimitée”, “hypersoniques” ou laser, étaient “invincibles”. Il avait alors intimé les Occidentaux à “écouter” la puissance militaire retrouvée de la Russie, tout en assurant qu’il “ne menaçait personne”.

Je sens que lors de la prochaine guerre, qui arrive de plus en plus vite, on va bien se marrer. Pas longtemps, mais on va se marrer.

Sans blague ?

L’Amérique a fait payer cher la crise aux banques de la planète. Ce n’est pas moi mais Les Echos qui le disent. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Quoique…

Les grandes banques américaines et européennes ont déboursé pas moins de 345 milliards de pénalités financières entre 2009 et 2017. Une somme très largement captée par les autorités américaines, et seulement à 6 % par les régulateurs européens.

“Depuis la crise financière, une avalanche d’amendes, pénalités et règlements à l’amiable s’est abattue sur les grandes banques américaines et européennes. Selon une étude du Boston Consulting Group, les géants de la finance ont ainsi été contraints de débourser pas moins de 345 milliards de dollars entre 2009 et 2017. Encore, ce montant est certainement inférieur à la réalité, les décomptes du BCG ne retenant (jusqu’en 2015) que les coûts supérieurs à 50 millions de dollars, et ne concernant que les 50 plus grandes banques de la planète. “

Rappelons-nous qu’il y a dix ans, lorsque cette crise a commencé, ceux qui dénonçaient ce que Les Echos font mine de découvrir aujourd’hui passaient au mieux pour des doux-dingues à tendance complotiste, au pire pour des psychopathes aveugles incapables de voir les bienfaits des mesures mises en œuvre par les banq… euh pouvoirs publics.

Poupée de cire, poupée de çon

… à tel point que la photo a disparu de tous les écrans !

Vous, je ne sais pas, mais moi j’ai eu peur en voyant resurgir Berlusconi. Pas politiquement, non, avec l’Italie on ne peut plus être surpris, mais physiquement. J’ai cru que sa statue de cire s’était échappée de Grévin.

 

Sa (nouvelle) tête me fait penser à celle des marionnettes ou des poupées en plastique, avec leurs traits figés, leur regard inexpressif. Quand il sourit j’ai peur que le plastique ne résiste pas et qu’il nous éclate à la figure. Les dégâts ne sont pas aussi étendus que chez Mugler, certes, mais tout de même, la nouvelle tronche berlusconienne a de quoi laisser perplexe. On dirait un robot. R2D2 en version plastic-spaghetti. Mama mia !

 

 

Vendredi : À fond les gamelles

 Bouteille à la mer

Lorsqu’un roi, chef de parti, pilote, figure rassurante et paternelle occupe cette place, il fait régresser les êtres démocratiques à la situation d’enfants qui aiment leurs parents car ces derniers les protègent des adversités et de l’incertitude. […] Avec Emmanuel Macron, le pays est confronté à une combinaison remarquable, l’idéologie néolibérale naturalisée et le chef qui est là pour l’appliquer. En expliquant que les Français ont envie que cette place vide soit désormais occupée, entendez par un exécutif fort et actif qui va, grâce à sa volonté réelle, transformer de fond en comble le pays, ce qu’il propose à chacun, c’est de redevenir ce petit enfant insouciant. Insouciant malgré le terrorisme, malgré la guerre, malgré l’exercice de la domination entrepreneuriale au cœur de toutes nos institutions publiques et privées, malgré l’esclavage qui redevient banalité du mal à l’ombre de l’Europe.”

Dans sa chronique historique sur Libé, la directrice de recherches en histoire et science politique au CNRS Sophie Wahnich nous parle de la démocratie, cette belle et exigeante  forme politique qui demande « d’affronter le tragique, les responsabilités et l’angoisse ». Renoncer à la complexité d’un tel théâtre politique est toujours tentant : refus du tragique et refuge dans une idéologie de « système », rassurante, protectrice, et autoritaire : voilà le vrai drame de notre société depuis la Révolution Française. Un bel article qui conseille de ne pas se laisser bercer par le doux ressac d’un océan trop paisible, presque immobile. Et qui lance une bouteille à la mer : « Merci à ceux qui rouvrent le conflit ! »

Une conclusion qui se médite alors même que le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer et sa réforme du Bac ont semblé enchanter la majorité des spectateurs de France 2 dans l’Émission politique d’hier soir :

Convaincant pour 71 % des téléspectateurs, selon un sondage réalisé pendant L’Émission politique, auprès de 1 052 personnes, Jean-Michel Blanquer a séduit à gauche et à droite. « Il a cassé la baraque », résume Brice Teinturier, directeur général d’Ipsos France, face à ce score inédit. […] « J’en suis presque ému”, a-t-il réagi après l’annonce de ce chiffre.”

