Jupiter peut remercier le Soleil

Nous traversons une zone de turbulences

Le plastic c’est fantastique

Pour le Parti Communiste français, les poupées de taille presque humaine sont des “prostituées en silicone” et la “salle de jeu” est, en fait, une “maison close de nouvelle génération”: les élus communistes vont donc demander la fermeture de l’entreprise Xdolls, dans le XIVe arrondissement, “première du genre sur le territoire français”, car elle “détourne la loi en proposant aux clients dans un lieu clos des prostituées en silicone”.

Selon Nicolas Bonnet-Oulaldj, l’établissement qui a été ouvert sous statut de “salle de jeux”, propose des poupées louées à l’heure, qui “renvoient une image dégradée des femmes, avec des ambiances sonores qui peuvent évoquer le viol”.

L’année où les libertaires de tous poils (enfin, ceux qui en ont encore) vont célébrer mai 68, c’est pour le moins cocasse ! Et d’ici que le PC demande aux clients de l’établissement trois Avé et 4 Pater, y’a plus très loin…

Ben dis dong !

Mais où va tomber Tiangong-1, la station spatiale chinoise ? Et quand cela va-t-il se produire ? Après en avoir perdu le contrôle, la Chine assure que sa rentrée atmosphérique se fera sans risques. Mouais. Parmi les zones où les risques sont les plus élevés que des débris tombent, figure l’extrémité méridionale de la France et la Corse…

(photo issue de http://bandwidthblog.com)

Actuellement, Tiangong-1 (le « Palais céleste 1 » en chinois) navigue en orbite de plus en plus basse, aujourd’hui à quelque 250 kilomètres au-dessus du sol. Chaque semaine, elle s’enfonce de six mètres dans la haute atmosphère, se rapprochant de plus en plus du point où elle entamera sa rentrée atmosphérique, se transformant en boule de feu. Des spécialistes ont calculé que cela devrait se produire au cours des prochaines semaines, autour du 3 avril (plus ou moins une semaine), vraisemblablement entre le 30 mars et le 6 avril, selon les dernières prévisions du Bureau des débris spatiaux de l’ESA. Mais où ?

Sous une ligne imaginaire passant par Toulon, Perpignan et Lourdes, on entre dans la zone à risque. La station spatiale survole les régions les plus peuplées du monde, ce qui n’est pas sans interpeller. Bref, le risque existe mais il reste faible. Il est de l’ordre d’un sur 10.000 de toucher quelqu’un. À cela s’ajoute le fait que le module orbital va se disloquer au cours de sa chute et ainsi s’éparpiller en petits morceaux moins menaçants.

Bon ben , y’a plus qu’à attendre… Moi, je vais prévenir mon ami Paco Rabanne pour que, pour une fois, il se trouve au bon endroit quand un vaisseau spatial se casse la gueule.

Orwell, p’tit joueur.

Chinoiseries encore…

La Chine travaille depuis 2014 sur un système d’évaluation de ses propres citoyens programmé pour être mis en place en 2020 et qui vise à récompenser les bons comportements et à punir les mauvais via un système de points. La mise en place a déjà commencé : dès le 1er mai 2018, les Chinois ayant une mauvaise « note sociale » se verront interdire l’achat de billets de train ou d’avion pour une période pouvant aller jusqu’à un an, a fait savoir Pékin vendredi dernier.

Lors du Chaos Communication Congress (CCC), l’une des plus importantes conférences de hackers qui se tenait en décembre 2017 à Leipzig, la chercheuse Katika Kühnreich avait présenté les résultats de ses recherches sur le sujet.

D’après elle, un tel système fonctionnera en exploitant les mécanismes du jeu, tels que les scores et la comparaison entre amis, pour devenir un insidieux mais très puissant instrument de contrôle social. Il combinera les données de plusieurs outils existants, dont ceux déployés par les géants du Web Alibaba, Tencent et Baidu.

Elle estime qu’un tel projet de surveillance pourrait être étendu à d’autres pays :

« Il y a une forte tendance actuelle à vouloir résoudre les problèmes de société avec des solutions technologiques, ou du moins, de tenter de le faire, explique-t-elle. Cela se produit actuellement en Chine, mais nous sommes loin d’en être exemptés en Occident »

On cite en permanence “1984” d’Orwell pour décrire la société actuelle. Pauvres de nous, car “1984” est dépassé depuis longtemps… et à l’insu de notre plein gré comme disait l’autre, à moins que ce ne soit de notre plein gré ? Personnellement, je pense que oui. Notre abrutissement général, notre couardise, notre goût immodéré pour le moindre effort, notre complaisance dans le confort douillet et facile, notre lâcheté grandissante, notre flemme, bref, tout ce qui fait le charme de l’Homme Moderne Progressiste a contribué à bâtir cette société qui nous enferme de plus en plus dans un espace étriqué où la liberté n’est qu’une illusion entretenue par les faux-semblants de la Comm’ et de l’importance que les réseaux sociaux font mine de nous donner.

L’hôpital qui demande la charité

« Ras-le-bol », « découragement », « perte de sens » : les mots du malaise de l’AP-HP (Hôpitaux de Paris) sont relayés dans tous les médias.

Parmi les 12.400 médecins et les 53 800 personnels des 39 établissements du « navire amiral » de la santé publique en France, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer un hôpital au bord du « désastre ». L’hôpital public, pour elles, c’est terminé.

Ils et elles sont des dizaines à baisser pavillon devant le désastre annoncé.

