Lauterbourg : Jean-Michel Fetsch, le Trump Alsacien ?

Aux États-Unis, de nombreuses personnes s’inquiètent de la santé mentale du président Trump, principalement après la diffusion de nombreux tweets plutôt surprenants. Jean-Michel Fetsch, ex-conseiller général, maire de Lauterbourg depuis 1994, est un aficionado de Facebook. Ses posts ont à plusieurs reprises créé le buzz.

L’année dernière, il annonce sur Facebook vouloir retirer le futur panneau Grand Est de sa commune frontalière

Une communication bien huilée : le post est accompagné d’une photo du maire et de ses conseillers municipaux en train de démonter le panneau Alsace… qu’il compte remettre à l’arrivée du panneau Grand Est ! Pari réussi puisque Jean-Michel Fetsch obtient plusieurs milliers de “like”.

En 2014, l’élu fait également parler de lui en déchirant sa carte de l’UMP.

En passant en revue son historique Facebook, on peut constater que ses publications sont de qualité très inconstante, a priori selon les heures de la journée. Il reprend entre autre une phrase d’un “fake-media” d’extrême-droite : « Macron a séduit tous les incultes, ça fait du monde ». Fetsch précise « Il a bien raison, Mr Onfray ». Au mois de mai dernier, Monsieur Fetsch aurait-il voté comme 65,8 % de Français  « incultes » ou bien soutenu l’extrême-droite du clan de Marine ?

Quelques autres phrases, prises au hasard dans ses posts (que Trump aurait pu écrire… ?) :

On s’amuse bien en lisant la page Facebook de Jean-Michel Fetsch et certains commentaires “lèche-***” de sa cour !

Autonomistes = SS ?

Malheureusement, les meilleurs posts ont été retirés, comme celui-ci parut il y a quelques jours :

Un post qui a fait bondir l’historien autonomiste Bernard Wittmann :

« J.-M. Fetsch, a une vision manichéenne de l’autonomisme dont on comprend aisément qu’elle vient d’une méconnaissance abyssale de l’histoire. Pour éclairer un tant soit peu la lanterne de ce vieil homme pétri de haine à l’égard de certains de ses compatriotes, qui se sont pourtant toujours courageusement battus pour la dignité et la préservation des droits des Alsaciens, il aurait été intéressant d’engager une discussion. Malheureusement, d’emblée il a placé le niveau du débat tellement bas, en dessous même du niveau des pâquerettes, qu’il serait vain d’espérer arriver à le hisser à un niveau satisfaisant permettant un échange constructif étayé par des faits historiques. Comment dialoguer sereinement avec une personne aussi bornée qui s’abandonne à des accusations aussi monstrueuses, à des allégations aussi outrancières et qui fait montre d’une telle absence de culture historique ? C’est quasiment mission impossible !

C’est aux autonomistes que nous devons notre droit local, le maintien du Concordat, un début d’enseignement bilingue à partir de 1927 (arrêté Poincaré-Pfister introduisant un enseignement de l’allemand dans le primaire en Alsace). Par ailleurs, des autonomistes sont morts au Struthof nazi (Jos. Schmidlin, R.-L. Klee…), d’autres comme Rossé ou Keppi ont participé à l’attentat contre Hitler (le 6.8.1947 le tribunal d’épuration acquitta J. Keppi des accusations portées contre lui et reconnu sa « participation active, efficace et soutenue à la résistance contre l’occupant »). Grâce à l’action souterraine d’autonomistes, des centaines d’Alsaciens échappèrent à la déportation ou à la mort, etc.. »

Le maire de Lauterbourg fait visiblement partie de ces élus alsaciens qui n’existent plus que par les réseaux sociaux. Parfois, il faut savoir arrêter une carrière.

 

Mercredi : Diviser pour mieux faire avancer le Grand Est

Groupiert !

« Jean Rottner a désigné pour siéger dans ce « Groupe Alsace » Christian Hahn, président du conseil culturel d’Alsace, Pascale Ehrart, enseignante-chercheure en dialectologie à l’université de Strasbourg, Thierry Kranzer, président du FILAL (fond international pour la langue alsacienne), Nathalie Keller, responsable associative, Manou Massenez, présidente de l’ARIA (association régionale des industries alimentaires) et Isabelle Schoepfer, directrice de l’OLCA (office pour la langue et les cultures d’Alsace et de Moselle) » nous apprennent les DNA.

Dans le même article, une déception… Le propos de Pierre Klein :

Pour sa part, Pierre Klein, président de la fédération Alsace Bilingue, s’étonne que sa structure, pourtant créée comme partenaire de la Région sur une suggestion de Philippe Richert, ait été oubliée dans la composition de ce Groupe Alsace.”

On touche là les limites de la défense de l’Alsace. L’ego d’une personne qui explique que son action fut « suggérée » par Philippe Richert. Comment dit-on « no comment » en alsacien ?

Etonnés

La réponse la plus carrée est celle des présidents de départements qui se sentent « exclus » de la démarche. Comme pourraient l’être d’autres personnalités qui n’ont pas attendu pour s’engager contre le Grand Est.

Une lettre sentie répond à JR dans laquelle ils s’étonnent que « cette démarche ne se soit pas faite dans la collégialité du dialogue sur l’avenir de l’Alsace ». On peut la lire sur la page de Brigitte Klinkert.

 Strasbourg : Mauvaise joueuse ?