Beau fleuve tranquille, mer immobile, et je ne résiste pas à citer Le Lac : “Un soir, t’en souvient-il ? Nous voguions en silence ; On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux, Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence, Tes flots harmonieux“… ©L’éternel Alphonse

En direct des JO d’hiver où Pierrot Persil a tenté d’interviewer le président.

Noir et blanc

La fusillade de Floride est la dix-huitième depuis le début de l’année (la moitié n’a pas fait de victimes), et la 291e visant un établissement scolaire depuis le début de 2013 […] Le président a estimé à plusieurs reprises que la multiplication des tueries, un phénomène spécifiquement américain, relève davantage d’un problème de santé publique, soulignant l’état mental des auteurs, que d’un accès aux armes trop facile. Les Etats-Unis, qui comptent 4,4 % de la population mondiale, concentrent 42 % des armes en circulation dans le monde.”

On s’étonnera toujours des lectures archi-manichéennes faites par certains hommes politiques américains après des événements tragiques tels que la fusillade qui a éclaté ce mercredi dans un lycée de Floride. « C’est juste le mal à l’état pur », a ainsi lâché le gouverneur de Floride, Rick Scott, lors d’un point presse. Et ce alors même que le shérif local  faisait aveu d’impuissance face à la trop grande accessibilité des armes à feu : « Si quelqu’un veut vraiment commettre un carnage, il n’y a pas grand-chose que l’on puisse ou que les forces de l’ordre puissent faire. »

On se rappellera à loisir qu’après la tuerie de Las Vegas, le président des Etats-Unis avait exclu toute initiative de sa part, justifiant que « le gouvernement n’a pas à dicter quels types d’armes à feu les personnes honorables et honnêtes sont autorisées à posséder. »

Il y a donc les bons, les honnêtes citoyens et les mauvais, les fous contre qui on ne peut rien faire. Et tout ce joli petit monde monochrome peut grosso merdo se procurer un semi-automatique à la supérette du coin.

Et votre vision du monde, on vous la sert en noir ou en blanc ?

Electrique !

Ils sont encore inconnus en France, mais ils ont des convictions à revendre : Volt, le premier parti politique paneuropéen regroupant pour l’heure essentiellement des candidats-citoyens souhaite redynamiser l’Europe. Rebrancher la machine, revitaliser la vieille entité. Ce tout jeune groupement inauguré en mars 2017 se lance demain en France. Pour contrer la décision prise par le Parlement qui a voté contre la création de listes transnationales pour les élections européennes, le petit parti (qui n’en est pas un officiellement) prévoit de « présenter des candidatures dans les différents pays où il s’est implanté, via des partis nationaux comme Volt France ou Volt Italie, coordonnées par l’organisation-cadre Volt Europa. »

Ni de droite, ni de gauche, le mouvement a publié sur son site un manifeste qui détaille sa ligne politique (électrique).

Pardonnez l’enfant du siècle que je suis, mais je laisserai la parole à ce bon vieux Dumbledore, qui nous rappelle que « Même dans les moments les plus sombres, il faut se souvenir de rallumer la lumière. »  Tant qu’il ne s’agit pas que d’un petit feu de paille…

Tourisme glacé

Le gouvernement chinois a demandé à ses ressortissants  qui voyagent  en Antarctique de minimiser leur impact sur l’environnement, par le biais de nouvelles lois entrées en vigueur la semaine dernière. Les chinois ont donc l’interdiction « d’introduire des produits polluants, de rapporter des éléments naturels, de toucher ou nourrir les animaux, de laisser des déchets solides ». Ces derniers représentent la deuxième nationalité de touristes visitant le continent, derrière les Américains. De novembre 2016 à mars 2017, ils étaient 5 286 pour un total de 44 300 touristes, selon l’Association internationale des agences de voyage en Antarctique.