“Pour payer mes études, j’avais bossé à McDo. Toute la journée, on entendait : “On y va ! On y va !” J’ai retrouvé ça au bloc ces dernières années. On n’a plus le temps de discuter avec les patients angoissés avant une opération… », dit une infirmière.

Les personnels médicaux sont à bout, les soins de moins en moins remboursés, les patients meurent d’infections contractées à l’hôpital même, voire d’une attente prolongée aux urgences quand ce n’est pas d’une erreur de diagnostic.

Malgré l’ampleur du malaise dans le secteur de la santé (il n’y a pas que les hôpitaux) – au point que les français qui ne renoncent pas aux soins faute de moyens ont la trouille de se retrouver à l’hôpital – malgré un manque flagrant de moyens humains, technique et financiers, les pouvoirs publics font l’autruche. Pire : non seulement ils encouragent le “fonctionnaires-bashing”, mais ils aggravent délibérément la situation, puisque la ministre de la santé exige, pour 2018, un effort supplémentaire sous la forme d’une économie de 2 milliards !

On chercherait la révolution qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Hold up

Les garanties locatives qu’un locataire verse habituellement à son propriétaire au moment de la signature du bail pourraient bientôt être gérées par la Caisse des Dépôts ! C’est ce qu’on appelle une bombe.

Un rapport publié sous le précédent gouvernement propose de transférer à la Caisse des Dépôts (CDC) les milliards d’euros de garanties locatives versés par chaque locataire à son propriétaire à la signature du bail.

Le montant atteindrait les 5,7 milliards si on y ajoutait les garanties du parc social. Une manne considérable qui passerait donc du portefeuille des bailleurs et de leurs gestionnaires à celui de l’État. L’objectif de ce transfert serait de minimiser les litiges entre les propriétaires et les locataires. Il permettrait surtout de financer la transition énergétique et la politique du logement.

Cette réforme n’est pas officiellement à l’ordre du jour du gouvernement mais il s’agit bien d’une piste de réflexion.

Pas sûr que ça relance l’investissement locatif…

 

Question santé : Causes et effets de la pénurie de médicaments

En 2017, 530 médicaments figurant sur la liste des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM) ont été en rupture d’approvisionnement, soit 30% de plus qu’en 2016 et 12 fois plus qu’en 2008. Un phénomène structurel, principalement dû à des difficultés de production, selon la version officielle.

Pénurie de médocs en stock

Il y a rupture d’approvisionnement d’un médicament dès lors qu’une pharmacie de ville ou d’hôpital se trouve dans l’impossibilité de le délivrer à un patient dans un délai de 72 heures. Dans le cas des MITM, une pénurie de médicaments peut aller jusqu’à mettre en jeu le pronostic vital des malades, avec notamment des ruptures de soins, des arrêts de traitements chroniques ou encore des reports d’opérations. En tête des médicaments les plus touchés figurent les anti-infectieux, dont les vaccins, les médicaments du système nerveux (épilepsie, maladie de Parkinson…) ainsi que les anticancéreux.

Normalement, les ruptures d’approvisionnement sont tantôt imputables à des difficultés liées à la production (capacité de production insuffisante, retard, manque ou absence des matières premières, mauvaises prévisions de vente, défaut de qualité, incident…), tantôt à un arrêt de commercialisation ou encore à des problèmes logistiques responsables d’une rupture de la chaîne de distribution. Des phénomènes accentués par la concentration et la délocalisation des usines, ainsi que par le mode de production en flux tendu (pas de stock).

Désormais, 60% à 80% du volume de matières premières à usage pharmaceutique sont fabriqués en dehors de l’Union Européenne. Or ce taux ne dépassait pas 20% il y a 30 ans, selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales. « À des milliers de kilomètres des sources de production, tout aléa politique, informatique, industriel, climatique, de transport, a immédiatement beaucoup plus d’impact. Toute la chaîne peut se retrouver bloquée en raison de la rupture d’un simple excipient », illustre l’Ordre des pharmaciens. En clair, il suffit d’un grain de sable pour endommager cet engrenage titanesque.

Les effets du business de la santé

Officiellement donc, les causes de la pénurie de médicaments sont économiques, même si ces conditions économiques nouvelles ne sont pas tombées du ciel mais sont la conséquence du jus de crâne d’un certain nombre de pharmaco-financiers (à moins que ce ne soit l’inverse) qui n’ont qu’une obsession : faire du fric.

Même nos voisins helvétiques, vulgairement appelés “suisses”, et grands spécialistes, s’il en est, des médicaments, se sont mis à douter de certaines explications économico-folkloriques des labos. Ce sont nos amis de “La revue médicale suisse” qui posent la question :

Comment expliquer cette pénurie ? Car enfin, nous vivons à l’époque d’internet, des mégabases de données, de la production sécurisée et de la maîtrise des stocks. Produire suffisamment et à temps un petit groupe de substances d’une complexité moyenne ne devrait poser aucun problème. L’échec croissant à y parvenir a quelque chose d’étrange. La négligence ? Elle semble peu probable. Ça sent la manœuvre concertée. Il importe de creuser.

Et ils mettent le doigt où il faut, comme dit mon amie Cécile :

Dès que menace une pénurie, des quotas sont instaurés et, évidemment (évidence commerciale), les pays les plus généreux sont les mieux servis. Après, une fois son quota épuisé, chaque pays doit faire appel au marché gris. En pleine expansion, ce marché est tenu par des importateurs et des intermédiaires qui font fortune en achetant en masse (ce qui crée la pénurie) pour revendre au plus offrant, à prix décuplé” expliquent-ils.

