FN : Nouveau look pour une nouvelle vie ?

Rassemblement National : Le FN ripoline

Facile, parce qu’avec un peu de culture, on serait obligé de dire que le RNP venait de la gauche et Marcel Déat de la SFIO. On est loin de la Marine !

Rassemblement National : Rien de Nouveau

La première remarque est que ce changement n’en est pas un ! L’inventeur de l’expression « Rassemblement National » n’est autre que Jean-Marie Le Pen. Le Front national – Rassemblement national (FN-RN) date de 1986.

La proportionnelle permet au FN d’obtenir un groupe à l’Assemblée Nationale. Le ralliement d’élus aux marges de la droite impose cette notion de « rassemblement ».

Comme le rappelle Valérie Igounet :

« Les listes dans les différents départements sont bouclées sous le nom de « Listes du Rassemblement national présentées par le Front national »

La stratégie d’ouverture frontiste a fonctionné. Responsables du FN mais aussi du CNI, SNPMI, CIDUNATI, CODAR-CAR, anciens du RPR et de l’UDF et des socio-professionnels s’y retrouvent. Le label RN a séduit par les thématiques du FN et les perspectives de carrière qu’il ouvre. Les anciens du parti sont amers. Ils considèrent que le secrétaire général du FN, Jean-Pierre Stirbois, a distribué « généreusement les investitures à des “crypto-gaullistes, sionistes, francs- maçons et libéraux” ».

L’ouverture à la sauce Le Pen sera principalement incarnée par Yvon Brian du CNIP.

En Alsace, Gérard Freulet rentre à l’Assemblée Nationale avec Robert Spieler.

30 ans avant, le Rassemblement national français, un autre parti, était créé par Jean-Louis Tixier-Vignancour.

Rassemblement National : qu’en dit l’INPI ?

On ne saurait imaginer que le FN n’ait pas chargé des experts en droit des marques de se plonger sur les fonts baptismaux du nouveau parti. Un passage sur le site de l’INPI nous apprend qu’il existe plusieurs « Rassemblement National » déposés dans les « catégories » propres aux partis :

 

Ce dernier semble cibler le rassemblement entre les héritiers du gaullisme (euh… LR ?) et le FN ! Avec une fusion allant jusqu’au logo. Mieux, ce Rassemblement National est un parti. Visiblement, il n’y a plus de service juridique au FN.

Ce Rassemblement National a pour président un ancien proche de Charles Pasqua. Il promet un beau débat judiciaire au FN, dénonçant l’amateurisme de l’avocate Marine Le Pen…

Financement du FN : Précisions et nouvelles révélations !

Les précisions de Jean-Luc Schaffhauser

Partisan de la liberté d’expression, il souhaite faire une mise au point sur son rôle exact dans le ou les prêts russes accordés au parti français :

Je n’ai participé qu’à l’opération entre le FN et la First Czech-Russian Bank. Pour les autres, j’étais hors du jeu. Après les élections européennes, le FN était le premier parti de France ; il était scandaleux qu’aucune banque française n’accepte de lui octroyer des prêts. Les banques françaises sont-elles mandatées pour définir qui a le droit de se présenter aux élections ? J’ai donc trouvé avec la First Czech-Russian Bank une banque totalement classique, sous législation européenne. Tout a été fait dans la transparence.”

Pour son implication dans le rapprochement entre le parti et cette banque russe, le député frontiste a touché une commission de près de 140 000 euros, incluant les frais (400 000 selon certains médias).

Selon lui, les autres banques (NDLR : les banques non russes) sont manipulées par le système financier international sous contrôle de lobbies américains, c’est pour cela qu’elles ont refusé de prêter au FN. Ceci serait une tentative d’organisation de la banqueroute du FN menée par les banques internationales en raison du contrôle que le Front veut prendre du système financier par l’État. Donc la décision de la banque Société Générale de fermer le compte du parti d’extrême droite n’aurait, selon l’élu, aucun lien avec le prêt russe !

De même le Crédit Mutuel, la banque de la fondation Académie européenne, aurait pris des décisions illégales. L’Académie européenne est une coopérative à but non lucratif de consultants travaillant sur les enjeux stratégiques européens, dont Jean-Luc Schaffhauser est le président et l’un des fondateurs.

Même une banque d’Abou Dabi, où l’élu alsacien travaille depuis 2016 pour ses affaires privées, était, en 2013, sur le point d’accorder un prêt au FN. Mais la veille de la signature, alors que la banque avait réservé l’hôtel pour les signataires, tout a étonnamment été annulé. C’est pour ces raisons qu’il s’est tourné vers l’est de l’Europe où il avait des contacts.