Il aura suffi d’un classement où Colmar se classe devant Strasbourg dans une liste des « Meilleurs Marchés de Noël » pour que la ville dénigre un classement qu’elle avait remporté par le passé…

On découvre ainsi l’article de L’Alsace :

« La Ville de Strasbourg vient de constater qu’elle figurait dans le classement des « european best christmas market », alors qu’elle avait signifié à l’organisateur de ce concours qu’elle ne souhaitait plus y participer.

En effet, ce classement établi à partir d’un nombre de clics sur une destination proposée est très lié aux moyens mis en œuvre par les collectivités ou les organisateurs des marchés.

Aujourd’hui, ce classement est devenu celui des moyens consacrés à la création de clics, et n’a plus rien à voir avec le ressenti réel des visiteurs » y annonce un communiqué.

On conseille aux élus strasbourgeois d’aller boire un vin chaud à 4 € pour oublier cela.

Les deux font la paire

« Directeur de cabinet adjoint de Jean Rottner à la mairie de Mulhouse depuis 2011, Aubin Brandalise conserve à temps partiel ses fonctions auprès de Michèle Lutz, nouvelle maire, aux côtés du directeur de cabinet Stephan Graesslin. Depuis le 1er  décembre, Aubin Brandalise est aussi conseiller auprès du président de la Région Grand Est, plus particulièrement chargé des dossiers politiques et des affaires réservées » nous apprennent les Chuchotements.

On en oublierait presque que dans la famille Brandalise, l’épouse est Conseillère Régionale Grand Est.

Quand les cumuls s’accumulent, certains s’en sortent mieux que d’autres.

Pour rappel : Le revenu moyen des Français est autour de 2000 €.

 

 

 

Y a-t-il un parlementaire pour sauver l’Alsace ?

Un clic, un mail et vous mettez la pression sur ceux qui nous gouvernent.

L’élection annoncée de Jean Rottner à la présidence de Grand-Est doit permettre de faire entendre la voix des opposants. Une manif le jour de son élection ? A voir ! Mais vous, qu’êtes-vous prêts à faire… pour une nouvelle région Alsace.

La réforme pour rien !

« Une réforme pour rien »… Ce n’est pas Heb’di qui le dit ! C’est un commentaire d’un journaliste des DNA sur un article concernant le rapport de la Cours des Comptes sur le coût de la supposée amélioration.

« Changer l’habillage des trains régionaux (TER) pour les faire passer sous les couleurs de Hauts-de-France a coûté 30 000€ par train, soit 10 millions au total ! » déclare Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes.

La réduction de l’inégalité entre régions ? Du vent !

L’institution charge même les 22 métropoles et conseille au final de supprimer des échelons administratifs.

Eh oui, fusionner région et départements alsaciens prend donc tout son sens.

Quid des Rottneriens ?

Mais tout cela Rottner ainsi que celles et ceux qui le soutiennent s’en moquent. La Cour des Comptes n’a pas vu « le milliard » supposé avoir été généré par Grand Est.

Jean Rottner en a profité, récemment, pour « briefer » ses élus. Attention à qui ne file pas droit ! Là encore, le silence des « agneaux » est de mise même si quelques mots sont échangés entre les troupes.

Que feront Justin Vogel, président de l’OLCA, et André Reichardt que l’on a imaginé sortir des rangs ?

Rottner, lui, a verrouillé le Haut-Rhin depuis les élections. Il a fait une liste sur mesure et des liens unissent certains élus au maire. Certains arrondissent leurs fins de mois.

On n’en parle pas à Strasbourg !

D’autres se voilent la face. Ainsi une élue strasbourgeoise prétend, nous raconte un élu du Haut-Rhin, qu’elle n’entend pas parler « Alsace » à Strasbourg.

On rappellerait bien à la jeune avocate sa lourde défaite à Strasbourg 1, circonscription qu’elle entendait reprendre à la gauche, marchant au passage sur les cadres locaux de la circonscription.

Autant les militants FN, Unser Land que certains LREM la décrivait comme « la protégée de Philippe Richert » sur les marchés.

La Grandestisation à marche forcée

Voilà, vous l’aurez compris, la ligne Rottner passe par la Grandestisation.

Pour y parvenir, les premiers mois de sa présidence devraient faire la part belle à des dossiers alsaciens à irriguer en subvention. On n’apprécie pas, à la cours du « Prince Jean » d’entendre des patrons se rebeller.

Cela se poursuivra par une politique intensive contre les « nostalgiques » de l’Alsace.

Oubliant une réalité, le futur président de Grand Est oublie que « la nostlagie ne nait que lorsque le présent n’est pas à la hauteur des promesses du passé. »

Autant de façons, d’entretenir une envie de dégagisme pour les futures élections. Il faudra sortir les responsables, sortir les sortants.

Il faudra se souvenir des noms de ces élus qui lâchent l’Alsace et les faire circuler.

 

Barbara Desvilles

Pour une région Alsace : interpellez vos élus !

Nous avons déjà évoqué dans nos colonnes le « Hans im Schnockelochisme ». Nous évoquions là l’ennemi intime, voire intérieur, de l’Alsace. Quatre mois après, nous persistons.

 

L’Alsace, combien de divisions ?

Depuis des semaines, les propositions pour une « nouvelle Alsace » sont aussi nombreuses que leurs défenseurs. Crise d’égo autant que de vocation, cette réalité affaiblit plus que jamais le camp des « régionalisants » auquel on rajoutera ceux qui rêvent d’une sortie de l’hexagone.