Nous voici au cœur de l’explication. La pénurie elle-même est un produit du système marchand. Car c’est elle, la pénurie, qui permet de faire monter les prix en se libérant du carcan des décisions étatiques cherchant à les contrôler. Il faut stresser le système : voilà l’abc de la stratégie commerciale. C’est en malmenant la chaîne de livraison, en ne respectant pas les promesses, en créant l’incertitude et une angoisse de manque, qu’on peut obtenir davantage qu’un prix correct.”

Voilà, c’est dit (mais pas par Le Figaro qui a dû oublier…). Les labos qu’on sait cyniques sont aussi pragmatiques. Si la pénurie nous fait gagner davantage de pognon, pourquoi ne pas organiser cette pénurie? On serait vraiment cons de ne pas le faire, non? D’autant que d’ici que les pouvoirs publics prennent des mesures…

Lundi : Des espoirs ?

Sky, my pharmacy !

Le Parlement britannique vient de publier un rapport sur les pratiques médicales de la Sky. (C’est du vélo)

Après l’affaire de dopage ayant touché Christopher Froome, contrôlé positif au bronchodilatateur salbutamol en décembre dernier, c’est le Parlement britannique qui a publié un rapport sur les pratiques médicales de l’équipe anglaise. Il a été effectué par la commission culture, médias et sport (DCMS) de la Chambre des communes et se base sur les témoignages de différents membres de la Sky, de la Fédération britannique (British Cycling) et de l’Agence antidopage britannique (UKAD).

Le rapport dénonce l’usage, par la formation cycliste, de médicaments visant à améliorer la performance des coureurs et d’avoir contourné le système, en utilisant ces médicaments dans un seul but sportif et non pas médical. Le Parlement britannique s’est intéressé à des pratiques médicales douteuses qui font l’objet de véritables critiques envers l’équipe, notamment sur l’utilisation d’un puissant corticoïde (N’oublions pas qu’il faut être asthmatique pour faire du vélo au niveau professionnel…) Il a déclaré : “Nous pensons que ce puissant corticoïde a été utilisé pour préparer Bradley Wiggins, et possiblement certains de ses équipiers, pour le Tour de France. Le but n’était pas de traiter un problème médical mais d’améliorer son rapport poids/puissance avant la course.

Bref, la routine, quoi. Vivement le prochain Tour de France pour qu’on puisse découvrir de nouveaux traitements contre l’asthme !

Passez par la case “centre commercial” et touchez 30.000 euros

Le Courrier Picard nous apprend qu’une nouvelle opération de sauvetage est lancée dans la galerie commerciale d’Amiens qui cherche désespérément à se remplir après le départ de l’enseigne de jouets La Grande Récré.

Donc, tout va tellement bien, la reprise est tellement forte et le printemps qui vient si ensoleillé que les élus et autres exploitants de centres commerciaux ne savent plus quoi et comment faire pour freiner l’effondrement du commerce de proximité et sont prêts à tout, y compris donner de l’argent, à ceux qui auraient le courage nécessaire pour occuper une boutique vide.

Madame la marquise, si vous nous entendez…

(L’article n’est accessible qu’aux abonnés, mais le titre suffit)

Pas le Shoa.

40.000 personnes ont trois mois pour choisir entre les geôles israéliennes, le retour sur les routes et le Rwanda, qui s’est engagé à accueillir 10.000 exilés.

Parce qu’ils sont arrivés illégalement sur le territoire israélien, ils devront décider entre reprendre la route de l’exil ou être emprisonnés. Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou est bien décidé à ne pas laisser les 38.000 migrants (chiffres du ministère de l’Intérieur) majoritairement originaires d’Érythrée et du Soudan, que les autorités considèrent être des “demandeurs d’asile fictifs”, s’installer en Israël.

Chacun en pense ce qu’il veut, mais je trouve qu’on n’en a pas beaucoup parlé. Pas du tout d’ailleurs.

Et pendant ce temps-là…

Pour Le Figaro, le fossé se creuse entre l’exécutif et la France rurale.

Tu parles d’un scoop ! Le fossé ne se creuse pas, il y a toujours eu un ravin, que dis-je, un canyon entre le microcosme microscopique parisien et le reste du pays, appelé avec condescendance “France rurale”. La France des bouseux, des sans-dents, des alcoolos illettrés, qui sentent fort le camembert, les français “de base” toisés par les alcoolos lettrés de Saint-Germain.

Ça fait belle lurette que le parisien énarque (ça marche aussi dans l’autre sens puisque leur reproduction est endogame) méprise tout ce qui ne voit pas l’intérêt d’avoir un smartphone, de faire du vélo pour aller chercher son pain, pour amener ses gosses à l’école ou au sport, qui prend du plaisir à faire des barbecues avec de la vraie viande dessus et à se taper une série de pastis entre une partie de pétanque et une sieste. Tout ça c’est sale. Trèèèès sale. D’ailleurs, ce n’est pas français, c’est “rural”, nuance ! ça pue la bouse. La bouse de vache qui fait meuh et qu’on va voir une fois l’an au salon de l’agriculture histoire de se rappeler que ce monde étrange de la ruralité existe encore et, accessoirement, pour se foutre de la gueule des paysans. J’y étais et il suffit de se placer dans le cortège de certains officiels (qui viennent parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement) pour le constater.

Pas besoin d’être élu local pour sentir, quand ce n’est pas subir, le mépris de l’auto-proclamée “élite” techno parisienne quand elle s’adresse au peuple, au point qu’à chaque fois qu’il ouvre sa gueule, le Peuple, il est qualifié de “populiste”, façon policée de dire que tout ce qui se rapporte au “peuple” est forcément vulgaire et que tout ce qui est vulgaire doit disparaître.