Sur le fait que nous avions évoqué la disparition de cette banque, l’élu alsacien se défend : « Je ne pouvais rien en savoir à l’époque. Les banques qui ont chuté en 2008 comme Lehman Brothers étaient très bien cotées la veille au soir de leur chute. Eh bien, celle-là l’était également. »

Concernant sa situation vis-à-vis de la justice française, Jean-Luc Schaffhauser insiste :

Je ne suis, à ce jour, ni condamné, ni accusé. Je suis un quidam qui a répondu au Parquet national financier (PNF) et contre qui rien n’a été retenu à ce jour. Je suis un citoyen innocent et un élu d’opposition.” (NDLR : Début 2017, un signalement Tracfin (la cellule anti-blanchiment) est arrivé au Parquet national financier (PNF) concernant le prêt russe du FN fin 2014.)

Concernant la fermeture des comptes bancaires par la Société Générale :

… les miens et ceux de mon épouse, ceci est désormais devant la justice. La Société Générale a-t-elle le droit, pour une opération liée à un prêt privé au Front National, qui n’a rien à voir avec une banque russe, de priver une famille de ses droits bancaires après plus de 40 ans de présence dans cette banque sans aucun problème ?

Pour Jean-Luc Schaffhauser, les banques mondiales sont sous la coupe de l’oligarchie financière des États-Unis qui redoutent la victoire du FN en France – sortie de l’euro, rupture avec l’indépendance des banques centrales, mise en examen pour crime pour haute trahison des banquiers qui sont sous la coupe des puissances étrangères. Le parti a aussi dans son programme la sortie de la France de l’OTAN. Ce que redouterait le reste du monde… sauf la Russie et la Chine !

Jean-Luc Schaffhauser est sans conteste un homme brillant, ayant des idées affirmées sur l’Europe et la géopolitique mondiale. Centriste, proche de l’Opus Dei, il était consultant pour Auchan, Dassault et Total.

Qu’est donc allé faire ce grand artisan de l’alliance franco-russe dans cette galère politique ?

De nouvelles révélations

Un gros donateur ?

Selon notre enquête, un mystérieux citoyen français aurait récemment prêté de très grosses sommes au Front National. De sources sûres, officiellement ni confirmées ni infirmées, cela constituerait a priori de quoi sauver le parti.

Les enquêtes en cours devraient permettre d’en savoir bientôt plus sur ce personnage, encore inconnu à ce jour !

Jean-Marie, le banquier

Jean-Marie Le Pen empruntait de l’argent aux sympathisants pour ensuite prêter de fortes sommes aux candidats et aux micro-partis du FN. Un business juteux.
Le principe est simple : des sympathisants du FN prêtaient de l’argent aux micro-partis du fondateur du FN Promelec et Cotelec ; le taux était de 3%. Ces sommes étaient ensuite prêtées à des candidats du FN à plus de 6%. Il s’agirait de plus de 8 millions d’euros.

Marine Le Pen aurait ainsi reçu 6 millions d’euros pour la dernière campagne présidentielle. Au passage, Jean-Marie Le Pen aurait touché 390 000 euros.
Une pratique qui existait alors depuis plusieurs années.

 

Mardi : Tri sélectif à tous les étages

Les très chers vœux de Jean Rottner

De toute évidence, notre JR aime les shows à l’américaine. À peine revenus du “Consumer Electronics Show’’ de Las Vegas, nous apprenons que l’ex-maire de Mulhouse prévoit une cérémonie des vœux du conseil régional Grand Est, à l’américaine donc, à Metz (parce qu’il y en a encore qui croient que Strasbourg est la capitale de la région).

« Ce seront les vœux les plus chers recensés dans notre tour d’horizon » selon L’Est Républicain.

50 000 euros seront déboursés pour près de 1000 invités. Le traiteur messin préparera 10 à 15 pièces par invité : « quiches et petits pâtés, canapés, salades en verrine et fruits de mer ». Et, bien sûr, du vin de Champagne !

Choisir le lanceur d’alerte

La Cour de cassation du Luxembourg vient d’annuler la condamnation en appel du principal lanceur d’alerte de l’affaire “Luxleaks“. Cette personne avait été condamnée pour avoir dénoncé les avantageux accords fiscaux conclus entre le Luxembourg et le cabinet PricewaterhouseCoopers pour le compte de multinationales.

La Cour de cassation luxembourgeoise a enfin reconnu le statut de lanceur d’alerte. Un statut protégé qui est dorénavant étudié à l’échelle européenne afin que ne soient pas poursuivies les personnes qui agissent dans l’intérêt général ou combattent contre le fléau de la corruption.