L’extrémisme des seconds est d’ailleurs l’arme ultime des défenseurs du Grand Est. On remarquera là des divisions qui vont jusqu’au très nationaliste FN dont l’un des élus, Jean-Claude Bader, s’est autorisé à tirer sur le futur-ex Président de la Région Grand Est.

« Le feuilleton des polémiques justifiées qui fait suite à la fusion des régions continue de battre son plein et plus encore à l’annonce du présent rapport. Ce rapport prévoit en effet, pour la modique somme de 150.000 €, de remplacer les panneaux de nos régions traditionnelles par des panneaux du tristement et contesté Grand Est ! » déclarait-il alors.

Le départ de Philippe Richert

La démission de Philippe Richert repose la question du ressenti alsacien. La région Grand Est n’est pas passée et la digestion est lourde. Si Philippe Richert a bénéficié, un temps, d’un soutien du fait de son action politique passée et de l’organisation de la manifestation du 11 octobre, aucun élu alsacien ne bénéficiera plus de cette mansuétude. Fût-il Mulhousien !

On notera d’ailleurs le fait de cette personnalisation que les élus régionaux alsaciens ont perdu en notoriété.

Faites le test : combien de conseillers régionaux connaissez-vous encore ?

Réunion au sommet

Pendant que chacun tirait la couverture à lui. La majorité « régionale » entendait réunir ses troupes hier. L’objectif était de définir « l’avenir » non de l’Alsace mais surtout celui de l’ego. Jean Rottner est monté au créneau, rejoint pas les plus richertiens. Le député LREM, Sylvain Waserman, a pris, lui, position contre une sortie du Grand Est.

Les téléphones ont chauffé dans la nuit qui ramenait certains élus en Lorraine.

Fabienne Keller pour l’Alsace

Dans la journée, l’évolution la plus radicale fut celle de Fabienne Keller. « Je suis favorable à ce que l’#Alsace retrouve les compétences et le rayonnement qu’elle avait avant la fusion ds #GrandEst #TDinfos » rappelle son twitter.

Preuve, s’il en est que les lignes sont en train de bouger.

Elles ne bougent pas du fait des mouvements régionalistes éparpillés en Alsace, façon Puzzle. Elles bougent parce que les élus racontent être sollicités, chaque jour par des habitants d’Alsace, alsaciens ou non, qui évoquent ne pas se sentir « grandestiens ».

Voilà sans doute la vraie vague « populaire » qui monte et qui n’est pour le moment pas incarnée ni dans un groupe Facebook, ni dans un parti.

On ne lâche rien ! Continuez à interpeller vos élus.

 

Grand-Est, pour une présidence lorraine ?

La transition peut donc s’effectuer sous la houlette d’un(e) élu(e) venu(e) de Lorraine. D’abord parce qu’il serait logique qu’après une Présidence alsacienne suive une présidence lorraine.

Le lobbying de Jean Rottner

Et Jean Rottner ? On ne sait pas qui paye ses factures de téléphone, mais il fallait l’entendre hier, accroché à son smartphone, oubliant que les murs et les salles des pas perdus ont des oreilles. Sa « campagne », il l’a commencée. Il serait le successeur logique de Philippe Richert. Lui qui a « tenu » le groupe majoritaire. Dîners et déjeuners ne font pas une victoire et les élus alsaciens devraient se souvenir qu’il avait fait « sa comm’ » autour d’une pétition contre la réforme territoriale… Avant de se coucher.

L’urgentiste mulhousien, le Clooney du Sud-Alsace doit-il, comme cela, lâcher Mulhouse ? Allons, allons, on ne le lui souhaite pas. Lui, qui a tant voulu faire pour la cité mulhousienne. Hier, il appelait, à gauche, à droite et à gauche encore pour trouver quelques appuis. Et celles et ceux qui étaient appelés appelaient à leur tour.

Son cabinet mulhousien faisait-il de même ? Chaque voix comptera pour l’élection du futur président.

(Jean Rottner en 2015 ©Claude Truong Ngoc)

Un partisan du Grand Est désormais

S’inscrivant dans les pas de Philippe Richert, le Maire de Mulhouse entend bien prolonger la voie tracée par le maître. Visiblement, personne à bord du vaisseau Grand Est n’a compris que les prochaines élections régionales risquaient d’annoncer un « grand remplacement » des élus de la droite et du centre… par LREM ou par une gauche requinquée. Ou, qui sait ? par un FN dont on ne sait quel sera l’état dans 3 ans.

Les manœuvres de Jean Rottner, elles, énervent les élus de Lorraine et de Moselle qui n’hésitent pas à passer des coups de fil.

Le roi n’est pas mort que le duc mulhousien entend conquérir le trône encore chaud…

Et si le salut de l’Alsace passait par la Lorraine ?

Dans ce cadre précis, la question à se poser est de savoir si le salut de l’Alsace ne passe pas justement par une présidence lorraine, capable de s’affranchir des clivages alsaciens et de se poser les bonnes questions.

Parmi les noms qui circulent : Valérie Debord ! Une femme, une lorraine. A défaut d’être Jeanne d’Arc, elle pourrait compter les voix et rassembler sur les 3 régions.

(Valérie Debord en 2015 ©Claude Truong-Ngoc)

Quid des députés ?

Au-delà des gesticulations mulhousiennes, l’autre condition à l’avenir de l’Alsace sera la position des parlementaires. Et là, pour le moment, il y a plusieurs flous et donc plusieurs loups. À l’heure où nous écrivons, il n’est pas dit que les plus prompts à défendre de l’Alsace soient ceux dont les noms viennent en premier.