Quel chemin de croix que de s’adresser à des ploucs ! Quel sacerdoce, le peuple !

 

A signaler, un p’tit nouveau dans la forêt amazonienne des publications. Il s’appelle Machin Chose et le premier numéro est consacré au coton. Si vous aimez acheter de la pub, achetez-le. Sinon, achetez Heb’di.

Notons toutefois un article intéressant sur le curage des oreilles au Japon, source d’intense plaisir pour les hommes. Là-bas.

 

Hep ! ITAXIT !

C’est la question que se pose Capital. Et nous aussi, du coup.

Tout conduit à prendre la sortie ?

Remontée des taux d’intérêt, dette publique massive, créances douteuses pléthoriques, interrogations sur le potentiel de croissance à long terme… Malgré l’embellie conjoncturelle actuelle, l’Italie reste un danger majeur pour la zone euro… et la France. Et d’aucuns de s’interroger sur la sortie de la zone Euro de l’Italie, risque qui semble s’éloigner en cas de victoire de Berlu l’Ancien. Reste que la possibilité d’un “ITAXIT” se propage tout de même dans les esprits.

Silvio Berlusconi (en 2010)

Le chômage reste massif, avec un taux supérieur à 11% et même à 33% pour les jeunes. Et le pays a un vrai problème de compétitivité-coûts, qui tend à s’accentuer.”

Les taux d’intérêt à long terme italiens sont d’ores et déjà orientés à la hausse, même s’ils ont moins progressé que les taux allemands, mais le pays est déjà lesté par une dette publique de 2.300 milliards d’euros – une des plus importantes au monde -, soit 130% du produit intérieur brut !

« Même si elle est détenue aux deux tiers par les Italiens, la dette publique constitue, par son ampleur, un danger pour le pays, au vu d’une croissance structurelle encore famélique, qui pose la question de la capacité de remboursement de Rome !», souligne Eric Bourguignon, directeur des gestions obligataires chez Swiss Life.

Alors, EXIT l’Italie ?

(infographie @wikipedia)

L’Italie demeure un des plus importants émetteurs d’emprunts d’Etat au monde. Compte tenu de sa dette publique colossale et de son poids économique, qui avoisine 20% du PIB de la zone euro, une grave crise italienne risquerait de provoquer un cataclysme financier pour les autres pays (…) D’autant que la taille de l’économie italienne est presque 10 fois plus importante que celle de la Grèce, dont la crise de la dette avait réussi à faire tanguer la zone euro il y a quelques années. En effet, elle avait fait tache d’huile, les investisseurs se penchant alors sur les faiblesses des autres maillons faibles de la zone euro.”

Si ce scénario devait être réédité avec l’Italie, on assisterait à « une défiance vis-à-vis de l’ensemble de la zone euro, avec une envolée généralisée des taux d’intérêt à long terme à la clé. Et la France serait loin d’être épargnée, son profil étant proche de celui de l’Italie, avec un même double problème de compétitivité et d’endettement. Or, une très forte hausse des taux d’intérêt à long terme devrait logiquement peser sur la croissance… Heureusement, face au danger, la Banque centrale européenne mettrait tout en œuvre pour éviter un scénario noir, notamment via des achats massifs d’obligations, destinés à contenir les taux d’intérêt à long terme… », souligne Eric Bourguignon.

Aaah bon ! Alors on est sauvé ! Quoi que…

HEB’DI aime bien faire rire mais, pour le coup, un peu moins. Comme nous sommes tombés sur cet article et que, comme d’hab, on n’a pas entendu grand-chose sinon rien à ce sujet dans les médias zofficiels, il nous a paru intéressant de le porter à votre connaissance.

« Gouverner, c’est prévoir » disait avec sagesse Marcel Hebdy*…

Gouverner, c’est prévoir ; et ne rien prévoir, c’est courir à sa perte.» Émile de Girardin, in La politique universelle, 1852.

Fonctionnaire, vous avez dit fonctionnaire ?

En prévision des délires qui s’annoncent dans le cadre des discussions sur les effectifs de fonctionnaires où il est de bon ton de dire qu’il y en a beaucoup trop et qu’ils coûtent trop cher alors qu’ils ne foutent rien, je vous invite à jeter un œil dans le magazine Challenges qui rappelle fort justement que France Stratégie, organisme rattaché à Matignon, donne les chiffres qui font apparaître qu’avec 88,5 fonctionnaires pour 1000 habitants, la France se situe certes en haut du panier des pays de l’OCDE, mais qu’elle est en-dessous de pays tels que le Canada ou les pays scandinaves, et qu’elle n’est donc pas “le pays qui compte le plus de fonctionnaires“, comme on peut le lire dans certains médias.

Je me permets d’ajouter qu’en cette matière, il vaut savoir de quoi on parle, que si dans notre beau pays il y a beaucoup de fonctionnaires c’est peut-être aussi parce qu’il y a une forte demande de services publics (qui, d’ailleurs, ont longtemps fait la fierté et contribué au prestige du pays ainsi qu’à la qualité de vie), et qu’en réalité “fonctionnaire” ne veut rien dire. Ça signifie simplement qu’on est payé par une personne publique, mais le métier de fonctionnaire n’existe pas, la fonction publique couvrant près de 1500 métiers différents.

Lundi : Du pain sur la planche !

J’vous l’mets quand même?