Vraies interviews

Patrick Jankielewicz, rédacteur en chef de La Voix du Nord, annonce que le journal ne publiera plus d’interviews relues et revues par les personnalités interrogées…

Dans la presse écrite, les élus et leurs conseillers demande fermement une relecture de leurs propos avant la publication d’une interview. Presque tous les journalistes acceptent cette relecture. Certains des interviewés jouent le jeu en corrigeant à la marge des aspects techniques. Mais dans certains cas, « on nous a renvoyé un texte totalement “caviardé”, coupant des réponses qui avaient été faites et ajoutant des questions qui n’avaient pas été posées ! », déplore Patrick Jankielewicz. La Voix du Nord ne se soumettra plus à cette exigence.

Quels élus accepteront encore d’être interviewés par ce média local ? Et faut-il en conclure que d’autres quotidiens régionaux pratiquent l’interview dictée ?

Quand le FN fiche ses candidats

Médiapart nous apprend qu’au Front National des tableaux recensent les candidats pré-investis par le parti pour les élections. Ces tableaux récemment divulgués analysent les candidats, leurs appartenances partisanes, leurs opinions et publications sur les réseaux sociaux, leurs likes etc… « Dans ces listings, on croise des pré-candidats qualifiés de “fous”, de “connard de première catégorie”, d’auteurs de “posts bêtes, voire violents”. Certains ont le tweet “graveleux” – “avec du saucisson” –, “hard sur l’immigration”, “de défense à Dieudonné” ou traitent “les migrants de porcs”. D’autres sont suspectés de ne pas prêter suffisamment allégeance à “Marine” ni à  “Florian” ». Certains candidats sont sobrement traités de « gros beaufs homophobes de base ». Bon.

Concernant les Alsaciens, on peut lire :

Christelle Ritz
« Propos stigmatisant certaines personnes issues de l’immigration sur Facebook selon les Dernières nouvelles d’Alsace »
Candidate dans la 5e circonscription du Haut-Rhin.”

Julia Abraham
« Fréquentations douteuses », « un post FB pro JMLP, Twitter pas utilisé depuis mai, épinglée pour avoir été en photo avec Baptiste Coquelle [militant du GUD apparu sur un cliché faisant un salut nazi, il avait posé avec de jeunes frontistes lors du gala des 40 ans du parti – ndlr] »
Candidate dans la 2e circonscription du Bas-Rhin.”

Que voulez-vous ? On n’échappe pas à sa propre famille.

Strasbourg balance sa pub !

Avec un autocollant « stop-pub », vous ne devriez plus avoir de publicité dans votre boîte aux lettres. Mais, comme vous l’avez sans doute déjà constaté, c’est rarement le cas…

Samedi après-midi, les militants de Zéro Déchet Strasbourg ont rappelé le « gâchis que représente la publicité non désirée dans nos boîtes aux lettres, environ 31 kg par an, par foyer ! »

Ils ont mis en place une page Facebook afin de « pointer du doigt les sociétés qui pourrissent vos boîtes aux lettres » malgré les « stop-pub », une  page baptisée « Balance Ta Pub Strasbourg ».

 

Harcèlement sexuel : et maintenant les politiques !

MJS : « J’ai dû le masturber pour m’en débarrasser »

L’affaire du patron du MJS semble ouvrir le bal. Libération titre un article choc qui ne laisse aucun lecteur indifférent : « J’ai dû le masturber pour m’en débarrasser. Il disait : “Comme tu as dit oui une fois, tu ne peux plus dire non maintenant”»…

Une autre femme raconte son histoire :

Entre 2010 et 2011, tout va changer pour Marie. En 2010, elle est une jeune pousse socialiste prometteuse, pressentie pour prendre la tête de sa fédération départementale, en banlieue parisienne. Tout le monde chante ses louanges. À la même époque, elle a le «béguin» pour TMB. À la base, c’était «un jeu de séduction consenti des deux côtés», dit-elle sept ans plus tard. Sauf que Marie ne franchira jamais la ligne jaune : elle est en couple et n’entend pas tromper son compagnon. TMB, en revanche, tentera sa chance en permanence, faisant balader sa main sous sa jupe, entre autres. Marie dit et redit non

Son ascension s’arrêtera.

« Et après, comme d’habitude, il monte à la tribune pour dire combien il faut protéger les femmes parce qu’il est un grand féministe. C’était surréaliste » déclare Diane, une autre victime.

Les prénoms sont changés mais les faits sont là.