Si la démission de Philippe Richert est une preuve de « courage », il en faudra aussi aux parlementaires pour oser tenir la promesse faite dans la plupart des circonscriptions : rendre la parole à l’Alsace.

En avoir ou pas ? La réunion du 3 octobre et les prochaines réunions parisiennes permettront d’en savoir plus. D’ici là, Philippe Richert convoque la presse. Ce samedi 15 heures.

(en une : séance plénière inaugurale du conseil de la grande région du 4 janvier 2016 ©Claude Truong-Ngoc)

Jeudi : Les “Philippe” à l’honneur

Un Carli et on n’en parle plus !

« L’imprimerie du journal l’Alsace, qui embauche 70 salariés à Mulhouse, va fermer d’ici le premier semestre 2018. C’est Philippe Carli, le futur responsable du pôle presse du Crédit Mutuel, qui a fait l’annonce ce mardi soir. (…) Le quotidien l’Alsace sera donc imprimé à Strasbourg, au même endroit que les Dernières nouvelles d’Alsace. Si Philippe Carli a assuré aux salariés vouloir conserver les deux titres, beaucoup craignent une perte d’identité progressive et une uniformisation des contenus » lit-on sur le site de France 3.

Nous avons regardé la catastrophe arriver au ralenti. Au début du mois déjà, les syndicats avaient dénoncé le « funeste projet de fermeture d’une imprimerie, première étape d’une restructuration qui conduira à liquider le pluralisme de la presse dans notre région ».

Un coup de poignard de plus dans le corps meurtri de l’identité alsacienne. Comme prévu, le traitement “Philippe Carli” aura été d’une efficacité redoutable. Et, malgré nos lignes éditoriales -disons- divergentes, à Heb’di, nous le regrettons sincèrement.

(photo ©France 3)

Un dernier, pour la route ?

Avant de quitter le navire, notre Président de grande région a tout de même esquissé un geste (très) légèrement emprunt de panache.

L’info est reprise par plusieurs médias : seize présidents de régions (ou collectivités territoriales) ont signé hier mercredi dans Le Monde une tribune dans laquelle ils demandent au gouvernement de leur « faire confiance » pour agir dans leurs domaines de compétence.  L’ensemble des présidents de régions de France métropolitaine (à l’exception de la région Auvergne-Rhône-Alpes et de la Corse), au premier rang desquels Philippe Richert, à la fois en tant que président de la région Grand-Est et président des Régions de France, ont signé la supplique -euh pardon- la tribune.

(photo ©AFP)

Cette tribune est accessible sur le site du Monde, mais pas sûr que Monsieur Edouard Philippe ait envie d’y répondre dans l’immédiat.

(À lire également, Le Monde de ce jeudi 28 septembre 2017 qui fait le point sur le premier budget Macron-Philippe… La demande des régions serait-elle restée lettre morte ?)

 

De quoi être peu fière

En plus d’accueillir la plus vieille centrale nucléaire du pays, Fessenheim est aussi la commune de France où l’on trouve la plus grande inégalité de salaires entre les hommes et les femmes, d’après une étude de l’Insee relayée par le magazine Capital.

Intitulé “Salaire net horaire moyen selon la catégorie socioprofessionnelle, le sexe et l’âge en 2014”, cette étude publiée en mai dernier pointe du doigt des moyennes salariales horaires de 12 euros pour les femmes contre 17,68 euros pour les hommes, à Fessenheim. Soit une différence de 32,1 % ! C’est-à-dire le double du taux constaté au niveau national : en effet, « sur les 771 territoires urbains étudiés par l’Insee, l’écart moyen est de 16,4 %, en défaveur des salariées. »

Mais… Que font les Effronté-e-s ???

 

Elle parle pour elle

Hier mercredi, « la sénatrice Fabienne Keller, qui avait annoncé début septembre son intention de créer un groupe LR Constructif au Sénat, sur le modèle de l’Assemblée, a annoncé par communiqué qu’elle y renonçait. Depuis dimanche, elle était déjà moins affirmative, évoquant soit la création d’un groupe, soit d’une simple amicale. »

C’est sympa, une amicale. Mais, si Fabienne Keller a affirmé que les élus de droite Macron-compatibles au Sénat restaient dans leur « groupe d’origine », pour d’autres, la constitution d’un groupe LR constructif est encore d’actualité.

Ainsi Jérôme Bignon, sénateur LR de la Somme, interrogé par publicsenat.fr. qui jure que la constitution d’un groupe LR constructif est plus que jamais d’actualité : « Je fais partie du groupe que Madame Keller a quitté pour retourner chez les LR. Elle parle pour elle » corrige-t-il…

Super, comme ambiance à droite ! Apparemment, tout le monde ne marche pas au pas.

 

Dernière minute : Philippe Richert, sur le départ !

Le Président Richert avait été récemment très dur en Assemblée. Prenant à cœur une attaque de Jean-Claude Bader, il avait répondu dans le registre “personnel”… « On l’a rarement vu comme cela » explique un observateur, avant de poursuivre « ce qui était révélateur, même si les mots étaient prononcés avec nonchalance, c’était la mention de l’échec de 2013 ».

L’Est Républicain va désormais plus loin:

La rumeur a enflé de jour en jour, à la vitesse d’un TGV, puis à celle de la lumière : Philippe Richert quitterait la présidence du conseil régional Grand Est dans les tous prochains jours. Vraie ? Fausse ? Bouteille à la mer dans l’espoir de pouvoir compter sur des soutiens solides pour rebondir dans le climat politique régional secoué par des turbulences montant en puissance, plus particulièrement en Alsace ?