Car oui, l’Antarctique est en train de devenir une destination tendance !

Un voyage de Beijing jusqu’en Antarctique coûte en moyenne entre 60 000 yuan (9 500 dollars) et 130 000 yuan. Les activités proposées par les agences de voyage varient de l’observation des manchots et des glaciers à  la visite de centres de recherches chinois.

Une pensée aux manchots qui finiront sur les selfies de riches citoyens chinois… On n’arrête pas le progrès !

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Pingouinement vôtre,

Rosalie

La nouvelle arme chimique de Daesh ?

Vendredi frileux

Froid dans le dos

©Kamila Stepien

Reportage glaçant du journaliste de l’émission Quotidien, qui s’est rendu en Hongrie où une deuxième clôture électrifiée anti-migrant est construite depuis février, et où l’Etat a lancé une grande campagne pour recruter des chasseurs de migrants. Oui, oui.

On ne sait pas trop ce qu’il y a de plus effrayant et de nauséabond : les publicités hongroises pour devenir « chasseur frontaliers » (selon leur nom officiel), qui ressemblent à des trailers de films américains, les entretiens ultra-surveillés par la chargée de communication ou bien ce type moustachu qui soupèse une mitraillette avec fierté devant des volontaires amorphes et sans âme…

Tout va bien dans le meilleur des mondes.

Et pendant ce temps-là, à Strasbourg

Des militants identitaires ont annoncé l’ouverture d’un bastion social à Strasbourg dont l’objectif est de « s’occuper des nôtres avant les autres », autrement dit de venir en aide à des sans-abris triés selon leur ethnie et leur nationalité. Ce mouvement, lié à l’extrême-droite radicale et aux mouvements néofascistes italiens, a diffusé l’ouverture du bar associatif baptisé L’Arcadia sur les réseaux sociaux. Celle-ci aura lieu le 9 décembre à 15h. L’adresse exacte est encore inconnue.

Des radicaux d’extrême droite qui s’emparent de la question sociale à leur sauce, voilà une nouvelle un brin alarmante… Et le meilleur, c’est que la fête d’ouverture est prévue en plein marché de Noël ultrasécurisé, au « centre de Strasbourg » (seule précision indiquée par l’affiche de l’évènement). De la castagne en perspective donc ?

Vers l’infini et l’au-delà

Mike Hughes est un bonhomme pas comme les autres : il est persuadé que la théorie selon laquelle la Terre est ronde n’est qu’un complot organisé par les scientifiques et les astronautes. Et que la Nasa est contrôlée par « des francs-maçons partisans de l’idée d’une planète ronde ».

Alors cet américain a construit une petite fusée rouge à vapeur, en forme de suppositoire et qui nous rappelle légèrement celle de Tintin. Fusée avec laquelle il a bien l’intention de s’envoler pour ramener des photographies et prouver ainsi au monde que la Terre est plate.

Un illuminé qui s’en va conquérir les étoiles, il nous paraîtrait presque sympathique !

Jésus et Poutine, ces idoles de la jeunesse

Selon un récent sondage du premier réseau social de Russie “Vkontakte” (le site 8e étage nous rappelle que ce sondage ne concerne qu’un échantillon plutôt réduit de 10.000 jeunes et que ses chiffres sont donc à prendre avec précaution), les modèles les plus populaires de la génération 14/25 ans sont… Vladimir Poutine (!) ainsi que le milliardaire américain Elon Musk, puis Jésus Christ.

Jésus-Marie-Poutine ! On est pas du genre complotiste à Heb’di, mais on espère sincèrement que ce sondage est truqué par le Kremlin ou, au moins, la Nasa.

Péril mortel écarté

Nos vieux croûtons de l’Académie des Palmes sont revenus sur leur discours en grande pompe d’octobre… Souvenez-vous :

Devant cette aberration inclusive, la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures ”

On apprend à présent que l’Académie française va se pencher sur la féminisation des titres, fonctions et grades dans la langue française d’ici la fin d’année.