L’omerta parisienne

Il utilisait son pouvoir de président : vous couchiez, vous montiez dans les instances, c’était le deal

Ce qui ressort de nombreux témoignages se résume en un « on savait, on en avait entendu parler ». Cependant, une « douce » omerta semble d’appliquer.

« Il utilisait son pouvoir de président : vous couchiez, vous montiez dans les instances, c’était le deal » lit-on encore dans un article sur le silence « complice » de certaines instances.

Les premières alertes dateront d’avant le congrès de Strasbourg de 2011. Elles seront lancées mais non reçues « pour ne pas faire du tort au parti ». Thierry Marchal-Beck (photo en une) entame une descente en flèche, sans rappel.

Une partie des faits étant couverts par la prescription, d’autres ne donnant pas à ce jour lieu à plainte, l’homme est juste condamné, comme le MJS, à voir son nom accompagné de tags réservés d’habitude aux sites pornographiques.

Sur ce dossier, on notera qu’il y eut des lanceurs d’alerte mais que la loi du silence fut plus forte…

Et dans les « fédés » ?

La question, que certains posent, est de savoir si des méthodes semblables furent déclinées au niveau des fédérations. Des bruits, des rumeurs ne font pas, à cette heure, des plaintes contre de supposés « prédateurs ».

Le FN aussi…

Après le MJS, les médias évoquent le Front National pour quelques affaires de mœurs. Deux anciens membres du FN accusent notamment un député du parti de harcèlement sexuel. Là, c’est une affaire d’hommes.

« Il se permettait des commentaires graveleux et aussi des gestes. Les mains sur les épaules, des massages », raconte le jeune homme face à la caméra. « L’un de mes collègues se faisait constamment toucher le ventre sous prétexte de vanter son régime. C’était parfois des mains sous la chemise. Moi personnellement ça a été plusieurs fois des mains sur les fesses », déclare une supposée victime.

Le député ciblé aurait « contacté (son) ami pour faire pression en menaçant de dévoiler des photos à caractère privé si d’aventure il lui prenait l’envie, à (lui)-même ou à la personne, de continuer à dénoncer même anonymement les faits qu’on lui reproche ».

« Les auteurs du reportage ont expliqué que le FN considérait ces prises de parole comme une vengeance politique du clan de Florian Philippot contre Marine Le Pen et le parti. Contacté par bfmtv.com ce mercredi, le Front national n’a pas donné suite » précise la chaîne de télévision.

MJS, FN… La libération de la parole s’impose. Un grand nettoyage doit l’accompagner. Il ne fait pas de doute qu’elle touchera toutes les formations politiques, sauf si l’on continue à cacher les cadavres sous le tapis.

Barbara DesVilles

FN : Changer le nom du Papy, changer le nom du Parti

Florian Philippot parti, certaines de ses idées poursuivent leur chemin dont le changement de nom. Discrètement, des proches de Marine Le Pen ont ainsi déposé des « marques » à l’INPI…

Ainsi le magazine Challenges, nous apprend que le nom « Union Nationale » a été déposé par une certaine Marie-Caroline Olivier, nom marital de Marie-Caroline Le Pen.

Franck Allisio, Conseiller régional FN en PACA, déposait lui « Pour la France » dans les mêmes dates.

Joffrey Bollée, proche de Florian Philippot, déposait lui, en septembre dernier « Le Meilleur pour la France ».

À suivre… Mais pas dit que Jean-Marie Le Pen, si « dieu lui prête vie », n’en profite pas pour relancer un FN à l’ancienne !

(Jean-Marie Le Pen, en 2010, entouré des deux candidats à sa succession à la présidence du FN, Marine Le Pen et Bruno Gollnisch / photo ©Marie-Lan Nguyen)

 

Divorce Philippot – Le Pen : qui va garder les enfants FN en Alsace ?

La scission FN-MNR : un précédent

La première tentation est de faire un parallèle entre cette crise et celle que connu le FN à la fin des années 1990, lorsque Bruno Mégret tenta une prise du pouvoir face au clan Le Pen. Lorsque Marine Le Pen évoque le destin de Florian Philippot :

« Je le crains pour lui. Pourquoi ? Un outil comme le Front national, qui est un outil extrêmement puissant, avec lequel on peut faire passer des idées, défendre nos compatriotes, changer notre pays et le préserver des mauvaises décisions qui ont été celles depuis 30 ans, ne peut pas être créé comme ça sur un claquement de doigts. Donc j’ai envie de vous dire que l’expérience m’oblige à constater que tous ceux qui ont souhaité mener une aventure solitaire ont disparu. Ça a été le cas de Bruno Mégret. Ça a été le cas de Carl Lang. Et je pense pouvoir vous dire que ce sera le cas de Florian [Philippot]. Et c’est la raison d’ailleurs pour laquelle je regrette son départ ».