Philippe Richert quitterait la présidence du conseil régional Grand Est

Seule certitude : Philippe Richert, 64 ans, a déclaré à plusieurs reprises à sa garde rapprochée et à des interlocuteurs de confiance, qu’il « n’en pouvait plus » de ce qu’il vit comme un harcèlement permanent de la part de personnalités alsaciennes jugées plus proches du populisme que du pragmatisme constructeur qui fut jusqu’à présent sa ligne de conduite. L’appel à la « création d’une région Alsace pourvue des compétences départementales et régionales », aurait été l’affront de trop, alors que Philippe Richert s’était montré favorable à la fusion des deux départements alsaciens, sans toucher aux contours de la nouvelle région.

Voilà ce que l’on peut lire sur le site d’information régionale.

Dans les faits, certains y voient une envie de s’arrêter pour des raisons tant personnelles que politiques. Les multiples traversées hebdomadaires du Grand Est par Philippe Richert ne seraient pas sans peser sur sa santé. D’autres y voient l’opportunité pour l’encore-Président de compter ses troupes et de les mobiliser pour reprendre la main sur la thématique “retenez-moi où je fais un malheur”. D’autres, une menace du Président des régions de France à l’encontre du Gouvernement d’Emmanuel Macron et de “l’oubli” d’une dotation de 450 millions d’euros pour les régions dans le projet de loi de finances 2018.

D’autres encore soulignent l’envie de culpabiliser les élus alsaciens opposés au Grand Est, notamment ceux de la propre famille politique de Philippe Richert. Des noms sont dans le collimateur et l’animal blessé pourrait se laisser aller à un grand déballage.

Harcèlement populiste ou volonté populaire…

L’accusation de populisme est omniprésente dans l’entourage du Président de la Région. « Il n’y avait sans doute rien d’autre à faire  et là, on peut comprendre le choix de Philippe Richert » déclare pourtant un opposant à la région Grand Est, « sauf pousser encore plus les Alsaciens dans la rue. Le succès populaire du 11 octobre, dernier moment d’unité des droites et centres alsaciens, a fait peur à certains ».

Au cœur du populisme, en effet, la colère d’un peuple qui n’existe pas face à une réforme qu’il n’a pas digérée. Philippe Richert, lui, n’aurait ni digéré 2013, ni celles et ceux qui se battent encore pour une Alsace unie, hors du Grand Est.

Le suivi, sur les réseaux sociaux, des courriers des opposants au Grand Est aurait fini par marquer les esprits.

Une crise politique ?

Dans le collimateur des proches du Président, on retrouve bien plus les collectifs locaux du début et quelques éminences grises que les partis régionalistes ou autonomistes, eux aussi dépassés.

Un certain mépris s’était affiché aussi à l’encontre des papys frondeurs à l’origine de “l’Appel des 100 personnalités alsaciennes”. Jusqu’à cet appel finalement… Voir Arsène Wenger, Gilles Pudlowski et bien d’autres défier la tranquillité politique alsacienne. L’Alsace n’avait plus l’habitude.

D’autres aussi prestigieux, et tout aussi opposés à Grand Est, n’avaient pas osé braver l’autorité.

Après lui, le déluge ?

Du côté de Metz, certains attendent confirmation de la nouvelle. « Le prochain président de la Région ou la prochaine présidente doit être Lorrain » entendait-on. Certains annonçaient même Philippe Richert nommé au Conseil Constitutionnel.

En Alsace, à part Jean Rottner, ardent défenseur du Grand Est, aucun nom ne filtre. Chacun attend la décision du « père ». Là est peut-être le prochain blocage. La plupart des élus d’Alsace ont été choisi pour leur attachement à Philippe Richert et donc au Grand Est. D’autres ont été poussés par divers entourages.

La rumeur du départ bruisse. Les oreilles seront tournées vers Marckolsheim, ce samedi 15 h. Bluff ou pas ?

Barbara Desvilles

 

Au moment où nous finissons cet article, l’info exclusive tombe : selon nos sources, il est confirmé que Philippe Richert démissionnera ce samedi pour laisser sa place à Jean Rottner !

(Restez connectés pour plus d’infos dans les heures à venir…)

Panneaux Alsace : Philippe Richert en colère, Rottner en porte-flingue

Jean-Claude Bader a-t-il tiré juste ? Hier, il a encore donné de la voix et Philippe Richert a pris la mouche. En cause, la fin des panneaux « Alsace ».

Jean-Claude Bader, certes élu du Groupe FN, ouvre le bal :

« Le feuilleton des polémiques justifiées qui fait suite à la fusion des régions continue de battre son plein et plus encore à l’annonce du présent rapport. Ce rapport prévoit en effet, pour la modique somme de 150.000 €, de remplacer les panneaux de nos régions traditionnelles par des panneaux du tristement et contesté Grand Est ! »

Il dénonce ainsi a disparition des panneaux « Alsace », rappellant à Philippe Richert sa responsabilité dans l’échec du Référendum de 2013.

«  Jetz langst ! » s’est indigné Jean-Claude Bader. C’est « un clou… pardon, un coût supplémentaire sur le cercueil dans lequel vous et vos amis avez choisi de mettre nos identités, spécificités et cultures régionales », s’est-il insurgé. Quant au « Elsàss » sur les H11, ce n’est que pour vous faire pardonner auprès des Alsaciens d’être le fossoyeur de leur belle région », a-t-il lancé au président Richert » relatent les DNA.