Pour fêter ça, on poste un souvenir du “Giscard keskidi”, compilation des meilleurs passages d’interview de l’éminent membre de l’Académie française, Valéry Giscard d’Estaing. Qu’on se le dise : c’est pas notre petit père baragouinant qui va sauver la langue française.

Avec amour et tendresse.

Rosalie

 

Un monde en repli

Dans l’histoire, ce phénomène est universel. De tous temps, les conquérants ont nourri leur soif de pouvoir en étendant leur domination sur des régions de plus en plus grandes. Le fantasme de l’empire est constant chez les puissants. Pas dans les populations. Aucun empire n’a survécu, tous se sont disloqués pour se recomposer ensuite, la plupart du temps sous une nouvelle impulsion militaire, et se disloquer à nouveau.

Tout se passe comme s’il y avait une relation cachée entre une taille critique de zone géographique sous administration unique et le mode de vie des populations administrées.

Plus la zone est grande, plus elle est fragile et sujette à de multiples soubresauts qui finissent par avoir raison de son existence. Tout se passe comme s’il y avait une tendance constante des humains pour se regrouper dans des espaces plus petits où l’on partage des valeurs et des comportements similaires.

Il semble que plus les difficultés sont grandes, plus les regroupements se font petits. Mondialisme, nationalisme et régionalisme ne sont que les facettes d’un même phénomène dont la dimension dépend de la capacité à gérer un ensemble dont les disparités s’accroissent avec la taille.

Le mondialisme est basé sur une échelle de valeur issue de la société dominante actuelle : le monde occidental et ses valeurs idéologiques – la démocratie et les droits de l’homme – et économiques – le libre échange et le capitalisme. La stratégie mondialiste consiste à faire partager ses concepts par toutes les sociétés de la planète, quelque soit leurs propres systèmes sociaux, systèmes qui sont de facto déclassés quand ils ne s’accordent pas avec cette idéologie dominante.

Le nationalisme se définit un peu selon les mêmes critères, mais à une échelle plus petite. Chaque nation défend ses prérogatives en conflit plus ou moins latent avec les autres nations. Le système économique et social d’une nation intègre un vaste ensemble de régions dans un ensemble où l’on partage certaines valeurs dominantes propres à ladite nation mais où sommeillent des clivages qui resurgiront à la première difficulté.

Il ne faut pas oublier que les nations sont constituées d’ensembles variables et disparates. Il y a très peu de temps que les frontières actuelles se sont plus ou moins figées. L’ONU et ce qu’on appelle la communauté internationale veillent autant qu’ils le peuvent sur cette stabilité factice et imposée.

Parfois ça craque.

Ainsi en fut-il récemment de l’ex-Yougoslavie, ou du rattachement de la Crimée à la Russie. Le premier s’est morcelé car il y avait trop de différences culturelles entre ces populations pour les mettre sous un régime centralisé. Les seconds se sont reconnus comme faisant partie de la Russie plus que de l’Ukraine, dont on oublie souvent, malgré l’effondrement de l’empire soviétique, que ces deux nations ont souvent été en conflit.

Paradoxalement, toutes les nouvelles nations de l’ex-Yougoslavie intègrent ou veulent intégrer l’UE et la Russie, l’Ukraine et la Crimée, il y a peu, étaient noyées dans l’ex-URSS. Curieux, non ?

Ce qui se passe en Catalogne fait peur à tout le monde… sauf aux Catalans. Eux sont persuadés qu’ils sortiraient mieux de leur difficulté sans le poids d’une Espagne en crise économique. Mais tous les autres, et notamment les nations voisines, s’opposent à ce processus car elles craignent un phénomène de diffusion sur leur propre sol.

En France, il n’y a pas si longtemps, le Bretons, les Alsaciens, les Basques et les Corses se montraient très virulents quant à leur identité. En Italie, il n’y a pas si longtemps, les différentes régions étaient en conflit permanent les unes avec les autres. En Allemagne également.

Face à ces tensions la question serait de comprendre comment les peuples se reconnaissent-ils comme faisant partie d’un ensemble commun plutôt que de leur imposer une gouvernance lointaine, vécue comme une oppression. La vraie démocratie ne consisterait donc pas à imposer un modèle unique à tous mais à accepter que chacun puisse choisir librement son échelle administrative.