Plus analyste, son père, Jean-Marie Le Pen précise de suite : « Ne lui en déplaise, Florian Philippot n’a pas l’influence qu’avait patiemment tissée en son temps Bruno Mégret au sein du Front national ».

Le patriarche du FN sait de quoi il parle. Bruno Mégret emmène avec lui plus de 2000 cadres du FN dans toute la France. Certains assurent même que, jusqu’à Florian Philippot, le FN ne s’en était pas structurellement remis.

En Alsace, en 1998, les deux fédérations sont massivement mégretistes. L’électorat restera Lepéniste.

La comparaison s’arrête là, ce d’autant plus qu’idéologiquement, le mégretisme incarnait une droite dure prompte à s’allier à droite alors que la famille Le Pen s’ancrait dans une ligne nationaliste et populaire.

« Elle » a perdu les élections

Pour le FN, si la qualification pour le second tour des présidentielles est une victoire, le débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron aura fortement amoindri la portée du discours lepéniste et limité l’impact de ses candidats aux législatives. « Elle a perdu les élections » déclare un observateur, « maintenant, pour effacer la faute, il fallait un bouc-émissaire »…

Sur les réseaux sociaux, même les plus virulents opposants à Florian Philippot dénoncent une manip’ qui vise à éviter l’autocritique et la remise en cause.

Face à Elisabeth Martichou, sur RTL, le désormais ancien numéro 2 du FN déclare qu’un parti politique n’est qu’un outil. Il dénonce la « mégrétisation » du FN. « Moi, je me sens libre » souligne-t-il sur les ondes, refusant la « tambouille interne ». Il n’hésite pas à évoquer ceux qui, autour de Marine Le Pen, ne manqueront pas de tenter de l’écarter en temps et en heure.

(photo©DR-Le Monde)

Combien de divisions ?

Reste à savoir ce que pèse Florian Philippot…

Deux députés européens, lui et Sophie Montel. Quelques experts arrivés avec lui et quelques dizaines de conseillers régionaux. De quoi finir les mandats, en fait, et sans doute de préparer une liste souverainiste avec élections européennes de 2019 avec (qui sait ?) Nicolas Dupont Aignan.

Et en Alsace ?

Le FN vivra sa ènième crise dès ce matin au Conseil Régional « Grand Est » où les lignes vont bouger. Nous évoquions cela dans les colonnes de Heb’di. On attend toujours la réponse de Florian Philippot à notre  « lettre ouverte ».

Qu’en est-il du groupe Les Patriotes/FN du Grand Est ?

« Issu de l’UMP, Jean-Claude Bader est le premier à regretter la scission de l’équipe. « Je ne suis pas allé au FN pour ce genre de choses. Nos électeurs attendent une autre politique que ces querelles internes », expliquait-il hier en se disant en pleine réflexion » écrivent les Dernières Nouvelles d’Alsace.

Une dizaine d’élus choisis en temps et en heure par Florian Philippot resteraient « fidèles ».

Andréa Didelot et Sylvain Marcelli seraient de ceux-là. A la manœuvre lors de la constitution des listes municipales strasbourgeoises et régionales, leurs choix avaient provoqués l’éloignement de cadres du parti fidèles aux places éligibles. On attendra le choix de leur camarade Julia Abraham, secouée téléphoniquement, dit-on, par un Jean-Luc Schaffhauser en colère.

Eliane Klein suit, elle, la ligne Montel dans la foulée de son engagement en faveur de la cause animale.

Si Alain Favaletto, responsable du FN 68, s’ancre dans la ligne du parti, Laurent Gnaedig, responsable du FN 67, connu pour son indécision, ne se prononce pas : « Il attend de savoir qui gagnera » distillent certaines voix en Nord Alsace.

Quel avenir pour le FN ?

On suivra donc les évolutions des uns et des autres.

Le FN écrit un nouvelle page de son Histoire, faite de crises et de divorces. En cela, il devient finalement un parti comme les autres, victime, comme les autres de la décomposition-recomposition du paysage politique, victime de l’égo de ses dirigeants.

Une autre recomposition commence, celle du FN dans le Grand-Est. Quid d’ailleurs de la ligne du parti pour l’Alsace ?

Aujourd’hui, Emmanuel Macron présentera ses ordonnances qui frapperont une partie de la classe ouvrière et des classes moyennes. A l’Assemblée Nationale, on n’entend toujours pas les députés du Front.