« Les coups, ça fait mal »

Dénonçant le « populisme » de Jean-Claude Bader, Philippe Richert répond : « Quand je vous entends, ma fierté est encore plus grande d’avoir évité à l’Alsace, à la Lorraine et à la Champagne-Ardenne ce qu’aurait signifié une victoire du FN ! ». Il ne lui reste plus qu’à se justifier et le « père supérieur » part dans un sermon de 25 minutes, tapant dur sur un élu qui ne peut répondre.

Quelques signes à la tribune et l’on comprend que le Président lance la charge. « Les coups, ça fait mal » chante Johnny Hallyday. Hier, les plus justes semblent avoir été portés par Jean-Claude Bader. Philippe Richert réaffirme cependant verbalement son autorité face aux Alsaciens et aux collectivités qu’il n’aura cessé d’égratigner entre les lignes toute la matinée.

La tension est palpable. Les appuis à Philippe Richert viendront d’un Jean Rottner qui qualifie l’ensemble de « petit et minable ».

Personne n’osera lui reparler de sa pétition contre la réforme territoriale. Lui, il attend le départ de Philippe Richert. Il oublie que les Lorrains entendent bien faire jouer l’alternance et, comme nous le dit un interlocuteur, « il est hors de question qu’il y ait deux fois de suite un président alsacien, il se pourrait même que la prochaine présidente soit une femme ».

La cavalerie charge Jean-Claude Bader. Cette fois-ci, c’est Pernelle Richardot qui lui reproche d’ « agiter le vieux chiffon rouge des combats autonomistes d’arrière-garde, qui sont aussi ceux de certains présidents de départements ! ». Présidente d’un groupe PS réduit, elle reste sur sa ligne. Assistant à tout cela, une personne se lâche : « Bader dit ce que l’on entend le week-end dans nos villages ».

On ne dira pas qui ! A la région, le cabinet de Christophe Kiefer veille, analyse les réseaux sociaux, que même Philippe Richert évoqua hier. S’agit-il d’une allusion aux groupes anti-fusion ou à Bernard Fischer, le maire LR d’Obernai ?

L’homélie du Père Richert

Dos rond, Jean-Claude Bader encaisse. La sortie de sa collègue Viriginie Joron ne fait pas le poids. Philippe Richert poursuit. Il sait qu’il peut profiter désormais de la division du FN, de la faiblesse du PS et du silence des agneaux de son groupe. La violence de ses propos étonne dans les rangs de l’Assemblée. Jean-Claude Bader a-t-il touché juste ?

Et voilà le Président de conclure que le Président de la Répulique lui a confirmé que l’on ne reviendrait pas en arrière sur le Grand Est.

Na na na na nère …. Comme un bras d’honneur à ceux qui osent encore parler d’Alsace !

Il n’est pas dit qu’il n’ait pas, hier, poussé certains à le faire, encore plus fort. Encore faut-il que cela ne se fasse que d’une seule voix !

C’était l’anniversaire de Jean-Claude Bader, hier ! Richert pensait lui faire sa fête, vous pouvez – malgré son étiquette – encore lui en souhaiter un bon.

 

De notre envoyée spéciale, Barbara Desvilles

Philippe Richert prêt à quitter les Républicains

La rupture s’est produite lorsque Philippe Richert a cédé sur la fusion des régions, admettent certains observateurs. On se souvient des sifflets lors d’un meeting de son propre parti à Brumath.

 

Le 6 avril dernier, devant le très sage public filloniste, il fut encore sifflé ! Depuis, il veille à faire disparaître les traces de la région Alsace pour mettre en avant une « région Grand Est » grande comme deux fois son ego. Le voilà d’alerter militants et électeurs de son possible départ. Et si cela en réjouissait beaucoup ?

Le chantage de ceux qui cumulent mandats et moyens

Après Fabienne Keller, Philippe Richert prévient à travers Rue 89 Strasbourg : « Si Laurent Wauquiez continue à tirer le parti vers sa droite, je ne resterai pas. Je serai très attentif à ses propos et à ses prises de positions durant les prochains jours. Je suis un ancien rocardien, puis j’ai rejoint le CDS avec Pierre Méhaignerie, l’UDF avec François Bayrou, l’UMP avec Nicolas Sarkozy et enfin « Les Républicains » dans un effort d’unifier la droite et le centre. Mais au dernier comité politique national auquel j’ai participé, j’ai prévenu mes collègues que je constatais que le mouvement se droitisait et qu’il s’agissait pour moi d’une dérive ».

Celui qui pendant longtemps ne fut pas en règle de ses cotisations d’élus entend donner des leçons aux petits militants, comme il en donne au quotidien à ceux qui osent lui parler d’une collectivité « Alsace ».

Richert, l’ancien rocardien

Qu’en penseront les militants ? Pas grand-chose ! Au mieux apprendront-ils que leur leader régional est un ancien rocardien. Voilà qui permet peut-être de comprendre la relative sympathie à son égard de Pernelle Richardot et de Robert Herrmann.

Le second a d’ailleurs besoin de Philippe Richert pour faire de l’Euro-métropole la nouvelle institution qui va avaler Strasbourg, affaiblir et le PS et En Marche dans l’ensemble Eurométropolitain et tuer le département du Bas-Rhin.