Cette notion est à la fois séduisante et dangereuse. Séduisante parce qu’une administration à l’échelle d’une région crée l’illusion d’un rapprochement entre le pouvoir et le peuple. Dangereuse car, à la moindre difficulté, la région s’attaquera à ses voisines qu’elle jugera vite responsables de ses problèmes. Viendra alors un nouvel épisode de conquête…

Ainsi le monde, tel un gigantesque poumon, évolue-t-il en permanence entre ces deux tendances : le regroupement plus ou moins imposé et l’éclatement plus ou moins revendiqué. Actuellement, la tendance est au repli sur soi. Si cette tendance devient dominante, il y a fort à parier que des conflits incessants bouleverseront bientôt le visage de notre monde actuel. Voilà sans doute aussi pourquoi de très nombreux analystes estiment que ce monde redevient instable et dangereux.

Que voulez-vous ? Ils sont comme ça les humains. D’abord ils se battent pour conquérir, puis ils se battent pour se libérer. Quoiqu’il se passe, ils se battent…

Emmanuel Macron en Pologne : un moral en Dantzig !

Tout avait commencé avec l’Autriche. Entre une master class de piano l’après-midi, puis la première d’un récital à Salzbourg le soir, on allait voir ce qu’on allait voir.

Emmanuel Macron a dérapé pour faire de la politique intérieure depuis l’extérieur. « Depuis trente ans, la France est la seule grande nation européenne qui n’a pas gagné contre le chômage de masse. Cela n’a rien à voir avec le travail détaché » a-t-il déclaré ! Amnésique, le Président semble avoir oublié ses fonctions politiques majeures lors du dernier quinquennat socialiste.

La politique de l’Autriche

« Mon ami autrichien a un taux de chômage d’à peine plus de 5% ; en France aujourd’hui, le taux de chômage est de quasiment 10% » a-t-il poursuivi.

Vaseline médiatique destinée à justifier la loi travail, il en oublia  l’Italie et l’Espagne, respectivement 9ème et 14ème puissances économiques mondiales ! Là où l’Autriche n’est que 30ème

De quoi permettre à Marianne de préciser : « On le voit, la France n’est donc pas le seul grand pays européen à être encore aux prises avec le chômage de masse. Et ce, bien que l’Espagne et l’Italie, sous les chaudes recommandations de l’ex-Troïka, aient lancé depuis la crise de 2008 de nombreuses réformes pour adapter leur économie ».

Habitué au « plus c’est gros plus ça passe », le voilà donc en diffuseur de fake news !

Le même niveau de sécurité en France qu’en Pologne

Vint la réaction de la Pologne. Là encore, cassant les codes de la diplomatie, le Président entendait expliquer aux Polonais ce qui était bon pour eux.

Fille de mineur, ethnographe, Beata Szydlo, la patronne du gouvernement polonais a recadré le chef de l’Etat : «Je conseille à M. le Président qu’il s’occupe des affaires de son pays, il réussira alors peut-être à avoir les mêmes résultats économiques et le même niveau de sécurité de ses citoyens que ceux garantis par la Pologne» a-t-elle notamment lancé.

De facto, le Président a voulu aller au-delà de l’objet des discussions avec certains membres du groupe de Visegrad. Il s’est cru autorisé à critiquer la politique migratoire des uns et à mettre au ban un gouvernement légitime.

Courir à l’échec

Se faisant, « notre » Président court à l’échec sur un sujet pourtant important pour l’artisanat et les PME alsaciennes.

D’abord, il n’a pas compris que la souveraineté nationale est un sujet sensible notamment dans des pays qui ont lutté contre le communisme pour devenir ce qu’ils sont. L’ingérence n’a donc pas sa place.

Ensuite, sa posture idéologisée ne tient pas compte de l’exigence des pays de l’Europe de l’Est d’une équité économique avant d’aller vers des convergences sociales.

Ensuite encore, qu’une partie des pays de l’UE se moque des travailleurs détachés puisque leurs taux de chômage, sont, chez eux, proches du structurel.

Enfin, vouloir durcir les règles du travail des autres quand on annonce vouloir fragiliser celles de ses propres citoyens peut prêter à la critique.