Version officielle (du Ministre de l’économie) :

Il n’y aura pas de nouvel impôt en France pendant le quinquennat, je m’y engage“.

Mais, les français risquent tout de même d’être soumis à un nouvel impôt local cette année : la taxe inondation. Selon la loi de Modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (loi MAPTAM) du 28 janvier 2014, les intercommunalités se sont vues confier depuis le 1er janvier 2018 la compétence de la “Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations” (Gemapi), qui incombait jusque-là à l’État. Autrement dit, les 1.266 établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) vont devoir gérer la prévention des crues et inondations, via l’entretien des digues et des cours d’eau.

Combien le contribuable va-t-il payer ? L’État a institué un plafond de 40 euros par personne et par an, mais chaque intercommunalité décide de son tarif. Une somme qui sera ajoutée à la taxe d’habitation ou la taxe foncière.

Il paraît que le cours de la vaseline est en forte hausse…

Heures sombres

Il a employé le mot “délibérément”: conseiller régional PS d’Ile-de-France, Julien Dray a dit craindre des “rafles” dans les centres d’accueil. “Je sais ce que ça veut dire quand on va donner la possibilité aux services de descendre dans les centres de migrants. Aussi dur que le mot soit, ça apparaîtra comme cela“, a assuré le potentiel candidat à la tête du PS.

Si Dray, qui prétend choisir ses mots et les assumer, pouvait consacrer ne serait-ce qu’une minute de son temps médiatique à la réponse à ces trois questions :

DéMacroncie

Marianne nous apprend que Macron et son équipe vont diminuer le temps d’antenne des candidats opposés à l’Union Européenne :

Le gouvernement se prépare à modifier les règles du temps de propagande dans l’audiovisuel public pour les élections européennes. Surprise, LREM sortirait grand gagnant de la réforme, avec une augmentation de 155% du temps d’antenne ! A l’inverse, Jean-Luc Mélenchon et ses Insoumis perdraient de nombreuses minutes… Ça ne changera pas la face des élections européennes, mais c’est un bien mauvais tour que la République en Marche (LREM) s’apprête à jouer à l’opposition. De façon très discrète, le gouvernement se prépare à… augmenter son temps d’antenne pour ce scrutin, et à diminuer, par ricochet, celui de l’opposition parlementaire. Jean-Luc Mélenchon et ses Insoumis seront tout particulièrement touchés par cette réforme, qui sera discutée en commission des lois à l’Assemblée nationale le 17 janvier prochain.”

(avant le conseil des ministres dans le salon Murat de l’Elysée, photo©Chatsam)

Vous, je ne sais pas, mais moi je commence sérieusement à avoir les jetons. Après le projet de loi contre les soi-disant fake-news, la restriction du temps de parole des anti-idôlatrie européiste, que vont-ils encore nous infliger ? Une liste négative de ce que l’on n’a pas le droit de penser ? Une liste positive de ce que l’on a le droit de penser ? La création d’un Ministère de la Bonne Pensée ? Des centres de rééducation pour les mauvais penseurs ? Une Légion d’Honneur du Bon Penseur ?

 

La judiciarisation de la pensée est En Marche !

Alleluia !

Il parle !! Emmanuel Besnier (Lactalis) parle !

Il était temps, parce qu’il marchait déjà depuis un moment ! C’est plutôt dans le journal du Grosmanche qu’il aurait dû avoir sa place !

Patatras !

C’est une information de nature à battre en brèche les idées reçues : la consommation d’alcool et de tabac connaît une baisse importante en Russie. La ministre russe de la Santé Veronika Skvortsova a annoncé mardi, durant le forum Gaïdar à Saint-Pétersbourg, que la consommation d’alcool avait diminué de 80% par habitant au cours des cinq dernières années. La consommation de tabac a, elle, chuté de 22%.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la consommation annuelle serait de 12,2 litres par habitant, ce qui place la Russie derrière la France ou encore l’Allemagne.

Quand on vous dit que tout fout le camp…

 

Lundi : Ce n’est qu’un début

Tourisme

Des images de Daesh accompagnées de messages faisant l’apologie du terrorisme ont fait leur apparition sur la page Facebook de Rochefort-en-Terre (Morbihan), élu “village préféré des Français” en 2016, rapportait Ouest France le jeudi 28 décembre. Une enquête a été ouverte et confiée à la gendarmerie pour déterminer quels sont le ou les auteurs de ces publications, indique le quotidien local.

Kaysersberg, si tu entends…

(la mairie de Rochefort-en-Terre par Martin Selway@Flickr)

1018

En vrac, quelques infos glanées en une seule journée (AFP).

Chine :

Un tibétain jugé pour avoir défendu l’usage de sa langue.

Thaïlande :

Une aveugle emprisonnée pour lèse-majesté.

Tunisie :

6 mois de prison pour une rumeur sur le décès du président.

Egypte :

Le Parlement étudie un projet de loi visant à criminaliser les personnes qui ne croient à aucun dieu.

Turquie :

La Direction des Affaires Religieuses affirme que «les filles peuvent se marier à l’âge de 9 ans et les garçons à l’âge de 12 ans»… Ce serait prévu dans le Coran.

Algérie :

De nombreuses femmes atteintes du cancer sont rejetées par leur mari après une ablation du sein.

France :

La mère d’une fillette de six ans actuellement dans le coma et son compagnon ont été mis en examen jeudi soir à Bourges pour «actes de torture et de barbarie commis de manière habituelle sur mineur de moins de quinze ans».