Ce n’est plus un tandem à deux places que l’on nous construit, mais une voiture-balai ramassant les élus qui cumulent les mandats, les moyens, à droite comme à gauche.

La droitisation, c’est mal pour un parti de droite ?

La droitisation, c’est mal pour un parti de droite ? On pourra se poser la question en écoutant Fabienne Keller débattre du sujet sur LCI.

Philippe Richert a en commun avec l’ex-Maire de Strasbourg de se sentir « constructif » ou « Macron-compatible ».

« Oui je suis Macron-compatible et j’apprends à connaître le Premier Ministre Édouard Philippe, avec lequel je peux travailler. Je ne suis pas certain que nous pourrions avancer au même rythme avec l’État si j’étais sur la même ligne politique que Laurent Wauquiez » rapporte Rue 89 Strasbourg.

Pour autant, ils ne rejoindront pas « En Marche », ils seront d’abord destructeurs et se moqueront une ultime fois de leurs électeurs. Derniers soubresauts de la politique à (grand) papa.

Et maintenant, les CCI

Après avoir planté un coup de couteau aux départements, Philippe Richert doit être de ceux qui veulent priver les Chambres Consulaires de la compétence « Export et Commerce International » pour qu’elles tombent dans l’escarcelle des « nouvelles régions ». À Paris, on en parle. Philippe Richert veut encore brider les comités d’expansion qui lui résistent.

À HEB’DI, on aimerait bien connaître le bilan de l’excellente agence d’attractivité d’Alsace…

Les défenseurs de la région Alsace visés

Ce que ne supporte plus non plus Philippe Richert, c’est aussi la persistance d’une partie des Républicains alsaciens à vouloir à tout prix la création d’une Nouvelle Région Alsace.

Une partie d’entre eux fut écartée des listes régionales et des embauches à la région pour avoir osé contrer « Sa Majesté ». Rancune toujours, il tend aux autres élus des pièges administratifs poussant à la création d’un département d’Alsace, pour mieux les étouffer.

L’homme qui voulut être roi, roi d’un territoire grand « comme deux fois la Belgique » est effectivement rancunier. Il sait que s’il tient jusqu’aux prochaines élections, il n’y aura plus d’Alsace.

Il sait aussi que, si les gesticulations d’associations et partis régionalistes ne le touchent pas, être affaibli dans son propre parti est inacceptable. Voilà pourquoi, il donne de la voix. Un énième chantage, tout en s’assurant la fidélité d’élus dont la qualité de vie dépend de leurs indemnités plus que de la fidélité à une région.

Que la région Grand Est passe En Marche, à gauche ou au FN lors des prochaines élections régionales, Philippe Richert s’en fout. Après lui, le déluge.

 

Et toujours pas d’Alsacien au Gouvernement !

La question peut, au premier abord, paraître délicate. Un ministre, s’est d’abord un Ministre de la République se plaçant sous les valeurs de celle-ci. Dans les faits, certains ministres n’oublient pas leurs régions d’origine.

Si l’on se souvient d’un Daniel Hoeffel inaugurant le TGV Ouest, on sait que les ministres bretons gardent un pied à l’ouest.

 

Toujours ministre de la Bretagne

« Je n’abandonne pas la Bretagne et je reste conseiller régional; j’habite en Bretagne puis je resterai, je le pense, toujours ministre de la Bretagne » déclarait ainsi Jean-Yves Le Drian en juin dernier.

Imaginerait-on un ministre alsacien oser déclarer : « je resterai, je le pense, toujours ministre de l’Alsace »?

Sans doute pas Philippe Richert, « gouverneur » d’un Grand Est démesuré, patron d’une région qui a éloigné l’institution du citoyen.

Gardons pour François Loos une sympathie, lui qui est désormais président des Brasseurs de France.

Bref, il n’y a visiblement à gauche et au centre aucun alsacien pour « choper » un maroquin !

(photo@interieur.gouv.fr)

On nous rétorquera que trois alsaciens sont dans le cabinet du Président de la République. Patrick Strzoda (photo), le directeur de cabinet, énarque natif de Thann (Haut-Rhin) ; Alexis Kohler, secrétaire général, énarque, originaire de Strasbourg, Marie Fontanel, conseillère du Président et énarque…

Même si cela ne fait pas tout, le critère de recrutement semble ici être plus le passage par l’ENA que les racines alsaciennes. A ces mots, les plus frileux répondront que l’origine n’est pas importante.

 

Fabienne Keller à la tête de la Ratp ?

Il n’empêche qu’il n’y a toujours pas d’Alsacien au Gouvernement. Même Sylvain Waserman a failli !

Doit-on cela à un manque de réseaux alsaciens dans le monde politique ? On en jugera avec la candidature de Fabienne Keller à la tête de la Ratp ! Celle qui fut souvent dite « bientôt Ministre », comme on l’a lu encore récemment sur Facebook, aura tout tenté pour plaire.

S’il faut être macron-compatible pour être ministre, elle le sera.

Qui dit Fabienne Keller pense Robert Grossmann. Lui aussi aurait pu l’être, mais non ! « Inexportable » aurait dit Nicolas Sarkozy, avec beaucoup d’humour et de respect pour son découvreur.

On retiendra donc que l’absence de ministres alsaciens cache sans doute la perte d’influence des femmes et hommes politiques venus d’Alsace. Pas étonnant que l’on n’écoute plus non plus les revendications alsaciennes dans la « vraie » capitale.