Barbara Desvilles

Florian Philippot quitte le FN

Heb’di n’a pas particulièrement de sympathie pour Florian Philippot. Souvent parmi les premiers à décrier l’Alsace, sa ligne, sa froideur, ses idées nous laissent de grès… Eh oui, en Alsace, on n’a pas de marbre.

Alors que Marine Le Pen vient de vider sa vice-présidence de contenu, au moment où il annonce quitter le FN, nous avons cependant eu envie de lui écrire une lettre.

 

Cher Florian,

Permets-nous de t’appeler « Florian » parce que cela fait genre. Nous n’en sommes pas à l’hommage aux chers disparus, bien qu’au FN, certains semblent pressés. Tu ne leur feras sans doute pas ce plaisir.

Nous avons lu la presse nationale et alsacienne et entendu un cahier de doléances prompt à te mener directement à la guillotine nationaliste du côté de Saint-Cloud.

Il y a en qui ont du mal à digérer le couscous, visiblement.

On entend Nicolas Bay et Louis Alliot sonner la charge. Tu es celui par qui le malheur est arrivé. Une merguez et te voilà « islamo-gauchiste ».

Ils oublient que dans vos fédérations où restent des anciens d’Algérie, le couscous est la poule au pot du sud ! S’il suffit d’un peu de harissa pour être islamiste, le nombre de fichés-S va exploser.

Instaurer une ligne idéologique supposait neurones et pensées

Gauchiste ! Tout dépend d’où l’on se place mais tu aurais dû comprendre qu’instaurer une ligne idéologique supposait neurones et pensées.

La ligne que tu as posée au FN tenait compte de l’Etat de lieu du paysage politique à ton arrivée. D’un Sarkozysme fort auquel succédera un Fillonisme plombé avant que n’éclose un Wauquyézisme humano-droitier.

Tu posais comme base que le libéralisme et ses conséquences devaient être laissés à la droite et ses chapelles et qu’une ligne plus populiste, voire économico-patriote pouvait emporter les suffrages.

Sur ce point-là, et comme on l’entend dans Kaamelot : « c’est pas faux ». D’ailleurs, bon an, mal an, n’est-ce pas la ligne sur laquelle arrivent gentiment Jean-Luc Mélenchon et ses insoumis ?

Tu es celui par qui le malheur est arrivé… Mais, entre nous, qui les a empêché, les anciens du FN, de poser une autre ligne idéologique avant que tu n’arrives et lorsqu’ils avaient les mains libre pour le faire ? Qui les a empêché aussi de réussir à conquérir communes et mandats de députés entre la scission avec les félons « mégrétistes » – 1998 – et ton arrivée en 2011 ?

Personne !

Bien sûr, il y a les récentes élections. La présidentielle ? Une défaite relative puisque d’abord tu n’étais qu’autour du dispositif et non au cœur et que la défaite s’est cristallisée autour d’un débat loupé par Marine.

Les législatives ? Une dizaine de députés qui n’arrivent pas à faire parler d’eux, en tout cas moins que Marion Maréchal ! Sans doute l’élan avait été freiné par le fameux débat mentionné plus haut.

Pour exorciser tout cela, il faut un bouc émissaire … Là, Florian, tu arrives à point.

Ceux qui courraient après toi hier, ceux qui ont pleuré auprès de toi ou des tiens pour être investis aux régionales ont commencé à accumuler les pierres. Ils attendent « courageusement » le signal pour commencer à les lancer. D’autres n’osent pas encore, au cas où tu bougerais encore.

Pour exorciser tout cela, il faut un bouc émissaire

Avant d’en revenir au local, affirmons, cher Florian que tu mérites un peu les coups. D’abord, on a cru décelé le placement de tes proches sur l’ensemble des fédérations de cette région Grand Est. A tel point qu’elle est devenue ta baronnie.

On laissera les mœurs au domaine privé, mais certains comportements politiques ont eu de quoi énerver. Dans la cage aux fauves qu’est la politique, tu n’as pas toujours soutenus les plus bosseurs, mais les plus philippotistes. Tu mesureras leur courage et leur fidélité dans les prochains jours.

Alors que pleuvaient les coups « nationaux », on attendait les coups locaux. Il ne fallut pas attendre longtemps.

Marie-Hélène de Lacoste-Lareymondie, Grégory Stich et Marion Wilhelm

« Douze élus sur les 46 que compte le groupe Les Patriotes-FN ont signé le courrier adressé le 9 septembre à Nicolas Bay, secrétaire général du FN, dont les Alsaciens Marie-Hélène de Lacoste-Lareymondie, Grégory Stich et Marion Wilhelm » lit-on dans les DNA.