Qui ose encore parler de civilisation ? De monde “moderne” ? De sociétés évoluées ? Nous ne sommes pas en 2018, mais en 1018, au plus.

Romantisme

Dans le dernier numéro du Chasseur Français il est dit que, cette année, la bécasse est à chasser avec modération.

Bon, ça va être compliqué, mais on va essayer…

Dans la même veine, on a aussi Voile Magazine (hors-série) qui propose les plus beaux mouillages vus du ciel…

Miam !

Romantisme encore

Un homme de 91 ans a tué à coups de canne une de ses voisines de chambre d’un Ehpad de Celles-sur-Belle (Deux-Sèvres), près de Niort, et blessé une autre octogénaire dans la nuit de mardi à mercredi.

Il se serait écrié : ” Yes I canne !”

Et vlan !

Selon l’Insee, les prélèvements obligatoires sur les ménages augmenteront de 4,5 milliards d’euros en 2018. Ce qui ôterait 0,3 % à l’évolution du pouvoir d’achat.

Voilà, c’était juste au cas où ça vous aurait échappé, vu que les journaux “zofficiels” et les télés d’infos ne se sont pas attardés sur le sujet…

 

 

La culture des clopinettes

Interdire la cigarette dans le cinéma français : LA priorité culturelle ?

Agnès Buzyn, la ministre LREM de la culture est remontée : «  Je ne comprends pas l’importance de la cigarette dans le cinéma français » déclare-t-elle, reprise dans le Figaro.

On remplacera la cigarette par des brins d’herbe et tout rentrera dans l’ordre. Façon Lucky Luke.

« Dénormalisation » de la cigarette : L’Etat s’occupe de nous

Motivée par une sénatrice PS, nous y sommes : « La Ligue contre le cancer démontre dans une étude que 70 % des nouveaux films français mettent à l’image au moins une fois une personne en train de fumer. Ça participe peu ou prou à banaliser l’usage, si ce n’est à le promouvoir, auprès des enfants et des adolescents, qui sont les premiers consommateurs de séries et de films, sur internet notamment » lit-on dans Ouest France.

L’objectif est donc la « dénormalisation » pour mieux s’occuper de notre santé.

Loin d’Heb’di et de l’auteur la volonté de dénigrer  et les risques de cancer liés au tabagisme mais on en arrive à un État pas si éloigné de cela des excès de 1984, le roman de Georges Orwell.

Interdire la cigarette dans le cinéma à venir ! C’est faire du cinéma un outil de moralisation de la vie individuelle. C’est aussi dicter des conduites et en interdire au nom d’une morale collective et sans doute demain du coût de la santé sur les politique publiques.

Tout interdire

Car si l’on interdit le tabac dans les films en raison de l’impact moral ou sanitaire de ce que l’on prendrait pour une publicité « détournée », d’autres interdits coulent de sources :

En plus des interdictions, pourquoi ne pas en faire un outil de promotion du Veganisme ?

Pour un peu d’ailleurs, on penserait à la loi Évin, celles qui interdit la publicité sur l’alcool, qui mit à mal le circuit Paul Ricard et tant d’autres sponsors. Celle que les manifestations supranationales détournent aussi.

Prenons la Coupe d’Europe de rugby à XV, elle est la plus importante compétition interclubs de rugby à XV disputée en Europe chaque année par des équipes des Six Nations. Ne fut-elle pas pendant longtemps la H-cup, de l’initiale de son sponsor d’alors Heineken…

Pendant ce temps, on priva de visibilité les bières françaises et naturellement alsaciennes dans les stades. Moins de publicités, c’est aussi moins d’emplois …

Aujourd’hui, Heineken en reste l’un des sponsors.

Au masochisme moraliste français s’additionne désormais l’envie de régenter nos vies. Mais on fait du tri sélectif… L’alcool et le tabac…

Avec l’alcool, on proposera bientôt l’arrachage de vignes. L’heure est là au tabac… On a déjà détruit la Seita, continuons.

Et la censure bordel ?

Une fois interdite la cigarette dans les nouveaux films, il ne restera plus qu’à corriger, à remonter les anciens ou interdire leur diffusion à la télévision aux heures de grande écoute.

Finies les cigarettes pour les Delon, Belmondo, Deneuve… Finis Jacques Tati, les Tontons flingueurs.

Et pour ces derniers, la double peine. On imagine la Ministre de la Santé laisser aux censeurs le soin d’enlever toute référence à l’alcool et au tabac.

Le Gouvernement, la Ministre veulent notre bien. De force, s’il le faut, qu’on se le dise.

Frontalier, mon voisin de bistro sourit :

On s’en fout. En Alsace on est frontalier, on ira au cinéma à Kehl ou on regardera les films en VO sur les chaînes allemandes

Eclatement du paysage politique français : vers une recomposition tripartite ?

Recomposition ou révolution ?

Ne nous y trompons pas, les modifications politiques auxquelles nous assistons en 2017 s’apparentent plus à des bouleversements qu’à de simples ajustements. Pas un parti n’y échappe. Ni le Parti socialiste, ni Les Républicains, ni le Front national, ni même le Parti communiste français pour ne parler que de la bande des quatre qui, depuis 1945, sous différentes appellations, gèrent, en plein ou en creux, la vie politique de notre pays.

1945, me direz-vous c’est bien loin. Un petit rappel ? La sortie de la guerre a vu la naissance du gaullisme, la puissance du Parti communiste et la mise en sommeil relatif des socialistes dont il faut bien reconnaître que la position n’a pas été très claire sous l’occupation (doux euphémisme) et l’extrême droite qui, elle, n’a été que trop claire (comprenne qui veut).