 

Perte d’influence de l’Alsace

Cela se passe chez Les Républicains, au PS. Ils sont loin les temps des Zeller et Haenel qui, au-delà des idées défendues, savaient se faire entendre.

Leurs successeurs pensent aujourd’hui plus à eux-mêmes qu’à l’Alsace. Ils sont les zélés applicateurs des lois parisiennes et ne se rebellent éventuellement qu’après une retraite politique. Là, parfois, certains osent dépasser les limites du « politiquement correct ».

Avant, on ne sait jamais, cela peut freiner « leur » carrière.

L’analyse de l’action des députés alsaciens se jugera, elle, sur pièces.

Après les législatives : Philippe Richert se réveille !

Il, c’est Philippe Richert, le « présideur » du Grand Est. Si vous avez un message à lui transmettre, utilisez les commentaires de cet article, le communiqué du Monsieur et vos réseaux sociaux.

« Le résultat du vote de ce second tour des élections législatives s’inscrit dans la tendance qui s’était déjà exprimée lors des trois précédents scrutins et l’amplifie. En cela, il est la conjonction de deux mouvements qui induisent une modification en profondeur du paysage politique français et dont il appartient à chacun de tirer les conséquences. Le premier mouvement est celui de la volonté de nos concitoyens de donner au Président de la République les moyens de sa politique et d’éviter tout blocage institutionnel » écrit-il.

Au cas où

Il pose ici une analyse soft de nature à le placer encore en course, pour le cas où Emmanuel Macron chercherait encore l’un ou l’autre ministrable.

Philippe prolonge : « Le second mouvement est très clairement celui du « dégagisme » qui a marginalisé les deux grands partis traditionnels de la droite et du centre et, plus encore, de la gauche, et porté aux responsabilités de nombreux candidats novices dans un important mouvement de rajeunissement de la classe politique nationale ». Là, il se la joue donneur de leçons alors que c’est lui et sa génération d’élus qui ont conservé les mandats et les postes le plus longtemps possible.

Le rajeunissement, en la personne de sa protégée, Elsa Schalck, aura pris un coup. Elle fait moins bien que le candidat naturel des Républicains éjecté pour l’occasion. La circonscription est passée « En Marche ».

Taper sur Les Républicains

« L’ancrage territorial des députés n’est plus aujourd’hui une condition déterminante pour être élu ou réélu ». Si le propos est vérifié, Philippe Richert l’utilise-t-il à dessein, histoire de dire que la proximité, l’identité et naturellement l’Alsace, n’ont plus lieu d’être ?

Tout cela, Philippe Richert l’utilise pour taper sur ses « anciens » amis des Républicains : « C’est aussi le retour d’une France gouvernée au centre, qui constitue le pari fort d’Emmanuel Macron. Il ne fait pas de doute que la droitisation d’une partie du mouvement des Républicains n’a pas, à cet égard, su répondre à cette attente des Français et il nous faudra, là aussi, en tirer les leçons ».

Avec des amis comme cela, les élus républicains n’ont plus besoin d’ennemis…

Il ne vient ici à personne à l’idée que cette droite qui a soutenu Macron ait pu souffrir du fait que les électeurs préfèrent l’original à la copie.

Centriste, sans …

L’humilité ne l’étouffant pas, Philippe Richert n’imagine pas un instant que tout centriste qu’il est, si les élections régionales se déroulaient maintenant, il serait balayé par un vent de l’Histoire qui attendra encore.

« En tant qu’élus au service des citoyens, nous devons en tenir compte. Je veux adresser mes félicitations aux différents élus au sein de la Région Grand Est. Je veux saluer plus particulièrement l’élection de plusieurs collègues du Conseil régional et souligner le résultat de plusieurs parlementaires qui ont su garder à droite, dans ce contexte particulier, leur circonscription. Je pense bien évidemment à Jean-Luc Warsmann, Gérard Cherpion, Valérie Beauvais et Jacques Cattin » écrit-il encore.

Il oublie sans doute volontairement cette 2ème circonscription de Strasbourg où un conseiller régional, élu sur la liste Richert, est désormais élu « En Marche ».

Rêve de maroquin

« Pour ma part, je suis bien évidemment prêt à travailler de manière constructive avec le Président de la République et cette nouvelle majorité dans l’intérêt de la Région Grand Est et de nos concitoyens » conclue-t-il. Philippe Richert, Président de la Région Grand Est, Ancien Ministre, se dit que sur un malentendu, il peut encore récupérer un maroquin.

Philippe Richert rend ainsi Eric Straumann, Laurent Furst, Raphaël Schellenberger et d’autres élus de droite sympathiques

Il pense sans doute que personne n’a remarqué les manœuvres de ses proches, dans le Haut-Rhin et dans le Bas-Rhin, pour freiner ou barrer la route à des députés « anti-Grand Est ». Il lui reste maintenant à brûler d’autres vaisseaux, les dernières incarnations d’une Alsace seule.

Philippe Richert rend ainsi Eric Straumann, Laurent Furst, Raphaël Schellenberger et d’autres élus de droite sympathiques. C’est sa dernière utilité.

L’Alsace peut-elle se réveiller ? On regardera, non sans jalousie, la Corse qui a envoyé à Paris trois députés « nationalistes ».

Philippe Richert s’en moque. Il est élu, ses cotisations retraite lui garantissent la quiétude. Il hume le vent. L’Alsace a le baron qu’elle s’est donnée ! Aux députés d’Alsace, désormais, de nous prouver qu’ils ont du courage et des idées.

(Id’Fuchs – depuis Mulhouse)