Pour un peu, on se demande qui a tapé le courrier mais tout n’est pas faux ! L’absentéisme, c’est mal et pour ceux qui n’en sont pas, le fait que certains élus soient responsables du parti dans leurs départements ou professionnellement assistants parlementaires peut créer des jalousies.

Peut-on en vouloir à une élue catho d’en vouloir au trop laïc que tu es à ses yeux ? Peut-on en vouloir à cet élu de Guebwiller de croire en son destin en se rasant chaque matin ?

Pas de couilles, pas d‘embrouilles

Tu remarqueras que le 67 ne bouge pas. Non par manque d’envie, mais il ne faudrait pas que tu bouges encore. Silence de tes opposants, de tes soutiens, silence des jeunes loups et louves qui ont fait la queue devant ton bureau ou squatté le répondeur de tes proches avant les régionales.

Echaudé par ses incartades mégrétistes de jeunesse, l’actuel responsable départemental, Laurent Gnaedig sera de ceux qui jetteront la dernière pierre, lorsque tu seras loin… ou mort.

« Le cercle très soudé autour de Philippot a suscité des malaises injustifiés. Certains s’imaginent être victimes de complot », estime Laurent Gnaedig. Le secrétaire départemental FN du Bas-Rhin et conseiller régional minimise ce qu’il considère comme « des erreurs de gestion de relations humaines ». « Cette discussion un peu animée repose davantage sur des animosités personnelles et une frustration post-électorale que sur des divergences idéologiques », croit-il » dévoilent encore le journal.

Voilà qui nous rappelle des propos prêtés à Jacques Chirac : « On greffe de tout aujourd’hui, des reins, des bras, un cœur. Sauf les couilles. Par manque de donneurs ».

On laissera donc les lâcheurs te lâcher. « Le FN c’est Dallas ».

Florian Philippot quitte le FN

Ce matin, tu prends les devants pendant l’émission les 4 vérités en annonçant que tu quittais le Front National : « On m’a dit que j’étais Vice-président à rien, je n’ai pas le goût du ridicule je quitte le FN » rapporte l’Express.

Tu ne laisseras pas le plaisir à certains de sacrifier le bouc-émissaire en place publique. Mais cela ne cache pas le souci de fond du FN, son corpus idéologique et désormais la légitimité de sa présidente qui sera peu de choses, entre Marion Maréchal et Laurent Wauquiez.

Avant que l’on en écrive le prochain épisode, tu peux nous donner ta version, on la publiera. Chiche !

 

Barbara Desvilles

(crédit photo©Gauthier Bouchet)

 

 

Cuisine politicienne et couscousgate façon FN

Le couscous de Strasbourg

Il aura suffi d’une réunion de proches du député FN Florian Philippot et d’un selfie autour d’un « couscous » pour qu’Internet s’emballe.

Horreur, malheur… Voici Florian Philippot festoyant autour d’une merguez, de deux boulettes, de semoule et de quelques légumes politiques et naturels ! Il n’en fallut pas plus pour que des fatwas soient jetées par les plus identitaires des frontistes. Après les versets sataniques, les assiettes cosmopolites.

Ecce homo ! Voici l’homme par qui le scandale arrive. Crucifié pour son amour de la harissa sans doute.

On n’a pas à Heb’di de sympathie pour celui qui, nationaliste, semble avoir du mal avec l’Alsace. Avec cette polémique, on aurait pu cependant adorer que le ridicule tue.

Le couscous, un plat identitaire

N’en déplaise à certains frontistes qui semblent n’apprécier la cuisine qu’identitaire. Le couscous est un plat identitaire. Oui, car le couscous est d’origine berbère !

Berbère et identitaire. Car les berbères sont des « barbares » étrangers pour les Romains et les Grecs, mais ils le seront aussi pour le monde arabe, cultivant une langue et des pratiques culturelles longtemps menacées par le centralisme nationaliste comme par le radicalisme religieux.

On en oublierait presque aussi que parmi les Berbères antiques figuraient aussi les Libyens, qui se pensaient descendants des Troyens, une mythologie commune à bien des pensées identitaires.

Et le couscous dans tout cela ?

Quittons la sépulture du roi berbère de Numidie qui emporta un plat avec lui pour se souvenir que le couscous conquit l’ensemble des côtes de la Méditerranée. Mentionnons le «cusucsu» aux poissons venus de Sicile et qui nourrissaient les colonnes romaines.

Qui dit « couscous » dit blé ! Peut-être d’ailleurs que le couscous est né ainsi à plusieurs endroits, des rives de Sicile aux greniers du Soudan.