Il n’empêche que ces différents courants de pensée représentaient bien des forces puissantes et différenciées qui ont animé notre vie politique depuis cette époque.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Le Parti communiste français est réduit à une peau de chagrin. Son premier fossoyeur, celui qui a creusé la fosse s’appelait François Mitterrand. Actuellement, celui qui la rebouche s’appelle Jean-Luc Mélenchon.

Le Parti socialiste, s’il s’est rapidement refait une santé pendant la quatrième république, s’est à nouveau écroulé avec elle pendant presque 25 ans. Puis, le susnommé François Mitterrand l’a remis au pouvoir non sans l’avoir habilement « désocialisé » de l’intérieur. Les voici, à ce jour, forts dépourvus, suite à la catastrophe politique du hollandisme, qui est pourtant plus une émanation caricaturale de la philosophie de fond du PS qu’un dévoiement de celle-ci.

Le Gaullisme, après avoir sombré pendant la quatrième république, est revenu triomphant avec la cinquième qui lui a conféré un pouvoir total sur la gestion du pays… qui a mené droit sur Mai 68, le Général ne pouvant comprendre les revendications d’une génération née après 45. Depuis, la droite républicaine se débat, comme le capitaine Haddock avec son papier dans l’avion, avec une extrême droite renaissante qui n’a de cesse de la rogner peu à peu.

Enfin, la renaissance de cette extrême droite, pensée et mise en œuvre par l’inévitable François Mitterrand, avec la complicité active de Jean-Marie Le Pen, est montée en puissance jusqu’à redevenir une force politique puissante dont l’objectif souterrain d’affaiblir la droite républicaine a pris toute sa mesure avec l’élimination de celle-ci dès le premier tour de la dernière présidentielle.

Aucun de ces principaux courants de la vie politique française n’est sorti indemne de la dernière élection. Le dernier artefact de cette explosion vient de se produire avec la démission de Florian Philippot du Front national, qui met en lumière la présence de forts courants contraires jusqu’à présents masqués par la façade monolithique de ce parti.

Que penser de tout cela ? L’éclatement commence par un morcellement avant l’apparition de nouveaux agrégats.

L’éclatement du paysage politique commence avec l’élection d’Emmanuel Macron, personnage brillant et indéfinissable par les concepts politiques classiques, qui a réussi a brouillé les cartes au point d’être inclassable dans des cases qu’il a rendues obsolètes.

Le morcellement nous apparaît maintenant, quelques mois après cette élection. Qui peut prétendre représenter plus de 25 % de la population ? Personne. Ni Macron, ni Mélenchon et encore moins les autres. N’est-il pas curieux de voir tous ces personnages dépositaires chacun à leur manière d’un discours sociétal parfaitement huilé auparavant, errer, hagards dans un paysage politique dévasté ?

Regardez François Fillon, ancien futur Président de la République, devenu incapable de se maintenir dans le champ politique. Regardez comment Manuel Valls tente de se maintenir dans ce champ, au prix d’efforts considérables et vains. Regardez Alain Juppé, replié malgré lui sur ses terres bordelaises, se drapant dans la dignité du trahi. Regardez Marine Le Pen, qui ne sait plus que faire d’un parti qui est en passe de revenir sur des fondamentaux qui la tiendront à l’écart du pouvoir.

Dans ce contexte bouleversé se formeront bientôt de nouveaux agrégats dont la forme est certes difficile à dessiner aujourd’hui. Mais on peut toutefois décrire, de la gauche vers la droite, trois grands attracteurs d’une recomposition future, entourés de deux pôles radicaux de moindre influence.

Une extrême gauche radicale historique et réactionnaire qui vit sur le fantasme du marxisme léninisme représenterait au plus 5 % de l’électorat.

Une gauche revendicative, nationaliste, anti-européenne et anti-libérale, regroupée autour de Jean-Luc Mélenchon qui agrègera le Parti communiste français, les Insoumis et l’aile gauche du Parti socialiste, pourrait représenter un maximum de 30 %.

Un centre, ni de droite ni de gauche, ou, et de droite et de gauche, qui se rangera derrière Emmanuel Macron à partir d’un regroupement d’une partie des anciens socialistes, des centristes et des gaullistes sociaux, pour 30 %.

Une droite forte républicaine qui pourrait trouver en Laurent Wauquiez un chef capable de placer sous sa bannière la droite traditionnelle et une partie des électeurs perdus par un Front national éclaté, pour environ 30 %.

Une extrême droite classique, repliée sur elle-même, qui, ne bénéficiant plus du soutien stratégique d’un Parti socialiste disparu, n’excédera plus qu’avec difficulté 5 %.

Voilà, grosso modo, comment pourrait se recomposer le paysage politique futur de notre pays.

C’est, bien sûr, une hypothèse, et rien ne dit qu’elle se confirmera sur le terrain. Mais c’est une possibilité dont l’enseignement majeur serait l’avènement d’une configuration en trois pôles au lieu de deux auparavant.

Dans ce contexte, chacun de ces trois pôles aurait toutes ses chances d’accéder à la présidence de la république en 2022. Mais aucun de ces trois pôles ne sera à l’abri de se retrouver troisième à l’issue d’un premier tour incertain, l’éliminant de fait de la course.

Le second tour, lui, pourrait être marqué, selon les cas, par une forte abstention de ces éliminés, à moins qu’ils ne se transforment en « faiseur de roi ». Amusant non ? Ce serait l’éliminé du premier tour qui éliminerait à son tour un des deux candidats du second tour et déciderait concrètement du résultat final de cette élection.