Autant de choses qui font que le retour du voyage à l’Est annonce un moral diplomatique en dents de scie et affaiblit l’image de la France sans résoudre un souci de concurrence déloyale pour nos entreprises.

Les lendemains qui déchantent ne font que commencer.

6 millions de fainéants

Entre les recrutements et les licenciements le nombre des emplois vacants non pourvus sur le territoire est, bon an mal an, d’environ 500 000. Dans ces conditions comment reprocher aux gens de ne pas trouver de travail dans un Pays où il n’y a plus de travail ? Et, par quel miracle le chômeur dunkerquois, sans moyens, pourrait-il aller prendre un poste à Bordeaux où à Lyon ? Quelle solution offre-t-on aux millions de licenciés “économiques”, aux millions de demandeurs d’emploi impuissants, qui subissent les baisses de commandes, les délocalisations, l’incurie et l’égoïsme économique qui plombent l’activité ? Que sont devenus nos ingénieurs, nos usines de machine outil, de mécanique, d’armurerie, du ferroviaire, de fonderie, de sidérurgie, de chaudronnerie, de filature, de verrerie, d’horlogerie … Les travailleurs sont pauvres, mais pas encore au fond du trou, il reste le niveau du Burundi. Les salaires et les retraites très bas non seulement n’augmentent pas, mais ils diminuent du fait des contraintes et obligations diverses, impôts, taxes, amendes et charges, sur les cartes d’identités, le permis de conduire, les passeports, les appels payants, les autoroutes, la privatisation des biens communs … tout cela appauvri les ouvriers, les classes moyennes et les jeunes gens. Combien ne peuvent plus se soigner, payer les études de leurs enfants ! Pire encore la misère des 8 millions d’êtres humains de notre Quart-monde. Lorsque 10% d’égoïstes sans moral se repaissent du superflu.

En quoi consiste le credo du régime technocratique Macron, dont l’instigateur est le Medef (syndicat d’orientation réactionnaire) sinon d’une politique de classe qui consiste : à punir et à appauvrir davantage encore, les familles qui après 25 ans dans l’entreprise se retrouvent à la rue : en réduisant leurs indemnités de licenciement et de chômage ainsi que sa durée, puisque ce sont eux les boucs émissaires dans cette situation, comme le clame et veut le leur faire croire la duplicité ambiante, relayée en cela par les médias et les “experts” valets dont aucune critique ne fuse ? Une chose est certaine, il n’y a pas de responsabilité managériale. Pourtant on a bien vu que les récents 40 milliards d’aide de l’Etat et les allègements de charges n’ont strictement rien apporté en terme d’emploi, pas plus que les milliards d’aides distribués depuis 30 ans sous l’empire des différents gouvernements. Les milliards d’aides et les très bas salaires ouvriers, n’expliquent pas le manque de compétitivité des entreprises ! On s’interroge …

Pour ceux qui ont encore un travail : c’est la réduction des salaires, l’augmentation des horaires, les emplois précaires, la flexibilité, l’individualisation et le démantèlement des protections du Code du travail. Dire qu’un employé peut affronter seul son patron, c’est faire fi des rapports de force hiérarchiques et c’est le retour à l’arbitraire. Annoncer que les employeurs ne savent pas lire les 300 pages utiles du Code du travail et qu’il convient de le réduire, voire de le supprimer, c’est se moquer du législateur, de l’histoire sociale, de la démocratie et les prendre pour des idiots. Inquiétant, le recours au 49/3 montre la main mise d’une politique discrétionnaire pour cinq ans. Devra t-on dorénavant pour le confort de certains, réformer tous les codes Dalloz ?