Tout cela, les défenseurs de l’identité s’en moquent sans doute. Voici le couscous limité à n’être qu’un plat des Envahisseurs.

Couscousgate : vers une scission ?

Une telle attaque contre le numéro 2 du FN démontre, outre sa bêtise, l’ambiance explosive qui règne à l’intérieur du parti de Marine Le Pen.

L’échec présidentiel et le loupé du débat, l’invisibilité des députés frontistes à l’Assemblée Nationale ont ravivé les querelles de clans. D’un côté les tenants d’une ligne dure, de l’autre, une ligne Philippot-Montel « progressiste »…

Cela se manifeste jusque dans les tablées de conseils régionaux, où les clivages se font à la cantine.

Si les anti-Philippot avaient eu le nez creux, ils se seraient passés de cette attaque. Ici, dans le Grand Est, et particulièrement en Alsace, on aurait attaqué les absences du Chef qui court plus les médias que les séances du Conseil Régional ainsi que l’invisibilité et le peu de travail des élus FN en Alsace.

Mais dans l’absolu, on s’en fout !

On reprendrait bien un peu de couscous, arrosé d’une bonne bière d’Alsace.

Barbara Desvilles

Après les présidentielles en Alsace, , la ligne molle du Front National

Julia Abraham et la sortie de l’Euro

A Strasbourg 2, opposé aux favoris Philippe Bies ( PS) , Jean-Philippe Maurer (Droite) et Sylvain Waserman, le maire de Quatzenheim ( EM), la candidate FN espère faire 12.5 % des inscrits et être au second tour.

« Elle décline donc les priorités nationales du FN, similaires à celles qu’avançait Marine Le Pen pendant la campagne présidentielle. La sortie de l’euro en moins, à propos de laquelle des discussions devraient avoir lieu au sein du Front national après les élections législatives » écrivent les DNA. Julia Abraham se place-t-elle contre la ligne Philippot. Il sera intéressant de le savoir et d’avoir la position du numéro 2 du FN sur le sujet.

Dans la 4ème circonscription du Bas-Rhin, Le candidat est accompagné… d’un ‘commissaire politique’ : « Andréa Didelot, 24 ans, secrétaire adjoint de la fédération FN du Bas-Rhin et benjamin du conseil régional. Tous les trois portent un blazer bleu marine – sans doute un code. “Je suis là pour soutenir Thibault”, précise Andréa. Et, de temps en temps, pour répondre à sa place ».

«  Le tout-mondialisme et l’Union européenne nous conduisent dans le mur »

On y lit que «  le tout-mondialisme et l’Union européenne nous conduisent dans le mur », assure celui qui veut « le plus de patriotes possible à l’Assemblée nationale » et décline les thèmes régaliens du FN, de l’immigration au référendum sur l’euro. Bref, on ne sait plus où est le FN sur l’Europe. Reste que le candidat FN, Thibault Manteaux, est aussi « contre le GCO .

À Guebwiller, le FN Grégory Stich évoque le sujet : « Derrière, il dénonce l’Union européenne qui, selon lui, « organise la concurrence entre les peuples d’Europe » et dont les traités « ne permettent plus à la France de voter les lois qu’elle entend mettre en place ». De là à sortir de l’Union ? « Au FN, on y réfléchit depuis longtemps mais, jusque-là, nous avons manqué de pédagogie sur les enjeux. On ne peut pas remettre en cause les traités à moins de mettre les 28 pays membres d’accord. Mais on ne peut pas non plus changer le taux de TVA sans demander à l’Europe. C’est aberrant. Ce projet global a seulement conduit à précariser davantage de gens » soulignent les DNA.

Il se veut aux côtés de la ruralité ! Qu’en sera-t-il de la PAC… On constate ici les flous sur le sujet.

La mode « régionaliste »

Enfin, le FN déploie désormais un mode « régionaliste » confortée par quelques tentations de certains groupes Facebook lors du second tour des présidentielles.

Diana Garnier Lang, parachutée dans la 3ème circonscription du Bas-Rhin, veut « Rendre l’Alsace aux Alsaciens » !

Son suppléant déclare : « Seuls les élus du FN sont en capacité de détricoter cette méga région ».

Qu’en disent les chefs ?

Là aussi on aimerait lire la version de Florian Philippot, en marche contre les langues régionales et minoritaires.

N’en déplaise à nos lecteurs frontistes, le FN ne reconnaît toujours pas la région. Il en veut la suppression comme il voulait une « Alsace française » lors du référendum de 2013, apportant sa pierre à l’échec de celui-ci !

Un échec relatif puisque l’on oublie que le « oui » l’avait emporté à près de 58 %. Mais ceci est un autre débat !