Dans de telles circonstances, l’aversion naturelle entre la gauche et la droite pourrait favoriser le maintien au pouvoir du pôle macroniste central, s’il n’a pas été éliminé au premier tour. Mais s’il a été éliminé, alors on retrouvera une opposition gauche-droite classique telle qu’on l’a connu en 74 ou en 81…. au siècle dernier ! Bien malin qui pourrait en donner l’issue.

 

6 millions de fainéants

Entre les recrutements et les licenciements le nombre des emplois vacants non pourvus sur le territoire est, bon an mal an, d’environ 500 000. Dans ces conditions comment reprocher aux gens de ne pas trouver de travail dans un Pays où il n’y a plus de travail ? Et, par quel miracle le chômeur dunkerquois, sans moyens, pourrait-il aller prendre un poste à Bordeaux où à Lyon ? Quelle solution offre-t-on aux millions de licenciés “économiques”, aux millions de demandeurs d’emploi impuissants, qui subissent les baisses de commandes, les délocalisations, l’incurie et l’égoïsme économique qui plombent l’activité ? Que sont devenus nos ingénieurs, nos usines de machine outil, de mécanique, d’armurerie, du ferroviaire, de fonderie, de sidérurgie, de chaudronnerie, de filature, de verrerie, d’horlogerie … Les travailleurs sont pauvres, mais pas encore au fond du trou, il reste le niveau du Burundi. Les salaires et les retraites très bas non seulement n’augmentent pas, mais ils diminuent du fait des contraintes et obligations diverses, impôts, taxes, amendes et charges, sur les cartes d’identités, le permis de conduire, les passeports, les appels payants, les autoroutes, la privatisation des biens communs … tout cela appauvri les ouvriers, les classes moyennes et les jeunes gens. Combien ne peuvent plus se soigner, payer les études de leurs enfants ! Pire encore la misère des 8 millions d’êtres humains de notre Quart-monde. Lorsque 10% d’égoïstes sans moral se repaissent du superflu.

En quoi consiste le credo du régime technocratique Macron, dont l’instigateur est le Medef (syndicat d’orientation réactionnaire) sinon d’une politique de classe qui consiste : à punir et à appauvrir davantage encore, les familles qui après 25 ans dans l’entreprise se retrouvent à la rue : en réduisant leurs indemnités de licenciement et de chômage ainsi que sa durée, puisque ce sont eux les boucs émissaires dans cette situation, comme le clame et veut le leur faire croire la duplicité ambiante, relayée en cela par les médias et les “experts” valets dont aucune critique ne fuse ? Une chose est certaine, il n’y a pas de responsabilité managériale. Pourtant on a bien vu que les récents 40 milliards d’aide de l’Etat et les allègements de charges n’ont strictement rien apporté en terme d’emploi, pas plus que les milliards d’aides distribués depuis 30 ans sous l’empire des différents gouvernements. Les milliards d’aides et les très bas salaires ouvriers, n’expliquent pas le manque de compétitivité des entreprises ! On s’interroge …

Pour ceux qui ont encore un travail : c’est la réduction des salaires, l’augmentation des horaires, les emplois précaires, la flexibilité, l’individualisation et le démantèlement des protections du Code du travail. Dire qu’un employé peut affronter seul son patron, c’est faire fi des rapports de force hiérarchiques et c’est le retour à l’arbitraire. Annoncer que les employeurs ne savent pas lire les 300 pages utiles du Code du travail et qu’il convient de le réduire, voire de le supprimer, c’est se moquer du législateur, de l’histoire sociale, de la démocratie et les prendre pour des idiots. Inquiétant, le recours au 49/3 montre la main mise d’une politique discrétionnaire pour cinq ans. Devra t-on dorénavant pour le confort de certains, réformer tous les codes Dalloz ?

Le Medef et Macron disent qu’en facilitant le licenciement, ils vont accroître le nombre des emplois. Il nous disent aussi qu’en réduisant les salaires, en diminuant les retraites (CSG) et les minima sociaux, en augmentant les charges et les impôts des pauvres et en supprimant les impôts des riches, ils vont relancer l’économie du Pays ! Qui peut croire à de telles fadaises et contrevérités ? Plutôt que de toujours brimer les pauvres gens, ne serait-il pas plus judicieux et urgent, parmi les moyens disponibles pour relancer l’économie solidaire dans l’intérêt général et le plein emploi, enjeu crucial, de procéder à un bouleversement des paradigmes et des mentalités, « un new deal ». Par exemple : en réduisant tout de suite les écarts salariaux de 1 à 30, en répartissant les charges de travail, en distribuant les fruits du travail et de la finance équitablement entre tous, en réduisant les frais de bouche, la pompe de l’État et des hauts fonctionnaires sur le modèle des pays du Nord l’Europe, en interceptant les sommes immenses de l’évasion et de l’optimisation fiscale, en développant les industries des énergies renouvelables, de l’isolation du bâti et de l’écologie. Mais aussi en mettant en place très vite le revenu universel jeunes et un Erasmus pour tous les jeunes de 15 à 30 ans. Imaginez, un instant, la progression rapide et considérable de telles mesures pour la reprise économique et le niveau de vie de tous, pour la joie de vivre retrouvée dans le Pays ! Et, si les instigateurs de l’affaiblissement de l’Etat protecteur, de la dérégulation et de la marchandisation de tout, qui s’enrichissent au dépend de la communauté veulent s’expatrier, qu’ils s’en aillent, bon débarras !

O.Godin