Le Medef et Macron disent qu’en facilitant le licenciement, ils vont accroître le nombre des emplois. Il nous disent aussi qu’en réduisant les salaires, en diminuant les retraites (CSG) et les minima sociaux, en augmentant les charges et les impôts des pauvres et en supprimant les impôts des riches, ils vont relancer l’économie du Pays ! Qui peut croire à de telles fadaises et contrevérités ? Plutôt que de toujours brimer les pauvres gens, ne serait-il pas plus judicieux et urgent, parmi les moyens disponibles pour relancer l’économie solidaire dans l’intérêt général et le plein emploi, enjeu crucial, de procéder à un bouleversement des paradigmes et des mentalités, « un new deal ». Par exemple : en réduisant tout de suite les écarts salariaux de 1 à 30, en répartissant les charges de travail, en distribuant les fruits du travail et de la finance équitablement entre tous, en réduisant les frais de bouche, la pompe de l’État et des hauts fonctionnaires sur le modèle des pays du Nord l’Europe, en interceptant les sommes immenses de l’évasion et de l’optimisation fiscale, en développant les industries des énergies renouvelables, de l’isolation du bâti et de l’écologie. Mais aussi en mettant en place très vite le revenu universel jeunes et un Erasmus pour tous les jeunes de 15 à 30 ans. Imaginez, un instant, la progression rapide et considérable de telles mesures pour la reprise économique et le niveau de vie de tous, pour la joie de vivre retrouvée dans le Pays ! Et, si les instigateurs de l’affaiblissement de l’Etat protecteur, de la dérégulation et de la marchandisation de tout, qui s’enrichissent au dépend de la communauté veulent s’expatrier, qu’ils s’en aillent, bon débarras !

O.Godin

Helmut Kohl : l’hommage entre soi à Strasbourg

Pas d’aigreur dans cet article mais une humeur forcément noire. On se souvient de la poignée de main de Verdun entre Helmut Kohl et François Mitterrand. On se souvient des bains de foules avec Jacques Chirac à Reims, mais là, Strasbourg était verrouillée.

Face au terrorisme islamiste, la sécurité

La sécurité est la priorité. Cette raison laisse perplexe. Cruel aveu d’un changement de paradigme qui laisse perplexe. Les hommages, les manifestations sont donc désormais sous la menace permanente du « risque » d’attentat. Et celui-ci doit être réduit au minimum.

Les services de police et de gendarmerie ont donc veillé. A tel point que les autoroutes furent bloquées, que des riverains furent « cantonnés » chez eux, tenus de déplacer voitures et autres véhicules.

Réconciliation franco-Allemande

Le cercueil de Helmut Kohl est alors installé dans l’hémicycle du Parlement. La solennité est au rendez-vous. Qui se souviendra que l’homme, non dénué d’humour avouait : « Pour les grands jours, il faut que les sermons soient courts et que les saucisses soient longues ».

On entend presque sa voix, rire de ce propos et le sourire espiègle d’un des portraits affichés de lui colle à la situation.

L’ancien enrôlé dans l’armée allemande a l’Europe à cœur. On en oublierait presque aussi que, né à « Port-Louis-sur-le-Rhin », pardon, Ludwigshafen, il est un voisin de l’Alsace. Il veut laisser l’Histoire passer. Cette volonté se manifestera par le souhait d’œuvrer à la reconstruction de son pays.

Il sera le Chancelier de la réunification des deux Allemagnes.

Il sera un chancelier populaire. Présent sur le terrain et aimant la foule, comme le peuple.

Nul ne peut lire dans ses pensées, mais l’homme aurait sans soit opter pour un hommage discret ou pour un hommage « populaire ».

L’hommage strasbourgeois, entre soi

Des rues vidées, un parlement bunkerisé… Il n’est pas dit que le grand moment strasbourgeois d’hier aurait été à gout. Bien sûr, cela fait rayonner Strasbourg, bien sûr les menaces sont vives, mais l’image émise hier restait trouble.

D’un côté les chefs d’Etat, profitant d’un moment festif avec des personnes triées sur le volet. De l’autre, la population strasbourgeoise, contrainte, tendue, stressée.

Il n’est pas dit que cela retisse de la cohésion nationale entre les élus et leurs électeurs. Il n’est pas dit que cela renforce l’idéal européen auquel tenait Helmut Kohl.

En cela les terroristes nous terrorisent déjà… En cela, le courage impose aussi, en politique, d’envoyer des signes forts, qui vont au-delà de baptiser une place, un pont.

« N’ayez pas peur » enseignait Jean-Paul II.

Le ballet des hélicoptères, les consignes de sécurité et même les images des happy few et des invités du jour laissent un goût aussi amer que le départ d’Helmut Kohl.